Pour son 2e quinquennat, Macron promet de gouverner différemment

Des partisans réagissent après la victoire du président français et candidat du parti La République en Marche (LREM) à sa réélection, Emmanuel Macron, lors de l'élection présidentielle française, au Champ de Mars, à Paris, le 24 avril 2022. (AFP)
Des partisans réagissent après la victoire du président français et candidat du parti La République en Marche (LREM) à sa réélection, Emmanuel Macron, lors de l'élection présidentielle française, au Champ de Mars, à Paris, le 24 avril 2022. (AFP)
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Publié le Lundi 25 avril 2022

Pour son 2e quinquennat, Macron promet de gouverner différemment

  • Durant toute la campagne, celui qui était entré à l'Élysée en 2017 en «Jupiter» a promis qu'il allait «changer» de méthode pour «associer davantage nos compatriotes»
  • Dès lundi, les spéculations vont se concentrer sur le choix du Premier ministre et du gouvernement qui seront chargés de conduire la majorité aux législatives mais aussi de porter ce renouveau pour l'après

PARIS : De nouveaux chantiers avec une nouvelle méthode: Emmanuel Macron compte débuter son second quinquennat en lançant une série de chantiers, dont les retraites, l'école ou la santé, en voulant conjuguer "concertation" et "efficacité".

Durant toute la campagne, celui qui était entré à l'Élysée en 2017 en "Jupiter" a promis qu'il allait "changer" de méthode pour "associer davantage nos compatriotes". 

"Je ne crois qu'à une seule chose dans ce moment, c'est de réconcilier la bienveillance et l'ambition", a affirmé le président candidat vendredi lors de son dernier meeting à Figeac.

Il sait que, malgré la victoire, il ne bénéficiera d'aucun état de grâce alors que le pays est, selon lui-même, "fatigué" et "fracturé" par les crises.

Amnesty appelle Macron à rapatrier les enfants français détenus en Syrie

Amnesty International France a appelé Emmanuel Macron à rapatrier les 200 enfants français détenus en Syrie et à faire de la protection des droits humains "une priorité" de son second mandat, dans un communiqué publié dimanche soir aussitôt après sa réélection.

"Nous demandons que les 200 enfants français détenus en Syrie, au mépris de toutes les règles de droit, puissent être rapatriés sans délais, ce vers quoi s'acheminent de plus en plus d’Etats européens", écrit l'ONG.

Jusqu'à présent, Paris a maintenu une politique de retour au cas par cas pour ces enfants - 35, majoritairement des orphelins, ont été rapatriés jusqu'ici - et considère que les adultes devraient être jugés sur place.

Le retour de ces Français qui avaient rejoint l'organisation Etat islamique est un sujet sensible dans un pays marqué par les attentats jihadistes perpétrés sur son sol depuis 2015.

"Le premier quinquennat n'ayant pas été exemplaire sur les droits humains, nous appelons solennellement le président de la République, réélu (...) à faire en sorte que le second le soit", a déclaré dans le communiqué Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France.

"Alors que la collecte des preuves de potentiels crimes internationaux est engagée en Ukraine et que plusieurs Etats européens ont récemment pu juger des criminels de guerre syriens au nom de la compétence universelle, la loi en France comporte toujours des verrous restreignant très fortement les possibilités de poursuite par ses juridictions", déplore par ailleurs l'ONG. 

Il est temps "de rompre avec une législation ambigüe et d’effectuer les adaptations nécessaires pour se donner tous les moyens juridiques de juger en France les auteurs présumés de crimes internationaux", insiste l'ONG.

La France doit part ailleurs "cesser les ventes d’armes, à destination de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, des pays engagés dans une coalition soupçonnée de crimes de guerre au Yémen", écrit Amnesty International, appelant la France à instaurer "un réel contrôle parlementaire" sur ses ventes d'armes.

Mais pas question pour autant de revenir sur son ambition de "continuer à réformer profondément" le pays, précise l'un de ses conseillers.

Ce cap devra être réaffirmé avant les législatives des 12 et 19 juin, décisives pour lui donner les moyens d'agir durant les premières années du quinquennat, avant que ne s'exacerbe la bataille pour sa succession.

Dès lundi, les spéculations vont se concentrer sur le choix du Premier ministre et du gouvernement qui seront chargés de conduire la majorité aux législatives mais aussi de porter ce renouveau pour l'après. Le nom du remplaçant de Jean Castex devrait être annoncé entre le 2 et le 10 mai, selon une source proche.

Exécutif resserré

Emmanuel Macron devrait en parallèle faire évoluer son équipe à l'Élysée, avec notamment la question du maintien du secrétaire général Alexis Kohler, son incontournable bras droit durant le premier quinquennat.

Une fois en ordre de bataille, le nouvel exécutif, qui s'annonce plus resserré, "lancera très vite" les premiers chantiers.

Le pouvoir d'achat ayant dominé la campagne, l'une des priorités est de faire adopter, "dès cet été", un projet de loi de finances rectificative pour que les retraites soient indexées sur l'inflation et pour prolonger "le bouclier" sur les prix du gaz et de l'électricité, ainsi que la ristourne sur les carburants.

Le président candidat a également promis une hausse du point d'indice des fonctionnaires, une revalorisation du traitement des enseignants, notamment en début de carrière – au dessus de 2.000 euros - et la mise en place d'un chèque alimentaire pour les foyers à faibles revenus. 

Plus délicate s'annonce la mise en route de la réforme, contestée, des retraites avec l'objectif de porter l'âge de départ à 65 ans d'ici 2031.

Elle donnera l'occasion d'expérimenter la nouvelle méthode prônée par Emmanuel Macron durant la campagne. 

"En prenant le temps de la concertation avec toutes les parties prenantes, on réduit les risques de contestation", estime son entourage. "Mais il faut garder un objectif d'efficacité, sans entrer dans des 'Grenelle' sans fin".

«Sans totem»

Pour un conseiller, cette méthode vise à "permettre de mieux définir les objectifs, sans totem, ni tabou".

Les concertations devraient être lancées fin juin, après les législatives, avec l'objectif de présenter la réforme au Parlement à l'automne pour une application dès 2023, indique un membre du gouvernement.

Le chantier du RSA, conditionné à des heures d'activité, et celui de la réforme de Pôle Emploi, transformé en France Travail, ne viendront qu'ensuite.

Le calendrier pour les mesures dans les domaines de la santé et de l'éducation, deux autres priorités d'Emmanuel Macron, reste pour l'instant plus flou. Mais avec la volonté de démarrer rapidement.

Autre priorité affichée, l'écologie sera placée sous la responsabilité directe du Premier ministre, qui aura la charge de vite mettre en œuvre la promesse sur le leasing pour les voitures électriques, notamment.

Après avoir pris un peu de recul entre les deux tours, Emmanuel Macron va replonger sans délai dans les dossiers internationaux, en premier lieu la guerre en Ukraine.

Il devra également relancer la présidence française de l'Union européenne, avec l'objectif de finaliser certaines avancées avant son terme, le 30 juin.

Même si ce n'est pas un homme d'appareil, Emmanuel Macron doit se plonger dans les questions purement politiques. Le soir du premier tour, il a souhaité la création d'un grand parti central, un peu sur le modèle du pari démocrate américain. 

Un défi qui semble difficile à concrétiser au vu des ambitions des diverses composantes de sa majorité. En particulier celles d'Édouard Philippe et de son parti Horizons, qui souhaiterait au moins cinquante députés sous sa bannière, et celles du président du Modem François Bayrou, qui en veut au moins autant.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.