Tempête de sable en Irak: au moins 4 000 personnes atteintes de troubles respiratoires

Depuis la mi-avril, l'Irak a connu en l'espace de quelques semaines pas moins de huit tempêtes de sable. Les autorités présentent l'Irak comme un des cinq pays au monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification. (AFP)
Depuis la mi-avril, l'Irak a connu en l'espace de quelques semaines pas moins de huit tempêtes de sable. Les autorités présentent l'Irak comme un des cinq pays au monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification. (AFP)
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Publié le Lundi 16 mai 2022

Tempête de sable en Irak: au moins 4 000 personnes atteintes de troubles respiratoires

  • Le ministère irakien de l'Education a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays et le report des examens à mardi
  • Le dernier épisode du genre avait entraîné un décès le 5 mai dû à des troubles respiratoires qui avaient également poussé plus de 5 000 personnes à se rendre dans les hôpitaux

BAGDAD: Aéroports et administrations publiques fermés, examens suspendus dans les écoles et les universités: les Irakiens ont retrouvé lundi le familier halo orangé provoqué par une nouvelle tempête de sable qui a obligé au moins 4 000 personnes à se rendre dans les hôpitaux pour des troubles respiratoires.


Le dernier épisode du genre avait entraîné un décès le 5 mai dû à des troubles respiratoires qui avaient également poussé plus de 5 000 personnes à se rendre dans les hôpitaux pour se faire soigner.


Le ministère irakien de l'Education a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays et le report des examens à mardi. Les épreuves universitaires ont elle aussi été reportées.


Depuis la mi-avril, l'Irak a connu en l'espace de quelques semaines pas moins de huit tempêtes de sable. Les autorités présentent l'Irak comme un des cinq pays au monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique et à la désertification.


Lundi aux aurores, les toits de la ville, les voitures garées dans les rues et même les meubles dans les maisons étaient recouverts d'une couche de sable jaune très fin, ont constaté des correspondants de l'AFP.


Au moins "4 000 cas de suffocation" ont été recensés dans les hôpitaux, a indiqué dans un communiqué le porte-parole du ministère de la Santé, Seif al-Badr. "Tous les patients ont reçu les soins nécessaires", selon la même source.


Aux urgences de l'hôpital Cheikh Zayed à Bagdad, une vingtaine de personnes, principalement des hommes âgés, sont allongés sur des lits, un masque couvrant le bas de leur visage fatigué, pour les aider à respirer grâce à des ventilateurs.


Depuis l'aube, l'hôpital a admis quelque 75 patients venus recevoir des doses d'oxygène, a indiqué à l'AFP un des responsables aux urgences, Talib AbdelMoneim Nejm: "Des patients d'un âge avancé souffrent de maladies chroniques, des problèmes cardiaques ou respiratoires".


Allongé sur le flanc, Hadi Saada, 70 ans, respire et s'exprime à grande peine. A chaque tempête le même scénario se répète et c'est la troisième fois que son fils Mohamed accompagne son père cardiaque à l'hôpital.

«La poussière l'étouffe»
Khaled Jassem en est lui à sa deuxième visite. "Nous sommes là depuis huit heures du matin, mon père a 70 ans et souffre d'insuffisance cardiaque, de diabète et d'hypertension, la poussière l'étouffe", confie le fils Walid.


L'aéroport de Bagdad a annoncé la reprise du trafic aérien en début d'après-midi, après avoir suspendu ses vols en raison "d'une visibilité de 300 mètres", selon l'agence de presse officielle INA.


L'aéroport de Najaf, ville sainte chiite du sud, et celui de Souleimaniya, au Kurdistan autonome dans le nord, ont également fermé pour la journée, selon la même source.


Au moins sept provinces sur les 18 que compte le pays ont annoncé la fermeture des administrations publiques, à l'exception des départements de Santé, notamment la capitale Bagdad.


La tempête de sable doit progressivement se dissiper dans la soirée, selon les services météorologiques.


Au cours des deux prochaines décennies, l'Irak devrait connaître "272 jours de poussière" par an. En 2050 le seuil des 300 jours sera atteint, selon un responsable du ministère de l'Environnement.


Parmi les mesures préconisées pour lutter contre ce phénomène, les autorités citent "la création de forêts qui font office de brise-vent".


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
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  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.