Les Libanais marquent le premier anniversaire de leur "révolution"

Des manifestants anti-gouvernement allument des torches et chantent des slogans, à Beyrouth le 3 novembre 2019 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 17 octobre 2020

Les Libanais marquent le premier anniversaire de leur "révolution"

  • Les protestations anti-gouvernementales avaient débuté à l'automne 2019, à Beyrouth en raison d'un projet gouvernemental visant à taxer les appels via l'application Whatsapp
  • Trois chefs du gouvernement ont démissionné depuis le début du mouvement il y a un an mais les principales personnalités politiques occupent toujours le pouvoir

BEYROUTH :  Les Libanais marquent samedi le premier anniversaire de leur mouvement de contestation populaire, qui a secoué l'élite politique mais n'est pas parvenu à engager de véritables réformes.

Trois chefs du gouvernement ont démissionné depuis le début du mouvement il y a un an mais les principales personnalités politiques occupent toujours le pouvoir malgré les pressions au Liban et à l'international.

Les protestataires doivent manifester samedi à 15H00 (12H00 GMT) en direction du port de Beyrouth, où une puissante explosion le 4 août a fait plus de 200 morts et plus de 6.500 blessés.

Une veillée aux chandelles est prévue à 18H07 (15H07 GMT), heure précise de l'explosion dont la responsabilité est largement imputée à la négligence des autorités.

Les protestataires ont également installé, près du site de la déflagration, une statue pour marquer l'anniversaire de la "révolution" du 17 octobre.

"Nous ne considérons toujours pas" nos dirigeants politiques comme légitimes, a affirmé Melissa, 42 ans et très impliquée dans le mouvement. "Nous sommes toujours dans la rue (...), ensemble face au gouvernement corrompu".

Les protestations avaient débuté à l'automne 2019 en raison d'un projet gouvernemental visant à taxer les appels via l'application Whatsapp, puis s'étaient transformées en un mouvement national d'une ampleur inédite pour exiger le remaniement complet de la classe politique au pouvoir depuis des décennies et perçue comme incompétente et corrompue.

Le pays fait face à la pire crise économique depuis la guerre civile (1975-1990) et de plus en plus de Libanais sombrent dans la pauvreté, le chômage et la faim, poussant nombre d'entre eux à tenter leur chance à l'étranger.

Le pays n'est pas non plus épargné par l'épidémie de nouveau coronavirus, qui a amené les autorités à interdire les manifestations et les rassemblements publics. Mais même avec une capacité de mobilisation affaiblie, beaucoup arguent que la rancoeur n'a fait qu'augmenter.

"L'an II de la thaoura", titre en première page le quotidien francophone L'Orient-Le Jour, reprenant le mot arabe signifiant "révolution" et utilisé par la majorité des Libanais pour se référer au mouvement de protestation.

A Tripoli (nord), surnommée "la mariée de la révolution" pour l'enthousiasme de ses habitants dans la contestation, les rassemblements ont débuté dès vendredi soir.

"Nous saluons notre révolution qui, nous le croyons, continue toujours et ne mourra pas tant que nos exigences n'auront pas été satisfaites", a affirmé Taha Ratl, un manifestant de 37 ans.

"Nous voulons qu'ils partent tous", a-t-il ajouté en référence aux dirigeants.


Jugeant l'embargo levé, l'Iran prévoit surtout de vendre des armes

Le président iranien Hassan Rouhani dans la capitale Téhéran. (Présidenceiranienne/AFP)
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  • L'Iran a indiqué prévoir surtout de vendre des armes plutôt que d'en importer
  • «Avant d'être acheteur sur le marché des armes, l'Iran a la capacité d'approvisionner (d'autres pays)»

L'Iran a indiqué lundi prévoir surtout de vendre des armes plutôt que d'en importer, au lendemain de l'expiration, selon Téhéran, d'un embargo de longue date de l'ONU sur la vente d' armes à la République islamique.

L'interdiction imposée depuis plus de dix ans a été levée «automatiquement» dimanche, a affirmé Téhéran, aux termes de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité.

«Avant d'être acheteur sur le marché des armes, l'Iran a la capacité d'approvisionner (d'autres pays)», a affirmé le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh, lors d'une conférence de presse à Téhéran.

