Réactions politiques au débat Le Pen-Macron: chaque camp défend son champion

Les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé (Photo, AFP).
Les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 21 avril 2022

Réactions politiques au débat Le Pen-Macron: chaque camp défend son champion

  • Les proches de Marine Le Pen ont fustigé la proposition d'Emmanuel Macron de repousser l'âge légal de la retraite à 64 ou 65 ans
  • Troisième à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a regretté durant ce débat d'entre-deux tours un «gâchis»: «le pays méritait mieux»

PARIS: Attaque sur la réforme des retraites d'Emmanuel Macron ou sur la crédibilité internationale de Marine Le Pen: les lieutenants des deux candidats ont défendu leurs champions mercredi pendant le débat télévisé, pendant que des élus LFI soulignaient "l'ennui mortel" de la soirée et un "gâchis".

Dans le camp d'Emmanuel Macron, le chef de file des députés LREM Christophe Castaner a reproché à Marine Le Pen de vouloir "quitter l'Europe" avec sa proposition d'une alliance européenne des nations. "Nous, nous voulons continuer de construire une France forte, dans une Europe forte", a-t-il twitté.

La ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher a repris les attaques d'Emmanuel Macron au sujet des accointances de Marine Le Pen avec le pouvoir russe: "Madame Le Pen dit apporter son soutien plein et entier au peuple ukrainien. En réalité: elle et son groupe au Parlement européen n'ont pas voté l'aide financière à l'Ukraine, ni le nouveau train de sanctions. Et c'est normal, il ne faudrait pas froisser son banquier russe", a-t-elle estimé sur Twitter.

Présidentielle: la presse décerne un léger avantage à Macron à l'issue du débat

"Avantage Macron" barre la Une de Sud Ouest jeudi au lendemain du débat télévisé ayant opposé le président sortant à Marine Le Pen, qui ont pu, selon la presse, présenter deux visions de la France dans un climat plus serein qu'en 2017.

"Macron domine, Le Pen tient le choc", résume l'ultime édition du Figaro à sa Une, Vincent Trémolet de Villers notant dans son éditorial "une légitimité acquise et persistante d'Emmanuel Macron". 

Les journaux soulignent la bonne tenue des échanges contrastant avec le dernier duel entre les deux candidats, il y a cinq ans, où Mme Le Pen était passée à côté de l'exercice.

"Pas de jeux du cirque, pas de provocations de la part de Marine Le Pen, ni de suffisance excessive de la part d'Emmanuel Macron, malgré un +Vous dites n'importe quoi!+", relève Jean-Marcel Bouguereau dans la République des Pyrénées, accordant un avantage au chef de l'Etat sortant pour sa "technicité".

A la Une, les journaux privilégient souvent une photo de chaque candidat en pleine argumentation, mains accompagnant la parole et regard déterminé. Le Télégramme titre ainsi "Duel sans concession". 

"Il y a cinq ans, c'était une parodie démocratique (...) cette fois, le débat d'idées a eu lieu", se félicite pour sa part Luc Bourrianne dans L'Est Républicain.

Il y eut des piques pendant les près de trois heures d'échanges, certes. Le Parisien/Aujourd'hui en France retient celle de M. Macron: "Quand vous parlez à Poutine, vous parlez à votre banquier", pour appuyer son titre de Une "Macron à l'attaque, Le Pen en défense".

Mais aucun des deux candidats ne l'a emporté par KO. M. Macron a tiré "surtout des balles à blanc", explique Michel Klekowicki dans le Républicain Lorrain, tandis que Mme Le Pen s'est montrée "policée" selon La Voix du Nord.

«Merci pour ce moment»

"Merci pour ce moment", ose même Frédéric Vézard dans son édito pour les Dernières Nouvelles d'Alsace, content d'avoir assisté à un "débat limpide" où "deux visions de la France se sont confrontées à ciel ouvert".

Un moment "long et dense, un peu ennuyeux au démarrage sur le pouvoir d'achat mais, au final, instructif, à défaut d'être véritablement passionnant", a, pour sa part, trouvé Laurent Bodin de L'Alsace.

