Twitter: Départs et embauches en suspens en attendant le rachat par Musk

Le conseil d'administration de Twitter a accepté fin avril l'offre de rachat de 44 milliards de dollars proposée par Elon Musk. (Photo, AFP)
Le conseil d'administration de Twitter a accepté fin avril l'offre de rachat de 44 milliards de dollars proposée par Elon Musk. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 13 mai 2022

Twitter: Départs et embauches en suspens en attendant le rachat par Musk

Le conseil d'administration de Twitter a accepté fin avril l'offre de rachat de 44 milliards de dollars proposée par Elon Musk. (Photo, AFP)
  • Kayvon Beykpour, responsable consommateur, et Bruce Falck, responsable des produits apportant du chiffre d'affaires, «quittent Twitter», a confirmé une porte-parole
  • En plus des départs de ces deux responsables, Twitter prévoit de couper dans ses dépenses

NEW YORK: Twitter, en passe d'être racheté par Elon Musk, a fait part jeudi du départ de deux hauts responsables du groupe et de la suspension de toute embauche non essentielle.  

Kayvon Beykpour, responsable consommateur, et Bruce Falck, responsable des produits apportant du chiffre d'affaires, « quittent Twitter », a confirmé une porte-parole dans un message à l'AFP.  

M. Beykpour, qui supervisait notamment les équipes d'ingénierie, de design et de service client, a souligné sur le réseau social qu'il ne s'agissait pas de sa décision.  

Le directeur général de l'entreprise, Parag Agrawal, « m'a demandé de partir après m'avoir fait savoir qu'il voulait emmener l'équipe dans une direction différente », a-t-il écrit en rappelant qu'il était en congé paternité.  

En plus des départs de ces deux responsables, Twitter prévoit de couper dans ses dépenses.  

« A compter de cette semaine, nous suspendons la plupart des embauches et des remplacements, à l'exception des postes critiques pour l'entreprise », a indiqué la porte-parole.  

« Nous réduisons les coûts non salariaux pour nous assurer d'être responsables et efficaces », a-t-elle ajouté.  

Le conseil d'administration du réseau social a accepté fin avril l'offre de rachat de 44 milliards de dollars proposée par Elon Musk. 

L'entrepreneur veut en faire un bastion de la liberté d'expression, suggérant par exemple mardi qu'il était prêt à lever la suspension définitive du compte de Donald Trump décidée après l'attaque du Capitole.  

Sur le fonctionnement même de l'entreprise, il a aussi évoqué la fin des spams et de la publicité, des algorithmes « open source » et la diversification des sources de revenus sans toutefois avoir présenté pour l'instant au grand public de stratégie globale.  

Selon le New York Times, il a affirmé dans une présentation aux investisseurs qu'il pouvait multiplier par cinq le chiffre d'affaires de l'entreprise d'ici 2028, en augmentant drastiquement les revenus tirés des abonnements et en faisant grimper le nombre d'utilisateurs actifs de 217 millions fin 2021 à 931 millions en 2028.  

Peu après l'accord passé avec la direction, le fantasque patron avait froissé de nombreux salariés du réseau social en se moquant publiquement de cadres de l'entreprise. 

Parag Agrawal avait alors assuré dans un tweet son soutien aux employés du groupe de San Francisco, écrivant: « Je suis fier des gens qui continuent à faire le travail de façon concentrée et déterminée malgré le bruit tout autour. » 


Nouvelle année de croissance aux Etats-Unis en 2022, mais la récession menace

Le président Joe Biden, qui devrait annoncer bientôt s'il brigue un second mandat à la Maison Blanche, a salué ces "très bonnes nouvelles concernant l'économie américaine". (Photo, AFP)
Le président Joe Biden, qui devrait annoncer bientôt s'il brigue un second mandat à la Maison Blanche, a salué ces "très bonnes nouvelles concernant l'économie américaine". (Photo, AFP)
Short Url
  • La croissance du Produit intérieur brut (PIB) s'est établie à 2,1% pour l'ensemble de l'année 2022, a annoncé jeudi le département du Commerce
  • C'est un rythme ralenti par rapport à 2021, millésime qui avait connu la plus forte croissance depuis 1984: 5,9%

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont achevé 2022 en croissance, les Américains ayant continué à consommer malgré un pouvoir d'achat réduit par la hausse des taux d'intérêts et l'inflation, et la question désormais est de savoir si le pays connaîtra ou non une récession en 2023.

