La pluie artificielle, une solution à la question de l'eau en Arabie saoudite

L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
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Publié le Samedi 28 mai 2022

La pluie artificielle, une solution à la question de l'eau en Arabie saoudite

  • Les pays touchés par la sécheresse se tournent vers l'ensemencement des nuages pour compléter leur approvisionnement en eau
  • L'Arabie saoudite est devenue le deuxième pays du Golfe à adopter cette technologie de pointe

DJEDDAH: Pour répondre à la demande croissante d'eau douce en Arabie saoudite, les autorités ont lancé un projet qui modifiera la structure des nuages pour augmenter les précipitations, technique connue sous le nom «d'ensemencement des nuages».

Avec des précipitations moyennes sur le long terme inférieures à 100 mm par an, une population en augmentation et un secteur agricole en croissance, il existe un immense besoin d'eau douce en Arabie saoudite. C'est pourquoi le Royaume a lancé début avril la première phase d'un programme d'ensemencement des nuages visant à modifier la quantité et le type de précipitations dans le pays.

Après l'approbation de ce plan par le gouvernement saoudien, un avion a survolé le vaste plateau rocheux du Najd dans la région centrale du Royaume, où il a libéré des panaches d'iodure d'argent dans les nuages. Cela a provoqué la formation de cristaux de glace dans ces nuages, stimulant les précipitations sur les zones ciblées. Le processus a commencé dans la région de Riyad et s'étendra bientôt à d'autres zones, à Asir, Baha et Taïf.

Infographie illustrant le procédé de l'ensemencement (Arab News)
Infographie illustrant le procédé de l'ensemencement (Arab News)

«Le Royaume est considéré comme l'un des pays où les précipitations sont les plus faibles, avec une moyenne de 100 mm par an», avait affirmé Ayman Ghulam, directeur général du Centre national de météorologie, lors d'une conférence à Riyad en mars. «L'ensemencement des nuages est l'une des solutions les plus prometteuses pour l’Arabie saoudite.»

Le programme national de pluie artificielle devrait se poursuivre pendant cinq ans, afin d'augmenter les précipitations de 20 %. Il fait partie de I’Initiative verte saoudienne, lancée en mars 2021 par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, pour promouvoir le développement durable et la préservation de l'environnement, ainsi que pour sécuriser les sources d'eau naturelles dans le Royaume.

Roelof Bruintjes, qui dirige le groupe de modification du climat au National Center for Atmospheric Research des États-Unis, a affirmé que le Royaume utilisait une méthode bien établie d'ensemencement des nuages sans danger pour l'environnement.

Logo du centre national saoudien de la météorologie (fourni)
Logo du centre national saoudien de la météorologie (fourni)

Les deux agents d'ensemencement utilisés dans l'opération saoudienne sont des matériaux hygroscopiques (c'est-à-dire des substances qui ont tendance à absorber l'humidité de l'air) tels que les sels et l'iodure d'argent. Ils sont employés dans des concentrations si faibles qu'ils sont en grande partie indétectables et sont utilisés depuis près de quarante ans dans des projets d'ensemencement de nuages dans l'ouest des États-Unis, où les sécheresses sont fréquentes.

Le succès des opérations d'ensemencement des nuages, a précisé Bruintjes, dépend dans une certaine mesure des caractéristiques des nuages eux-mêmes. «Aucun nuage n'est identique à un autre», explique-t-il à Arab News.

«En Arabie saoudite, la plupart des nuages qui se forment dans la région centrale et le sud-ouest sont des types de nuages plus convectifs. De cette façon, nous utilisons principalement des cellules hygroscopiques pour créer des gouttelettes plus grosses afin qu'elles puissent plus facilement entrer en collision les unes avec les autres et retenir la pluie, afin que l’on puisse obtenir plus d'eau, qui est traitée dans le nuage jusqu'à la surface», précise-t-il. «Il s’agit principalement d’essayer d'obtenir plus d'eau des nuages pour augmenter le pourcentage d'eau que les nuages traitent descendant à la surface.»

