Dans la dernière usine française de papier journal, l'avenir est au carton

Un employé de l'usine de papier journal Norske Skog coupe un énorme rouleau de papier blanc à la sortie de la machine à papier à Golbey, dans l'est de la France, le 24 mai 2022. (FREDERICK FLORIN / AFP)
Un employé de l'usine de papier journal Norske Skog coupe un énorme rouleau de papier blanc à la sortie de la machine à papier à Golbey, dans l'est de la France, le 24 mai 2022. (FREDERICK FLORIN / AFP)
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Publié le Mercredi 01 juin 2022

Dans la dernière usine française de papier journal, l'avenir est au carton

  • Le prix du papier flambe depuis le début de l'année: Les fabricants ont parfois doublé leurs tarifs
  • L'usine de Golbey est la dernière à en produire en France, tandis que les autres papetiers ont peu à peu abandonné le papier journal au profit du carton

GOLBEY, France: Tendus entre d'énormes cylindres, les kilomètres de papier journal semblent s'enrouler à l'infini dans l'usine Norske Skog située à Golbey, dans les Vosges. Le dernier site en France qui fabrique du papier journal s'apprête pourtant à abandonner une partie de sa production pour s'orienter vers le carton.

Dans les hangars, des travaux sont déjà en cours autour des machines, deux monstres de fer et de tôle qui pressent la pâte à papier et la sèchent, pour en sortir des bobines de papier géantes de neuf mètres de large.

Des bureaux temporaires ont aussi été installés à l'extérieur pour accueillir les prestataires qui seront chargés de transformer la plus ancienne des deux machines, afin qu'elle produise du carton ondulé destiné aux emballages dès fin 2023.

Pour le moment, l'heure est à la préparation de la tuyauterie et des bâtiments: les ouvriers ont pour consigne d'arrêter la machine le plus tard possible, pour ne pas trop pénaliser l'activité de l'usine.

L'industriel annonce que sa capacité de production annuelle de 558.000 tonnes de papier journal baissera à 330.000 tonnes seulement, mais il pourra fabriquer en plus 555.000 tonnes de carton recyclé.

Le manque de papier, un «drame» pour la presse imprimée

Fut un temps où le journal de la veille était recyclé pour emballer les légumes sur les marchés. Aujourd'hui, les courses sont livrées à domicile dans du carton, souvent recyclé, et la presse française manque de papier journal, inabordable.

A force d'anticiper et d'accompagner la numérisation de la presse, les industriels du papier et du carton ont tellement réduit leur capacité de production de papier journal qu'il ne restera d'ici quelques mois qu'une seule machine de production encore en activité en France.

Et le prix du papier journal flambe: à 400 euros la tonne au 1er semestre 2021, il a doublé en un an, pour atteindre 800 euros et plus en avril, indique l'Alliance (Apig) qui regroupe 285 titres de la presse quotidienne nationale (PQN), régionale (PQR) et de la presse hebdomadaire régionale (PHR).

"La tension sur les approvisionnements des journaux résulte des fermetures de machines ou de transferts de machines vers la fabrication d'emballages" en carton pour répondre à la forte demande du secteur de la vente en ligne, confirme Paul-Antoine Lacour, délégué général de Copacel, qui regroupe les entreprises de l'industrie du papier, du carton et de la cellulose.

"Les papeteries se reconvertissent dans le carton pour fournir Amazon. Et les plus petites, sur lesquelles on pouvait réajuster les commandes, ferment, ce qui fait que nous avons un vrai problème industriel de dépendance en France", note Fabien Gay, directeur du quotidien l'Humanité, et sénateur de Seine Saint-Denis.

Les papetiers, gros consommateurs de gaz et d'électricité, souffrent parallèlement de la flambée des cours de l'énergie.

"Nous étions à 3% de nos coûts, et maintenant on est à 10%", ajoute M. Lacour. Le phénomène ne touche pas que la France.

Toute l'Europe est affectée, mais l'Espagne, l'Allemagne et les pays scandinaves conservent des capacités de production de papier journal.