La croissance du Produit intérieur brut (PIB) s'est établie à 2,1% pour l'ensemble de l'année 2022, a annoncé jeudi le département du Commerce.

C'est un rythme ralenti par rapport à 2021, millésime qui avait connu la plus forte croissance depuis 1984: 5,9%. L'année précédente avait, elle, vu le plus fort recul du PIB depuis 1946 (-3,5%) et deux mois de récession à cause de la Covid-19.

Le président Joe Biden, qui devrait annoncer bientôt s'il brigue un second mandat à la Maison Blanche, a salué ces "très bonnes nouvelles concernant l'économie américaine", lors d'un déplacement à Springfield (Virginie), en grande banlieue de Washington, y voyant "la preuve que (son) plan économique (...) fonctionne réellement".

"L'été dernier, beaucoup d'analystes de Wall Street disaient que d'ici la fin de l'année, il y aurait une récession. Ils me disent depuis que j'ai été élu qu'il y aura une récession", a-t-il ironisé.

Sur le seul quatrième trimestre, la croissance est de 2,9% en rythme annualisé, mesure privilégiée par les Etats-Unis qui compare le PIB à celui du trimestre précédent puis projette l'évolution sur l'année entière à ce rythme. Elle est de 0,7% en comparant le trimestre au précédent, comme le font d'autres économies avancées.

La consommation, pilier de l'économie

Le PIB est "plus fort qu'attendu", a souligné Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour HFE.

Cependant, "la majeure partie de la progression s'est produite au début du trimestre et le coeur de l'économie était faible", et "une performance répétée début 2023 est peu probable", a commenté Oren Klachkin, économiste pour Oxford Economics.

L'année 2022 avait pourtant mal commencé, avec deux trimestres de recul du PIB (-1,6% au premier trimestre, puis -0,6% au deuxième), avant le retour de la croissance au troisième trimestre (+3,2%).

La consommation, moteur de l'économie américaine, est restée solide fin 2022 malgré les bâtons que la banque centrale américaine (Fed) lui a mis dans les roues, espérant ainsi faire ralentir une inflation bien trop élevée.

Alors que les Américains ont largement recours au crédit pour leurs achats, l'institution relève son taux directeur, poussant les banques commerciales à augmenter les taux d'intérêt.

Cela rogne le pouvoir d'achat des consommateurs, qui souffrait déjà de l'inflation.

Et pour 2023, croissance ou récession?

"Pour le moment, les indicateurs économiques pointent plutôt vers une récession, qui aurait débuté au tournant de l'année, décembre-janvier", a dit à l'AFP Gregory Daco, chef économiste pour EY Parthenon.

Mais, a-t-il nuancé, même si le taux de chômage --de 3,5% en décembre-- augmente un peu, il pourrait rester "historiquement bas". "C'est l'élément clé qui soutient la consommation", elle-même "pilier de l'économie américaine", a-t-il ajouté.

«Rempart»

Mais, même si l'économie américaine reste en croissance en 2023, cette dernière pourrait être si faible "qu'il faudra plisser les yeux pour dire s'il s'agit d'une récession ou non", autour de 1% pour l'année.

Un seul organisme est habilité aux Etats-Unis à déterminer les périodes de récession: le Bureau national de la recherche économique (NBER). Mais ses annonces sont publiées avec plusieurs mois de délai.

Et une autre menace s'ajoute désormais: le plafond de la dette, atteint la semaine dernière. Sans accord au Congrès, les Etats-Unis pourraient se retrouver à terme en situation de défaut de paiement.

Un défaut de paiement "serait une catastrophe économique sans précédent", alerte l'élu démocrate Brendan Boyle, membre de la Commission du budget de la Chambre, dans un communiqué.