L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)
L'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen viable et respectueux de l'environnement d'augmenter l'approvisionnement en eau en Arabie saoudite à l'avenir, car le changement climatique rend la précieuse ressource encore plus rare. (Centre national saoudien de météorologie)

L'eau couvre environ 71% de la surface de la Terre, mais la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord(Mena) ne possède que très peu de ces ressources nécessaires à la vie. Selon l'ONU, c'est la région la plus pauvre en eau au monde, avec 17 pays considérés en dessous du seuil de pauvreté en eau.

La situation est aggravée par une croissance démographique rapide, des infrastructures insuffisantes et la surexploitation de ressources limitées. L'agriculture représente à elle seule 80 % environ de la consommation d'eau dans la région Mena, selon la Banque mondiale.

EN CHIFFRES

*50 pays sont à la recherche de plans d'intensification des précipitations.

*Objectif de 20 % d’augmentation des précipitations en Arabie saoudite grâce à l'ensemencement des nuages.

* L’Arabie saoudite dessale 18 % de la production mondiale d'eau de mer dessalée.

Cette surexploitation signifie que les réserves naturelles d'eau souterraine de la région ne sont pas reconstituées assez rapidement pour suivre le rythme de la demande. Les pénuries peuvent avoir des conséquences humanitaires de grande envergure, les sécheresses détruisant les moyens de subsistance et déplaçant les populations des zones rurales vers les zones urbaines.

Environ 1,1 milliard de personnes dans le monde n'ont pas un accès garanti à l'eau, et 2,7 milliards souffrent de pénurie pendant au moins un mois de l'année. D'ici à 2025, on estime que les deux tiers de la population mondiale pourraient faire face à des pénuries d'eau. Les prévisions indiquent que les approvisionnements en eau chuteront considérablement d'ici à 2030 et que le rationnement pourrait devenir la norme, à moins que des solutions durables ne soient appliquées.

L'ONU a classifié l'Arabie saoudite et la plupart des autres pays du Golfe comme pays pauvres en eau. L'exception reste Oman, qui se situe légèrement au-dessus du seuil de grave pénurie de 500 m3 d'eau par habitant et par an.

Des études ont montré que le Moyen-Orient pourrait être l'une des régions les plus touchées par le changement climatique. Elles précisent que les conditions sont susceptibles de conduire à un processus connu sous le nom de «pollution atmosphérique photochimique», qui vient s'ajouter à l'augmentation et à la concentration élevée de particules d'aérosol provenant de sources à la fois naturelles, comme la poussière du désert, et artificielles, telles la pollution.

Les aérosols sont accusés d'être parmi les causes du changement climatique, qui affectent la façon dont les nuages se forment. (Photo Shutterstock)
Les aérosols sont accusés d'être parmi les causes du changement climatique, qui affectent la façon dont les nuages se forment. (Photo Shutterstock)

«Le Moyen-Orient est le carrefour du monde», soutient Bruintjes. «La pollution vient de l'Inde en été, en raison des vents d'est, et en hiver, une partie du système frontal vient probablement d'Europe de l'Est et de la Méditerranée. Les aérosols, les nuages et la pollution ne connaissent pas de frontières», assure-t-il.

C'est à cause de ces facteurs humains et environnementaux que l'ensemencement des nuages est considéré comme une solution particulièrement efficace pour cette région particulière.

«L'incidence des fumées de biomasse en provenance d'Afrique et la pénétration de la poussière du Sahara dans cette région, sont le type de facteurs que nous évaluerons dans le cadre de toute expérience d'ensemencement de nuages», indique Bruintjes.

«Les particules de poussière n'interagissent avec les nuages que pour former des cristaux de glace, pas des gouttelettes. Cependant, le dégazage dans l'industrie pétrolière produit plus de sulfates que de nitrates – des particules plus petites qui peuvent généralement empêcher les précipitations – et c'est là que l'ensemencement des nuages peut intervenir.»

Un pilote émirati prépare son avion pour une opération d'ensemencement de nuages. (UNE photo d'archive)
Un pilote émirati prépare son avion pour une opération d'ensemencement de nuages. (UNE photo d'archive)

L'Arabie saoudite ne possède pas de rivières ou de lacs naturels permanents, ni de zones de végétation naturelle abondante, à l'exception de ses hautes terres du sud-ouest de l'Asir.

