Comment la mode durable peut réduire les déchets et les émissions de carbone au Moyen-Orient

Alors que les marques réagissent à l'abandon des ventes en magasin, les consommateurs font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et les questions socio-économiques ou environnementales. (Photo, AFP)
Alors que les marques réagissent à l'abandon des ventes en magasin, les consommateurs font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et les questions socio-économiques ou environnementales. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 15 avril 2022

Comment la mode durable peut réduire les déchets et les émissions de carbone au Moyen-Orient

  • L’industrie mondiale de la mode est responsable de 10% des émissions mondiales de carbone et d’énormes quantités de déchets
  • La promotion des marques de mode durables au Moyen-Orient pourrait réduire radicalement la quantité de textiles mis en décharge

DUBAÏ: De tous les modèles commerciaux de l'industrie de la vente au détail tenus pour responsables de la croissance d’habitudes de consommation non durables, peu sont à la hauteur de la mauvaise réputation acquise par la fast fashion, qui s’appuie sur les méthodes de conception, de fabrication et de commercialisation qui sous-tendent la production de vêtements de masse.
Les coûts environnementaux ne cessent d'augmenter car les marques de fast fashion créent chaque année jusqu'à 52 micro-collections, qui apparaissent constamment sur les panneaux d'affichage en bord de route, les bannières publicitaires en ligne et les sites de réseaux sociaux proposant les meilleures affaires en matière de vêtements tendance.
Le bon côté des choses, c’est que la mode éthique, les vêtements d'occasion de qualité et d'autres alternatives plus respectueuses de l’environnement sont de plus en plus accessibles aux consommateurs, qui ont un grand rôle à jouer pour contrer les effets néfastes de la fast fashion.
Pourtant, les experts estiment que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs actes et que les gouvernements doivent élaborer des réglementations pour encourager les habitudes d'achat respectueuses de l’environnement et promouvoir la mode durable.
Le défi est, pour le moins, de taille. Alors que les marques consacrent de gros budgets au marketing numérique et à la publicité subliminale en réponse à une évolution sismique des ventes en magasin, les consommateurs qui passent des heures à parcourir les sites Web à la recherche des meilleures affaires font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et des questions environnementales ou socio-économiques.
Par exemple, une paire de jeans peut sembler être un achat assez anodin. En réalité, le processus de production de cet article de base de la garde-robe nécessite environ 2 000 gallons d'eau, soit l’équivalant de la quantité d’eau potable qu'une personne moyenne boira en sept ans.

Des employées travaillant sur une ligne de production de vêtements destinés à l'exportation dans une usine du comté de Xiayi, à Shangqiu, dans la province centrale du Henan en Chine. (Photo, AFP)


Cela explique pourquoi l'industrie de la mode, dont le chiffre d’affaires s’élève à 3 000 milliards de dollars et qui représente 2% du produit intérieur brut mondial, est tour à tour identifiée comme le deuxième ou le troisième plus grand pollueur au monde, juste derrière le pétrole.
Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l'industrie de la mode pourrait être responsable de 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que tous les vols internationaux et le transport maritime combinés. Les usines de confection, situées pour la plupart dans les pays en développement, produisent plus de 80 milliards de vêtements chaque année, tandis que les marques de fast fashion dominent le marché de la vente au détail.
Kris Barber, fondateur et PDG de DGrade, une marque durable des Émirats arabes unis qui produit des vêtements à partir de bouteilles en plastique recyclées, a déclaré à Arab News: «Comme la mode change si rapidement, les consommateurs ont tendance à vouloir acheter instantanément, puis, lorsque la mode change à nouveau, ils veulent s'en débarrasser.»
Selon le documentaire de 2015 «The True Cost» (Le prix réel), un exposé sur l'industrie de la mode réalisé par le cinéaste Andrew Morgan, environ 400% de vêtements supplémentaires étaient produits dans le monde à cette époque par rapport à 20 ans auparavant. Ce chiffre est probablement beaucoup plus élevé maintenant.
Ce phénomène, associé à une baisse constante des prix, signifie que les achats de vêtements sont plus abordables pour une partie beaucoup plus large de la population mondiale, poussant le consumérisme dans ce secteur à un niveau record.

