Réactions politiques au débat Le Pen-Macron: chaque camp défend son champion

Les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé (Photo, AFP).
Les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Réactions politiques au débat Le Pen-Macron: chaque camp défend son champion

  • Les proches de Marine Le Pen ont fustigé la proposition d'Emmanuel Macron de repousser l'âge légal de la retraite à 64 ou 65 ans
  • Troisième à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a regretté durant ce débat d'entre-deux tours un «gâchis»: «le pays méritait mieux»

PARIS: Attaque sur la réforme des retraites d'Emmanuel Macron ou sur la crédibilité internationale de Marine Le Pen: les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé, pendant que des élus LFI soulignaient "l'ennui mortel" de la soirée et un "gâchis".

Dans le camp d'Emmanuel Macron, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a reproché à Marine Le Pen de vouloir "quitter l'Europe" avec sa proposition d'une alliance européenne des nations. "Nous, nous voulons continuer de construire une France forte, dans une Europe forte", a-t-il twitté.

La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a repris les attaques d'Emmanuel Macron au sujet des accointances de Marine Le Pen avec le pouvoir russe: "Madame Le Pen dit apporter son soutien plein et entier au peuple ukrainien. En réalité: elle et son groupe au Parlement européen n'ont pas voté l'aide financière à l'Ukraine, ni le nouveau train de sanctions. Et c'est normal, il ne faudrait pas froisser son banquier russe", a-t-elle estimé sur Twitter.

Présidentielle: la presse décerne un léger avantage à Macron à l'issue du débat

"Avantage Macron" barre la Une de Sud Ouest jeudi au lendemain du débat télévisé ayant opposé le président sortant à Marine Le Pen, qui ont pu, selon la presse, présenter deux visions de la France dans un climat plus serein qu'en 2017.

"Macron domine, Le Pen tient le choc", résume l'ultime édition du Figaro à sa Une, Vincent Trémolet de Villers notant dans son éditorial "une légitimité acquise et persistante d'Emmanuel Macron". 

Les journaux soulignent la bonne tenue des échanges contrastant avec le dernier duel entre les deux candidats, il y a cinq ans, où Mme Le Pen était passée à côté de l'exercice.

"Pas de jeux du cirque, pas de provocations de la part de Marine Le Pen, ni de suffisance excessive de la part d'Emmanuel Macron, malgré un +Vous dites n'importe quoi!+", relève Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées, accordant un avantage au chef de l'Etat sortant pour sa "technicité".

A la Une, les journaux privilégient souvent une photo de chaque candidat en pleine argumentation, mains accompagnant la parole et regard déterminé. Le Télégramme titre ainsi "Duel sans concession". 

"Il y a cinq ans, c'était une parodie démocratique (...) cette fois, le débat d'idées a eu lieu", se félicite pour sa part Luc Bourrianne dans L'Est Républicain.

Il y eut des piques pendant les près de trois heures d'échanges, certes. Le Parisien/Aujourd'hui en France retient celle de M. Macron: "Quand vous parlez à Poutine, vous parlez à votre banquier", pour appuyer son titre de Une "Macron à l'attaque, Le Pen en défense".

Mais aucun des deux candidats ne l'a emporté par KO. M. Macron a tiré "surtout des balles à blanc", explique Michel Klekowicki dans le Républicain Lorrain, tandis que Mme Le Pen s'est montrée "policée" selon La Voix du Nord.

«Merci pour ce moment»

"Merci pour ce moment", ose même Frédéric Vézard dans son édito pour les Dernières Nouvelles d'Alsace, content d'avoir assisté à un "débat limpide" où "deux visions de la France se sont confrontées à ciel ouvert".

Un moment "long et dense, un peu ennuyeux au démarrage sur le pouvoir d'achat mais, au final, instructif, à défaut d'être véritablement passionnant", a, pour sa part, trouvé Laurent Bodin de L'Alsace.

Comme ce couple installé devant son poste de télévision à la Une de Ouest France, les Français ont assisté à "deux visions si opposées", titre le quotidien.

