Economie ou résistance? Le dilemme du Hamas un an après sa guerre avec Israël

Une vue générale montre les restes du bâtiment Shorouq, rasé par une frappe aérienne israélienne lors du conflit de mai 2021 entre Israël et le Hamas, dans la ville de Gaza, le 19 avril 2022. (AFP).
Une vue générale montre les restes du bâtiment Shorouq, rasé par une frappe aérienne israélienne lors du conflit de mai 2021 entre Israël et le Hamas, dans la ville de Gaza, le 19 avril 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 08 mai 2022

Economie ou résistance? Le dilemme du Hamas un an après sa guerre avec Israël

  • Après des semaines de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens à Jérusalem, ayant fait plus de 700 blessés sur l'esplanade des Mosquées, les sirènes d'alarme retentissent dans la ville Sainte et en Israël
  • Depuis Gaza, enclave de 2,3 millions d'habitants sous blocus israélien, le Hamas lance des salves de roquettes. Quelque 90% des projectiles sont interceptés par le bouclier antimissile d'Israël mais certains tombent sur des villes israéliennes

GAZA : Un an après sa dernière guerre contre Israël, le mouvement islamiste palestinien Hamas est confronté à un grand dilemme: poursuivre la résistance armée ou calmer le jeu afin de relancer l'économie en friche de la bande de Gaza.

Lundi 10 Mai 2021, vers 18H00. Après des semaines de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens à Jérusalem, ayant fait plus de 700 blessés sur l'esplanade des Mosquées, les sirènes d'alarme retentissent dans la ville Sainte et en Israël.

Depuis Gaza, enclave de 2,3 millions d'habitants sous blocus israélien, le Hamas lance des salves de roquettes. Quelque 90% des projectiles sont interceptés par le bouclier antimissile d'Israël mais certains tombent sur des villes israéliennes.

Le soir même, l'aviation israélienne pilonne la bande de Gaza. 

Pendant 11 jours, les roquettes et les bombardements fusent. A travers Israël, la tension monte avec des heurts dans les villes mixtes, arabes et juives. Et en Cisjordanie occupée, les affrontements se multiplient entre Palestiniens et forces israéliennes.

Pour certains commentateurs il ne s'agissait pas simplement d'une nouvelle guerre entre le Hamas et Israël, mais d'un "printemps palestinien", réunissant les Palestiniens de Gaza, de Cisjordanie, de Jérusalem, mais aussi les "Palestiniens de 48", descendants des Palestiniens étant restés en Israël après la création de l'Etat hébreu en 1948.

Lente reconstruction

Un an après la guerre, ayant fait 260 morts à Gaza, dont de nombreux combattants et des enfants, et 14 morts en Israël, la reconstruction de l'enclave balbutie encore. 

Plus d'un millier d'appartements ou d'immeubles avaient été touchés ou complètement détruits, notamment de grandes tours dans le centre de la ville de Gaza qui n'ont pas été reconstruites et des routes qui demeurent cabossées et tortueuses.  

"D'ici le milieu de cette année nous devrions avoir achevé la reconstruction de 500 maisons", explique à l'AFP Naji Sarhane, sous-secrétaire du ministère des Travaux publics de la bande de Gaza, dont l'administration est sous le contrôle du Hamas.

"Notre priorité est de reconstruire les appartements des personnes à faible revenu", explique cet ingénieur de formation, en soulignant l'aide à la reconstruction fournie par l'Egypte et le Qatar, qui avaient joué les médiateurs pour parvenir à une trêve.

Les limites de l'économie

Sans chercher à régler le conflit avec les Palestiniens, le gouvernement israélien dit vouloir en réduire l'intensité en misant sur l'économie, d'autant que le chômage avoisine les 50% à Gaza. 

Le nombre de permis de travail en Israël pour les Gazaouis a ainsi bondi pour atteindre 12 000 début avril, avec la promesse d'atteindre 20 000, voire davantage, si la situation demeure calme dans l'enclave. 

Mais cela pose un dilemme pour le Hamas qui, ces dernières semaines, a "salué" six attaques anti-israéliennes en en revendiquant une, a menacé d'une "grande bataille" en cas de "nouvelle agression" d'Israël sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, et invité le chef des Gardiens de la révolution iranienne, Hossein Salami, dont le pays est l'ennemi N.1 d'Israël, à prendre la parole par visioconférence dans un stade de Gaza.  

"Le Hamas est divisé. La direction à Gaza tente d'éviter une nouvelle escalade, encouragée en ce sens par la décision du gouvernement israélien actuel de donner plus à Gaza tant que Gaza reste tranquille", note Ofer Zalzberg, spécialiste du Moyen-Orient à l'institut de recherche Herbert Kelman.

"Mais il y a aussi des dirigeants du Hamas à l'extérieur de Gaza, comme Saleh al-Arouri, qui pensent davantage en terme d'idéologie et estiment que la stratégie ne doit pas se focaliser sur Gaza", dit-il.