Comme ce couple installé devant son poste de télévision à la Une de Ouest France, les Français ont assisté à "deux visions si opposées", titre le quotidien.

Le débat a réussi sa mission de poser les antagonismes et de souligner les lignes de partage entre les deux candidats. "Les deux France" (Corse Matin) ou "Tout les oppose" (L'Union et L'Ardennais) s'imposent alors dans la presse régionale, souvent contrainte par une heure de bouclage antérieure à la fin de l'émission.

Tout le monde avait en mémoire une Marine Le Pen fatiguée et perdue dans ses fiches en 2017. Elle "s'en est nettement mieux sortie. Mais elle n'a pas renversé la table: son adversaire n'a pas perdu le match", juge Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne.

Libération se montre plus sévère. "Toujours pas à la hauteur", titre le quotidien de gauche sur une photo en gros plan de Mme Le Pen, regard dans le vide.

"Contradictoire et floue dans bien des domaines, Marine Le Pen, combative et modérée, a montré les limites de l'exercice", abonde Olivier Biscaye dans Midi Libre, jugeant qu'Emmanuel Macron "un tantinet certain de son fait" mais "offensif et précis", a "gagné cette première manche" avant le vote de dimanche.

Les fans de foot ont, eux, le regard tourné vers la deuxième place du championnat et dans cette course narrée par L'Equipe, sans stress mais avec (Dimitri) Payet, "l'OM domine les débats", titre malicieusement le quotidien sportif.

Les proches de Marine Le Pen ont fustigé la proposition d'Emmanuel Macron de repousser l'âge légal de la retraite à 64 ou 65 ans. Selon Louis Aliot, vice-président du RN, cette mesure "c'est plus d'accidents du travail, plus de maladies professionnelles, donc plus de dépenses et de dépendances à prévoir pour nos compatriotes. Cassés et ruinés, c'est comme ça que Macron aime les Français", a-t-il lancé sur Twitter.

"Marine Le Pen est dans la vraie vie, Macron est dans le cosmos de McKinsey", a dit le porte-parole du Rassemblement national Julien Odoul.

Arrivé troisième à la présidentielle, l'insoumis Jean-Luc Mélenchon a regretté durant ce débat d'entre-deux tours un "gâchis: "le pays méritait mieux. Vivement le troisième tour", a-t-il réagi sur Twitter, en référence à son appel aux électeurs à lui donner une majorité aux législatives pour qu'il puisse être "Premier ministre" d'une cohabitation.

"Si l'ennui était mortel, le débat Macron-Le Pen serait un cimetière", a dénoncé la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot, sur Twitter. Son collègue député Adrien Quatennens a retweeté la pochette d'un album des Têtes raides (chanson néoréaliste) baptisé "qu'est-ce qu'on se fait chier".

L'eurodéputée EELV Karima Delli a reproché à Emmanuel Macron et Marine Le Pen d'être "hors sol" sur l'écologie, pendant que Sandine Rousseau s'en prenait à la "candidate d'extrême droite" Marine Le Pen.

Le patron des députés LR Damien Abad a vu "une différence claire de niveau et de valeurs" entre les deux, réaffirmant qu'il voterait Emmanuel Macron dimanche.

À l'aile droite de LR, le maire de Chalon-sur-Saône Gilles Platret a vu dans ce débat "la suffisance contre l'incompétence. La France mérite mieux".

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), qui a appelé à voter pour Marine Le Pen au second tour, a vivement critiqué Emmanuel Macron sur le nucléaire: "détruire la filière nucléaire avec (François) Hollande, fermer Fessenheim, puis prévoir l'ouverture de 50 parcs éoliens en mer qui vont défigurer nos côtes... et Macron veut nous faire croire qu'il est favorable au nucléaire ?"  

Dans le parti d'Eric Zemmour (Reconquête), qui appelle aussi à voter Le Pen, l'eurodéputé et transfuge du RN Gilbert Collard a regretté vers 22H30 une discussion "lunaire": "les gens zappent après 30 à 60 minutes de débat et on n'a rien entendu sur McKinsey, peu sur les gilets jaunes, rien sur les privations de libertés, rien sur l'insécurité, sur l'immigration...", des thèmes abordés durant la suite de la soirée.