«Bien sûr, l'Iran n'est pas comme les Etats-Unis, où le président cherche à vendre devant les caméras des armes mortelles pour massacrer le peuple yéménite», a-t-il ajouté, faisant allusion aux armes américaines achetées par l'Arabie saoudite, qui mène depuis 2015 une coalition militaire appuyant le gouvernement au Yémen contre les rebelles Houthis soutenus par Téhéran.

D'après M. Khatibzadeh, l'Iran «agira de manière responsable» et vendra des armes à d'autres pays «sur la base de ses propres calculs».

Aux termes du pacte nucléaire, l'embargo interdisant notamment la vente d'armes et d'équipements militaires lourds à Téhéran était censé expirer le 18 octobre.

Mais vendre des armes à l'Iran violerait toujours les résolutions de l'ONU, selon les Etats-Unis qui ont menacé de sanctions toute partie effectuant de telles ventes.

En août dernier, Washington a échoué à pousser le Conseil de sécurité à prolonger l'embargo sur les armes et à rétablir les sanctions internationales contre l'Iran.

En mai 2018, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement son pays de l'accord sur le nucléaire, affirmant que ce texte n'offre pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique. L'Iran a toujours démenti vouloir une telle arme.

Le ministre iranien de la Défense, Amir Hatami, a indiqué dimanche à la télévision d'Etat qu'«un certain nombre de pays» ont contacté l'Iran au sujet d'un éventuel commerce d'armes, tout en affirmant que la République islamique prévoyait surtout d'en vendre.

L'expérience de la guerre Iran-Irak (1980-88) a prouvé «l'importance de l'autosuffisance» à Téhéran et l'a convaincu de «produire localement 90%» de ses besoins militaires, a-t-il ajouté.

La levée de l'embargo doit permettre à l'Iran d'acheter et de vendre du matériel militaire, notamment des chars, des véhicules blindés, des avions de combat, des hélicoptères et de l'artillerie lourde.


Les espaces publics de l'Arabie saoudite en rose pour le mois de la sensibilisation au cancer du sein

Photo / Shutterstock
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  • Selon le ministère saoudien de la Santé, 55% des cas sont détectés à un stade avancé
  • «Avec des panneaux d'affichage et des visuels répartis dans les villes saoudiennes, nous continuons à tenir notre promesse de campagne de sensibilisation chaque année et à faire passer le message: “la détection précoce vous sauvera la vie”»

DJEDDAH: Des touches de rose sont visibles dans les espaces publics en Arabie saoudite pour sensibiliser à l’importance du dépistage du cancer du sein.

Un certain nombre de campagnes dans les centres commerciaux, dans la rue et sur les panneaux d'affichage sont en cours ce mois-ci pour soutenir cette sensibilisation.

Des brochures sont distribuées, des vidéos et des images interactives sont exposées. Des activités de collecte de fonds sont aussi organisées telles que la randonnée et le vélo, et les étudiants en médecine se sont entretenus avec les clients et les passants dans le cadre des efforts visant à accroître les connaissances des gens.

À Djeddah, un cours de tai-chi dirigé par Amatallah Bahaziq a eu lieu sur les quais de la ville, auquel ont participé des femmes membres de Bliss Runners and Bolts. Une balade à vélo a également été organisée par des cyclistes, femmes et hommes, de Djeddah. 

Des campagnes contextuelles se sont également déroulées dans un certain nombre de grandes villes du Royaume, avec des spécialistes prêts à répondre aux questions et à jouer un rôle proactif dans la diffusion des connaissances et des informations appropriées sur la maladie, sa détection et les chances de survie lorsqu'elle est détectée à un stade précoce.

Zahra Breast Cancer Association est l’une des principales organisations d’Arabie saoudite qui se consacre à la sensibilisation à la maladie. Elle soutient les patientes et les survivantes du cancer, et normalise les conversations sur le cancer du sein dans la communauté, avec un accent renouvelé en octobre, le mois consacré à la sensibilisation au cancer du sein.

«Compte tenu des circonstances – dues à la pandémie –x, nous avons concentré nos efforts pour sensibiliser virtuellement à l'importance de la détection précoce», a déclaré à Arab News un représentant de l'Association. «Avec des panneaux d'affichage et des visuels répartis dans les villes saoudiennes, nous continuons à tenir notre promesse de campagne de sensibilisation chaque année et à faire passer le message: “la détection précoce vous sauvera la vie”.» 

