Les Rothschild, une dynastie prisée des complotistes

Des caricatures antisémites du 19e siècle à la désinformation liée à la pandémie de Covid-19, la dynastie Rothschild, qui a contribué à l'âge d'or de l'Europe, reste une des cibles favorites des récits conspirationnistes (Photo, AFP).
Des caricatures antisémites du 19e siècle à la désinformation liée à la pandémie de Covid-19, la dynastie Rothschild, qui a contribué à l'âge d'or de l'Europe, reste une des cibles favorites des récits conspirationnistes (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 29 avril 2022

Les Rothschild, une dynastie prisée des complotistes

  • Une exposition se tenant jusqu'au 5 juin au musée du Judaïsme de Vienne retrace son histoire
  • Une lithographie du XIXe siècle représente par exemple le fondateur Mayer Amschel Rothschild avec un fort embonpoint et un nez crochu

VIENNE: Des caricatures antisémites du 19e siècle à la désinformation liée à la pandémie de Covid-19, la dynastie Rothschild, qui a contribué à l'âge d'or de l'Europe, reste une des cibles favorites des récits conspirationnistes.

Une exposition se tenant jusqu'au 5 juin au musée du Judaïsme de Vienne retrace son histoire et tente de comprendre pourquoi elle continue à susciter autant de folles rumeurs.

Une exposition se tenant jusqu'au 5 juin au musée du Judaïsme de Vienne retrace son histoire et tente de comprendre pourquoi elle continue à susciter autant de folles rumeurs (Photo, AFP).
Une exposition se tenant jusqu'au 5 juin au musée du Judaïsme de Vienne retrace son histoire et tente de comprendre pourquoi elle continue à susciter autant de folles rumeurs (Photo, AFP).

"C'était une famille originaire du ghetto juif de Francfort. Tout part d'un petit négociant en pièces de monnaie qui a envoyé chacun de ses cinq fils dans des villes européennes, dont Vienne" en 1821, explique la commissaire Gabriele Kohlbauer-Fritz.

"Leur succès rapide inspire les caricaturistes", poursuit son collègue Tom Juncker. Ils deviennent alors "le visage de l'industrie bancaire naissante".

Après l'abolition de la censure en 1848, les dessins abordent progressivement le thème d'une "prétendue conspiration juive mondiale qui s'est en fait maintenue jusqu'à aujourd'hui".

"On les a désignés comme les coupables, au lieu d'attribuer aux mécanismes spéculatifs du capitalisme la responsabilité de certains manquements du système", relate M. Juncker.

Une lithographie du XIXe siècle représente par exemple le fondateur Mayer Amschel Rothschild avec un fort embonpoint et un nez crochu, manipulant les classes dirigeantes telles des balles de jonglage.

«Un code»

Après 1945 et le génocide des Juifs en Europe, montrer ouvertement son antisémitisme étant sanctionné par la loi, le nom de Rothschild est alors devenu "un code", "un nom générique" pour blâmer la toute-puissance des élites.

"Surtout maintenant, dans le cadre de la pandémie de coronavirus, c'est à nouveau très actuel: on y retrouve toujours Rothschild", souligne Tom Juncker, devant un grand écran reproduisant dans l'exposition des messages complotistes diffusés sur les réseaux sociaux. 

A l'automne 2020, des publications partagées des milliers de fois sur Facebook, hurlant à "l'arnaque du Covid", affirmaient qu'un certain Richard Rothschild avait déposé un brevet portant sur un test de dépistage du virus dès 2015.

Or cet homme n'a aucun lien avec Rothschild & Co, comme l'a confirmé à l'époque une porte-parole à l'AFP. Par ailleurs, si le brevet, qui décrit des techniques d'analyse de données biométriques, existe bien, la partie consacrée au Covid a été ajoutée lors d'une procédure de mise à jour en septembre 2020.

Néanmoins, des utilisateurs du monde entier y ont vu la preuve que la famille savait avant le commun des mortels dans quels affres le monde serait bientôt projeté. 

"Quelqu'un ici a réalisé très tôt qu'il y avait de l'argent à gagner avec une maladie" qui se répandrait quatre ans plus tard, a par exemple commenté un internaute sur Facebook.

Dans d'autres cas, une membre de la dynastie apparaît posant dans un décor luxueux devant un de ses tableaux représentant une créature diabolique dévoreuse des bébés. Faux là encore: la photo originale ne montre pas la même peinture, selon les recherches d'une équipe d'investigation numérique de l'AFP.

Héritage oublié

Loin d'être responsables de tous les maux occidentaux, les Rothschild ont au contraire eu un apport décisif en Europe grâce à "leur gestion très moderne", note Mme Kohlbauer-Fritz. 

L'Empire austro-hongrois était alors en proie à des difficultés financières récurrentes et Salomon Rothschild (1774-1855) est très vite devenu indispensable à la monarchie, jusqu'à être anobli, sans céder à l'assimilation et renier sa judaïté.  

La banque Credit-Anstalt, un hôpital de pointe, une fondation majeure, des palais fastueux, une gare, un jardin... presque tout ce que lui et sa lignée ont bâti à Vienne avant l'annexion de l'Autriche par Adolf Hitler a disparu aujourd'hui. 

"Les nazis ont pratiquement tout pris", déplore la commissaire de l'exposition intitulée "Rothschild à Vienne, un polar". La branche viennoise a émigré aux Etats-Unis et ses descendants ne sont jamais revenus.

"Même après la guerre, on les a traités de manière indécente" en les forçant à céder nombre de leurs biens, ensuite démolis afin de laisser la place à des constructions modernes, relate Gabriele Kohlbauer-Fritz, qui a dû se livrer à un jeu de piste pour retrouver des traces de cet héritage oublié.

Ce n'est qu'en 2016 qu'une place Rothschild a été inaugurée à Vienne. 

La lignée de Naples, elle, a fermé dès 1863 à la suite de l'unification de l'Italie ayant relégué la cité au second plan. 

Mais la saga familiale continue de s'écrire de nos jours depuis Londres, Paris et New-York où hôpitaux, banques et fonds d'investissements font exister la marque dans l'espace public.


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.