Débat Le Pen-Macron: 15,6 millions de téléspectateurs, moins qu'en 2017

Près de 15,6 millions de téléspectateurs ont regardé le débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle sur l'ensemble des chaînes qui le diffusaient mercredi soir, un score inférieur à celui du dernier débat de la présidentielle de 2017, selon les chiffres de Médiamétrie transmis jeudi.

En 2017, près de 16,5 millions de téléspectateurs avaient suivi le débat qui opposait déjà Marine Le Pen et Emmanuel Macron. 

Cette année, outre TF1 et France 2, chaînes organisatrices, les chaînes d'information et les chaînes parlementaires le diffusaient aussi.

Au total, le débat a totalisé une part d'audience de 68,3% toutes chaînes confondues.

TF1 et France 2 ont rassemblé à elles seules 14,05 millions de téléspectateurs (61,4% de part d'audience), un score également moindre qu'en 2017 (15,1 millions alors).


Sophie Adenot transmet «plein de bonnes ondes» aux écoliers pour la rentrée

Cheveux flottant en l'air et tout sourire, la Française a reconnu être "un petit peu fatiguée" après trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées en quinze jours, confiant que le simple fait de tenir un stylo pour prendre des notes était "douloureux". (AFP)
Cheveux flottant en l'air et tout sourire, la Française a reconnu être "un petit peu fatiguée" après trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées en quinze jours, confiant que le simple fait de tenir un stylo pour prendre des notes était "douloureux". (AFP)
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  • Cheveux flottant en l'air et tout sourire, la Française a reconnu être "un petit peu fatiguée" après trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées en quinze jours
  • Mais ces EVA "resteront le point culminant" de sa première mission à bord de l'ISS

PARIS: Sophie Adenot a transmis mercredi "plein de bonnes ondes" aux écoliers pour la rentrée, en répondant aux questions des journalistes depuis la Station spatiale internationale (ISS) au lendemain de sa troisième sortie dans l'espace.

"Quand on rentre, ce n'est pas toujours drôle. On sait qu'il y aura plein d'équations de maths ou des matières qu'on n'aime pas forcément. Ce que je voudrais dire à tous les jeunes, c'est qu'un jour ça débouchera sur quelque chose qui vous fera vraiment plaisir et qui vous permettra de vous éclater dans votre profession ou dans la vie", a déclaré l'astronaute de 44 ans, mère d'un jeune garçon.

Cheveux flottant en l'air et tout sourire, la Française a reconnu être "un petit peu fatiguée" après trois sorties extravéhiculaires (EVA) réalisées en quinze jours, confiant que le simple fait de tenir un stylo pour prendre des notes était "douloureux".

Mais ces EVA "resteront le point culminant" de sa première mission à bord de l'ISS. "C'est très impressionnant de voir la Terre sous nos pieds", a-t-elle raconté, comparant la sortie de la station à la sensation "d'ouvrir la portière d'une voiture et de se retrouver les pieds au bord d'une falaise".

Première femme française à s'aventurer dans le vide spatial, Sophie Adenot a réalisé trois sorties les 18 et 25 août et le 1er septembre. Les deux premières en binôme avec l'Américain Anil Menon pour remplacer une antenne défectueuse et la troisième avec Jessica Meir au cours de laquelle elles ont effectué en parallèle plusieurs tâches de maintenance.

Des expériences "très, très différentes les unes des autres", a-t-elle détaillé. "La première est vraiment difficile parce que c'est ce grand saut dans l'inconnu, alors qu'après, la deuxième et la troisième, on progresse dans la confiance en soi, même si c'est dans un environnement très hostile".


