Comment la mode durable peut réduire les déchets et les émissions de carbone au Moyen-Orient

Alors que les marques réagissent à l'abandon des ventes en magasin, les consommateurs font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et les questions socio-économiques ou environnementales. (Photo, AFP)
Alors que les marques réagissent à l'abandon des ventes en magasin, les consommateurs font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et les questions socio-économiques ou environnementales. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 15 avril 2022

Comment la mode durable peut réduire les déchets et les émissions de carbone au Moyen-Orient

  • L’industrie mondiale de la mode est responsable de 10% des émissions mondiales de carbone et d’énormes quantités de déchets
  • La promotion des marques de mode durables au Moyen-Orient pourrait réduire radicalement la quantité de textiles mis en décharge

DUBAÏ: De tous les modèles commerciaux de l'industrie de la vente au détail tenus pour responsables de la croissance d’habitudes de consommation non durables, peu sont à la hauteur de la mauvaise réputation acquise par la fast fashion, qui s’appuie sur les méthodes de conception, de fabrication et de commercialisation qui sous-tendent la production de vêtements de masse.
Les coûts environnementaux ne cessent d'augmenter car les marques de fast fashion créent chaque année jusqu'à 52 micro-collections, qui apparaissent constamment sur les panneaux d'affichage en bord de route, les bannières publicitaires en ligne et les sites de réseaux sociaux proposant les meilleures affaires en matière de vêtements tendance.
Le bon côté des choses, c’est que la mode éthique, les vêtements d'occasion de qualité et d'autres alternatives plus respectueuses de l’environnement sont de plus en plus accessibles aux consommateurs, qui ont un grand rôle à jouer pour contrer les effets néfastes de la fast fashion.
Pourtant, les experts estiment que les entreprises doivent assumer la responsabilité de leurs actes et que les gouvernements doivent élaborer des réglementations pour encourager les habitudes d'achat respectueuses de l’environnement et promouvoir la mode durable.
Le défi est, pour le moins, de taille. Alors que les marques consacrent de gros budgets au marketing numérique et à la publicité subliminale en réponse à une évolution sismique des ventes en magasin, les consommateurs qui passent des heures à parcourir les sites Web à la recherche des meilleures affaires font rarement le lien entre leurs décisions d'achat et des questions environnementales ou socio-économiques.
Par exemple, une paire de jeans peut sembler être un achat assez anodin. En réalité, le processus de production de cet article de base de la garde-robe nécessite environ 2 000 gallons d'eau, soit l’équivalant de la quantité d’eau potable qu'une personne moyenne boira en sept ans.

Des employées travaillant sur une ligne de production de vêtements destinés à l'exportation dans une usine du comté de Xiayi, à Shangqiu, dans la province centrale du Henan en Chine. (Photo, AFP)


Cela explique pourquoi l'industrie de la mode, dont le chiffre d’affaires s’élève à 3 000 milliards de dollars et qui représente 2% du produit intérieur brut mondial, est tour à tour identifiée comme le deuxième ou le troisième plus grand pollueur au monde, juste derrière le pétrole.
Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, l'industrie de la mode pourrait être responsable de 10% des émissions mondiales de carbone, soit plus que tous les vols internationaux et le transport maritime combinés. Les usines de confection, situées pour la plupart dans les pays en développement, produisent plus de 80 milliards de vêtements chaque année, tandis que les marques de fast fashion dominent le marché de la vente au détail.
Kris Barber, fondateur et PDG de DGrade, une marque durable des Émirats arabes unis qui produit des vêtements à partir de bouteilles en plastique recyclées, a déclaré à Arab News: «Comme la mode change si rapidement, les consommateurs ont tendance à vouloir acheter instantanément, puis, lorsque la mode change à nouveau, ils veulent s'en débarrasser.»
Selon le documentaire de 2015 «The True Cost» (Le prix réel), un exposé sur l'industrie de la mode réalisé par le cinéaste Andrew Morgan, environ 400% de vêtements supplémentaires étaient produits dans le monde à cette époque par rapport à 20 ans auparavant. Ce chiffre est probablement beaucoup plus élevé maintenant.
Ce phénomène, associé à une baisse constante des prix, signifie que les achats de vêtements sont plus abordables pour une partie beaucoup plus large de la population mondiale, poussant le consumérisme dans ce secteur à un niveau record.