Des mannequins font la queue dans la cage d'escalier du premier et du deuxième étage du magasin phare de la chaîne japonaise de vêtements chics bon marché Uniqlo, dans le quartier commercial de Ginza à Tokyo. (Photo, AFP)


Pour le meilleur ou pour le pire, les gens possèdent à présent cinq fois plus de vêtements que leurs grands-parents, et sont plus enclins à les jeter après une utilisation minimale.
Des sondages indiquent que certains vêtements ne sont portés en moyenne que sept fois avant d'être jetés, et que la plupart des femmes n'utilisent que 20 à 30% du contenu de leur garde-robe.
Barber a de plus signalé: «Généralement, le modèle commercial de la vente au détail de produits qui comportent un élément jetable intégré, non seulement dans le domaine du textile, mais dans tous les domaines, des téléphones portables aux téléviseurs, consiste à surproduire et à réduire le coût unitaire.»
Sa carrière dans la mode durable a commencé il y a 12 ans et, avec ses collègues de Dgrade, il travaille à l'amélioration de la qualité des fibres recyclées. L'entreprise produit plus de 250 types de tissus dont la qualité ne peut être distinguée de celle des tissus fabriqués à partir de fibres vierges.
«La production de chacun de nos t-shirts, fabriqués en polyester 100% recyclé, consomme en moyenne 10 bouteilles en plastique», a déclaré Barber.
DGrade, qui produit également des vêtements personnalisés pour les entreprises, a récemment élargi les activités de son usine de fabrication aux Émirats arabes unis, où plus de 1 000 tonnes de bouteilles en plastique de polyéthylène téréphtalate, ou PETP, sont recyclées chaque mois pour fabriquer des tissus et des emballages alimentaires. Chaque tonne contient environ 50 000 bouteilles vides.
L'ampleur du problème mondial auquel l'entreprise s'attaque est énorme. Actuellement, l'équivalent d'un camion poubelle rempli de textiles est envoyé à la décharge ou incinéré chaque seconde, dans le monde. Des études montrent qu'à moins que l'industrie de la mode ne prenne des mesures considérables pour réduire les déchets, elle épuisera un quart du budget mondial des émissions de carbone d'ici 2050.
Les experts du secteur s'accordent largement sur la nécessité de contrôler la production des vêtements, des chaussures et des accessoires de mode. Quant à savoir si les consommateurs seront prêts à payer plus cher pour des articles plus respectueux de l’environnement, c’est une toute autre affaire.
Juliette Barkan, cofondatrice de Palem, une marque de mode durable aux Émirats arabes unis, estime que la sensibilisation à l'empreinte environnementale du secteur et la consommation responsable doivent aller de pair.

Des membres d'Extinction Rebellion Argentina sont vêtus de modèles créés à partir d’éléments recyclés par des stylistes de Trash Couture, lors d'une manifestation contre l'industrie de la fast fashion, dans la rue piétonne de Floride à Buenos Aires. (Photo, AFP)


«À moins que les consommateurs ne fassent pression sur les industries et optent pour des articles plus durables, en choisissant la slow fashion, des articles de qualité et intemporelles plutôt que la fast fashion, les changements resteront sans doute anecdotiques», a-t-elle déclaré à Arab News.
En se basant sur sa propre expérience, Barkan a affirmé que le rôle des réseaux sociaux dans le façonnement les habitudes de consommation ne peut être surestimé.

En chiffres

* 3 000 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) = La valeur de l'industrie mondiale de la mode.
* 2% = La part de l'industrie de la mode dans le PIB mondial.
* 3 milliards de dollars = La valeur projetée du marché de la mode en ligne en Arabie saoudite.
* 75% = Les participants au sondage du Moyen-Orient qui ont déclaré acheter auprès d'entreprises de mode durable.

 

«Dans un monde où nous sommes tous notre propre marque, notre besoin de nous habiller a augmenté de manière considérable, créant un besoin constant de nouveauté. La demande est si importante que les leaders du secteur investissent de plus en plus dans le métavers afin de satisfaire les exigences de la mode numérique », a expliqué Barkan.
Palem utilise des fibres naturelles fabriquées à partir de matériaux 100 % durable, tels que le coton biologique, la viscose durable ou des tissus recyclés, dans ses lignes de fabrication de mode. Pour encourager davantage de fabricants à opter pour la mode durable, les consommateurs devraient plus orienter leurs achats dans ce sens.
«La bonne nouvelle est que nous sentons qu'il y a un éveil, une nouvelle prise de conscience parmi les consommateurs du Moyen-Orient. Les gens commencent à se poser des questions et à prendre en main le sujet», a-t-elle affirmé.
Cela se reflète dans le nombre de marques de mode durable émergentes dans la région et la création du Conseil de la mode du Moyen-Orient aux Émirats arabes unis. Celui-ci a été fondé conjointement par Simon Lo Gatto et Payal Kshatriya Cerri.

