RSF dresse un tableau sombre de la liberté de la presse au Maghreb

Un policier algérien retient un manifestant participant à un rassemblement organisé par des journalistes contre la censure de la couverture des manifestations contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, à Alger le 28 février 2019 (Photo, AFP).
Un policier algérien retient un manifestant participant à un rassemblement organisé par des journalistes contre la censure de la couverture des manifestations contre un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, à Alger le 28 février 2019 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 04 mai 2022

RSF dresse un tableau sombre de la liberté de la presse au Maghreb

  • RSF déplore une «double polarisation amplifiée par le chaos informationnel»
  • Au Maghreb, l’état des lieux est contrasté: stagnation au Maroc, amélioration en Algérie, alors qu’en Tunisie, la situation s’est largement détériorée

RABAT: L’édition 2022 du classement de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF) a été publié ce mardi 3 mai, coïncidant avec la Journée mondiale de la liberté de la presse. Sans grande surprise, l’ONG internationale déplore une dégradation de la situation de la liberté de la presse dans le monde avec un nombre record de pays ayant rejoint sa liste rouge. Douze pays – dont la Russie – ont rejoint cette liste de pays où la situation de la liberté serait « très grave ». Au total, RSF évalue 180 pays et territoires.

Globalement, RSF déplore une « double polarisation amplifiée par le chaos informationnel ». Celle-ci se situerait à deux échelles: en interne, elle intervient au niveau des médias, entrainant des fractures à l’intérieur des pays, alors qu’à l’international, elle est constatée entre les États. Une double polarisation qui aggraverait les tensions en interne et à l'international, selon l’ONG.

RSF définit ce « chaos informationnel » comme « un espace numérique globalisé et dérégulé, qui favorise les fausses informations et la propagande ».

Évolutions au Maghreb

Au Maghreb, l’état des lieux est contrasté: stagnation au Maroc, amélioration en Algérie, alors qu’en Tunisie, la situation s’est largement détériorée. Si l’Algérie gagne douze places par rapport au classement de 2021, la Tunisie, elle, perd vingt-et-une. Pour sa part, le Maroc gagne une place. Désormais, l’Algérie se situe à la 134e place, la Tunisie à la 94e et le Maroc à la 135e. 

La Libye, elle, occupe la 143e place, et gagne vingt-deux places par rapport à 2021. La Mauritanie, quant à elle, occupe la 97e place. Elle perd trois places par rapport à 2021.

Dans son évaluation, RSF estime que « la situation de la presse dans la région Afrique du Nord (hors Égypte) n’a jamais été aussi préoccupante ». Pour l’ONG, « l’emprisonnement des journalistes devient chose courante » en Algérie, alors qu’au Maroc, « les journalistes indépendants subissent une pression continue, et le pouvoir tente de mettre ce secteur aux ordres ». En Tunisie, l’ONG estime que « le coup de force du président Saied, en juillet 2021, fait craindre un recul de la liberté de la presse ».

Évolution de la méthodologie du classement

Toutefois, toute comparaison avec le classement de l’année 2021 devrait être maniée avec précaution, avertit RSF, notamment du fait du changement de la méthodologie utilisée pour l’établissement du nouveau classement. 

En effet, l’ONG définit à présent la liberté de la presse comme « la possibilité effective pour les journalistes, en tant qu’individus et en tant que collectifs, de sélectionner, produire et diffuser des informations dans l’intérêt général, indépendamment des interférences politiques, économiques, légales et sociales, et sans menaces pour leur sécurité physique et mentale ».

Par conséquent, cinq nouveaux indicateurs ont été élaborés sur la base desquels l’organisation évalue les 180 pays: le contexte politique, le cadre légal, le contexte économique, le contexte socioculturel et la sécurité.

Par ailleurs, il est à noter que toute évolution positive dans le classement ne signifie pas nécessairement une amélioration de la situation de la liberté de la presse dans le pays concerné puisque l’évolution est relative à celle constatée dans chacun des autres pays évalués.

L’Unesco estime également que la situation de la liberté de la presse dans le monde s’est détériorée. Dans son rapport « Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias : Rapport mondial 2021/2022 », l’institution onusienne rapporte en effet que 85% de la population mondiale vit dans des pays où la liberté de la presse s’est détérioré au cours des cinq dernières années.


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.