Marioupol et Boutcha, au menu du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet, qui a déjà accusé l'armée russe d'actions «pouvant relever de crimes de guerre» en Ukraine depuis l'invasion du 24 février, doit ouvrir la session à 08H00 GMT (Photo, AFP).
La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet, qui a déjà accusé l'armée russe d'actions «pouvant relever de crimes de guerre» en Ukraine depuis l'invasion du 24 février, doit ouvrir la session à 08H00 GMT (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 12 mai 2022

Marioupol et Boutcha, au menu du Conseil des droits de l'homme de l'ONU

  • Cette réunion «sur la détérioration de la situation des droits de l'homme en Ukraine à la suite de l'agression russe» a été demandée par Kiev
  • Le projet de résolution dénonce «le nombre alarmant de victimes civiles causées par l'agression contre l'Ukraine» et condamne les attaques contre les civils et les infrastructures civiles

GENÈVE: Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, réuni en session extraordinaire, se penche jeudi sur les allégations d'exactions graves commises par la Russie en Ukraine, en particulier à Marioupol et Boutcha.

Cette réunion "sur la détérioration de la situation des droits de l'homme en Ukraine à la suite de l'agression russe" a été demandée par Kiev, qui, selon un premier projet de résolution, souhaite une enquête sur ce qui s'est passé dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy. 

Il s'agit de la première réunion consacrée à la détérioration de la situation des droits de l'homme en Ukraine depuis que l'Assemblée générale de l'ONU a suspendu Moscou début avril de la plus haute instance de l'organisation internationale en matière des droits de l'homme.

La Russie ayant anticipé sa suspension en renonçant à son statut de membre du Conseil des droits de l'homme, elle peut participer aux travaux du Conseil en tant qu'observateur. Elle a en outre jeudi la possibilité de faire usage de son droit de réponse en tant que pays concerné. Mais Moscou a décidé de ne pas participer.

"La délégation russe ne va pas légitimer par sa présence ce nouveau show politique organisé sous forme d'une session extraordinaire", a annoncé la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

"Malheureusement, nos arguments et éclaircissements sur les vrais objectifs de cette opération militaire spéciale et la situation réelle sur le terrain sont totalement ignorés. Il est évident qu'ils ne seront pas entendus cette fois non plus", a-t-elle déploré, en qualifiant cette session de "nouvelle démarche antirusse de l'+Occident collectif+".

La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Michelle Bachelet, qui a déjà accusé l'armée russe d'actions "pouvant relever de crimes de guerre" en Ukraine depuis l'invasion du 24 février, doit ouvrir la session à 08H00 GMT.

Le projet de résolution dénonce "le nombre alarmant de victimes civiles causées par l'agression contre l'Ukraine" et condamne les attaques contre les civils et les infrastructures civiles.

«Enquête spéciale»

Le texte, qui peut encore faire l'objet de modifications, demande à la commission internationale d'enquête de l'ONU sur l'Ukraine de "mener une enquête spéciale, exhaustive et indépendante (...) sur les événements survenus dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy fin février et en mars 2022 (...) en vue de demander des comptes aux responsables".

Il demande également à Mme Bachelet de faire le point - lors de la 50e session du Conseil (du 13 juin au 8 juillet) - sur la situation humanitaire et des droits de l'homme à Marioupol, désormais presque entièrement sous contrôle des forces russes.

L'Ukraine, qui poursuit son combat diplomatique à Genève pour isoler l'envahisseur avec l'aide de ses principaux alliés occidentaux, est soutenue dans sa démarche devant le Conseil par plus d'une cinquantaine de pays.

"Ensemble, nous envoyons un autre message fort à Poutine et à sa clique de criminels de guerre: vous êtes isolés comme jamais auparavant", a affirmé l'ambassadrice ukrainienne auprès de l'ONU, Yevheniia Filipenko, dans une vidéo sur Twitter.

"Nous voulons que l'ONU prenne des mesures concrètes pour lutter contre les violations des droits de l'homme commises par la Russie en Ukraine et les crimes de guerre qu'elle commet quotidiennement contre notre peuple. Cela inclut une enquête de la Commission d'enquête sur les crimes commis par la Russie à Boutcha et dans d'autres zones libérées", a-t-elle demandé.

A l'issue d'une réunion début mars également demandée par Kiev, le Conseil des droits de l'homme avait adopté à une écrasante majorité une résolution par laquelle il avait décidé de créer d'urgence une commission d'enquête internationale indépendante.

Depuis, la diffusion dans les médias internationaux de photos prises à Boutcha et montrant des corps dans la rue, certains les mains liées dans le dos ou partiellement brûlés, ainsi que des fosses communes, ont provoqué une vague de condamnation internationale.

L'ONU a documenté le meurtre de dizaines de civils dans cette petite ville devenue le symbole des atrocités imputées à la Russie. Mais Moscou nie toute responsabilité et parle d'une "mise en scène".


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.