Au cours des trois dernières décennies, le Royaume a exploité ses réserves souterraines, appelées «aquifères», à des fins agricoles. En conséquence, elles sont passées de 166 m3 de ressources renouvelables internes en eau douce par habitant en 1987 à seulement 71 m3 en 2018.

Le pays a donc été contraint de compter sur les importations et le dessalement de l'eau de mer à grande échelle pour répondre à la demande.

Une étude de l'ONU de 2018 a révélé qu'il existait 16 000 usines de dessalement en activité dans 177 pays, produisant un volume d'eau douce équivalent à près de la moitié du débit moyen des chutes du Niagara. L'Arabie saoudite possède l'une des plus grandes usines de dessalement au monde.

En l'absence de rivières ou de lacs naturels et permanents, l'Arabie saoudite a été la pionnière du dessalement de l'eau, y compris dans son usine de la ville industrielle de Jubail. (AFP)
En l'absence de rivières ou de lacs naturels et permanents, l'Arabie saoudite a été la pionnière du dessalement de l'eau, y compris dans son usine de la ville industrielle de Jubail. (AFP)

Cependant, les recherches ont montré que les usines de dessalement étaient inévitablement associées à des problèmes environnementaux, notamment la pollution de l'air, rendant leur utilisation à long terme non durable pour réduire les émissions nocives de gaz à effet de serre.

L'Arabie saoudite a des décennies d'expérience dans le dessalement de l'eau, depuis qu’elle a établi la première installation du pays dans les années 1950. De nouvelles technologies ont ensuite été développées pour minimiser les émissions, le Royaume ayant adopté l'énergie solaire et d'autres énergies renouvelables pour alimenter ses usines de dessalement.

Néanmoins, si le pays doit répondre à la demande toujours croissante en eau et reconstituer ses réserves aquifères, des alternatives doivent être développées à une échelle appropriée. Avec les générateurs d'ensemencement basés au sol, l'ensemencement des nuages est considéré comme un moyen possible d’augmenter les réserves qui continuent de diminuer.

L'Arabie saoudite n'est que le deuxième pays de la région du Golfe, après les Émirats arabes unis, à lancer un programme d'ensemencement de nuages. Cependant, de nombreux autres pays dans le monde touchés par la sécheresse ont adopté cette technologie pour modifier le climat et aider à compléter leurs approvisionnements en eau naturelle.

La capacité à prévoir la distribution et le niveau des précipitations dans le Golfe et les régions de la zone Mena pourrait s'avérer cruciale dans les années à venir, dans la mesure où le changement climatique entraîne des sécheresses plus fréquentes.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tunisie: trois ans et demi de prison pour deux célèbres chroniqueurs

 Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux. (AFP)
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  • Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux
  • Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel

TUNIS: Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés jeudi à trois ans et demi de prison pour "blanchiment d'argent" et "évasion fiscale", ont annoncé des médias locaux et la soeur de l'un d'eux.

Les deux hommes sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du président Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision ainsi que des publications sur les réseaux sociaux.

Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025 mais sont restés en détention pour une affaire de "blanchiment d'argent" et d'"évasion fiscale".

"Trois ans et demi pour Mourad et Borhen", a écrit sur Facebook la soeur de M. Zeghidi, Meriem Zeghidi Adda.

Jeudi, lors de la dernière audience du procès, M. Zeghidi a réclamé sa libération tandis que M. Bsaies a demandé à ce que justice lui soit rendue, a rapporté à l'AFP l'avocat du premier, Ghazi Mrabet.

Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client avait été inculpé en raison d'une déclaration fiscale incomplète, "une situation qui a été réglée ce qui invalide l'inculpation pour blanchiment d'argent" selon lui.

Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient coïncidé avec celles de l'avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, libérée fin novembre, et d'une dizaine de militants de l'aide aux migrants.

Depuis le coup de force du président Saied, qui s'est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie.

Des dizaines d'opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d'un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre "les fausses informations" mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Des chefs de l'opposition ont notamment été condamnés à de lourdes peines dans un méga-procès de "complot contre la sûreté de l’Etat".

En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.

