Laïcité, droits des femmes: les communistes irakiens cherchent à exister

Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste irakien, Raed Fahmi, s'exprime lors d'un entretien dans la capitale Bagdad, le 9 avril 2022. (Sabah Arar/AFP)
Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste irakien, Raed Fahmi, s'exprime lors d'un entretien dans la capitale Bagdad, le 9 avril 2022. (Sabah Arar/AFP)
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

Laïcité, droits des femmes: les communistes irakiens cherchent à exister

  • Le parti communiste, doyen des partis irakiens souffle ses 88 bougies sur les bords du Tigre à Bagdad
  • Le communisme, avec sa laïcité en bandoulière, doit faire concurrence aux partis mastodontes dont la geste et l'identité sont profondément religieuses

BAGDAD : Jadis abonné aux rendez-vous historiques, le Parti communiste irakien a vu son étoile pâlir, mais il veut rebondir en prônant la défense des femmes et la laïcité, un défi dans un Irak où «la séparation de la mosquée et de l'Etat» n'est qu'une idée.

En ce soir de printemps, le doyen des partis irakiens souffle ses 88 bougies sur les bords du Tigre à Bagdad. Drapeaux frappés de la faucille et du marteau et youyous sont de sortie pour cette fête en petit comité: la formation n'a plus aucun député (elle a boycotté les dernières législatives), après en avoir compté deux dans la précédente législature et elle n'a plus qu'une poignée d'adhérents.

Et qu'il est difficile de faire recette dans un pays où le communisme, avec sa laïcité en bandoulière, doit faire concurrence aux partis mastodontes dont la geste et l'identité sont profondément religieuses.

«La rhétorique qui tourne autour de la séparation de la mosquée et de l'Etat est encore très faible en Irak», remarque la politologue Marsin Alshamary.

Dans le camp chiite, branche de l'islam majoritaire en Irak, deux courants politiques se partagent le paysage: le clerc Moqtada Sadr et ses rivaux du Cadre de coordination, un alliage de formations pro-Iran. Les Arabes sunnites ont aussi leurs partis, à l'instar des Kurdes, des chrétiens ou des Turkmènes.

- «Voix des défavorisés» -

Pourtant, le PCI a eu son heure de gloire. Dans les années 1940-1950, les communistes éveillaient les Irakiens à «la justice sociale, à l'anti-impérialisme et donnait une voix aux défavorisés», raconte Tareq Ismael, politologue à l'université canadienne de Calgary.

Des thèmes porteurs dans l'Irak pauvre et tout juste indépendant... qu'ont aussi brandis les protestataires lors du vaste mouvement anti-système lancé en octobre 2019.

Fort d'environ 15.000 membres dans les années 1960, le PCI a pesé à chaque tournant de l'histoire irakienne. Son soutien à Abdelkarim Qassem, premier président du pays, fut décisif après la révolution du 14 juillet 1958 qui renversa la monarchie.

Mais le coup de massue tombe dans les années 1970, lorsque le parti Baath au pouvoir accentue sa répression. Persécuté par Saddam Hussein, le PCI renaît dans le sillage de l'invasion américaine de 2003 et la chute du dictateur.

Aujourd'hui, le PCI compte «quelques milliers» de membres, explique Raëd Fahmi, 71 ans et patron des communistes irakiens. Et il veut aiguillonner, plutôt que gouverner, en introduisant dans le débat la laïcité, la justice sociale et les droits des femmes.

Un défi dans un pays où le patriarcat et la tradition tribale font encore la loi.

Comme l'expliquait l'Unicef à l'occasion de la dernière journée internationale pour les droits des femmes, «malgré tous les efforts entrepris pour atteindre l'égalité des sexes et la parité, des barrières de taille persistent en Irak».

Selon la Banque mondiale, les femmes ne représentent que 13% de la population active irakienne, un des taux les plus bas au monde.

- «Vieille garde» -

Mais Raëd Fahmi veut croire que le vent tourne. «Le rôle des femmes, c'est difficile mais il y a une progression. On voit des jeunes qui ont une attitude beaucoup plus ouverte», explique-t-il.

Un combat que soutient Zeinab Aziz, une fonctionnaire de 53 ans qui se dit proche des idées du parti.

«Les partis religieux qui contrôlent le pays rendent la vie dure aux femmes et aux jeunes qui aspirent à la liberté», dit-elle. «Le Parti communiste est le premier à défendre les femmes».

Pourtant, les communistes ont déjà manqué un rendez-vous. En octobre 2019, lors du mouvement de ras-le-bol anti-système réprimé dans le sang, le PCI aurait pu scander ses thèmes de justice sociale et de lutte contre la gabegie. Mais il n'a pas su se faire entendre.

«C'est une occasion manquée pour le PCI qui pourrait facilement capitaliser sur le sentiment anti-islamiste et s'ériger en champion du progressisme et de la laïcité», tranche la politologue Marsin Alshamary pour qui le PCI représente «la vieille garde».

Le débat ne rapportant que peu d'adhérents, les communistes usent de leurs relais dans les syndicats, les associations et auprès des étudiants, explique Raëd Fahmi. Mais cette dernière cible n'est pas forcément cliente.

Abdallah Ghaleb est une exception. A 22 ans, il se dit communiste «parce qu'il y a trop de corruption et de chômage en Irak. Le Parti communiste soutient les gens ordinaires».