Lectorat attaché au papier

Les journaux français, pris entre leurs coûts fixes (rotatives, rédaction, réseau de distribution) et la flambée de l'énergie et du papier, vivent la situation comme un drame.

"Difficile de résister à une hausse pareille. Potentiellement, certains titres en France ne devraient pas survivre", déclare à l'AFP Philippe Carli, président du groupe Ebra, qui regroupe neuf titres de l'Est, dont L'Alsace, l'Est républicain et les Dernières nouvelles d'Alsace.

Selon des données confidentielles auxquelles l'AFP a eu accès, la seule hausse du prix du papier va peser entre 5 et 10 millions d'euros supplémentaires dans les comptes de groupes comme Ebra, Ouest France, le Monde, le Figaro ou Sud-Ouest.

Or, malgré la numérisation croissante, la presse française, dont beaucoup de titres ont augmenté leur prix de vente au numéro en début d'année, consomme encore quelque 330.000 tonnes de papier par an, tous titres confondus, indique Pierre Petillault, directeur de l'Alliance.

Les plus fragiles sont les titres de la presse hebdomadaire régionale, encore peu numérisés et au lectorat attaché au papier.

Beaucoup de journaux réduisent leur pagination, suppriment des cahiers, ou ne sortent pas les jours fériés.

Outremer, La Dépêche de Tahiti, journal en difficulté depuis longtemps, a été placée en liquidation judiciaire fin avril.

La situation est d'autant plus inconfortable que certains papetiers profitent de la situation pour faire monter les enchères.

"Avant, nous avions des prix annuels, maintenant on négocie les prix par trimestre, il y a même des allocations de papiers faites au plus offrant", ajoute un patron de presse qui requiert l'anonymat.

Un autre point de tension de plus en plus vif se dessine: le recyclage, lui aussi de plus en plus orienté vers le carton d'emballage, très demandé par le commerce électronique.

A partir du 1er janvier 2023, la loi Agec contre le gaspillage impose aux journaux de s'acquitter réellement de leur éco-contribution auprès de Citeo, qui organise la collecte et le recyclage des déchets en France, au lieu d'un paiement en nature sous forme de pages de pub comme c'est le cas jusqu'à présent.

"C'est fou, nous les journaux, allons directement aider à financer Amazon et les autres", grince-t-on à l'Alliance.

Celle-ci a demandé une aide spécifique aux pouvoirs publics: "Que le carton soit en plein essor pour l'e-commerce, on le comprend, mais on a du mal à évaluer l'apport de l'e- commerce à la démocratie".

Le groupe norvégien Norske Skog a investi 250 millions d'euros pour ce projet, également soutenu par le plan de relance gouvernemental: il compte sur le marché du carton, en plein essor grâce au succès du commerce en ligne, pour doper sa rentabilité.

Au contraire, la consommation de papier journal a beaucoup baissé ces dernières années, la presse papier perdant peu à peu du terrain face à l'information en format numérique.

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Des employés de l'usine de papier journal Norske Skog regardent une machine à rouler le papier à Golbey, dans l'est de la France, le 24 mai 2022. ( FREDERICK FLORIN / AFP)

L'usine de Golbey est d'ailleurs la dernière à en produire en France, tandis que les autres papetiers ont peu à peu abandonné le papier journal au profit du carton.

Des feuilles à prix d'or

Cette stratégie du "dernier des Mohicans" lui permet néanmoins aujourd'hui de profiter d'une extraordinaire hausse des prix. Car en un an, le prix de la tonne de papier journal a doublé: elle se vendait en mai entre 780 et 950 euros, contre 400 à 440 euros à la même période l'an dernier, selon l'agence d'évaluation des prix Fastmarkets.

La flambée des prix est d'abord liée au déséquilibre entre l'offre et la demande, puisque la production de papier journal a baissé rapidement par rapport aux besoins de la presse, après avoir été longtemps en surcapacité.

"Le marché est artificiellement tendu", résume pour l'AFP Yves Bailly, le président de l'usine.