Hélène Huby, l’ambition de faire de l'espace un monde coopératif incluant les pays arabes

À moins de cinquante ans, Hélène Huby dirige l’une des entreprises spatiales européennes les plus ambitieuses, avec 650 collaborateurs, des contrats qui se chiffrent en milliards et un projet qui dépasse largement la seule prouesse technologique. (Photo Arlette Khouri)
À moins de cinquante ans, Hélène Huby dirige l’une des entreprises spatiales européennes les plus ambitieuses, avec 650 collaborateurs, des contrats qui se chiffrent en milliards et un projet qui dépasse largement la seule prouesse technologique. (Photo Arlette Khouri)
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  • Il y a chez Hélène Huby une manière presque désarmante de raconter un parcours qui, vu de l’extérieur, n’a rien d’ordinaire
  • Comment est-elle « tombée dans la marmite de l’espace » ? Sa réponse tient en quelques mots : « Par chance. »

PARIS: À moins de cinquante ans, Hélène Huby dirige l’une des entreprises spatiales européennes les plus ambitieuses, avec 650 collaborateurs, des contrats qui se chiffrent en milliards et un projet qui dépasse largement la seule prouesse technologique.

Son ambition est de construire les moyens de transport de l’espace de demain, mais aussi de contribuer à façonner un espace qui serait un lieu de coopération entre les nations, une vision dans laquelle le monde arabe, et notamment l’Arabie saoudite, occupe une place qu’elle entend développer.

Il y a chez Hélène Huby une manière presque désarmante de raconter un parcours qui, vu de l’extérieur, n’a rien d’ordinaire.

Comment est-elle « tombée dans la marmite de l’espace » ? Sa réponse tient en quelques mots : « Par chance. »

Son mari ayant accepté un poste à Brême, en Allemagne, elle cherchait alors un nouvel emploi. Un poste se présente chez Airbus, elle le prend, et c’est là, dit-elle, qu’elle découvre sa vocation.

« C’est tout », résume-t-elle avec une simplicité qui contraste singulièrement avec la trajectoire qui va suivre.

Elle va travailler « énormément ». Elle est remarquée par le directeur technique d’Airbus Defence and Space, qui lui propose de prendre la direction de l’innovation du groupe.

The Exploration Company

Un pari considérable puisque, lorsqu’elle entre dans le secteur, elle ne connaît pratiquement rien au spatial. Elle saisit sa chance et, de son propre aveu, « livre » plutôt bien. La progression sera ensuite fulgurante.

Elle passe par ArianeGroup, où elle dirige notamment un projet de petite fusée, avant de revenir chez Airbus. Elle y devient vice-présidente en charge de l’European Service Module, la partie européenne de la capsule Orion, celle qui a effectué le tour de la Lune.

L’Europe produisait la moitié de cette capsule et, en y travaillant, une idée commence à s’imposer à elle : « Pourquoi ne pas construire la capsule entière ? »

En 2021, Huby quitte Airbus et fonde The Exploration Company. Cinq ans plus tard, confie-t-elle, deux prototypes de capsule ont volé, mais aucun n’a accompli la totalité de sa mission. Seul le dernier a réussi l’essentiel de ce qui lui était demandé.

Le prochain objectif est autrement plus important : il consiste à faire voler la capsule définitive vers une station spatiale. Le calendrier prévoit un premier vol en novembre 2028, mais, dans ce secteur, les retards sont fréquents et la date pourrait évoluer.

Ce qui interpelle chez Huby, c’est qu’elle ne parle pas d’abord de croissance ou de valorisation. Elle parle d’impact. « Ce qui me drive, c’est l’impact », explique-t-elle, et l’idée d’avoir, à la fin d’une vie bien remplie, créé « un maximum d’impact positif ».

C’est, dit-elle, en observant les manques et en essayant de les combler que s’est construit son projet. L’Europe n’avait pas de capsule : elle décide d’en créer une.

Mais elle identifie un autre manque, qui réside dans la manière dont l’humanité s’apprête à construire son avenir dans l’espace, qui n’est pas seulement une nouvelle frontière technologique, mais appartient à notre avenir collectif.

Or, constate-t-elle, cet espace se construit aujourd’hui de manière de plus en plus « confrontationnelle », notamment à travers la rivalité entre les États-Unis et la Chine.

À l’inverse, sa réponse consiste à construire des véhicules entre plusieurs pays, à faire travailler ensemble des nations différentes et à créer, par la technologie, des collaborations concrètes.

