Les responsables d'une frappe ayant tué des civils en Syrie en 2019 non fautifs selon le Pentagone

Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a précisé que la frappe avait fait 56 morts, dont 52 combattants parmi lesquels 51 adultes et un adolescent. Quatre civils – une femme et trois enfants – ont été tués (Photo, AFP).
Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a précisé que la frappe avait fait 56 morts, dont 52 combattants parmi lesquels 51 adultes et un adolescent. Quatre civils – une femme et trois enfants – ont été tués (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 19 mai 2022

Les responsables d'une frappe ayant tué des civils en Syrie en 2019 non fautifs selon le Pentagone

  • L'enquête a établi que personne n'avait «agi en violation des lois de la guerre»
  • L'enquête interne du Pentagone sur ce bombardement du 18 mars 2019 à Baghouz, en Syrie, avait été lancée en novembre

WASHINGTON: Le Pentagone a annoncé mardi que les responsables d'une frappe aérienne ayant fait des victimes civiles en 2019 en Syrie n'avaient commis aucune faute, n'ayant pas "délibérément" tué des civils, ni fait acte d'une "indifférence injustifiée".

L'enquête interne du Pentagone sur ce bombardement du 18 mars 2019 à Baghouz, en Syrie, avait été lancée en novembre après la publication d'un article du New York Times qui accusait l'armée américaine d'avoir cherché à dissimuler la présence de victimes non-combattantes.

Le New York Times affirmait que 70 personnes, dont des femmes et des enfants, avaient été tuées dans cette opération à Baghouz, dernier bastion du groupe Etat islamique (EI), et qu'un juriste militaire avait qualifié l'incident de "possible crime de guerre".

Mais l'enquête, dirigée par le général de l'armée de Terre Michael Garrett, a conclu que le commandant des forces américaines sur le terrain avait reçu ce jour-là une demande urgente de soutien aérien des Forces démocratiques syriennes (FDS), la coalition de combattants anti-EI soutenus par les Occidentaux dans le nord-est syrien.

Le commandant "a obtenu confirmation qu'il n'y avait pas de civils dans la zone de tir" et a autorisé la frappe, indique le général Garrett dans ses conclusions rendues publiques par le ministère américain de la Défense.

Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a précisé que la frappe avait fait 56 morts, dont 52 combattants parmi lesquels 51 adultes et un adolescent. Quatre civils – une femme et trois enfants – ont été tués. Par ailleurs, deux combattants ont été blessés, ainsi que 15 civils (11 femmes et quatre enfants), a-t-il précisé.

Le rapport d'enquête attribue à des "erreurs administratives" les retards pris dans la mise au jour de ces faits, qui n'ont été révélés que trois ans après par la presse, donnant l'impression que l'armée cherchait à les dissimuler.

Mais dans une note à la plus haute hiérarchie de l'armée américaine, également publié mardi, le ministre de la Défense Lloyd Austin s'est déclaré "déçu" d'apprendre que des informations aient été passées sous silence pendant des mois. Il a ordonné aux chefs des commandements militaires américains de s'assurer que toute opération liée à des victimes civiles fasse l'objet d'une enquête.

M. Kirby a indiqué que personne ne serait sanctionné pour les victimes de Baghouz.

L'enquête a établi que personne n'avait "agi en violation des lois de la guerre", a-t-il dit, et a au contraire conclu qu'il n'y avait eu "aucune intention malveillante".

"Nous ne faisons pas tout parfaitement, mais nous essayons de nous améliorer", a assuré le porte-parole. "Nous essayons d'être aussi transparents que possible sur les leçons que nous tirons."


Les ministres saoudien et iranien des Affaires étrangères discutent des évolutions régionales lors d’un entretien téléphonique

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane. (Archive/AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane. (Archive/AFP)
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  • Cet entretien s’inscrit dans le cadre du dialogue en cours entre Riyad et Téhéran visant à renforcer la stabilité régionale

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone jeudi avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, a rapporté l’agence de presse officielle SPA.