Cahiers, papier toilette, carton... Pourquoi le prix du papier augmente

Le prix du papier flambe depuis le début de l'année: Les fabricants ont parfois doublé leurs tarifs, ce qui fait craindre des hausses massives sur des produits de grande consommation, des cahiers de la rentrée scolaire au papier toilette.

Pourquoi le prix du papier augmente-t-il ?

Avec la reprise de la consommation après les confinements, la demande de papier a augmenté fortement et soudainement, causant des difficultés d'approvisionnement en matières premières et de transport.

En avril, la pâte à papier, matière première du papier et du carton, coûtait plus de 40% plus cher qu'à la même période de 2019, avant la pandémie, selon l'Insee.

En plus de cela, "le bois est devenu rare, donc les palettes pour transporter les produits sont devenues rares", explique Thibault Laumonier, PDG de la filiale française du groupe britannique de papier et d'emballage DS Smith Packaging.

Il évoque aussi un retard sur la mise en service de nouvelles machines à cause de la pénurie de semi-conducteurs.

Dans une industrie qui consomme beaucoup d'énergie pour sécher la pâte à papier et faire tourner les machines qui forment les feuilles, la hausse du coût du gaz ou de l'électricité depuis le début de la guerre en Ukraine a aussi un impact significatif.

À cela s'ajoutent des problématiques particulières selon le type de papier: pour le papier journal, la hausse des prix est en partie liée à une baisse de la production, les producteurs délaissant ce secteur face à la diminution des ventes de journaux.

En revanche, pour le papier ondulé qui sert à faire des cartons, les prix sont tirés vers le haut par la demande grandissante de cartons d'emballage pour le commerce en ligne ou pour l'agroalimentaire, qui cherche à abandonner le plastique à usage unique.

Quelles sont les conséquences de cette hausse ?
La situation est parfois tendue pour les industriels, mais ils ont pu transférer à leurs clients des augmentations de prix face à la hausse des coûts.

"Globalement les entreprises arrivent à conserver leurs marges", assure Paul-Antoine Lacour, délégué général de la Confédération française de l'industrie des papiers, cartons et cellulose (Copacel).

Mais cette inflation a un impact en aval sur tous les secteurs utilisateurs, soit une grande partie de l'économie, de la presse aux papiers d'hygiène, en passant par les emballages agroalimentaires ou les cartons en tous genres.

Cette hausse des prix fait craindre à M. Lacour "un tassement de la consommation" si le pouvoir d'achat des Français baisse trop.

Le prix des fournitures scolaires va-t-il augmenter à la rentrée ?

Comme tous les producteurs de papier, les fabricants de cahiers font face à la hausse de leurs coûts. La particularité de ce secteur est qu'il négocie ses prix de vente avec la grande distribution à l'automne pour la rentrée suivante: ceux de la prochaine rentrée scolaire ont donc été fixés à une période où le prix du papier avait déjà augmenté, mais encore loin des records actuels.

D'après M. Lacour, les distributeurs se sont engagés à des hausses de 12 à 15% des prix d'achat de fournitures scolaires en papier pour septembre 2022, ce qui pourrait faire aussi monter le prix dans les rayons pour le consommateur.

"Depuis, on a eu des hausses importantes sur de nombreux coûts de production. Si les négociations devaient avoir lieu aujourd'hui, on serait sur des montants bien supérieurs", dit- il.

Et le papier toilette ?

Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des supermarchés E. Leclerc, avait averti en avril que le prix du papier toilette allait "augmenter considérablement", lors d'une interview sur BFMTV.

Selon les industriels, produire du papier hygiénique coûte en effet environ 20% plus cher qu'avant la pandémie.

"Mais en pratique, les hausses de prix seront sans doute moindres", estime Paul-Antoine Lacour.

Contrairement au papier journal ou au carton, qui sont vendus à des entreprises pour être à nouveau transformés, le papier toilette est vendu directement aux distributeurs, donc au consommateur final, ce qui rend les hausses de prix plus difficiles à faire passer, explique-t-il.

Il s'agit aussi d'un produit de première nécessité: les négociations sur les prix pourraient donc être tendues.