Une ambition qui dépasse la technologie et qu’elle tente de réaliser avec The Exploration Company, qui s’est spécialisée dans ce qu’elle appelle « la verticale du transport spatial ».

D’un côté, les fusées permettent d’aller de la Terre vers l’espace. De l’autre, les capsules assurent le transport entre l’espace, les stations spatiales et le retour sur Terre.

L’entreprise veut progressivement maîtriser cette chaîne : construire les véhicules, mais aussi les opérer. Une concentration qui rappelle, selon Huby, la manière dont une compagnie aérienne pourrait à la fois construire et exploiter ses avions.

Le défi financier est à la hauteur de l’ambition : il faut environ un demi-milliard d’euros pour développer une capsule cargo, autour de quatre milliards pour une capsule destinée au vol habité, et encore plusieurs milliards pour développer un très gros lanceur.

Elle ne promet pas l’impossible. Elle sait que les délais peuvent glisser, que les prototypes peuvent échouer et que la technologie doit encore faire ses preuves. Mais son obsession du moment est étonnamment simple : « Faire fonctionner le produit. »

Cette même lucidité apparaît lorsqu’elle parle de durabilité. Elle refuse de présenter le spatial comme une activité propre par nature : « Une fusée, ça pollue », reconnaît-elle sans détour.

L’enjeu est donc de réduire autant que possible son impact par la réutilisation des capsules et des fusées, le recours au biométhane pour les futurs lanceurs et une attention portée à la chaîne de production.

Mais là encore, Huby refuse de se départir de sa prudence. La priorité, insiste-t-elle, est que les véhicules fonctionnent. Ensuite viendra la possibilité d’aller encore plus loin dans la réduction de leur empreinte environnementale.

Thomas Pesquet

La capsule a ainsi été conçue pour que la partie non réutilisable se désintègre dans l’atmosphère au moment de la séparation, plutôt que de devenir un nouveau débris spatial.

Cette approche est révélatrice de sa manière de penser : elle ne prétend pas résoudre tous les problèmes du monde, mais estime que chaque acteur doit prendre sa part de responsabilité.

Cette conviction explique aussi son engagement aux côtés du président français Emmanuel Macron pour le sommet spatial organisé à Paris, les 9 et 10 septembre.

Avec le cosmonaute Thomas Pesquet, qui partage avec elle un même attachement au vol habité et à l’ambition européenne dans l’espace, elle a été choisie comme envoyée spéciale du sommet.

Plus de 120 délégations sont attendues et l’enjeu dépasse largement les questions techniques. Il s’agit de réfléchir à la manière dont l’humanité va vivre et coopérer dans cet espace qui devient progressivement une nouvelle frontière.

C’est dans cette même logique qu’elle regarde avec beaucoup d’intérêt vers le monde arabe. The Exploration Company est déjà implantée aux Émirats arabes unis et y développe des collaborations avec différents partenaires.

Des discussions sont également engagées avec l’Arabie saoudite, indique Huby, qui estime que le monde arabe deviendra l’un des grands leaders du spatial au cours des dix prochaines années.

Elle y voit des pays qui ont de l’ambition, une compréhension fine de la technologie et surtout une capacité à inscrire leurs décisions dans la durée.

Elle cite notamment l’Arabie saoudite, qui a fixé des objectifs de production locale dans le domaine militaire et les a poursuivis jusqu’à leur réalisation.

Toutefois, il y a chez elle une volonté de se différencier d’une certaine approche, parfois reprochée aux entreprises occidentales lorsqu’elles arrivent dans la région. Elle ne veut pas venir chercher de l’argent, elle veut d’abord apporter quelque chose.

The Exploration Company, explique-t-elle, a investi dans la région avant même de recevoir un investissement local. L’entreprise y a créé des emplois, développé des technologies et contribué à l’écosystème.

Si les gouvernements de la région souhaitent ensuite soutenir financièrement l’entreprise, ils seront évidemment les bienvenus. Mais le message est clair : la relation doit commencer par une contribution, par la création et par le développement des compétences.

