Entre sécheresse et guerre en Ukraine, l'Irak craint pour son blé

L'agriculteur irakien Kamel Hamed travaille à la récolte du blé dans sa ferme du village de Jaliha, dans la province centrale de Diwaniya, le 26 avril 2022. (AFP).
L'agriculteur irakien Kamel Hamed travaille à la récolte du blé dans sa ferme du village de Jaliha, dans la province centrale de Diwaniya, le 26 avril 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 08 mai 2022

Entre sécheresse et guerre en Ukraine, l'Irak craint pour son blé

  • «La sécheresse est incroyable en ce moment. Même dans les puits, l'eau ne peut pas être utilisée. C'est de l'eau salée», lâche M. Hamed, en dishdasha blanche
  • Les répercussions de la guerre en Ukraine se font sentir jusque dans ses champs proches du village de Jaliha : les prix du carburant, des engrais et des graines ont fortement augmenté

JALIHA : Les épis de blé dorés de Kamel Hamed ondulent langoureusement dans le vent. Mais devant ce paysage bucolique du centre de l'Irak, l'agriculteur ne cache pas son angoisse : entre la sécheresse et les pénuries d'eau, sa récolte a été divisée par deux.

"La sécheresse est incroyable en ce moment. Même dans les puits, l'eau ne peut pas être utilisée. C'est de l'eau salée", lâche M. Hamed, en dishdasha blanche, la tête couverte par un keffieh.

Et depuis février, les répercussions de la guerre en Ukraine se font sentir jusque dans ses champs proches du village de Jaliha : les prix du carburant, des engrais et des graines ont fortement augmenté. De quoi faire exploser ses coûts de production.

Comme tous les agriculteurs d'Irak, Kamel Hamed suit les directives des autorités, qui achètent ses céréales. Ce sont elles qui déterminent les surfaces plantées et le niveau d'irrigation, en fonction des réserves en eau et des pluies.

Cette année, pour cause de pénurie d'eau, l'Irak a réduit de moitié les zones cultivées. Mécaniquement, les récoltes ont chuté.

M. Hamed a planté un quart de ses 100 donums (10 hectares). Dans ses champs, la moissonneuse-batteuse fait des aller-retours méthodiques pour couper les épis mûrs. Les grains sont projetés dans la benne d'un camion.

"Cette année un seul donum ne nous a même pas fourni 500 kilos de blé", déplore l'agriculteur de 53 ans. Lors des saisons précédentes, il en était à une tonne par donum.

La guerre en Ukraine a fait "grimper le prix des huiles pour moteur et des graines à haut rendement". "Encore un fardeau financier pour les agriculteurs", soupire-t-il.

"Je ne sais pas comment faire vivre ma famille", ajoute M. Hamed. "Pas de salaire, pas d'emploi, ou puis-je aller ?".

«Abandonner la terre»

Mais le facteur incontournable, c'est l'eau. Un enjeu ultra-sensible pour l'Irak et ses 41 millions d'habitants, qui ressentent au quotidien l'impact du changement climatique : désertification, tempêtes de sable à répétition, chute des précipitations et baisse du niveau des fleuves.

C'est aussi un enjeu géostratégique capital. L'Irak partage les eaux de plusieurs fleuves, notamment celles du Tigre et de l'Euphrate, avec la Turquie et la Syrie, mais aussi l'Iran. Bagdad est vent debout contre la construction de barrages en amont chez ses voisins, qui réduisent le débit des cours d'eau à leur arrivée en Irak.

Irriguée par l'Euphrate, la province de Diwaniya, où se trouve Jaliha, reçoit normalement 180 mètres cubes d'eau par seconde. Cette année le niveau oscille entre "80 et 90 mètres cubes", déplore Hani Chaër, qui dirige un collectif d'agriculteurs chargé de répartir l'eau.

En témoignent les eaux stagnantes du principal canal d'irrigation de Tharima, desservant les 200 000 donums de terres environnantes. Certaines rigoles sont totalement asséchées.

Il dénonce aussi le manque de soutien des autorités. D'après lui, le ministère de l'Agriculture n'a fourni cette saison que 5 kilos d'engrais, contre 40 kilos les années précédentes.

"Le paysan va partir, abandonner la terre pour aller en ville chercher n'importe quel travail", regrette-t-il.

«Zéro agriculture»

Le porte-parole du ministère de l'Agriculture, Hamid al-Nayef, se justifie en évoquant la décision d'augmenter le prix d'achat pour payer les producteurs environ 500 dollars la tonne. 

En 2019 et en 2020, les récoltes de blé ont atteint les cinq millions de tonnes, de quoi garantir "l'autosuffisance" à l'Irak, indique-t-il à l'AFP.

Cette saison, le pays devrait avoir entre 2,5 et 3 millions de tonnes de blé. "Trois millions de tonnes ne suffisent pas pour une année entière pour les Irakiens", reconnaît le porte-parole. "Il faudra importer".

L'Irak sera confronté aux aléas du marché mondial et des prix tirés vers le haut, en raison du conflit en Ukraine, même si Bagdad importe ses céréales surtout du Canada, d'Australie et des États-Unis.