Des mannequins font la queue dans la cage d'escalier du premier et du deuxième étage du magasin phare de la chaîne japonaise de vêtements chics bon marché Uniqlo, dans le quartier commercial de Ginza à Tokyo. (Photo, AFP)


Pour le meilleur ou pour le pire, les gens possèdent à présent cinq fois plus de vêtements que leurs grands-parents, et sont plus enclins à les jeter après une utilisation minimale.
Des sondages indiquent que certains vêtements ne sont portés en moyenne que sept fois avant d'être jetés, et que la plupart des femmes n'utilisent que 20 à 30% du contenu de leur garde-robe.
Barber a de plus signalé: «Généralement, le modèle commercial de la vente au détail de produits qui comportent un élément jetable intégré, non seulement dans le domaine du textile, mais dans tous les domaines, des téléphones portables aux téléviseurs, consiste à surproduire et à réduire le coût unitaire.»
Sa carrière dans la mode durable a commencé il y a 12 ans et, avec ses collègues de Dgrade, il travaille à l'amélioration de la qualité des fibres recyclées. L'entreprise produit plus de 250 types de tissus dont la qualité ne peut être distinguée de celle des tissus fabriqués à partir de fibres vierges.
«La production de chacun de nos t-shirts, fabriqués en polyester 100% recyclé, consomme en moyenne 10 bouteilles en plastique», a déclaré Barber.
DGrade, qui produit également des vêtements personnalisés pour les entreprises, a récemment élargi les activités de son usine de fabrication aux Émirats arabes unis, où plus de 1 000 tonnes de bouteilles en plastique de polyéthylène téréphtalate, ou PETP, sont recyclées chaque mois pour fabriquer des tissus et des emballages alimentaires. Chaque tonne contient environ 50 000 bouteilles vides.
L'ampleur du problème mondial auquel l'entreprise s'attaque est énorme. Actuellement, l'équivalent d'un camion poubelle rempli de textiles est envoyé à la décharge ou incinéré chaque seconde, dans le monde. Des études montrent qu'à moins que l'industrie de la mode ne prenne des mesures considérables pour réduire les déchets, elle épuisera un quart du budget mondial des émissions de carbone d'ici 2050.
Les experts du secteur s'accordent largement sur la nécessité de contrôler la production des vêtements, des chaussures et des accessoires de mode. Quant à savoir si les consommateurs seront prêts à payer plus cher pour des articles plus respectueux de l’environnement, c’est une toute autre affaire.
Juliette Barkan, cofondatrice de Palem, une marque de mode durable aux Émirats arabes unis, estime que la sensibilisation à l'empreinte environnementale du secteur et la consommation responsable doivent aller de pair.

Des membres d'Extinction Rebellion Argentina sont vêtus de modèles créés à partir d’éléments recyclés par des stylistes de Trash Couture, lors d'une manifestation contre l'industrie de la fast fashion, dans la rue piétonne de Floride à Buenos Aires. (Photo, AFP)


«À moins que les consommateurs ne fassent pression sur les industries et optent pour des articles plus durables, en choisissant la slow fashion, des articles de qualité et intemporelles plutôt que la fast fashion, les changements resteront sans doute anecdotiques», a-t-elle déclaré à Arab News.
En se basant sur sa propre expérience, Barkan a affirmé que le rôle des réseaux sociaux dans le façonnement les habitudes de consommation ne peut être surestimé.

