Liban: Hariri, désigné Premier ministre, promet un gouvernement d'experts

L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri fait une déclaration après que le président l'a nommé pour former un nouveau cabinet, au palais présidentiel de Baabda. (AnwarAMRO/AFP)
L'ancien Premier ministre libanais Saad Hariri fait une déclaration après que le président l'a nommé pour former un nouveau cabinet, au palais présidentiel de Baabda. (AnwarAMRO/AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 23 octobre 2020

Liban: Hariri, désigné Premier ministre, promet un gouvernement d'experts

  • L'homme d'affaires de 50 ans a promis un gouvernement d'experts pour enrayer l'effondrement économique
  • «Plus on tarde, plus le bateau coule. Si le Liban ne mène pas les réformes qu'il convient de mener, alors c'est le pays lui-même qui risque la dislocation»

BEYROUTH: Saad Hariri, pilier de la politique libanaise, a une nouvelle fois été désigné jeudi Premier ministre, promettant un gouvernement d'experts pour enrayer l'effondrement économique, dans un pays qui attend désespérément des réformes toujours boudées par les dirigeants.

Ironie du sort, M. Hariri avait démissionné il y a un an quasiment jour pour jour sous la pression d'un soulèvement populaire inédit, déclenché contre les manquements d'une classe politique quasi inchangée depuis des décennies, accusée de corruption et d'incompétence.

Peu après sa désignation par le président Michel Aoun, à l'issue de consultations parlementaires, l'homme d'affaires de 50 ans a promis de former «rapidement» un gouvernement.

«Le temps presse (...) Le pays est confronté à son unique et dernière chance», a lancé M. Hariri dans une brève allocution télévisée, s'engageant auprès des Libanais «à œuvrer pour stopper l'effondrement» qui menace l'économie. L'homme politique héritier d'une immense fortune a déjà dirigé trois gouvernements.

Il a promis jeudi «un gouvernement d'experts», qui ne seraient pas issus de partis politiques, et «dont la mission sera la mise en œuvre de réformes économiques, financières et administratives» en accord avec «l'initiative française».

Venu à deux reprises au Liban après l'explosion meurtrière du 4 août au port de Beyrouth, le président français, Emmanuel Macron, avait lancé une initiative pour une sortie de crise, réclamant un gouvernement «d'indépendants».

«Nouvelle bataille» 

La communauté internationale attend du nouveau gouvernement qu'il entreprenne de vastes réformes avant de débloquer des aides financières vitales.

Mais au Liban multi-confessionnel, où le président doit être chrétien maronite, le Premier ministre musulman sunnite et le chef du Parlement musulman chiite, les dirigeants sont abonnés aux marchandages interminables qui font traîner pendant des mois la formation de tout gouvernement.

«Dès que les consultations seront terminées, le coup de sifflet d'une nouvelle bataille sera donné, la bataille de la formation (du gouvernement)», a prédit le quotidien Al-Akhbar, proche du Hezbollah, qui pronostique encore plus de «tensions politiques».

M. Hariri a obtenu l'appui de la plupart des députés sunnites et de la formation du chef druze, Walid Joumblatt.

Le bloc du Hezbollah, poids lourd de la politique libanaise, n'a pas émis de préférence, mais son principal allié, le mouvement Amal, a soutenu la désignation de M. Hariri, laissant croire à un accord tacite du Hezbollah chiite.

Sa nomination intervient dans un contexte de profonde crise au Liban, encore traumatisé par l'explosion du 4 août qui a fait plus de 200 morts et des milliers de blessés.

De l'aveu même des autorités, l'explosion a eu lieu dans un entrepôt où était stockée depuis plus de six ans et «sans mesures de précaution» une énorme quantité de nitrate d'ammonium.

«Risque de dislocation»

Le gouvernement actuel de Hassan Diab a démissionné dans la foulée de cette tragédie.

«Plus on tarde, plus le bateau coule. Si le Liban ne mène pas les réformes qu'il convient de mener, alors c'est le pays lui-même qui risque la dislocation», a averti mercredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian.

Mais les défis auxquels le nouveau gouvernement sera confronté sont colossaux.

Il y a un an, le pays a été le théâtre d'un soulèvement populaire inédit, réclamant pêle-mêle le renouvellement de la classe politique, des services publics dignes de ce nom dans un pays abonné aux coupures d'électricité quotidiennes, et une amélioration de la situation économique, qui n'a fait qu'empirer en un an.

Le Liban connaît ainsi une dépréciation historique de la monnaie nationale. À cela s'ajoutent des dizaines de milliers de licenciements et des coupes salariales, dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté.

Et, si le pays avait entamé en mai des négociations avec le FMI en vue d'un plan de sauvetage d'environ 10 milliards de dollars, ce processus est totalement au point mort.


Deux militaires des Émirats arabes unis tués, l'Iran poursuit ses frappes dans le Golfe

Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Le 8 mars 2026, des immeubles de grande hauteur se dressent sous un ciel couvert le long de la corniche de Doha. (File/AFP)
Short Url
  • De fortes explosions ont été entendues à Doha
  • Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques.

DUBAI : Les défenses aériennes du Qatar et des Émirats arabes unis ont intercepté des missiles et des drones lundi, alors que le conflit avec l'Iran continue de se propager dans le Golfe, les autorités des deux pays faisant état d'explosions et d'interceptions aériennes.

Les Émirats arabes unis ont déclaré que deux membres des forces armées ont été tués à la suite du crash d'un hélicoptère dû à une défaillance technique alors qu'ils exerçaient leurs fonctions dans le pays lundi.

Le ministère de la défense a présenté "ses plus sincères condoléances et sa sympathie aux familles".

Le ministère de la défense du Qatar a indiqué que les forces armées avaient intercepté une attaque au missile.

Des témoins de l'agence Reuters et des journalistes de l'AFP ont également rapporté avoir entendu de fortes explosions à Doha.

Les défenses aériennes des Émirats arabes unis ont déclaré avoir détecté 15 missiles balistiques, dont 12 ont été détruits, tandis que 3 missiles sont tombés en mer.

Au total, 18 drones ont également été détectés, dont 17 ont été interceptés, tandis qu'un autre est tombé à l'intérieur du territoire national.

Depuis le début de la guerre, les Émirats arabes unis ont déclaré avoir intercepté 233 des 253 missiles balistiques, 1 359 des 1 440 drones et détruit 8 missiles de croisière.

Ces attaques ont fait 4 morts parmi les ressortissants pakistanais, népalais et bangladais, et 117 personnes ont été légèrement blessées.


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Short Url
  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
Short Url
  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.