Turquie: l'inflation frôle les 70%, caillou dans la chaussure d'Erdogan

La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans discontinuer depuis début 2017 (Photo, AFP).
La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans discontinuer depuis début 2017 (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Turquie: l'inflation frôle les 70%, caillou dans la chaussure d'Erdogan

  • Malgré les craintes de nouvelles hausses de prix liées à la guerre entre l'Ukraine et la Russie, d'où la Turquie importe énergie et céréales, la Banque centrale turque n'a pas pour le moment relevé ses taux d'intérêt, stables à 14% depuis fin 2021
  • La monnaie a ainsi vu sa valeur fondre de 44% face au dollar en 2021, et a encore perdu plus de 11% face au billet vert depuis le 1er janvier

ISTANBUL: L'inflation s'est envolée en Turquie à près de 70% sur un an en avril, pesant sur les ménages et sur les chances de réélection du président Recep Tayyip Erdogan en 2023.

Les promesses du gouvernement et les baisses de TVA annoncées en début d'année sur les produits de première nécessité notamment n'y ont rien fait: les prix ont continué d'augmenter de 7,25% en avril, en plein ramadan, faisant culminer l'inflation à 69,97%, au plus haut depuis février 2002. 

La hausse des prix à la consommation, continue sur les onze derniers mois, avait déjà dépassé 61% en mars en glissement annuel, conséquence de l'effondrement de la livre turque et de l'envol des cours de l'énergie.

Malgré les craintes de nouvelles hausses de prix liées à la guerre entre l'Ukraine et la Russie, d'où la Turquie importe énergie et céréales, la Banque centrale turque n'a pas pour le moment relevé ses taux d'intérêt, stables à 14% depuis fin 2021.

Le président Recep Tayyip Erdogan, qui estime à rebours des théories économiques classiques que les taux d'intérêt élevés favorisent l'inflation, avait contraint l'institution à abaisser son taux directeur de 19% à 14% entre septembre et décembre, entraînant une chute de la livre.

La monnaie a ainsi vu sa valeur fondre de 44% face au dollar en 2021, et a encore perdu plus de 11% face au billet vert depuis le 1er janvier.

L'inflation est au coeur des débats en Turquie, à quinze mois de l'élection présidentielle prévue en juin 2023, l'opposition accusant l'Office national des statistiques (Tüik) de sous-estimer sciemment son ampleur.

«Embarrassant pour la Turquie»

Des économistes turcs indépendants du Groupe de recherche sur l'inflation (Enag) ont affirmé jeudi matin que l'inflation atteignait en réalité 156,86% sur un an, plus de deux fois le taux officiel.

Malgré des sondages qui prédisent une élection serrée, M. Erdogan espère être reconduit en 2023, après deux décennies au poste de Premier ministre puis de président.

Le chef de l'Etat, qui avait promis en janvier de ramener l'inflation à un chiffre "le plus vite possible", a assuré la semaine dernière que celle-ci "commencera à ralentir après le mois de mai".

Une hyperinflation durable risquerait toutefois de nuire à la popularité du président, qui a bâti ses succès électoraux des deux dernières décennies sur ses promesses de prospérité.

La Banque centrale turque a elle aussi dû revoir la semaine passée à la hausse ses prévisions d'inflation pour la fin de l'année, estimant qu'elle se situerait à 42,8% - bien au-delà des 23,2% avancés jusque-là.

"Cela devient embarrassant pour la Turquie", a commenté Timothy Ash, analyste au cabinet BlueAsset Management et spécialiste de la Turquie. "Certes, il y a une hausse des prix de l'alimentation et de l'énergie, mais c'est aussi l'échec spectaculaire de la politique monétaire turque."

Pour Jason Tuvey, du cabinet londonien Capital Economics, l'inflation devrait continuer de croître dans les mois à venir, "rien n'indiqu[ant] que la Banque centrale de Turquie soit sur le point de relever ses taux d'intérêt".

La Turquie connaît une inflation à deux chiffres presque sans discontinuer depuis début 2017, mais n'avait jamais connu une telle hausse des prix à la consommation depuis l'arrivée au pouvoir du Parti de la justice et du développement (AKP) du président Erdogan fin 2002.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

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Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.