En chiffres

* 3 000 milliards de dollars (1 dollar américain = 0,92 euro) = La valeur de l'industrie mondiale de la mode.
* 2% = La part de l'industrie de la mode dans le PIB mondial.
* 3 milliards de dollars = La valeur projetée du marché de la mode en ligne en Arabie saoudite.
* 75% = Les participants au sondage du Moyen-Orient qui ont déclaré acheter auprès d'entreprises de mode durable.

 

«Dans un monde où nous sommes tous notre propre marque, notre besoin de nous habiller a augmenté de manière considérable, créant un besoin constant de nouveauté. La demande est si importante que les leaders du secteur investissent de plus en plus dans le métavers afin de satisfaire les exigences de la mode numérique », a expliqué Barkan.
Palem utilise des fibres naturelles fabriquées à partir de matériaux 100 % durable, tels que le coton biologique, la viscose durable ou des tissus recyclés, dans ses lignes de fabrication de mode. Pour encourager davantage de fabricants à opter pour la mode durable, les consommateurs devraient plus orienter leurs achats dans ce sens.
«La bonne nouvelle est que nous sentons qu'il y a un éveil, une nouvelle prise de conscience parmi les consommateurs du Moyen-Orient. Les gens commencent à se poser des questions et à prendre en main le sujet», a-t-elle affirmé.
Cela se reflète dans le nombre de marques de mode durable émergentes dans la région et la création du Conseil de la mode du Moyen-Orient aux Émirats arabes unis. Celui-ci a été fondé conjointement par Simon Lo Gatto et Payal Kshatriya Cerri.

Des femmes cherchent des vêtements usagés parmi des tonnes de déchets dans le désert d'Atacama, à Alto Hospicio, Iquique, Chili. (Photo, AFP)


Selon Lo Gatto, le conseil de la mode a été créé comme «un répertoire» pour les designers de la région et «un guide pour savoir si un créateur veut à devenir plus durable».
«Notre place dans cette histoire est de rassembler les dirigeants, de remettre en question notre façon de penser, de remettre en question la façon dont l'approvisionnement et la fabrication sont effectués pour les marques qui se trouvent dans la région à partir d'autres pays, ainsi que d'être en mesure de fournir une plate-forme et un soutien aux fabricants de la région» a-t-il affirmé.
L'industrie de la mode au Moyen-Orient doit adopter des méthodes innovantes, l'utilisation de la blockchain et de l'impression 3D notamment, afin de contribuer à la réduction des déchets et à l’augmentation de la transparence du processus de production. Une localisation à grande échelle de la production serait aussi utile.
D’après Cerri, «Dubaï est un centre de vente au détail énorme pour toutes les marques, mais les marques locales sont là où se trouve la compétition».
Avec la durabilité au cœur de ses valeurs, le Conseil de la mode du Moyen-Orient s'est associé à la ville de Dubaï pour organiser deux défilés de mode, l'un ce mois-ci, l'autre en octobre. À l'avenir, les organisateurs espèrent organiser une semaine de la mode durable mettant en vedette des marques écologiques.

Juliette Barkan, co-fondatrice de Palem. (Photo fournie)


Le marché de la mode dans les pays du Golfe et dans la région en général a connu une croissance exponentielle ces dernières années. La première édition de l'Arab Fashion Week, suivant les traces d'événements de longue date organisés à New York, Paris, Londres et Milan, a eu lieu à Dubaï en 2015. Cet événement est ensuite devenu le premier défilé de mode flottant lorsqu'il a été organisé à bord du navire de croisière Queen Elizabeth II en 2018.
En Arabie saoudite, le marché de la mode en ligne valait 715 millions de dollars en 2018 et devrait atteindre 3 milliards de dollars cette année, ce qui en fait le plus important de la région. Au cours de la même période, le marché de la mode en ligne dans le reste de la région du Conseil de coopération du Golfe devrait passer de 140 à 500 millions de dollars, et en Égypte de 125 à 300 millions de dollars.
Cette croissance régionale signifie que l'adoption d'habitudes de production et de consommation plus durables est d'autant plus urgentes. Malgré la croissance du commerce électronique et l'émergence de la scène de la mode au Moyen-Orient, de nombreux designers qui essayent d'adopter une approche plus durable continuent de faire face à des défis dans leurs tentatives de développement de leurs propre marques.
«De nombreuses nouvelles marques durables ne répondent pas à toutes les normes d'éligibilité» a souligné Cerri.
Les consommateurs de la région du CCG sont fortement fidèles aux grandes marques bien établies, révèle Alia Jashanmal, cofondatrice d'Aloushi's, une boutique en ligne de style de vie durable. Mais les comportements des consommateurs commencent à changer.

