La difficile mise au ban de Moscou sur la scène internationale

Le président russe Vladimir Poutine tient une bougie lors d'un service de Pâques orthodoxe, tard le 23 avril 2022 à Moscou (Photo, AFP).
Le président russe Vladimir Poutine tient une bougie lors d'un service de Pâques orthodoxe, tard le 23 avril 2022 à Moscou (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 24 avril 2022

La difficile mise au ban de Moscou sur la scène internationale

  • Au-delà du bloc occidental, le panorama est différent
  • Le 2 mars, à l'Assemblée générale de l'Onu, l'Inde et l'Afrique du Sud s'abstiennent de voter

PARIS: La Russie "plus isolée que jamais"? Deux mois après le début de l'offensive russe en Ukraine, l'affirmation du président américain Joe Biden fait figure de voeu pieux tant la mise au ban de Moscou se heurte toujours à une partie de la communauté internationale, réticente à tout alignement.

"Il y a un isolement très clair de la Russie par rapport au bloc occidental, du fait notamment des trains de sanctions successifs qui ont compliqué les échanges tant commerciaux que financiers" souligne Sylvie Matelly, directrice adjointe à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

"Concernant l'isolement de la Russie sur la scène internationale, la situation est en revanche bien différente, avec un certain nombre de pays très prudents, qui ont refusé de céder aux pressions des Occidentaux et qui assument de se positionner en leur âme et conscience", ajoute la chercheuse française.

Déclenchée le 24 février, l'offensive militaire russe suscite une indignation quasi immédiate des Européens et des Américains qui promettent à Moscou un isolement et des sanctions "sans précédent".

Dans les semaines qui suivent, l'espace aérien de l'Otan et de l'UE se ferme aux avions russes et les Etats-Unis décrètent un embargo sur les importations de pétrole et de gaz russes. Certaines banques russes se voient parallèlement exclues du système international de paiement Swift. 

Mais au-delà du bloc occidental, le panorama est différent. Le 2 mars, à l'Assemblée générale de l'Onu, l'Inde et l'Afrique du Sud notamment s'abstiennent lors d'un vote exigeant un retrait de la Russie d'Ukraine.

En Amérique latine, le Brésil et le Mexique, refusent quant à eux de participer aux trains de sanctions. 

"Il y a un nombre croissant de pays qui sont disposés à affirmer leur indépendance malgré le fait qu'ils aspirent à une coopération plus étroite avec l'Occident et qu'ils ont même besoin du soutien occidental", relève Chris Landsberg, professeur de relations internationales à l'Université de Johannesbourg, dans les colonnes du Washington Post. 

«Fantasme du monde libre»

"C'est une chose de condamner l'invasion de l'Ukraine, c'en est une autre que de lancer une guerre économique contre la Russie, et de nombreux pays en Amérique latine, en Afrique et en Asie ne sont pas prêts à franchir le cap", souligne de son côté l'ancien ambassadeur du Chili en Inde et en Afrique du Sud, Jorge Heine. "Ils ne veulent pas être poussés dans une position qui irait à l'encontre de leurs propres intérêts".

C'est le cas de l'Arabie saoudite ou encore des Emirats, qui ont jusqu'ici évité de prendre position contre la Russie. Ou encore de l'Inde. 

Pour New Dehli, "la guerre s'est accompagnée d'un choix brutal et malvenu à faire entre l'Occident et la Russie, un choix qu'elle a évité à tout prix de faire", explique Shivshankar Menon, qui fut conseiller de l'ancien Premier ministre indien Manmohan Singh.

"Les Etats-Unis sont un partenaire essentiel et indispensable dans le cadre de la modernisation de l'Inde, mais la Russie reste un partenaire important pour des raisons géopolitiques et militaires", rappelle-t-il dans un article publié début avril et intitulé "Le fantasme du monde libre: les démocraties sont-elles vraiment unies contre la Russie?".

Sur le terrain, les puissances occidentales ne ménagent pourtant pas leurs efforts pour accentuer la pression sur Moscou. A l'Unesco, une quarantaine de pays ont multiplié les discussions ces derniers mois afin d'obtenir la délocalisation de la réunion du comité du patrimoine, prévue en juin en Russie.

Avec un résultat, à ce stade, en demi-teinte: l'annonce d'un report sine die, sans assurance à ce stade que la Russie n'accueille pas la réunion une fois l'offensive militaire achevée. 

Même tentative au G20 où la présidence indonésienne, pressée d'exclure Moscou de l'enceinte, s'y est finalement refusée au nom de l'impartialité.

Impact tardif des sanctions 

L'absence d'effets à court terme des sanctions économiques occidentales sur le conflit en cours n'aide pas non plus à convaincre les pays hésitants.

"Oui, les sanctions sont sévères", souligne Judy Dempsey, analyste de Carnegie Europe, "mais elles ne dissuadent pas Poutine de prolonger son siège sur Marioupol (...) ni de pilonner d'autres villes".

"Si l'objectif c'était de faire plier Poutine pour qu'il se retire d'Ukraine, force est de constater que ça n'a pas fonctionné", abonde Sylvie Matelly. "Il a certes revu à la baisse ses ambitions mais pas tant par rapport aux sanctions que par rapport à la détermination des forces ukrainiennes sur le terrain".

Pour mesurer l'impact des sanctions sur l'économie russe à moyen et long termes, il faudra encore patienter quelques mois. 

"La situation dans l'économie russe sera plus claire en juin-juillet", note l'analyste financier russe Alexeï Vedev de l'institut Gaïdar. "L'économie est encore en train de fonctionner sur la base de ses réserves".

"Ces réserves sont en train de diminuer, mais tant qu'elles existent encore, les sanctions ne se ressentent pas pleinement", ajoute-t-il. 


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.