"Avec le jeu de l'offre et de la demande, les prix augmentent même aux États-Unis ou dans les autres pays", reconnaît M. Nayef.

Dans son champ à Jaliha, Ahmed Al-Jelhawi en est à remettre en question ses choix de vie.

"J'ai abandonné les études pour me consacrer à l'agriculture", déplore le trentenaire. "Mais cette année, l'agriculture c'est zéro".

Il récoltait autrefois 500 tonnes de blé. Cette année ce sera entre 50 et 75 tonnes, dit-il. "Entre la faible production et la hausse des prix, il est probable que nous ne puissions pas planter pour l'année prochaine".


Le cheikh Tahnoon « bienvenu à tout moment », selon le ministre saoudien des Médias

Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary (à gauche), et le Cheikh Tahnoon ben Zayed Al-Nahyane (à droite). (Photo fournie)
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  • Malgré des divergences sur le dossier yéménite, Riyad et Abou Dhabi soulignent l’importance stratégique de leur partenariat régional

RIYAD : Le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a réfuté mercredi les allégations circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Royaume aurait refusé l’entrée au conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, le cheikh Tahnoon ben Zayed.

« Ce qui circule au sujet d’un refus du Royaume de recevoir Son Altesse le cheikh Tahnoon ben Zayed est incorrect. Son Altesse vient au Royaume quand il le souhaite, sans autorisation ; c’est sa maison et sa direction est sa famille », a écrit le ministre sur X.

Le cheikh Tahnoon est le vice-gouverneur d’Abou Dhabi et le frère du président des Émirats arabes unis, le cheikh Mohamed ben Zayed.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a déclaré mardi que, malgré une « divergence de vues » entre les deux pays au sujet du Yémen, leur relation était « d’une importance cruciale » pour la stabilité régionale.

« Le Royaume est toujours désireux d’entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis en tant que partenaire clé au sein du CCG », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que le retrait des Émirats arabes unis du Yémen constituait une « pierre angulaire » permettant à la relation avec les Émirats de rester solide.

Le mois dernier, le gouvernement yéménite internationalement reconnu a demandé aux Émirats arabes unis de retirer leurs forces du pays, après que le Conseil de transition du Sud (STC), qu’ils soutiennent, a pris le contrôle de vastes zones dans le sud et l’est du pays.

La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite pour soutenir la légitimité au Yémen a indiqué, le 30 décembre, avoir mené une frappe aérienne « limitée » contre des cargaisons d’armes de contrebande destinées au STC.

Le ministère émirati de la Défense a annoncé avoir achevé un retrait total du Yémen le 2 janvier.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’espace aérien et le territoire saoudiens ne seront pas utilisés pour une attaque contre l’Iran, affirme le prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et le président iranien Masoud Pezeshkian. (Archive/SPA/AFP)
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  • Le prince héritier Mohammed ben Salmane a fait ces déclarations lors d’un entretien téléphonique avec le président iranien Massoud Pezeshkian

RIYAD : Le Royaume n’autorisera pas que son espace aérien ou son territoire soient utilisés pour toute action militaire contre l’Iran, a déclaré le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane au président iranien Massoud Pezeshkian lors d’un entretien téléphonique mardi.

L’Arabie saoudite respecte la souveraineté de l’Iran et soutient tous les efforts visant à résoudre les différends par le dialogue, de manière à renforcer la sécurité et la stabilité dans la région, a rapporté l’Agence de presse saoudienne, citant les propos du prince héritier à Pezeshkian.

Le président iranien a exprimé sa gratitude envers le Royaume pour sa position ferme en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Iran, remerciant le prince héritier pour ses efforts en vue de renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Plus tôt, les médias iraniens avaient rapporté que Pezeshkian avait déclaré que Téhéran accueille toujours favorablement tout processus, dans le cadre du droit international, visant à prévenir la guerre.

Pezeshkian a également indiqué au prince Mohammed que « l’unité et la cohésion » des pays islamiques peuvent garantir une « sécurité, une stabilité et une paix durables dans la région ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme qu'il ne permettra pas l'établissement d'un «Etat palestinien à Gaza»

Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée. (AFP)
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  • "J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas"
  • "Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer" Méditerranée

JERUSALEM: Israël ne permettra pas la création d'un Etat palestinien et certainement pas à Gaza, a déclaré mardi soir le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, affirmant que son pays conserverait le contrôle sécuritaire de toute la zone allant du Jourdain à la Méditerranée.

"J'entends dire que j'autoriserais la création d'un État palestinien à Gaza. Cela n'a pas eu lieu et cela n'arrivera pas", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, se vantant d'avoir "empêché à maintes reprises la création d'un État palestinien".

"Aujourd'hui comme demain, nous ne le permettrons pas", a-t-il ajouté, affirmant qu'"Israël maintiendra son contrôle sécuritaire sur l'ensemble de la zone allant du Jourdain à la mer"  Méditerranée, soit Israël et l'ensemble des Territoires palestiniens occupés.