Kris Barber. (Photo fournie)


La bonne nouvelle selon elle est que les comportements des consommateurs commencent à changer. «Je crois que notre société s'adapte pour faire la promotion des entreprises locales. Les gens se renseignent sur la façon d'identifier et de soutenir la mode durable».
Dans son sondage «Global Consumer Insights Survey 2021», publié en décembre, le réseau de services professionnels PwC a remarqué une prise de conscience croissante de la durabilité sociale et environnementale parmi les consommateurs en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et en Égypte.
Parmi les personnes interrogées, 65% environ ont déclaré être devenues plus sensible aux enjeux écologiques au cours des six derniers mois, tandis que sept acheteurs sur 10 ont révélé qu’ils ont opté pour des comportements durables.
Les participant au sondage de la région ont constamment surclassé les participants au sondage mondial sur une série de questions liées à ce problème. A titre d'exemple, près de 75 % des consommateurs du Moyen-Orient ont affirmé acheter auprès d'entreprises respectueuses de l'environnement, contre 54 % dans le monde.
Alors que la fast fashion reste sans aucun doute dominante pour le moment, elle pourrait aussi être le modèle commercial de détail du jour. C'est pourquoi, pour Barber et ses collègues de DGrade, les résultats du sondage auprès des consommateurs doivent être considérés comme une motivation pour l'industrie à faire mieux.
Il a ainsi affirme a Arab News que «sans trop blâmer l'industrie de la mode, je crois qu'il s'agit plutôt d'essayer de confectionner des produits de très bonne qualité, des produits qui durent plus longtemps et que les gens vont utiliser et porter plus souvent».


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Soudan : le ministre de la Défense qualifie de faux un « document des services de renseignement » après l’attaque d’un convoi

Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
Ministre soudanais de la Défense, le général Hassan Kabroun. (Photo AN)
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  • Le général Hassan Kabroun affirme à Arab News que les accusations selon lesquelles l’armée aurait dissimulé des armes dans un convoi d’aide sont « totalement fausses »

RIYAD : Le ministre soudanais de la Défense a fermement démenti des informations attribuées aux services de renseignement soudanais, selon lesquelles un convoi ciblé au Kordofan du Nord transportait secrètement des armes sous couvert d’aide humanitaire.

Le général Hassan Kabroun a qualifié ces accusations de « fausses » et a estimé qu’il s’agissait d’une tentative de détourner l’attention de ce qu’il a décrit comme un crime commis par une milice.

La controverse a éclaté après la publication d’articles affirmant qu’un document attribué au Service général de renseignement du Soudan soutenait que le convoi frappé vendredi à Al-Rahad n’était pas une mission purement humanitaire, mais transportait en réalité « des armes et des munitions de haute qualité » destinées à des unités des Forces armées soudanaises opérant dans l’État.

Le rapport alléguait en outre que le convoi avait été présenté comme humanitaire afin d’obtenir un passage sûr à travers les zones de conflit, et que les Forces de soutien rapide (RSF) l’avaient détruit après avoir recueilli des renseignements sur son itinéraire et sa cargaison.

Kabroun a catégoriquement rejeté cette version des faits.

