Vers un allègement des tarifs douaniers américains contre Pékin?

Le vice-Premier ministre chinois Liu He salue le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (au centre) et au représentant américain au commerce Robert Lighthizer à la fin des réunions dans les bureaux de l'USTR le 10 mai 2019 à Washington (Photo, AFP).
Le vice-Premier ministre chinois Liu He salue le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin (au centre) et au représentant américain au commerce Robert Lighthizer à la fin des réunions dans les bureaux de l'USTR le 10 mai 2019 à Washington (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 04 mai 2022

Vers un allègement des tarifs douaniers américains contre Pékin?

  • Si les tarifs douaniers étaient maintenus, ils pourraient néanmoins subir des modifications
  • «Les tarifs douaniers nuisent sans raison valable aux entreprises et aux consommateurs américain »

WASHINGTON: Les droits de douane américains sur 350 milliards de dollars d'importations en provenance de Chine expireront automatiquement le 6 juillet, si aucune entreprise ne demande à les maintenir, a annoncé mardi l'administration Biden, sous pression pour les supprimer en raison d'une inflation record aux Etats-Unis.

Alors que les Américains sont confrontés à une hausse des prix inédite en 40 ans et que les entreprises peinent à trouver des approvisionnements clés, le président Joe Biden fait face à des appels croissants pour mettre fin à ces droits de douane punitifs imposés par son prédécesseur Donald Trump. 

"Les tarifs douaniers nuisent sans raison valable aux entreprises et aux consommateurs américains", a souligné Doug Barry, porte-parole du Conseil économique Etats-Unis/Chine (USCBC), qui regroupe plus de 200 entreprises américaines faisant des affaires avec la Chine.

Une première série de tarifs douaniers avait été mise en place le 6 juillet 2018 avant trois autres salves qui représentent l'équivalent de 350 milliards de dollars d'importations annuelles en provenance du géant asiatique.

L'ancien président républicain avait pris ces mesures en représailles aux pratiques commerciales chinoises jugées "déloyales", dénonçant le "vol" de propriété intellectuelle ou le transfert "forcé" de technologie.

A l'approche de leur expiration, le 6 juillet prochain, les services de la représentante américaine au commerce (USTR) ont annoncé mardi lancer une consultation.

La principale fédération patronale (US Chamber), des entreprises ainsi que des experts en commerce international appellent depuis des mois à alléger, voire à supprimer ces mesures, arguant qu'ils affectent durement les petites entreprises qui n'ont pas de sources d'approvisionnement alternative.

"La première étape du processus consiste à informer les représentants des branches de production nationales qui bénéficient des mesures tarifaires de la possibilité de mettre fin à ces mesures et de la possibilité de demander leur maintien", a expliqué USTR dans un communiqué. 

"Si nous ne recevons pas de demande (...), nous n'aurons pas l'autorité à les maintenir" au-delà de quatre ans, a souligné une responsable de l'USTR lors d'une conférence téléphonique.

"Quelque 600" notifications vont ainsi être envoyées, a indiqué une autre responsable.

Si les tarifs douaniers étaient maintenus, ils pourraient néanmoins subir des modifications.

Un responsable de USTR a refusé de dire si l'inflation serait prise en compte tout en assurant que l'administration examinera "les effets de telles actions sur l'économie des États-Unis, y compris les consommateurs". 

«Tous les outils sur la table»

Les entreprises se plaignent depuis longtemps de l'incapacité de Pékin à protéger le savoir-faire et les brevets ou les subventions aux entreprises chinoises. 

Avant l'ère Trump, les administrations américaines avaient cherché à résoudre ces problèmes par le dialogue, le républicain avait, lui, lancé une guerre commerciale inédite. 

Donald Trumpo avait aussi arraché un accord bilatéral, signé en janvier 2020 et entré en vigueur un mois plus tard. Mais l'ambassadrice américaine Katherine Tai a estimé fin mars devant le Congrès que les tarifs douaniers n'avaient pas "incité" Pékin à modifier ses pratiques. 

Mardi, USTR a assuré qu'il examinerait toutes les demandes y compris pour augmenter, diminuer ou modifier les tarifs douaniers.

Mais pour Doug Barry, "l'USTR semble peu enclin" à les lever. "L'ambassadrice Tai continue d'affirmer que les droits de douane sont utiles comme +levier+ avec la Chine, bien qu'il n'y ait aucune preuve à l'appui de cette affirmation", a-t-il déploré.

Certes, USTR a renouvelé son régime d'exemption sur plus de 300 produits importés de Chine, "y compris les bicyclettes". C'est "une étape positive" mais c'est insuffisant, dit-il.

"La communauté des affaires et de nombreux membres du Congrès veulent que les tarifs disparaissent", a-t-il souligné, appelant Pékin et Washington à reprendre leurs discussions entre autres sur les subventions et la politique industrielle.

Lundi, Katherine Tai a assuré que tous les outils étaient sur la table et que son administration allait "examiner bien sûr les droits de douane", lors d'une conférence organisée par le Milken Institute, un centre de réflexion américain. 

"Mais examinons également la politique monétaire, la politique budgétaire ou la politique fiscale", a-t-elle lancé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.