Selon un communiqué du ministère saoudien des Affaires étrangères, les deux responsables ont évoqué les dernières évolutions régionales ainsi que les moyens de soutenir la sécurité et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: le plan Trump entre dans sa deuxième phase, accord sur un comité de gouvernance

Dans un communiqué commun, le Hamas, le Jihad islamique et d'autres mouvements palestiniens ont déclaré "soutenir" la formation du comité, s'engageant à lui permettre "d'assumer immédiatement" ses missions. (AFP)
Dans un communiqué commun, le Hamas, le Jihad islamique et d'autres mouvements palestiniens ont déclaré "soutenir" la formation du comité, s'engageant à lui permettre "d'assumer immédiatement" ses missions. (AFP)
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  • Les discussions du Caire ont eu lieu entre une délégation du Hamas et des médiateurs égyptiens, ainsi qu'entre les dirigeants de partis palestiniens
  • Dans un communiqué commun, le Hamas, le Jihad islamique et d'autres mouvements palestiniens ont déclaré "soutenir" la formation du comité, s'engageant à lui permettre "d'assumer immédiatement" ses missions

LE CAIRE: Washington a annoncé mercredi l'entrée dans la deuxième phase du plan américain visant à mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, après l'annonce d'un accord des mouvements palestiniens sur la formation d'un comité transitoire de gouvernance.

"Nous annonçons le lancement de la phase deux du plan en 20 points" de Donald Trump, "passant du cessez-le-feu à la démilitarisation, à la gouvernance technocratique et à la reconstruction" de la bande de Gaza, a écrit sur X l'envoyé spécial Steve Witkoff.

Fruit de fortes pressions américaines, le cessez-le-feu est entré en vigueur le 10 octobre, soit un peu plus de deux ans après le début de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas, le 7 octobre 2023, contre Israël.

Le président américain avait alors présenté une feuille de route, prévoyant notamment qu'un comité de transition administre le territoire palestinien sous la supervision d'un Conseil de la paix, présidé par Donald Trump.

L'Egypte, médiatrice dans le conflit, a annoncé mercredi qu'un "consensus" avait été trouvé entre toutes les parties sur la composition de ce comité palestinien de 15 membres, à l'issue de pourparlers au Caire.

L'ancien vice-ministre palestinien, Ali Shaath, doit en prendre la tête.

"Gérer la vie quotidienne" 

Devant la presse, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a dit espérer que cet organe serait déployé rapidement dans la bande de Gaza, en proie à une grave crise humanitaire, "pour gérer la vie quotidienne et les services essentiels".

Les discussions du Caire ont eu lieu entre une délégation du Hamas et des médiateurs égyptiens, ainsi qu'entre les dirigeants de partis palestiniens, selon des responsables du mouvement islamiste, qui ont requis l'anonymat.

Dans un communiqué commun, le Hamas, le Jihad islamique et d'autres mouvements palestiniens ont déclaré "soutenir" la formation du comité, s'engageant à lui permettre "d'assumer immédiatement" ses missions.

La présidence palestinienne, basée à Ramallah, a également apporté son soutien à cet organe dans un communiqué, ce qui "reflète la position du Fatah", dirigé par le président Mahmoud Abbas, a déclaré une source de la présidence à l'AFP.

Le Hamas a déclaré à plusieurs reprises qu'il ne cherchait pas à jouer un rôle au sein de la future gouvernance à Gaza.

Les pourparlers ont également porté sur le retrait des forces israéliennes du territoire palestinien, la réouverture du point de passage avec l'Egypte de Rafah (sud) et l'entrée de l'aide stockée côté égyptien, a précisé le Hamas.

Dernier otage israélien 

Les discussions sur cette deuxième phase du cessez-le-feu ont longtemps patiné, dans le contexte d'une très fragile trêve, les deux belligérants s'accusant mutuellement de la violer.