Canada: TotalEnergies rachète des parts dans un projet de sables bitumineux avant de s'en séparer

Une vue de la raffinerie de pétrole TotalEnergies à Donges, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
Une vue de la raffinerie de pétrole TotalEnergies à Donges, dans l'ouest de la France (Photo, AFP).
Short Url
  • TotalEnergies EP Canada, filiale du géant français, a racheté pour 312 millions de dollars canadiens à Teck Resources Limited 6,65% de sa participation
  • TotalEnergies EP Canada «en détiendra 31,23%» à l'issue de la transaction, contre 24,58% actuellement

PARIS: TotalEnergies a annoncé vendredi qu'il allait acquérir des parts supplémentaires d'un projet d'exploitation de sables bitumineux au Canada avant de se séparer de ces activités en introduisant en Bourse sa filiale canadienne dans le cadre de sa stratégie de réduction de son empreinte carbone.

TotalEnergies EP Canada, filiale du géant français, a racheté pour 312 millions de dollars canadiens (215 M EUR) à Teck Resources Limited 6,65% de sa participation, ainsi que des accords commerciaux et logistiques associés, dans le champ de sables bitumineux de Fort Hills, dans la Province de l'Alberta, d'une valeur totale de quelque 5 milliards de dollars canadiens (3,45 Mds EUR).

Le reste du capital sera détenu par Suncor Energy, actuellement à 54,1%. Le groupe canadien, opérateur du projet, va également racheter des parts à Teck, qui se retire de Fort Hills, dont il possède actuellement 21,3%.

TotalEnergies EP Canada "en détiendra 31,23%" à l'issue de la transaction, contre 24,58% actuellement, selon un communiqué.

La transaction doit créer de meilleures conditions pour réaliser l'introduction en Bourse de la filiale canadienne, qui détient aussi 50% du projet similaire de Surmont en Alberta.

Dès cette année, et après un vote à l'assemblée générale en mai, TotalEnergies prévoit de se séparer de la filiale canadienne à travers un "spin-off" annoncé en septembre, dans le cadre de sa stratégie de réduction de son empreinte carbone.

Le géant pétrolier assure vouloir "concentrer ses nouveaux investissements pétroliers sur des projets à faible intensité carbone".

"Nos actionnaires recevront des actions de cette entreprise", avait expliqué Patrick Pouyanné lors de la présentation stratégique du groupe, qui restera temporairement actionnaire minoritaire pour faciliter la transition vers l'indépendance de la filiale.

Le rachat de parts dans Fort Hills doit permettre de "créer de la valeur pour les futurs actionnaires de l'entité", selon Jean-Pierre Sbraire, directeur financier de TotalEnergies.

Mais les sables bitumineux canadiens sont les deux projets du portefeuille qualifiés depuis une évaluation en juin 2022 de "stranded assets" par le groupe, une expression qui désigne des actifs "échoués" ou "bloqués" ayant perdu leur valeur.

TotalEnergies avait enregistré des dépréciations de plusieurs milliards d'euros après cette réévaluation, qui prenait en compte les perspectives sur le prix du pétrole et la transition énergétique, dont 7 milliards sur les sables bitumineux au Canada.

Un "stranded asset" est un projet aux réserves de plus de 20 ans ayant des coûts de production élevés, et qui ne pourra donc pas être totalement exploité avant 2050.


Grève, chute en Bourse, jeux annulés... Ubisoft en pleine tourmente

Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans. (Photo, AFP)
Short Url
  • De mémoire de syndicaliste, c'est la « première» grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série « Assassin's Creed»
  • Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant « des ajustements structurels» à venir

PARIS: Appel à la grève inédit de l'ensemble de son personnel en France, chute en Bourse, jeux annulés... Le géant français des jeux vidéo Ubisoft vit une crise multiple depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023.

Le syndicat des travailleurs et travailleuses du jeu vidéo (STJV) et Solidaires Informatique ont lancé un "appel à la grève" de toutes les entités françaises d'Ubisoft, ce vendredi de 14h00 à 18h00, pour dénoncer les pratiques managériales de la direction.