« Tout d’abord, nous tenons à souligner que cette information est fausse », a-t-il déclaré à Arab News. « Même le titre évoquant la sécurité de régions telles qu’Al-Dabbah n’est pas un titre que l’armée utiliserait. »

Il a qualifié le document de fabrication à motivation politique, affirmant qu’il visait à « couvrir le crime odieux qu’ils ont commis ».

Le ministre a assuré que la zone visée par des drones est entièrement sous le contrôle des Forces armées soudanaises et ne nécessite aucun transport militaire clandestin.

« Deuxièmement, nous confirmons que la région ciblée par les drones est contrôlée par l’armée et parfaitement sûre », a déclaré Kabroun. « Il n’est pas nécessaire d’y transporter du matériel militaire en utilisant des convois humanitaires comme couverture, car il s’agit d’une zone sécurisée sous contrôle de l’armée, qui dispose de capacités importantes pour acheminer l’aide humanitaire. »

Selon lui, l’armée soudanaise possède les capacités logistiques et les itinéraires sécurisés nécessaires pour déplacer du matériel ouvertement lorsque cela est requis.

« L’armée est professionnelle et n’a pas besoin d’acheminer quoi que ce soit à Kadugli ou Dalang à bord de convois d’aide », a-t-il affirmé. « La route entre Dalang et Kadugli est ouverte. Les forces soudanaises ont emprunté cette route pour entrer et prendre le contrôle de la région. La route est ouverte et, chaque fois que des camions militaires doivent livrer du matériel, ils peuvent le faire sans recourir à une quelconque forme de camouflage. »

Kabroun a également rejeté toute suggestion selon laquelle l’armée utiliserait des opérations humanitaires comme couverture.

« L’aide est transportée par des véhicules humanitaires dédiés vers les zones qui en ont besoin », a-t-il précisé. « L’aide n’est pas transportée par l’armée. L’armée et les services de sécurité n’interfèrent pas du tout avec les efforts de secours et n’escortent même pas les convois. »

Il a souligné que les Forces armées soudanaises maintiennent une séparation institutionnelle claire entre les opérations militaires et le travail humanitaire, en particulier dans le contexte de la crise que traverse le pays.

« Ce sont des accusations mensongères », a-t-il déclaré. « Cette fausse information vise à couvrir le crime odieux qu’ils ont commis. »

Le Soudan est en proie au conflit depuis avril 2023, lorsque des combats ont éclaté entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide, plongeant le pays dans ce que les Nations unies ont qualifié de l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

La dernière controverse autour du convoi intervient alors que les combats s’intensifient au Kordofan du Sud, région stratégique reliant le centre du Soudan aux zones contestées du Darfour et du Nil Bleu.

Le faux rapport suggérait que la surveillance des services de renseignement avait permis aux RSF de frapper ce qu’elles décrivaient comme un convoi militaire déguisé en aide humanitaire. Mais Kabroun a rejeté catégoriquement cette version.

« Les services de renseignement connaissent parfaitement leurs responsabilités », a-t-il affirmé. « L’armée soudanaise dispose de suffisamment d’armes et d’équipements pour ses opérations. Ces accusations sont totalement fausses. »

Il a estimé que le récit diffusé visait à détourner la responsabilité des attaques contre des infrastructures civiles et des mouvements humanitaires.

« Cela montre qu’ils cherchent à dissimuler les atrocités », a-t-il ajouté, en référence à la milice.

Kabroun a soutenu que l’armée a repris l’initiative sur plusieurs fronts et demeure pleinement capable de poursuivre ses opérations sans recourir à la tromperie.