Israël avait déclaré qu'il n'entamerait pas les discussions sur cette étape suivante de l'accord avant le retour du corps de Ran Gvili, dernier otage israélien enlevé le 7-Octobre retenu à Gaza.

Le Forum des familles d'otages, principale association israélienne regroupant les proches des otages, a appelé le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à "honorer ses engagements" et à ne pas passer à cette nouvelle étape du cessez-le-feu.

Le Hamas a dit de son côté accueillir favorablement l'annonce de M. Witkoff. "Les factions mettront tout en oeuvre pour assurer le succès des travaux du comité", a affirmé à l'AFP un responsable du mouvement, Taher al-Nounou.

La deuxième phase du plan Trump prévoit également le désarmement du Hamas, ce que le groupe refuse, et le retrait progressif des troupes israéliennes du territoire gazaoui, dont elles contrôlent encore environ la moitié et le lancement de la reconstruction.

Quant au futur Conseil de la paix, il sera représenté sur le terrain par le diplomate bulgare Nickolay Mladenov, ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient. Il a déjà entamé ses entretiens en Israël et Cisjordanie occupée la semaine dernière.

M. Trump devrait prochainement annoncer la composition du Conseil, les médias évoquant une quinzaine de dirigeants internationaux.

 


Gaza: Israël dit avoir tué six combattants dans le sud du territoire

Des personnes inspectent le site où au moins quatre Palestiniens ont trouvé la mort après l'effondrement de murs sur des tentes abritant des personnes déplacées à Gaza, sous une pluie battante et des vents violents, mardi 13 janvier 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi)
Des personnes inspectent le site où au moins quatre Palestiniens ont trouvé la mort après l'effondrement de murs sur des tentes abritant des personnes déplacées à Gaza, sous une pluie battante et des vents violents, mardi 13 janvier 2026. (AP Photo/Jehad Alshrafi)
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  • L’armée israélienne affirme avoir tué six combattants armés à l’ouest de Rafah, qualifiant l’incident de « violation flagrante » d’un cessez-le-feu déjà très fragile dans la bande de Gaza
  • Malgré la trêve entrée en vigueur le 10 octobre, les violences se poursuivent presque quotidiennement, sur fond de crise humanitaire aiguë et d’accusations réciproques de violations

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé mercredi avoir tué six combattants dans le sud de la bande de Gaza, revoyant à la hausse le bilan d'un affrontement survenu la veille à la suite de ce qu'elle a qualifié de "violation flagrante" du fragile cessez-le-feu dans le territoire palestinien.

"A la suite de l'incident survenu hier (mardi), au cours duquel six terroristes armés ont été repérés dans la zone ouest de Rafah, et après les recherches menées sur place, il est désormais confirmé que des soldats (...) ont éliminé les six terroristes lors d'un échange de tirs", écrit l'armée dans un communiqué.

"Des armes diverses" ont été retrouvées sur eux, ajoute le texte.

Mardi soir, l'armée israélienne avait expliqué avoir identifié des combattants dans l'ouest de Rafah, proches de ses soldats en précisant que ses chars avaient alors ouvert le feu. Elle mentionnait également des frappes aériennes et indiquait qu'au moins deux combattants avaient été tués.

Une source sécuritaire dans la bande de Gaza avait confirmé à l'AFP mardi dans la soirée des tirs israéliens à l'ouest de la ville de Rafah, sans plus de détails.

Aux termes d'un cessez-le-feu très fragile entré en vigueur dans la bande de Gaza le 10 octobre après deux années de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, l'armée israélienne s'est repliée derrière une "ligne jaune" lui conférant encore le contrôle de plus de la moitié du petit territoire, dont la ville de Rafah.

La trêve entre Israël et le Hamas demeure des plus précaires. Les incidents sont quotidiens, les deux camps s'accusant mutuellement de violer les termes du cessez-le-feu, tandis que la situation humanitaire dans le territoire reste critique.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, au moins 447 Palestiniens, dont 165 mineurs, ont été tués, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués.