Ghosn: «Coupable ou innocent? Finissons-en avec cette histoire»

D’après Ghosn, les documents devraient maintenant être transmis aux autorités libanaises, pour que le procès puisse avoir lieu dans le pays (Photo, Reuters).
D’après Ghosn, les documents devraient maintenant être transmis aux autorités libanaises, pour que le procès puisse avoir lieu dans le pays (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 23 avril 2022

Ghosn: «Coupable ou innocent? Finissons-en avec cette histoire»

  • Carlos Ghosn est accusé de malversations financières
  • Le nouveau mandat d'arrêt est basé sur des documents subtilisés illégalement à son domicile au Liban, explique-t-il à Arab News

 PARIS: Carlos Ghosn a pris connaissance, pour la première fois, du mandat d'arrêt international émis par la justice française à son encontre en lisant un journal selon le témoignage de l’ex-PDG de l’alliance automobile Renault-Nissan, recueilli par Arab News.

S'exprimant après que la nouvelle de la décision judiciaire française a fait la Une des journaux du monde entier vendredi, Ghosn a déclaré, non sans ironie: «Je pensais que dans le système français, ou du moins le juge d'instruction, aurait la courtoisie de vous alerter avant que vous ne le lisiez dans le journal.»

«Ni mes avocats, ni moi-même n'avons été informés et, jusqu'à présent, nous n'avons aucune information officielle sur le mandat d'arrêt», a-t-il ajouté.

Ghosn, qui est accusé d'avoir sous-estimé sa rémunération selon les bilans financiers de Nissan, a déclaré que le mandat d'arrêt est une étape normale pour la France et fait partie du processus d'enquête.

 

«Ce n'est pas un verdict», a-t-il précisé.

Il a pourtant affirmé avoir été pris de court par le mandat d’arrêt émis à son encontre.

«Le mandat d'arrêt est le début du vrai processus judiciaire, qui permet, in fine, d’aboutir à un jugement. Ce qui était surprenant, c'est le timing. Il tombe à un moment politiquement très dense en France», a-t-il déclaré à Arab News, ajoutant qu'il n'avait pas encore été officiellement informé de la décision.

Ghosn estime que le transfert des documents saisis au Liban, où il devrait être jugé, est la «seule voie à suivre», ajoutant qu'une notice rouge d'Interpol exigée par le Japon rend impossible son voyage en France pour réhabiliter son nom et laver son honneur.

 

L'ancien cadre a également précisé que son équipe juridique devrait avoir accès aux documents sur lesquels le juge d'instruction français a fondé sa décision.

Ghosn estime, pour l’instant, que les accusations du juge d'instruction français sont basées sur des documents transmis par le procureur japonais, dont beaucoup, selon lui, ont été extorqués illégalement par des employés de Nissan à son domicile au Liban.

«Il y a une enquête criminelle au Liban sur la façon dont ces documents ont été dérobés, et j'attends avec impatience la conclusion de cette enquête», a-t-il déclaré, ajoutant que l'accusation n'avait pas remis en cause l'intégrité des dossiers, alors que le procureur n'aurait même pas vérifié si les documents ont été tronqués, manipulés ou déformés.

Selon Carlos Ghosn, les documents avaient été transférés en France plutôt que dans son pays natal après qu’il a quitté le Japon pour le Liban.

D’après la déclaration accordée à Arab News, les autorités libanaises auraient à plusieurs reprises demandé les dossiers aux autorités japonaises qui auraient refusé de les leur remettre.

Les autorités libanaises vont maintenant transmettre leur demande à la France pour obtenir les documents afin qu'un procès puisse avoir lieu. «Maintenant que nous avons la possibilité de nous défendre, nous devons évidemment savoir exactement quelles sont les accusations précises formulées à notre encontre. Comme vous le savez, nous essayons juste d’en deviner une partie à travers l'interrogatoire que j'ai subi et à travers toutes les fuites dans la presse.»

«Je suis, d'une certaine manière, détenu au Liban depuis maintenant deux ans et demi sans aucune possibilité d’aller au bout de cette épreuve, il est donc temps d’y faire face.»

Interrogé par nos équipes il conclut par ces mots: «Suis-je coupable, suis-je innocent? Finissons-en avec cette histoire qui dure franchement depuis trop longtemps, à mon détriment évidemment, mais aussi au détriment de Renault et de Nissan.

«Comme vous avez pu le constater, les résultats des deux sociétés au cours des trois dernières années ont été lamentables et vraiment loin de ce qu'ils étaient sous ma direction pendant les nombreuses années avant mon arrestation.»

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com