Il reste enfin une autre Huby, celle qui apparaît entre deux réponses techniques et qui, interrogée sur son statut de femme dans un univers encore très masculin, répond simplement qu’il y en a « quelques-unes ».

Et surtout celle qui écarte le surnom d’« Elon Musk française » et répond : « On en reparlera quand nos produits auront volé. »


France Volontaires et l’Institut du monde arabe renforcent leur coopération 

Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre,  présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires et Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe. (Photo fournie)
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  • Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets
  • Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe

PARIS : France Volontaires et l’Institut du monde arabe (IMA) ont signé lundi 31 août un accord visant à développer les échanges de volontaires entre la France et les pays arabes, avec l’objectif de renforcer les liens entre les sociétés civiles et de favoriser la circulation des compétences et des savoirs.

Cette convention structure leur coopération autour du volontariat international d’échange et de solidarité (V.I.E.S.), avec une attention particulière portée au principe de réciprocité. Celui-ci permet de développer des missions de volontariat dans les deux sens, en accueillant notamment au sein d’organisations françaises des jeunes issus des pays partenaires.

Pour l’IMA, le partenariat doit permettre de renforcer les collaborations avec de jeunes professionnels et talents du monde arabe, en les associant à ses équipes et à ses projets. Pour France Volontaires, il ouvre un nouveau cadre de coopération avec l’une des principales institutions françaises consacrées aux relations entre la France et le monde arabe.

Deux premières missions au sein de l’Institut du monde arabe

La convention prévoit la mise en place de deux premières missions de volontariat au sein de l’IMA.

La première sera confiée à Layan Qarain, une Jordanienne de 28 ans, dans le cadre d’une mission de Volontariat de solidarité internationale (VSI). Trilingue en arabe, français et anglais, elle apportera son expertise à la communication en langue arabe de l’Institut.

Son parcours comprend notamment des expériences à l’Ambassade de France en Jordanie et à l’Institut français de Jordanie, dans des fonctions liées à la communication institutionnelle. Son profil se situe ainsi à la croisée de la coopération internationale, de la culture et du dialogue entre la France et le monde arabe.

Selon France Volontaires, cette mission doit permettre à Qarain de mettre ses compétences au service de projets favorisant les échanges et la compréhension mutuelle entre les sociétés françaises et arabes.

La deuxième mission prévoit l’accueil d’un volontaire dans le cadre du Service Civique de réciprocité. Celui-ci travaillera notamment sur les relations avec les fondations et les acteurs de la philanthropie dans les pays du Golfe.

L’association La Guilde, membre de France Volontaires, accompagnera la mise en œuvre de ces deux missions pour le compte de l’Institut du monde arabe.

Un partenariat inscrit dans la durée

Au-delà de ces deux premières expériences, France Volontaires et l’IMA souhaitent utiliser cette convention pour identifier et développer de nouveaux projets communs.

France Volontaires accompagnera notamment les équipes de l’Institut et ses partenaires dans la découverte des différents dispositifs de volontariat international. Des sessions d’information et des ressources pratiques doivent permettre de faciliter la conception et la mise en œuvre de futures missions.

La convention est conclue pour une durée de quatre ans et fera l’objet d’un suivi annuel. Celui-ci permettra notamment de recenser les projets réalisés, de suivre le nombre de volontaires mobilisés et d’évaluer les résultats de la coopération.

Pour Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, ce partenariat traduit concrètement la vocation de l’institution à rapprocher la France et le monde arabe.

« La réciprocité et le partage des compétences sont au cœur de cette démarche », a-t-elle déclaré.

De son côté, Yann Delaunay, directeur général de France Volontaires, considère le volontariat comme un outil permettant de transformer le dialogue entre les sociétés en expériences concrètes.

« Nous souhaitons créer des opportunités d’engagement qui permettent aux jeunes de France et des pays arabes de se rencontrer, de mettre leurs compétences au service de projets communs et de construire ensemble de nouvelles formes de coopération engagée et réciproque », a-t-il affirmé.

À travers cet accord, les deux organisations entendent ainsi donner une dimension plus concrète aux échanges franco-arabes, en misant sur la mobilité des jeunes, le partage d’expertises et la coopération entre les sociétés civiles.