Les Etats-Unis allègent un peu la pression sur le Venezuela pour favoriser le dialogue politique

Photo prise le 22 mai 2018 de l'ambassade des États-Unis à Caracas après l'annonce par le président Nicolas Maduro de l'expulsion des deux principaux représentants diplomatiques américains au Venezuela (Photo, AFP).
Photo prise le 22 mai 2018 de l'ambassade des États-Unis à Caracas après l'annonce par le président Nicolas Maduro de l'expulsion des deux principaux représentants diplomatiques américains au Venezuela (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 18 mai 2022

Les Etats-Unis allègent un peu la pression sur le Venezuela pour favoriser le dialogue politique

  • Les pourparlers intervénézuéliens étaient à l'arrêt depuis octobre
  • C’est le deuxième adversaire latino-américain des Etats-Unis qui bénéficie d'un tel coup de pouce

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mardi un allègement très limité des lourdes sanctions contre le Venezuela, présenté comme un geste pour favoriser une reprise imminente du dialogue entre le président Nicolas Maduro et l'opposition soutenue par Washington.

Après la levée de certaines restrictions visant Cuba lundi, c'est le deuxième adversaire latino-américain des Etats-Unis qui bénéficie d'un tel coup de pouce.

Même si les responsables américains parlent de "coïncidences", l'approche du sommet des Amériques organisé en juin par le président Joe Biden à Los Angeles n'y est peut-être pas étrangère : le Mexique menace de boycotter la réunion si Cuba, le Venezuela et le Nicaragua ne sont pas invités et pourrait donc être sensible à ces assouplissements de la position américaine.

Concernant le Venezuela, l'allègement des sanctions est "lié à un accord des deux camps pour reprendre les négociations" à Mexico afin de trouver une issue à la crise politique vénézuélienne, qu'"ils devraient annoncer très prochainement", a déclaré un haut responsable américain à des journalistes.

Il a précisé que cette mesure avait été prise "à la demande du gouvernement vénézuélien de transition" de l'opposant Juan Guaido, reconnu par les Etats-Unis comme étant le président légitime du Venezuela.

Les pourparlers intervénézuéliens étaient à l'arrêt depuis octobre.

Mais une rare visite d'émissaires du gouvernement américain auprès du président socialiste, en mars, avait conduit à la libération de deux Américains détenus au Venezuela et à la promesse d'une reprise du dialogue avec l'opposition.

A l'époque, ce déplacement avait alimenté les conjectures sur une possible entorse à l'embargo sur le pétrole vénézuélien imposé par Washington en 2019 dans l'espoir d'évincer Nicolas Maduro. 

Les Etats-Unis faisaient en effet le tour du monde en quête d'hydrocarbures pour compenser la perte du brut russe à la suite des sanctions en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

«Dérogation limitée»

Mais les mesures de mardi n'ont aucun lien avec une volonté de faire baisser les prix du pétrole, a assuré le responsable américain.

Cet "allègement de sanctions" concerne avant tout une "dérogation limitée" octroyée au groupe pétrolier américain Chevron dans le cadre de l'embargo. 

Cette société pourra "négocier les termes de potentielles futures activités au Venezuela", sans toutefois conclure de nouvel accord avec la compagnie nationale vénézuélienne PDVSA, a expliqué ce responsable.

"Le Venezuela a vérifié et confirmé les informations diffusées selon lesquelles les Etats-Unis d'Amérique ont autorisé des entreprises pétrolières américaines et européennes à négocier et à reprendre leurs opérations au Venezuela", a réagi sur Twitter la vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez. 

Mme Rodriguez a dit espérer que ces décisions "ouvrent la voie à la levée complètes des sanctions illégales qui touchent tout notre peuple".

De son côté, la Plate-forme unitaire, qui regroupe les principaux partis de l'opposition vénézuélienne, a réclamé dans un communiqué une date pour la reprise des pourparlers, précisant qu'elle n'avait pas demandé à Washington d'assouplir les sanctions individuelles.  

Selon des médias américains, Carlos Erik Malpica Flores, un ex-cadre de PDVSA et neveu de la Première dame vénézuélienne, doit être retiré de la liste noire du Trésor américain.

Le haut responsable américain a martelé que la politique américaine à l'égard du Venezuela demeurait inchangée : les sanctions seront "allégées" en cas d'avancées vers la démocratie et des élections "libres" et "alourdies" si le processus déraille.

Cette garantie n'a pas suffi à rassurer certains élus américains en première ligne dans l'opposition au pouvoir à Caracas.

"Le président Biden affirme soutenir la démocratie et les droits humains, mais sa politique étrangère est bâtie sur la recherche de conciliation et l'octroi de concessions aux dictateurs", a dénoncé le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, dont l'Etat accueille la plus grosse communauté de la diaspora vénézuélienne aux Etats-Unis.

"Faire pour Maduro une poignée de gestes non mérités seulement pour que son régime promette de s'asseoir à la table des négociations est une stratégie vouée à l'échec", a pesté son collègue Bob Menendez, membre du parti démocrate comme Joe Biden.

Ces mêmes sénateurs avaient déjà dénoncé la veille la décision de lever une série de restrictions visant Cuba.

Cette timide ouverture à l'égard de l'île communiste des Caraïbes reste toutefois loin de celle, historique, décidée pendant son mandat à la Maison Blanche par Barack Obama avant d'être remise en cause par son successeur républicain Donald Trump.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.