La hausse des prix est aussi liée à une hausse des coûts: depuis la fin des confinements, la reprise économique rapide a créé des difficultés d'approvisionnement et de transport, et fait grimper le prix du bois et du papier recyclé.

Pour faire tourner les immenses rouleaux chauffants qui font sécher la pâte à papier, il faut beaucoup d'énergie, dont le prix flambe, surtout depuis le début de la guerre en Ukraine.

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Un employé de l'usine de papier journal Norske Skog travaille sur une machine à découper le papier à Golbey, dans l'est de la France, le 24 mai 2022. (FREDERICK FLORIN / AFP)

"Quand une entreprise comme la nôtre consomme un million de mégawattheures par an, chaque variation d'un euro sur le prix du mégawattheure nous fait une variation d'un million d'euros sur notre compte de résultat", explique M. Bailly.

"On a fait passer sur certains mois plus de 100 euros de hausse (pour une tonne de papier, NDLR) simplement liée à l'énergie", ajoute-t-il.

Une situation qui alarme les éditeurs de presse: l'Alliance pour la presse d'information générale (Apig) a demandé à l'État de lui octroyer une aide financière dans le cadre du plan de résilience, après que de nombreux journaux dont Le Figaro, Libération ou Le Monde ont dû augmenter leurs prix en kiosques.

Pour autant, M. Bailly ne compte pas augmenter la cadence de son usine et produire plus, car les tonnes de papier supplémentaires coûteraient trop cher. "On ne peut pas vendre à perte pour satisfaire les clients", dit-il.

Dans les prochaines années, si le passage au carton fonctionne bien, il estime même qu'un abandon total du papier journal serait "envisageable". "La machine qui reste est une bonne cliente pour une conversion future, mais je ne sais pas si je serai encore là pour le faire."


À Dubaï, L’Oréal accélère sa transition durable entre climat, économie circulaire et beauté inclusive

L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
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  • L’Oréal Middle East a signé le UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement, consolidant son engagement en faveur de la stratégie Net Zero 2050 des Émirats arabes unis
  • Le groupe annonce l’extension de ses initiatives de beauté durable grâce au développement des solutions de recharge, tout en renforçant l’inclusion avec le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre Al Noor

DUBAÏ: L’Oréal Middle East a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement durable à l’occasion de la troisième édition du L’Oréal For the Future Summit, organisée dans ses bureaux récemment rénovés à Dubaï. Réunissant représentants gouvernementaux, experts du développement durable, partenaires du commerce de détail et acteurs de l’industrie, l’événement a été marqué par la signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE).

Cette signature formalise l’engagement de L’Oréal Middle East dans la stratégie nationale de décarbonation des Émirats arabes unis et dans l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Réalisée en présence de l’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au sein du ministère, cette initiative illustre la volonté du groupe d’inscrire ses actions climatiques dans un cadre mesurable et transparent. 

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L’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au ministère du Changement climatique et de l’Environnement des Émirats arabes unis, lors du L’Oréal For the Future Summit 2026 à Dubaï. (Photo: fournie)

Pour L’Oréal, les Émirats arabes unis occupent une place centrale dans le déploiement de ses initiatives environnementales. Le pays constitue aujourd’hui un laboratoire régional pour tester et accélérer des solutions de beauté durable conciliant impact environnemental et performance économique.

Le sommet s’est tenu dans les bureaux rénovés de L’Oréal Middle East à Dubaï, conçus pour refléter concrètement les ambitions du programme « L’Oréal For the Future ». Efficacité énergétique, pratiques de travail responsables et choix de matériaux durables font de cet espace un exemple tangible de la transformation environnementale engagée par le groupe.

Lors de l’événement, L’Oréal Middle East a également annoncé le renforcement prochain de ses partenariats avec plusieurs acteurs du commerce de détail afin d’étendre l’accès aux stations de recharge de produits de beauté à travers les Émirats arabes unis.

Après une première collaboration avec BinSina Pharmacy, de nouvelles alliances stratégiques doivent permettre d’accélérer l’adoption de modèles de consommation plus circulaires et de réduire les déchets plastiques. Les solutions rechargeables sont désormais disponibles dans l’ensemble des catégories du groupe, des soins de la peau aux parfums, en passant par le maquillage et les soins capillaires.

Parmi les exemples mis en avant, le parfum rechargeable Prada Paradoxe permet de réduire l’utilisation de matériaux de 44 % pour le verre, 67 % pour le plastique, 100 % pour les métaux et 61 % pour le carton, par rapport aux formats traditionnels.

Le groupe indique également que l’ensemble de ses supports promotionnels en point de vente sont désormais éco-conçus, tandis qu’un travail est mené avec les fournisseurs pour mesurer et réduire les émissions de CO₂ tout au long de la chaîne de valeur.

Au-delà de ses ambitions environnementales, L’Oréal Middle East a réaffirmé son engagement en faveur de l’inclusion. Dans ce cadre, l’entreprise a annoncé le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre de formation Al Noor.

Présenté comme le premier applicateur de maquillage informatisé portable au monde, HAPTA a été développé pour accompagner les personnes souffrant de troubles de la motricité, d’arthrite, de la maladie de Huntington ou de séquelles liées à un accident vasculaire cérébral. Grâce à ses capteurs avancés et à sa technologie de stabilisation du mouvement, l’appareil facilite l’accès au maquillage et favorise l’autonomie des utilisatrices.

« La signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge démontre notre volonté de contribuer concrètement à l’ambitieux programme de durabilité des Émirats arabes unis. L’expansion de nos initiatives de recharge et de nos partenariats dans le commerce de détail permettra également de rendre les choix de beauté durable plus accessibles à un plus grand nombre de consommateurs », a déclaré Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Middle East.

À travers ce sommet, L’Oréal Middle East entend démontrer que leadership environnemental, innovation et croissance économique peuvent avancer de concert, tout en accélérant la transition vers une industrie de la beauté plus responsable dans la région.


La Bourse de Paris recule avec le regain de tensions au Moyen-Orient

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  • "Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank
  • Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur

PARIS: La Bourse de Paris évolue en baisse lundi, plombée par une nouvelle hausse du pétrole causée par des échanges de frappes entre Israël et l'Iran, mettant en danger le cessez-le-feu au Moyen-Orient.

Vers 9H40 (heure de paris) le CAC 40 cédait 0,76% à 8.155,97 points, soit un recul de 62,32 points. Vendredi, l'indice vedette parisien avait perdu 0,32%.

"Les tensions au Moyen-orient s'intensifient à nouveau", ce qui "complique la perspective d'un accord imminent" dans la région, s'inquiètent les analystes de la Deutsche Bank.

Israël et l'Iran ont lancé lundi des attaques réciproques après le tir de missiles par Téhéran en direction du territoire israélien, menaçant la trêve en vigueur et les espoirs de Donald Trump d'arriver à un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Deux mois après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu précaire dans une guerre qui dure depuis 100 jours, la région menace de s'embraser une nouvelle fois, malgré les appels du président américain à la retenue adressés à Israël.

Jérusalem s'est réveillé au son des explosions et des alertes, ont constaté des journalistes AFP. L'armée a fait état de deux nouveaux barrages de missiles iraniens visant le pays, après deux premières salves la veille.

Quelques heures plus tôt, la télévision d'Etat iranienne avait rapporté des explosions à Téhéran et dans les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l'armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé "des cibles militaires".

Comme à chaque regain de tension dans la région, le prix du brut augmente: vers 9H40, le baril de Brent, référence européenne, gagnait 4,95% à 97,70 dollars, et celui de West Texas Intermediate, son équivalent américain, prenait 4,58% à 94,69 dollars.

Les taux d'intérêt étaient orientés à la hausse: le rendement de la dette allemande à dix ans, référence en Europe, atteignait 3,06%, contre 3,04% vendredi soir. Son équivalent français atteignait 3,82%, contre 3?80% vendredi soir.

TotalEnergies profite de la hausse des prix du pétrole

Le groupe énergétique français TotalEnergies (+0,80% à 77,99 euros) profite de la nouvelle hausse des prix du brut.

Sanofi, un traitement anticancereux approuvé par l'UE

Le géant pharmaceutique français Sanofi (-0,56% à 77,51 euros) a annoncé lundi avoir obtenu l'approbation de la Commission européenne de son traitement anticancéreux Sarclisa en formulation sous-cutanée, via un injecteur portable, pour traiter le myélome multiple.

 

 


La France, 1er producteur européen de blé, importe toujours plus de farine

Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
Le coureur belge Brent Van Moer, de l’équipe Lotto, roule en échappée devant des champs de blé et des éoliennes lors de la 2e étape de la 112e édition du Tour de France 2025, longue de 209,1 km entre Lauwin-Planque et Boulogne-sur-Mer, dans le nord de la France, le 6 juillet 2025. (AFP)
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  • La production française de farine est restée stable en 2025 à près de 4 millions de tonnes, mais les importations ont bondi de 45 % en deux ans, creusant le déficit commercial du secteur
  • Les meuniers français dénoncent une concurrence accrue, notamment de l’Allemagne, et la pression des marques de distributeurs qui favorisent des farines moins chères, pesant sur les prix et la rentabilité

PARIS: Premier producteur européen de blé, la France se situe au 2e rang pour la production de farine mais a vu ses importations bondir de "45% en deux ans", selon le bilan annuel de la meunerie française.

Une hausse générée par plus d'achats de la grande distribution, et qui tire les prix vers le bas, souligne auprès de l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'Association nationale de la meunerie française.

En 2025, la production française de farine est restée quasi stable à "près de 4 millions de tonnes de farine à partir de de blé 100% français", soit plus de 11% de la production européenne, au deuxième rang derrière l'Allemagne, selon l'ANMF.

Si ces résultats "confirment le rôle stratégique de la meunerie française dans la souveraineté alimentaire nationale et européenne", la rentabilité du secteur est "très faible" et les échanges commerciaux traduisent "une pression concurrentielle croissante", relève l'association fondée en 1886, qui représente l'immense majorité des meuniers français.

En 2025, la France a exporté 204.000 tonnes de farine mais en a importé 420.000: le déficit se creuse depuis 2018, au profit notamment de l'Allemagne et de la Belgique, qui fournissent plus de 80% des importations françaises.

"En France, on a traditionnellement des boulangers qui utilisent de la farine 100% française, produite par des centaines de moulins. Personne n'a la qualité de pain qu'il y a dans les boulangeries françaises", a affirmé à l'AFP Jean-François Loiseau, président de l'ANMF.

- Concurrence internationale -

"Mais ces dernières années, ce que l'on voit, c'est une augmentation des achats de farine moins chère, venue surtout d'Allemagne mais aussi d'Italie, de Roumanie ou de Bulgarie, par la grande distribution pour ses marques (propres) MDD", a-t-il ajouté.

L'an dernier, ces achats de farine à l'étranger ont atteint 11% de la consommation nationale, précise le bilan.

"Un vrai problème, parce qu'en vendant de la farine sous marques distributeurs moins chères, la distribution tire les prix vers le bas" et cela met en difficulté les producteurs français, a-t-il souligné.

Le chiffre d'affaires de la meunerie, quant à lui, atteignait 1,84 milliard d'euros l'an dernier et a baissé de près de 17% en deux ans.

Les meuniers français, qui travaillent dans de petites unités, souvent des entreprises familiales, ont du mal à rivaliser avec les gros producteurs allemands, dont "les coûts de production et les charges sociales sont moins élevés", selon M. Loiseau.

La concurrence internationale s'intensifie aussi avec la Turquie, premier exportateur mondial de farine (entre 3 et 3,5 millions de tonnes/an), ou l'Ukraine, qui a quadruplé ses exportations vers la France entre 2022 et 2025, selon l'ANMF.

Dans ce contexte, la meunerie française "ne demande pas d'aide" mais veut voir ses charges baisser pour regagner en compétitivité.

Cela passe notamment par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer", plaide Jean-François Loiseau.