Des femmes cherchent des vêtements usagés parmi des tonnes de déchets dans le désert d'Atacama, à Alto Hospicio, Iquique, Chili. (Photo, AFP)


Selon Lo Gatto, le conseil de la mode a été créé comme «un répertoire» pour les designers de la région et «un guide pour savoir si un créateur veut à devenir plus durable».
«Notre place dans cette histoire est de rassembler les dirigeants, de remettre en question notre façon de penser, de remettre en question la façon dont l'approvisionnement et la fabrication sont effectués pour les marques qui se trouvent dans la région à partir d'autres pays, ainsi que d'être en mesure de fournir une plate-forme et un soutien aux fabricants de la région» a-t-il affirmé.
L'industrie de la mode au Moyen-Orient doit adopter des méthodes innovantes, l'utilisation de la blockchain et de l'impression 3D notamment, afin de contribuer à la réduction des déchets et à l’augmentation de la transparence du processus de production. Une localisation à grande échelle de la production serait aussi utile.
D’après Cerri, «Dubaï est un centre de vente au détail énorme pour toutes les marques, mais les marques locales sont là où se trouve la compétition».
Avec la durabilité au cœur de ses valeurs, le Conseil de la mode du Moyen-Orient s'est associé à la ville de Dubaï pour organiser deux défilés de mode, l'un ce mois-ci, l'autre en octobre. À l'avenir, les organisateurs espèrent organiser une semaine de la mode durable mettant en vedette des marques écologiques.

Juliette Barkan, co-fondatrice de Palem. (Photo fournie)


Le marché de la mode dans les pays du Golfe et dans la région en général a connu une croissance exponentielle ces dernières années. La première édition de l'Arab Fashion Week, suivant les traces d'événements de longue date organisés à New York, Paris, Londres et Milan, a eu lieu à Dubaï en 2015. Cet événement est ensuite devenu le premier défilé de mode flottant lorsqu'il a été organisé à bord du navire de croisière Queen Elizabeth II en 2018.
En Arabie saoudite, le marché de la mode en ligne valait 715 millions de dollars en 2018 et devrait atteindre 3 milliards de dollars cette année, ce qui en fait le plus important de la région. Au cours de la même période, le marché de la mode en ligne dans le reste de la région du Conseil de coopération du Golfe devrait passer de 140 à 500 millions de dollars, et en Égypte de 125 à 300 millions de dollars.
Cette croissance régionale signifie que l'adoption d'habitudes de production et de consommation plus durables est d'autant plus urgentes. Malgré la croissance du commerce électronique et l'émergence de la scène de la mode au Moyen-Orient, de nombreux designers qui essayent d'adopter une approche plus durable continuent de faire face à des défis dans leurs tentatives de développement de leurs propre marques.
«De nombreuses nouvelles marques durables ne répondent pas à toutes les normes d'éligibilité» a souligné Cerri.
Les consommateurs de la région du CCG sont fortement fidèles aux grandes marques bien établies, révèle Alia Jashanmal, cofondatrice d'Aloushi's, une boutique en ligne de style de vie durable. Mais les comportements des consommateurs commencent à changer.

Kris Barber. (Photo fournie)