Selon le ministère saoudien de la Santé, 55 % des cas sont détectés à un stade avancé. Cette détection tardive est principalement due au fait que certaines femmes pensent que l'absence de symptômes signifie l'absence de la maladie.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


L’économie égyptienne dépasse les attentes malgré la pandémie

Les étudiants sont transportés à moto par les membres de leur famille pour le premier jour d'école, après des mois de fermeture en raison de la pandémie de coronavirus (Covid-19) dans la banlieue de Gizeh à Awsim, en Égypte, le 18 octobre 2020 (Reuters)
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  • Les réformes économiques adoptées par le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, ont renforcé l'économie égyptienne et l'ont rendue résiliente face aux défis internes et externes
  • Selon les estimations du FMI, le budget de l'État, malgré la pandémie, réalisera un excédent primaire de 0,4 % du PIB au cours de l'exercice en cours

LE CAIRE: Le ministre égyptien des Finances, Mohammed Maait, a déclaré dimanche que les performances financières de l'économie égyptienne lors de la pandémie de coronavirus (Covid-19) ont dépassé les attentes, selon le rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur les perspectives de l'économie mondiale d'octobre 2020.

Dans un communiqué officiel, il explique que les réformes économiques adoptées par le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, ont renforcé l'économie égyptienne et l'ont rendue résiliente face aux défis internes et externes.

Il ajoute que c’est dû en grande partie à la gestion flexible de la pandémie, l'État ayant adopté une politique proactive d'allocation de 2% de son produit intérieur brut (PIB) pour soutenir les secteurs et les groupes économiques les plus vulnérables. «Des mesures ont été prises pour contribuer à atténuer le choc et à soutenir l'économie nationale.»

Selon le ministre, le FMI s'attend à ce que l'économie égyptienne se rétablisse rapidement à moyen terme et que le pays atteigne des taux de croissance supérieurs à ceux d'avant la pandémie.

Le FMI prévoit également une baisse du déficit global du PIB à 5,2 % en 2022-2023 et à 3,8 % d'ici l'exercice 2024-2025, reflétant la capacité des politiques financières égyptiennes à traiter positivement et efficacement les variables locales et internationales.

«Selon les estimations du FMI, le budget de l'État, malgré la pandémie, réalisera un excédent primaire de 0,4 % du PIB au cours de l'exercice en cours, qui passera à 2,1 % en 2022-2023. La tendance se poursuivra à un taux soutenable jusqu'à 2 % en moyenne d’ici à 2025», poursuit M. Maait.

Selon lui, le FMI s'attendait à ce que l'Égypte augmente les recettes totales de l'État de 20 % au cours de l'exercice actuel, contre 19,2 % l'année dernière, et ce, jusqu'à l'exercice 2024-2025.

Les dépenses publiques devraient également diminuer à 25,4 % au cours de l'exercice en cours, contre 28,4 % l'année dernière.

Malgré le rapport du FMI qui indique une certaine ambiguïté dans les perspectives de l'économie mondiale, celles qui concernent l'économie égyptienne demeurent optimistes, ajoute Mohammed Maait, alors que le FMI a relevé son estimation du taux de croissance à 3,5 % au lieu de 2 % au cours du dernier exercice. 

Le ministre souligne que le budget général de l'État a enregistré un léger excédent initial de 100 millions de livres égyptiennes (6,39 millions de dollars) au cours du premier trimestre de l'exercice en cours, malgré les répercussions de la pandémie sur les besoins du secteur de la santé et sur l'ensemble des organes budgétaires, qui ont considérablement augmenté les investissements gouvernementaux et le paiement des cotisations des fonds de pension.

Il explique que le taux de croissance annuel des revenus est passé à 18,4 % en juillet et en septembre 2020, malgré les effets négatifs persistants de la pandémie sur l'activité économique, alors que le taux de croissance annuel des dépenses atteignait 11 % en raison de l'augmentation des allocations d'investissement du gouvernement et des dépenses de santé et d’éducation et de la fourniture d'allocations de soutien et de programmes de protection sociale. 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com