 


Le ministre libanais des Finances dément tout projet de zone économique dans le sud gérée par Kushner

Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
Le ministre des Finances libanais, Yassine Jaber, s'est entretenu avec Arab News en marge du Forum économique mondial de Davos. (Photo AN)
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  • La proposition aurait été faite par l’émissaire américaine Morgan Ortagus mais a été « rejetée sur-le-champ »
  • La priorité est de rétablir le contrôle de l’État à tous les niveaux, affirme Yassine Jaber à Arab News

DAVOS : Le ministre libanais des Finances a catégoriquement rejeté toute idée de transformer le sud meurtri du Liban en zone économique spéciale, déclarant à Arab News, en marge du Forum économique mondial de Davos, que la proposition avait été rejetée « sur-le-champ ».

Yassine Jaber a expliqué que l’émissaire américaine au Liban, Morgan Ortagus, avait évoqué cette idée en décembre dernier pour cette région, soumise à des frappes aériennes israéliennes quasi quotidiennes, et qu’elle avait immédiatement été écartée.

Les propos de Jaber, tenus à Arab News à Davos, répondaient à des informations parues en décembre dans les médias libanais, selon lesquelles certaines parties du sud du Liban pourraient être transformées en zone économique, dans le cadre d’un plan attribué à Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.

Par ailleurs, Jaber a également démenti des informations qui ont circulé à Davos ces deux derniers jours au sujet d’une réunion bilatérale entre des ministres libanais, l’émissaire américain pour le Moyen-Orient Steve Witkoff et Jared Kushner.

Le ministre a précisé que la réunion de mardi était en réalité un rassemblement de « tous les ministres arabes des Finances et des Affaires étrangères », au cours duquel Witkoff et Kushner « sont intervenus brièvement pour exposer à l’audience une idée concernant la mise en place d’un conseil pour la paix à Gaza ».

Il a souligné que cela n’avait pas dépassé ce cadre.

Interrogé sur l’attraction des investissements et la relance économique, Jaber a déclaré : « La réalité aujourd’hui, c’est que nous devons parvenir à une situation de stabilité qui permette à l’armée libanaise d’agir — l’agression (israélienne) doit donc cesser. »

Ces dernières années, le Liban a été frappé par une succession de catastrophes : l’une des pires crises économiques au monde, la plus grande explosion non nucléaire survenue dans le port de sa capitale, un Parlement paralysé et une guerre avec Israël.

Un mécanisme officiel a été mis en place entre le Liban et Israël afin de maintenir un cessez-le-feu et de mettre en œuvre le plan de désarmement du Hezbollah dans les zones situées au sud du fleuve Litani.

Mais, selon le ministre, les prochaines étapes d’Israël restent imprévisibles.

« Ils exercent en réalité une pression sur l’ensemble de la région. Beaucoup d’efforts sont donc déployés sur cette question », a-t-il ajouté.

« Il y a toujours des attaques dans le sud du pays. La stabilité est donc une nécessité absolue pour relancer l’économie et rendre les réformes efficaces », a-t-il poursuivi.

Les députés ont également adopté des réformes visant à restructurer le secteur bancaire, réduire l’économie du cash et lever le secret bancaire, parallèlement à un cadre de résolution bancaire.

Jaber a aussi souligné que le gouvernement avait récemment adopté une « loi sur l’écart financier », destinée à aider les déposants à récupérer leurs fonds et à restaurer le fonctionnement du système bancaire.

« L’une de nos priorités est de traiter l’ensemble des pertes causées par la guerre, essentiellement la reconstruction… et nous avons commencé à obtenir des prêts pour reconstruire les infrastructures détruites dans les zones attaquées », a-t-il déclaré.

Alors que le Hezbollah a été durement touché par la guerre, le Liban a connu une percée politique avec l’élection du commandant de l’armée, Joseph Aoun, à la présidence de la République. Il a nommé comme Premier ministre l’ancien président de la Cour internationale de Justice, Nawaf Salam.

Cette année marque la première fois qu’une délégation libanaise solide se rend à Davos, Nawaf Salam étant accompagné de Yassine Jaber, du ministre de l’Économie et du Commerce Amr Bisat, et du ministre des Télécommunications Charles Al-Hage.

« Notre priorité est de rétablir pleinement le rôle de l’État à tous les niveaux, et en particulier dans la reconstruction des institutions », a conclu Jaber.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

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  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.