Le débat a réussi sa mission de poser les antagonismes et de souligner les lignes de partage entre les deux candidats. "Les deux France" (Corse Matin) ou "Tout les oppose" (L'Union et L'Ardennais) s'imposent alors dans la presse régionale, souvent contrainte par une heure de bouclage antérieure à la fin de l'émission.

Tout le monde avait en mémoire une Marine Le Pen fatiguée et perdue dans ses fiches en 2017. Elle "s'en est nettement mieux sortie. Mais elle n'a pas renversé la table: son adversaire n'a pas perdu le match", juge Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne.

Libération se montre plus sévère. "Toujours pas à la hauteur", titre le quotidien de gauche sur une photo en gros plan de Mme Le Pen, regard dans le vide.

"Contradictoire et floue dans bien des domaines, Marine Le Pen, combative et modérée, a montré les limites de l'exercice", abonde Olivier Biscaye dans Midi Libre, jugeant qu'Emmanuel Macron "un tantinet certain de son fait" mais "offensif et précis", a "gagné cette première manche" avant le vote de dimanche.

Les fans de foot ont, eux, le regard tourné vers la deuxième place du championnat et dans cette course narrée par L'Equipe, sans stress mais avec (Dimitri) Payet, "l'OM domine les débats", titre malicieusement le quotidien sportif.

Les proches de Marine Le Pen ont fustigé la proposition d'Emmanuel Macron de repousser l'âge légal de la retraite à 64 ou 65 ans. Selon Louis Aliot, vice-président du RN, cette mesure "c'est plus d'accidents du travail, plus de maladies professionnelles, donc plus de dépenses et de dépendances à prévoir pour nos compatriotes. Cassés et ruinés, c'est comme ça que Macron aime les Français", a-t-il lancé sur Twitter.

"Marine Le Pen est dans la vraie vie, Macron est dans le cosmos de McKinsey", a dit le porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul.

Arrivé troisième à la présidentielle, l'insoumis Jean-Luc Mélenchon a regretté durant ce débat d'entre-deux tours un "gâchis: "le pays méritait mieux. Vivement le troisième tour", a-t-il réagi sur Twitter, en référence à son appel aux électeurs à lui donner une majorité aux législatives pour qu'il puisse être "Premier ministre" d'une cohabitation.

"Si l'ennui était mortel, le débat Macron-Le Pen serait un cimetière", a dénoncé la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot, sur Twitter. Son collègue député Adrien Quatennens a retweeté la pochette d'un album des Têtes raides (chanson néoréaliste) baptisé "qu'est-ce qu'on se fait chier".

L'eurodéputée EELV Karima Delli a reproché à Emmanuel Macron et Marine Le Pen d'être "hors sol" sur l'écologie, pendant que Sandine Rousseau s'en prenait à la "candidate d'extrême droite" Marine Le Pen.

Le patron des députés LR Damien Abad a vu "une différence claire de niveau et de valeurs" entre les deux, réaffirmant qu'il voterait Emmanuel Macron dimanche.

À l'aile droite de LR, le maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a vu dans ce débat "la suffisance contre l'incompétence. La France mérite mieux".

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui a appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour, a vivement critiqué Emmanuel Macron sur le nucléaire: "détruire la filière nucléaire avec (François) Hollande, fermer Fessenheim, puis prévoir l'ouverture de 50 parcs éoliens en mer qui vont défigurer nos côtes... et Macron veut nous faire croire qu'il est favorable au nucléaire ?"  

Dans le parti d'Eric Zemmour (Reconquête), qui appelle aussi à voter Le Pen, l'eurodéputé et transfuge du RN Gilbert Collard a regretté vers 22H30 une discussion "lunaire": "les gens zappent après 30 à 60 minutes de débat et on n'a rien entendu sur McKinsey, peu sur les gilets jaunes, rien sur les privations de libertés, rien sur l'insécurité, sur l'immigration...", des thèmes abordés durant la suite de la soirée.

Débat Le Pen-Macron: 15,6 millions de téléspectateurs, moins qu'en 2017

Près de 15,6 millions de téléspectateurs ont regardé le débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle sur l'ensemble des chaînes qui le diffusaient mercredi soir, un score inférieur à celui du dernier débat de la présidentielle de 2017, selon les chiffres de Médiamétrie transmis jeudi.

En 2017, près de 16,5 millions de téléspectateurs avaient suivi le débat qui opposait déjà Marine Le Pen et Emmanuel Macron. 

Cette année, outre TF1 et France 2, chaînes organisatrices, les chaînes d'information et les chaînes parlementaires le diffusaient aussi.

Au total, le débat a totalisé une part d'audience de 68,3% toutes chaînes confondues.

TF1 et France 2 ont rassemblé à elles seules 14,05 millions de téléspectateurs (61,4% de part d'audience), un score également moindre qu'en 2017 (15,1 millions alors).


La canicule s'installe dans la durée, Macron appelle à une «grande vigilance»

Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées. (AFP)
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  • À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu
  • Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est"

DIJON: Quarante degrés atteints dans le centre-ouest: Emmanuel Macron a appelé jeudi les Français à une "grande vigilance" face à la canicule qui doit encore s'étendre avec une cinquantaine de départements en vigilance orange vendredi, des horaires adaptés dans des établissements scolaires et des festivités annulées.

Invité sur France 2, le président de la République a incité les Français "à la précaution, à prendre soin des plus âgés, des plus vulnérables comme des enfants et à bien suivre toutes les préconisations du gouvernement".

Les 40°C ont été atteint à Montmorillon (Vienne), un record pour cette station de MétéoFrance ouverte en 1990. Il a fait plus de 39°C à Tortezais (Allier), Issoudun (Indre) ou Châteaumeillant (Cher).

Alors que l'été ne commence que dimanche, Météo-France, étend à 53 départements la vigilance orange "canicule" à partir de vendredi midi, contre 26 jusqu'ici, "le long d'un axe allant du Sud-Ouest au Nord-Est".

L'épisode de chaleur s'annonce "étendu, durable et intense", avertit l'organisme. Le "pic caniculaire remarquable" est attendu entre dimanche et mardi, avec des "pointes à 40°C en particulier sur l'Ouest et le Centre".

Jeudi matin, un homme de 30 ans est décédé sur une piste d'athlétisme dans le Val-d'Oise, retrouvé en arrêt cardio-respiratoire.

La préfecture de police a recommandé l'interdiction des événements sportifs en plein air à Paris et petite couronne, citant la chaleur mais aussi l'épisode de pollution à l'ozone qui touche l'Ile-de-France. Pour lutter contre les émissions de polluants, la circulation différenciée est mise en place à partir de vendredi dans une partie de l'agglomération parisienne.

De nombreux pans de la vie courante sont affectés.

La SNCF a supprimé 71 trains Intercités qui devaient circuler de jeudi à lundi, pour "prévenir les pannes potentielles de climatisation", sur les lignes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille.

Suspension des cours 

La fournaise met à rude épreuve les élèves planchant dans des salles surchauffées pour les épreuves écrites de spécialités du bac, qui se terminent jeudi.

Plusieurs établissements scolaires ont annoncé que les cours seraient aménagés dès jeudi après-midi, a-t-on appris auprès des autorités académiques, de syndicats et de courriers consultés par l'AFP.

Dans l'académie de Poitiers les épreuves de grand oral des élèves de terminales prévues l'après-midi lundi et mardi sont reportées d'une semaine. Deux demi-journées où les écoles resteront fermées à Tours, une décision que la plupart des parents ont découverte en venant chercher leurs enfants.

"C'est une bonne chose. Ma fille était indisposée par la chaleur. Il faisait 36°C dans la classe à 16H00", a déclaré à l'AFP Caroline, dont la fille est en CP. Une autre mère de famille, Ruth, est plus partagée. "Nous sommes au onzième étage d'un ancien bâtiment. Il fait encore plus chaud qu'à l'école".

À Paris, une "dizaine" de collèges ont pris des "aménagements" pour la fin de semaine, en suspendant les cours après une certaine heure. L'accueil des élèves reste néanmoins maintenu.

La chaleur met également en péril la populaire Fête de la musique, prévue dimanche. Animations annulées à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), Nanterre ou encore Claye-Souilly (Seine-et-Marne), "dans un souci de sécurité pour les artistes, les bénévoles, les agents mobilisés et l'ensemble du public".

Dans un rapport publié jeudi, la Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que les quartiers populaires sont surexposés à la précarité énergétique d'été et au phénomène des "logements bouilloires".

"On étouffe", explique Léria, 32 ans, femme au foyer dans les tours Nuage de Nanterre (Hauts-de-Seine). "Avant, c'était l'hiver qui était pourri, on crevait de froid, mais maintenant, j'ai peur quand l'été approche".

C'est le deuxième épisode de chaleur en quelques semaines qui touche la France, frappée en mai par des températures inédites.

Le pays subit "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique", souligne Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France.

En Haute-Corse, un incendie sur la commune de Castello-di Rostino, vraisemblablement lié à des travaux de débroussaillage, a parcouru jeudi 64 hectares de végétation.

Si le sud-est de la France est largement épargné par la canicule, le danger de feux oscillera vendredi entre modéré et élevé, selon Météo France.

Dans les Hautes-Alpes, un épisode orageux a provoqué des coulées de boue qui ont causé quelques dégâts, en particulier sur la RN1091 où la circulation a dû être coupée vers le col du Lautaret, avec une réouverture prévue dans la nuit, selon le conseil départemental.


Macron prudent sur l'accord Iran-USA, ne croit pas que la guerre «soit totalement terminée»

Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée". (AFP)
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  • "C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi
  • "On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté

PARIS: Le président français Emmanuel Macron s'est montré prudent jeudi sur l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis devant mettre fin au conflit au Moyen-Orient, affichant son absence de certitude sur le fait que la guerre "soit totalement terminée".

"C'est toujours mieux d'avoir un accord que la guerre, surtout quand il peut y avoir des risques d'escalade", a ajouté le président français qui tirait sur France 2 les leçons du sommet du G7 à Evian qu'il a présidé de lundi à mercredi.

"On rentre dans une nouvelle phase qui est celle de la coopération, du dialogue, qui est mieux que la guerre", a-t-il ajouté.

Pour autant, le chef de l'Etat a également affiché des doutes. "Je ne crois pas qu'on puisse dire qu'elle (la guerre, ndlr) soit totalement terminée", a-t-il estimé.

Comme à Evian, Emmanuel Macron a redit la disponibilité de la France à oeuvrer, aux côtés d'autres pays comme la Grande-Bretagne, à la reprise de la circulation maritime dans le détroit d'Ormuz.

Très symboliquement et de façon inattendue, Donald Trump a signé cet accord avec l'Iran alors qu'il se trouvait au château de Versailles mercredi soir, où Emmanuel Macron l'avait convié pour un dîner dans la foulée du G7.

Le chef de l'Etat a rapporté que la décision du président américain d'y signer ce texte "s'est faite de manière assez spontanée".

Concernant le volet libanais du conflit, Emmanuel Macron a appelé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à "faire preuve d'esprit de responsabilité et de rationalité", jugeant que l'offensive contre le Hezbollah pro-iranien au Sud-Liban "est dans la durée contraire aux intérêts d'Israël".

"Le Hezbollah est un risque pour Israël, c'est tout à fait vrai", mais la sécurité de l'Etat hébreu "ne peut pas être assurée par la conquête d'un territoire voisin", a-t-il dit, soulignant que la politique de M. Netanyahu, aussi bien au Liban qu'à Gaza et en Cisjordanie, "alimente le ressentiment, la violence de toutes les populations de la région".

Il a ajouté qu'il allait de nouveau chercher à mobiliser la communauté internationale pour "aider l'armée libanaise à reprendre le contrôle de son territoire".


Grégoire propose la citoyenneté d'honneur aux civils et journalistes palestiniens

Samia, âgée de quinze ans, se tient aux côtés de Palestiniens rassemblés, brandissant des photos de son père, Mohammed Wishah, journaliste pour la chaîne Al-Jazeera Mubasher, basée au Qatar, qui a été tué lors d'une attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Bureij le 8 avril, lors d'un rassemblement de solidarité à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 11 avril 2026. (AFP)
Samia, âgée de quinze ans, se tient aux côtés de Palestiniens rassemblés, brandissant des photos de son père, Mohammed Wishah, journaliste pour la chaîne Al-Jazeera Mubasher, basée au Qatar, qui a été tué lors d'une attaque israélienne dans le camp de réfugiés de Bureij le 8 avril, lors d'un rassemblement de solidarité à Deir al-Balah, dans la bande de Gaza, le 11 avril 2026. (AFP)
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  • "Cette citoyenneté d'honneur est un acte de paix. Paris a toujours lié son nom à la liberté des peuples et à la dignité humaine", explique-t-on dans son entourage
  • Le successeur d'Anne Hidalgo, qui avait reçu en avril, peu après son arrivée à l'Hôtel de ville, l'ambassadrice de la Palestine en France Hala Abou-Hassira, rappelle que les drapeaux palestinien et israélien avaient été projetés sur la tour Eiffel

PARIS: Le nouveau maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, va proposer jeudi d'attribuer la citoyenneté d'honneur aux populations civiles et journalistes palestiniens, lors d'un vote au Conseil de Paris qui devrait être soutenu par sa majorité de gauche.

Face à la "pire guerre de l'histoire pour la population civile de Gaza", et alors que "la situation humanitaire de la population gazaouie demeure dramatique" malgré le cessez-le-feu en vigueur, Emmanuel Grégoire "propose d'élever au rang de citoyens d'honneur les populations civiles palestiniennes de Gaza et de Cisjordanie, ainsi que les journalistes palestiniens déployés dans les zones de conflit du Proche-Orient", selon le projet de délibération soumis au vote.

"Cette citoyenneté d'honneur est un acte de paix. Paris a toujours lié son nom à la liberté des peuples et à la dignité humaine", explique-t-on dans son entourage.

Le successeur d'Anne Hidalgo, qui avait reçu en avril, peu après son arrivée à l'Hôtel de ville, l'ambassadrice de la Palestine en France Hala Abou-Hassira, rappelle que les drapeaux palestinien et israélien avaient été projetés sur la tour Eiffel en septembre 2025.

Mais la précédente majorité n'avait jamais accédé aux multiples demandes d'une partie de sa majorité, notamment les communistes, d'attribuer aux populations palestiniennes la citoyenneté d'honneur, après avoir accordé la distinction aux otages du Hamas, en 2024.

"Nous avons déposé 13 vœux en soutien au peuple palestinien au cours du mandat précédent. Nous sommes heureux qu'enfin Emmanuel Grégoire y accède", s'est réjoui le sénateur Ian Brossat, co-président du groupe communiste au Conseil de Paris.

La citoyenneté d'honneur, qui depuis sa création en 2001 a été attribuée à de nombreuses personnalités, aux otages du Hamas (2024), au peuple du Haut-Karabakh (2023) et à la ville de Kiev (2022), "n'empêche pas la ville de rester fidèle à son attachement à l'existence d'Israël", précise à l'AFP Audrey Pulvar, adjointe chargée des relations internationales.

L'opposition de droite a fait savoir qu'elle ne voterait pas la délibération en l'état, demandant un hommage à "l'ensemble des victimes civiles du conflit israélo-palestinien", selon un vœu du groupe de Rachida Dati et Grégory Canal (LR) qui sera débattu dans l'hémicycle parisien.

"Attribuer une distinction honorifique dans le cadre d'un conflit aussi douloureux et polarisant en oubliant une partie des victimes sera inévitablement perçu comme une prise de position univoque", estime également le groupe Paris Apaisé présidé par Florence Berthout (Horizons) et Alexandre Lesieur.

"Si on reconnaît la souffrance des civils des deux côtés, si on exclut les +faux civils+ et si la responsabilité du Hamas est bien rappelée, alors je pourrais voter le texte du maire", a confié le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil, dans un entretien au Nouvel Obs.

Déclenché par l'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le conflit a fait plus de 72.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 est entaché de violences quotidiennes.