« La région est sécurisée, les routes sont ouvertes et l’armée n’a pas besoin de camouflage », a-t-il conclu. « Nous opérons de manière professionnelle et transparente. »

« Ces accusations sont totalement fausses », a-t-il insisté. « L’armée soudanaise n’utilise pas de convois humanitaires à des fins militaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le président somalien à Asharq Al-Awsat: Travailler avec des partenaires de l'Arabie saoudite pour annuler la reconnaissance du Somaliland par Israël

 Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman rencontre le président somalien Hassan Sheikh Mohamud. (File/SPA)
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  • M. Mohamud a souligné que l'unité de la Somalie est une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio a pris des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale
  • S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique

RIYAD: Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud a dévoilé une stratégie politique et juridique à trois volets pour annuler ce qu'il a décrit comme une reconnaissance israélienne de la région sécessionniste du Somaliland, avertissant qu'une telle décision menace la souveraineté de la Somalie et la stabilité régionale.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, M. Mohamud a déclaré que son gouvernement agissait en étroite coordination avec ses partenaires, dont l'Arabie saoudite, pour préserver la stabilité et protéger la Corne de l'Afrique de ce qu'il a qualifié d'"escalade irréfléchie".

Sans nommer de pays en particulier, le dirigeant somalien a déclaré que certains États de la région pourraient voir dans la reconnaissance israélienne une occasion de poursuivre "des intérêts étroits et à court terme au détriment de l'unité de la Somalie et de la stabilité régionale".

"Je ne souhaite pas nommer un ou plusieurs pays en particulier", a-t-il déclaré. "Mais il est clair que certains pourraient considérer cette reconnaissance comme une occasion de réaliser des gains limités.

Il a souligné que l'unité de la Somalie était une "ligne rouge", ajoutant que Mogadiscio avait adopté des positions fermes pour protéger la souveraineté nationale. "Nous mettons en garde contre le risque d'être induits en erreur par l'aventurisme israélien imprudent", a-t-il déclaré.

Trois étapes parallèles

M. Mohamud faisait référence à la reconnaissance, annoncée par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de la République autoproclamée du Somaliland en tant qu'État indépendant.

"J'affirme avec la plus grande clarté et fermeté que toute reconnaissance du Somaliland en tant qu'État indépendant constitue une violation flagrante de la souveraineté et de l'unité de la République fédérale de Somalie", a-t-il déclaré.

Il a qualifié cette démarche de grave violation du droit international, de la charte des Nations unies et des résolutions de l'Union africaine qui prônent le respect des frontières héritées de l'Afrique.

Sur cette base, la Somalie a adopté et continuera à appliquer trois mesures parallèles, a-t-il révélé.

La première consiste en une action diplomatique immédiate par l'intermédiaire des Nations unies, de l'Union africaine et de l'Organisation de la coopération islamique afin de rejeter et d'invalider juridiquement et politiquement cette reconnaissance.

M. Mohamud a déclaré que la Somalie avait demandé et obtenu une session formelle du Conseil de sécurité des Nations unies pour traiter ce qu'il a qualifié de "violation israélienne flagrante" de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Somalie.

Cette session, a-t-il ajouté, constitue une victoire diplomatique importante pour Mogadiscio, compte tenu notamment du fait que la Somalie est actuellement membre du Conseil.

Il a exprimé sa "profonde gratitude" pour les déclarations de solidarité et de condamnation émises par l'Union africaine, la Ligue arabe, l'OCI, le Conseil de coopération du Golfe, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l'Union européenne, entre autres.

La deuxième étape consiste à coordonner une position arabe, islamique et africaine unifiée. M. Mohamud a félicité l'Arabie saoudite pour avoir été l'une des premières à publier une déclaration claire rejetant toute atteinte à l'unité de la Somalie.

Il a déclaré que la position saoudienne reflétait l'engagement de longue date du Royaume en faveur de la souveraineté de l'État et de l'intégrité territoriale, renforcé par le soutien "ferme et de principe" du cabinet saoudien à la Somalie dans ce qu'il a décrit comme un moment délicat.

La troisième étape est axée sur le renforcement du dialogue national interne afin d'aborder les questions politiques dans le cadre d'un État somalien unique, à l'abri de toute ingérence ou de tout diktat extérieur.

Sécurité régionale

M. Mohamud a prévenu que si rien n'était fait, la reconnaissance pourrait créer un "dangereux précédent et compromettre la paix et la sécurité régionales et internationales".