La bonne nouvelle selon elle est que les comportements des consommateurs commencent à changer. «Je crois que notre société s'adapte pour faire la promotion des entreprises locales. Les gens se renseignent sur la façon d'identifier et de soutenir la mode durable».
Dans son sondage «Global Consumer Insights Survey 2021», publié en décembre, le réseau de services professionnels PwC a remarqué une prise de conscience croissante de la durabilité sociale et environnementale parmi les consommateurs en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Égypte.
Parmi les personnes interrogées, 65% environ ont déclaré être devenues plus sensible aux enjeux écologiques au cours des six derniers mois, tandis que sept acheteurs sur 10 ont révélé qu’ils ont opté pour des comportements durables.
Les participant au sondage de la région ont constamment surclassé les participants au sondage mondial sur une série de questions liées à ce problème. A titre d'exemple, près de 75 % des consommateurs du Moyen-Orient ont affirmé acheter auprès d'entreprises respectueuses de l'environnement, contre 54 % dans le monde.
Alors que la fast fashion reste sans aucun doute dominante pour le moment, elle pourrait aussi être le modèle commercial de détail du jour. C'est pourquoi, pour Barber et ses collègues de DGrade, les résultats du sondage auprès des consommateurs doivent être considérés comme une motivation pour l'industrie à faire mieux.
Il a ainsi affirme a Arab News que «sans trop blâmer l'industrie de la mode, je crois qu'il s'agit plutôt d'essayer de confectionner des produits de très bonne qualité, des produits qui durent plus longtemps et que les gens vont utiliser et porter plus souvent».


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée saoudienne intercepte des drones provenant d'Irak

Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense. (SPA)
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  • Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak
  • Ceux-ci visaient des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense

RIYAD: Les forces armées saoudiennes ont intercepté et détruit plusieurs drones lancés depuis l'Irak et visant des installations pétrolières, a indiqué lundi le ministère saoudien de la Défense.

"Des attaques terroristes ont été lancées depuis le territoire irakien par des milices terroristes soutenues par l'Iran", a affirmé le ministère dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Riyad appelle l'Irak à empêcher les attaques 

L'Arabie saoudite a exhorté lundi le gouvernement de Bagdad à empêcher les attaques de drones lancées depuis son territoire, après avoir accusé des groupes armés pro-Iran basés en Irak, d'avoir ciblé le royaume.

Le royaume "réaffirme la nécessité pour le gouvernement irakien de prendre toutes les mesures nécessaires afin d'empêcher que son territoire ne serve de point de départ à une agression", peut-on lire dans un communiqué des autorités publié par une chaîne de télévision officielle saoudienne.

 

 

 


Le Liban renforce le contrôle de ses ports, asséchant ainsi les sources de financement du Hezbollah

Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
Ci-dessus, des conteneurs en cours de déchargement d’un navire amarré au port de Beyrouth, le 1er novembre 2024. (Photo d’archive AFP)
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  • Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations
  • Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne

BEYROUTH : La confrontation entre le Liban et le Hezbollah ne se limite plus à la question des armes du groupe et à la mise en œuvre des engagements internationaux dans le Sud. Elle s’est étendue à une campagne plus large visant à renforcer le contrôle de l’État sur les ports maritimes, l’aéroport et les postes-frontières, afin de limiter l’influence du Hezbollah et de couper ses sources de financement illicites.

Depuis l’élection du président Joseph Aoun et la formation du gouvernement du Premier ministre Nawaf Salam, les autorités ont mis en œuvre une stratégie sécuritaire et administrative visant à réaffirmer le contrôle souverain sur les points d’entrée terrestres, maritimes et aériens du pays.

Selon des sources sécuritaires, les mesures mises en place ces derniers mois ont dépassé le simple cadre d’une réorganisation des opérations au sein de ces installations. Elles ont également porté un coup à l’infrastructure logistique du Hezbollah en restreignant considérablement les itinéraires de contrebande et en perturbant les circuits de financement qui opéraient via la frontière syrienne, l’aéroport de Beyrouth et le port de Beyrouth.

L’influence du Hezbollah recule

Alors que les mesures de lutte contre la contrebande et de contrôle des frontières continuent d’être renforcées, leurs effets sont déjà visibles, le Hezbollah perdant de son influence au sein d’institutions où il exerçait autrefois une emprise considérable.

Une source impliquée dans la surveillance des points de passage terrestres, maritimes et aériens du Liban a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein de ces installations avait diminué à un niveau sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle administration.

Selon cette source, ce changement a directement affecté les capacités financières et logistiques du groupe, qui, avant la dernière guerre, bénéficiait d’un environnement sécuritaire et administratif différent permettant la circulation des marchandises et des liquidités avec relativement peu de contraintes.

Ces derniers mois, l’État libanais a également renforcé la surveillance technique en déployant des scanners modernes au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth et au poste-frontière de Masnaa. Ces équipements ont permis de freiner la contrebande de marchandises, de matières interdites et d’argent liquide via ces installations.