Iran: la télévision d’État écourte l’interview du négociateur iranien

La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe. (AFP)
  • Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures"
  • La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir

TEHERAN: La télévision d’État iranienne a interrompu mardi un entretien diffusé en différé avec Mohammad Bagher Ghalibaf, l'influent président du Parlement et principal négociateur du pays dans les pourparlers avec les États-Unis, suscitant les critiques de son équipe.

"Cette discussion a été remise à l'Organisation de la radiotélévision de la République islamique d’Iran (IRIB) plus de deux heures avant l'heure de diffusion; mais malheureusement, la diffusion a été interrompue en plein milieu", a regretté mercredi un communiqué du centre médiatique du Parlement.

Cet entretien étant enregistré, "le minimum que l'on pouvait attendre des responsables de l’IRIB était de se coordonner avec le centre médiatique du Parlement s’ils décidaient de ne pas diffuser une partie de la discussion, contrairement aux procédures", a ajouté le communiqué.

La télévision d’État a elle affirmé que l'entretien avait été divisé en deux parties, dont la seconde serait diffusée mercredi soir.

Le centre médiatique du Parlement a précisé que la partie non diffusée portait notamment sur des questions au coeur du protocole d'accord conclu le 17 juin entre Téhéran et Washington, soit les inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le dégel d'avoirs iraniens et la ligne de crédit prévue de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l'Iran.

De nombreux partisans de l'inflexibilité face aux Etats-Unis, notamment des parlementaires conservateurs et des personnalités médiatiques, ont ces dernières semaines critiqué ce texte visant à mettre fin au conflit dans la région.

Le mois dernier, un présentateur de la télévision d’État avait appelé à la fermeture de l’aéroport de Téhéran afin que l’équipe de négociation iranienne ne puisse pas se rendre en Suisse pour discuter avec la délégation américaine.

Certains estiment qu'après la signature de cet accord, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, l’Iran a rouvert de manière prématurée le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, sans obtenir en retour de bénéfices tangibles.

Dans la partie de l'entretien diffusée mardi, M. Ghalibaf a soutenu que l'entente avec les Américains avait permis à l’Iran de vendre son pétrole grâce à la levée, aux termes de l'accord, du blocus américain des ports iraniens.

Depuis "nous avons exporté plus de 40 millions de barils de pétrole (...) En revanche, durant les 50 à 60 jours précédents, nous avions été dans l'impossibilité totale d'exporter ne serait-ce qu'un seul baril de pétrole", a-t-il affirmé.


Netanyahu affirme depuis le sud du Liban que son armée restera tant que le Hezbollah «nous menace»

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace". (AFP)
  • Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place
  • "Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici"

JERUSALEM: Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s'est rendu mardi dans la partie du sud du Liban occupée par Israël, a affirmé que son armée resterait sur place tant que le Hezbollah pro-iranien "nous menace".

"Notre position est claire : nous ne quitterons pas le sud du Liban tant que la menace n'aura pas disparu. Et tant que le Hezbollah, armé, sera présent ici et nous menacera, nous resterons ici", a-t-il affirmé à des troupes israéliennes sur place selon une vidéo diffusée par son bureau.

 


L’Arabie saoudite en tête du classement de sécurité publique du G20

Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
Les résultats mettent en évidence les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité à travers le Royaume. (fourni)
  • 97,7 % des habitants déclarent se sentir en sécurité en marchant seuls la nuit

RIYAD: L’Arabie saoudite occupe la première place parmi les pays du G20 dans l’Indice de sécurité 2025, selon les données de la base des indicateurs des Objectifs de développement durable des Nations unies, publiées lundi par l’Autorité générale des statistiques du Royaume.

Les résultats indiquent que 97,7 % de la population se sent en sécurité en marchant seule la nuit dans son quartier, selon l’Agence de presse saoudienne (Saudi Press Agency).

Ils montrent également que 94,9 % des femmes, 97 % des citoyens saoudiens et 97,2 % des personnes âgées de 60 à 64 ans se sentent en sécurité en marchant seules la nuit dans les zones résidentielles.

Ces résultats soulignent les efforts des agences gouvernementales pour maintenir un haut niveau de sécurité dans l’ensemble du Royaume, a ajouté la SPA. Ils s’inscrivent dans les initiatives visant à renforcer la sécurité, la stabilité et la qualité de vie dans les secteurs économique, alimentaire, environnemental, sanitaire, social, politique, intellectuel, technologique et de cybersécurité, conformément à la Vision 2030 de l’Arabie saoudite.

L’Autorité générale des statistiques mène ses travaux selon une méthodologie unifiée basée sur le Statistical Business Process Manual, conforme aux normes statistiques internationales.

Dans un autre rapport, l’autorité a indiqué que 75,3 % de la population saoudienne a participé à des événements ou activités culturelles en 2025, reflétant une participation croissante à la vie culturelle dans le Royaume.

Ces données ont été publiées dans le cadre de l’initiative Raqam Saudi, qui met en avant les réalisations nationales, renforce la fierté nationale et les valeurs de citoyenneté, et souligne le rôle des statistiques officielles dans le suivi des progrès vers les objectifs de Vision 2030 et du développement durable. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com