Il a ajouté que cela pourrait encourager les mouvements séparatistes non seulement dans la Corne de l'Afrique, mais aussi dans toute l'Afrique et le monde arabe, citant les développements dans des pays tels que le Soudan et le Yémen comme preuve du coût élevé de la fragmentation de l'État.

"Il s'agit d'une artère maritime mondiale vitale et d'un élément essentiel de la sécurité nationale arabe", a-t-il déclaré en faisant référence à la mer Rouge.

"Toute tension politique ou sécuritaire le long de la côte somalienne affectera directement le commerce international et la sécurité énergétique.

Il a ajouté que l'instabilité aurait des répercussions sur les États riverains de la mer Rouge, en particulier l'Arabie saoudite, l'Égypte, le Soudan, l'Érythrée, le Yémen et la Jordanie. "Préserver l'unité de la Somalie est la pierre angulaire de la sécurité collective de la mer Rouge", a-t-il déclaré.

Point d'appui stratégique

M. Mohamud a affirmé que l'objectif d'Israël allait au-delà de la reconnaissance politique.

"Nous pensons que l'objectif va au-delà d'un geste politique", a-t-il déclaré à Asharq Al-Awsat. "Il comprend la recherche d'un point d'appui stratégique dans la Corne de l'Afrique, près de la mer Rouge, permettant d'exercer une influence sur le détroit de Bab al-Mandeb et menaçant la sécurité nationale des États riverains de la mer Rouge.

Il a décrit cette initiative comme un test de la détermination somalienne, arabe et africaine sur les questions de souveraineté et d'unité territoriale, soulignant que l'opposition de la Somalie à la sécession est une position nationale de principe et durable largement soutenue dans les mondes arabe et africain, "en premier lieu par l'Arabie saoudite".

Il a rejeté toute tentative visant à faire de la Somalie un champ de bataille pour les rivalités régionales ou internationales. "Nous ne permettrons pas que la Somalie devienne une arène pour le règlement de conflits qui ne servent pas les intérêts de notre peuple ou la sécurité de notre région", a-t-il déclaré.

Liens avec l'Arabie saoudite

En ce qui concerne les relations entre l'Arabie saoudite et la Somalie, M. Mohamud a décrit le partenariat comme étant "profondément enraciné et stratégique, enraciné dans une histoire et une religion partagées et dans une destinée commune". L'Arabie saoudite, a-t-il déclaré, "reste un partenaire central dans le soutien à la stabilité, à la reconstruction et au développement de la Somalie, ainsi qu'à la sécurité de la mer Rouge".

Il a exprimé son admiration pour la Vision 2030 de l'Arabie saoudite et les gains économiques et de développement réalisés sous la direction du Gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman bin Abdulaziz, et du prince Mohammed bin Salman, prince héritier et Premier ministre.

Interrogé sur la récente décision du Cabinet saoudien rejetant toute tentative de diviser la Somalie, M. Mohamud a déclaré que le gouvernement fédéral l'avait reçue avec "beaucoup d'appréciation et de soulagement."

Selon lui, cette position prolonge le soutien historique du Royaume à l'unité territoriale et à la souveraineté de la Somalie, renforce la stabilité régionale et envoie un message important à la communauté internationale sur la nécessité de respecter la souveraineté des États et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures.


Le ministre saoudien des AE en Éthiopie pour discuter des développements régionaux

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères Faisal ben Farhane (AFP)
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  • Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales"
  • Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois

RIYAD: Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, est arrivé mercredi dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba pour une visite officielle, a indiqué le ministère.

Le prince Faisal rencontrera le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed Ali pour "discuter des développements dans la région et des efforts déployés pour parvenir à la paix et à la stabilité régionales", selon le communiqué publié sur X.

Cette visite fait suite à l'accueil par l'Arabie saoudite du ministre éthiopien des affaires étrangères, Gedion Timothewos, pour des entretiens à Riyad au début du mois.