Pour l'économiste palestinien Omar Chaabane, la reconstruction et le développement de Gaza ne peuvent dépendre des dons des pays étrangers ou des permis de travail accordés par Israël. 

"Il faut un véritable processus politique (...) qui va poser la question de la reconnaissance de l'entité qui administre Gaza", à l'heure actuelle le Hamas, mouvement considéré comme terroriste par les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël. "Sans ça, il n'y aura pas de changement", dit-il à l'AFP. 

D'ici là, "tout le monde à Gaza craint une nouvelle guerre, mais personne n'en veut", note Bassem Sobeih, un Gazaoui âgé de 50 ans. 


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.


Trump annonce un accord sur le désarmement du Hamas à Gaza

Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre
  • Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé jeudi qu'un accord avait été conclu sur le désarmement du Hamas dans la bande de Gaza, un des points clés de la deuxième phase du plan de paix du président américain.

Des hauts responsables du mouvement islamiste palestinien ont confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé "concernant la question des armes" et "un retrait progressif" des forces israéliennes de Gaza.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre.

Cette phase prévoit notamment le désarmement du Hamas, un retrait israélien progressif du territoire palestinien et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

"Aujourd'hui, le Conseil de Paix", créé par Donald Trump pour la reconstruction de Gaza, "a conclu un accord historique pour le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza. Il s'agit d'une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a également déclaré que les forces israéliennes se retireraient de Gaza "à mesure que le désarmement s'achève".

Le Hamas compte sur les médiateurs et le "Conseil de paix" pour obliger Israël à respecter les termes de l'accord, ont dit à l'AFP des responsables du mouvement.

"Grande convergence" 

La Force internationale de stabilisation, une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du "Conseil de paix", collaborera ensuite "avec une nouvelle force de police palestinienne pour garantir la sécurité à Gaza", a ajouté le président américain.

Une réunion des médiateurs, parmi lesquels figurent l'Egypte, les États-Unis, le Qatar et la Turquie, doit se dérouler "bientôt" au Caire, a rapporté tôt vendredi la chaîne Al-Qahera News, proche de l'État égyptien.

Selon un responsable du Hamas, les armes doivent être remises au Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG), une instance de technocrates palestiniens qui doit gérer, pendant la période de transition, la vie quotidienne à Gaza.

"Le Comité national sera la seule entité habilitée à détenir, stocker ou contrôler des armes à Gaza", a déclaré ce responsable à l'AFP.

Actuellement basé en Egypte, le NCAG est empêché par Israël d'accéder à la bande de Gaza, selon les médias égyptiens et palestiniens.

Transfert des responsabilités 

Israël, qui contrôle aujourd'hui plus de 60% de ce territoire, exigeait un désarmement complet du Hamas et des autres groupes palestiniens avant toute progression dans la feuille de route.

Le Hamas avait annoncé début juillet dissoudre le comité qui administrait les affaires civiles de la bande de Gaza depuis 2007, quand il avait pris le pouvoir dans le territoire côtier, et dit vouloir transférer ces responsabilités au NCAG.

Alors que le NCAG est présenté comme une structure temporaire, plusieurs responsables européens et arabes insistent sur la nécessité d'une perspective politique plus large impliquant les institutions palestiniennes existantes.

Israël, opposé à tout retour du Hamas au pouvoir, refuse aussi à ce stade une prise de contrôle directe de Gaza par l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.

L'Egypte joue depuis longtemps un rôle de médiateur entre les groupes armés palestiniens et Israël auquel Le Caire est lié par un traité de paix.

L'attaque sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché une offensive israélienne dévastatrice dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.300 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent à Gaza où des frappes israéliennes ont fait jeudi au moins quatre morts, selon les autorités sanitaires locales.

Ce territoire surpeuplé reste plongé dans une profonde crise humanitaire.

 


Liban: l'armée israélienne procède à des explosions massives près du château de Beaufort

L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
L'armée israélienne a utilisé 700 tonnes d'explosifs pour détruire ce qu'elle affirme être un réseau de tunnels. (Tsahal)
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  • L'armée israélienne affirme avoir détruit des tunnels du Hezbollah près de la forteresse de Beaufort, classée au patrimoine mondial en péril de l'Unesco, à l'aide de 700 tonnes d'explosifs
  • L'opération est présentée comme une réponse à une violation du cessez-le-feu imputée au Hezbollah

BEYROUTH: Les forces israéliennes ont procédé à des explosions massives dans la nuit près de la forteresse de Beaufort dans le sud du Liban, classée par l'Unesco, a rapporté un média officiel libanais vendredi, Israël affirmant détruire des tunnels du Hezbollah pro-iranien.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Ce château fort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a indiqué avoir entendu d'énormes explosions et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région de Beaufort", à l'aide de quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que ces explosions étaient intervenues après la "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne a accusé mercredi le Hezbollah d'avoir violé le cessez-le-feu en lançant un drone explosif contre un véhicule militaire israélien dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

La formation chiite avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire du pays voisin.