La source a ajouté que les passages illégaux, qui constituaient depuis des années l’épine dorsale du réseau logistique du Hezbollah, « ne jouent plus le rôle qu’ils jouaient autrefois », les autorités syriennes ayant renforcé les contrôles de leur côté de la frontière, parallèlement au renforcement des mesures de contrôle libanaises. En conséquence, le trafic transfrontalier illégal a chuté à des niveaux que la source a qualifiés de quasi négligeables.

Un changement fondamental

La source a noté que la situation aux points de passage non officiels avec la Syrie a radicalement changé par rapport aux années précédentes, lorsque des camions liés au Hezbollah auraient traversé régulièrement la frontière, profitant de la faiblesse de l’État et de la marginalisation des institutions officielles au profit du groupe et des réseaux de contrebande opérant dans son orbite.

Ces changements se sont étendus au-delà de la circulation des marchandises pour toucher les réseaux de financement du groupe. Une source officielle a fait état d’une baisse marquée des tentatives d’introduction au Liban, via l’aéroport, de sacs contenant de l’argent liquide et de l’or, ainsi que de la contrebande de pilules de Captagon et de haschisch, activités que la source a décrites comme figurant parmi les opérations illicites les plus importantes liées au trafic transfrontalier.

La source a également souligné l’importance de la décision du gouvernement d’interdire aux avions iraniens d’atterrir à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth, affirmant que cela avait renforcé la pression sur les canaux d’approvisionnement du Hezbollah en fermant l’une des voies qui aurait été utilisée pour acheminer des liquidités et d’autres formes de soutien matériel au groupe.

Des responsables ont également qualifié la chute du régime de Bachar al-Assad de tournant le plus important — et de coup le plus dur — auquel le Hezbollah ait été confronté depuis sa création. La Syrie n’offrant plus ce qu’ils ont décrit comme un environnement logistique sûr, le Hezbollah et l’Iran ont perdu l’un de leurs principaux couloirs pour acheminer des armes et des fonds au Liban.

Une source sécuritaire a déclaré à Asharq Al-Awsat que l’influence du Hezbollah au sein des institutions chargées de superviser les ports et les postes-frontières était devenue « quasi inexistante » à la suite d’une série de mesures sécuritaires et administratives visant à reconstruire les systèmes de contrôle au port de Beyrouth, à l’aéroport international Rafic Hariri et au poste-frontière de Masnaa.

Selon cette source, ces mesures ont notamment consisté à réaffecter de nombreux agents de sécurité et du personnel administratif soupçonnés d’avoir été sous l’influence du Hezbollah et qui auraient facilité le passage de marchandises de manière quasi quotidienne. Cette restructuration, a précisé la source, a comblé des failles qui constituaient depuis longtemps des points faibles au sein des agences chargées de surveiller ces installations.

La source a ajouté que les autorités ne se sont pas limitées à des remaniements administratifs. Elles ont également ouvert des enquêtes et engagé des poursuites judiciaires à l’encontre de personnes soupçonnées d’avoir facilité le passage de marchandises, de sacs d’argent liquide et de bijoux pour le compte du Hezbollah au cours des derniers mois, dans le cadre d’une politique plus large visant à démanteler les réseaux d’influence du groupe au sein des institutions publiques.


Iran: les Gardiens de la Révolution stoppent six navires dans le détroit d'Ormuz

La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat. (AFP)
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  • "La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour"
  • Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions

TEHERAN: La marine des Gardiens de la Révolution iraniens a empêché lundi six navires d'emprunter le détroit d'Ormuz après qu'ils ont tenté d'y transiter par des routes non autorisées par les autorités iraniennes, a rapporté la télévision d'Etat.

"La nuit dernière, six navires qui tentaient de passer par une route autre que celle désignée ont été stoppés par la marine des Gardiens de la Révolution à l'aide de tirs de semonce et contraints de faire demi-tour", a indiqué un correspondant de la télévision d'Etat depuis le Golfe.

Plus tôt, la télévision d'Etat avait fait état d'un "incident" impliquant un navire, sans fournir davantage de précisions.

Samedi, les Gardiens, armée idéologique iranienne, avaient annoncé avoir stoppé quatre navires qui tentaient de traverser la partie sud du détroit après avoir tiré des coups de semonce.

Les forces armées iraniennes ont à plusieurs reprises empêché des navires de franchir ce passage maritime stratégique en effectuant ces tirs.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.