De mémoire de syndicaliste, c'est la "première" grève d'une telle ampleur de l'histoire d'Ubisoft, depuis la création en 1986 de l'éditeur à l'origine de la série "Assassin's Creed", souligne auprès de l'AFP Marc Rutschlé, représentant de section syndicale chez Solidaires Informatique.

Un mouvement de revendication assez rare dans le milieu du jeu vidéo, marqué récemment par la grève de cinq semaines des employés de l'éditeur Activision Blizzard fin 2021 qui a abouti en mai dernier à la création du premier syndicat au sein de l'entreprise américaine.

Ce qui a mis le feu au poudre chez Ubisoft ? Un mail interne envoyé par le PDG Yves Guillemot, évoquant "des ajustements structurels" à venir alors qu'Ubisoft s'est engagé auprès des marchés à réaliser 200 millions d'euros d'économies sur deux ans.

"Pour nous, cela veut dire des plans de licenciements. Et quand on parle de faire des économies, cela veut dire virer des gens et ne pas augmenter le salaire de ceux qui restent. Sachant qu'on nous met la pression en disant: +c'est à vous de faire mieux+", fustige Marc Rutschlé.

Dans leur communiqué, les syndicats réclament notamment "l'ouverture de négociations salariales".

Un scandale de harcèlement visant plusieurs anciens cadres de l'entreprise, qui compte 18.000 salariés dans le monde, pendant l'été 2020 a aussi laissé des traces, érodant la confiance des salariés envers leur direction.

"Au moment de la tentative de rachat par Vivendi (en 2015), les équipes se mobilisaient pour éviter que Bolloré rachète Ubisoft. Si cela arrivait aujourd'hui, je ne pense pas qu'il y aurait de mobilisation", affirme encore Marc Rutschlé.

La stratégie «ne convainc pas»

Sur le plan financier, l'éditeur français a aussi chuté lourdement en Bourse depuis l'annonce mi-janvier de l'abaissement de ses prévisions financières pour l'ensemble de l'exercice 2022-2023, en raison d'un contexte de "détérioration des conditions macroéconomiques".

Ubisoft a révisé à la baisse son objectif de croissance de chiffre d'affaires sur 2022-2023, avec des ventes en baisse "de plus de 10%" par rapport à l'année précédente, alors qu'il avait initialement communiqué un objectif de croissance "supérieure à 10%".

Conséquence, le cours de son action est revenu à ses plus bas niveaux de 2015-2016.

"Nous sommes déboussolés par l'ampleur des difficultés rencontrées par Ubisoft", avait réagi dans une note Emmanuel Matot, analyste financier chez Oddo BHF, dégradant sa recommandation sur le titre de "surperformance" à "neutre".

"Ubisoft ne convainc pas", explique à l'AFP Charles-Louis Planade, analyste chez Midcap Partners. "Il y a une défiance claire au niveau du management, eu égards aux nombreux avertissements sur les résultats mais aussi par le +deal+ réalisé par la famille Guillemot avec Tencent".

Les fondateurs du champion français du jeu vidéo - la famille Guillemot - ont scellé début septembre une alliance avec le géant chinois Tencent pour sécuriser leur emprise sur Ubisoft, dans un marché du jeu vidéo en pleine consolidation.

Autre élément en sa défaveur: l'énième report du jeu "Skull and Bones", initialement prévu pour novembre 2022, tandis qu'Ubisoft a également indiqué avoir arrêté le développement de trois projets "non annoncés", en plus des quatre arrêts déjà annoncés en juillet 2022.

"Ce n'est pas un cas unique sur le secteur, notamment à cause de la Covid, mais on a l'impression que chez Ubisoft c'est beaucoup plus marqué que chez les autres éditeurs", souligne encore Charles-Louis Planade.

"Après il ne faut pas oublier que la mémoire du marché est courte. Si le groupe sort une année extraordinaire l'année prochaine ou celle d'après, tout le monde aura oublié", ajoute-t-il.