Normalisation Israël-Soudan: Netanyahu célèbre, les Palestiniens fulminent

Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime à Ramallah, en Cisjordanie. (AlaaBADARNEH/POOL/AFP)
Le président palestinien Mahmoud Abbas s'exprime à Ramallah, en Cisjordanie. (AlaaBADARNEH/POOL/AFP)
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Publié le Vendredi 23 octobre 2020

Normalisation Israël-Soudan: Netanyahu célèbre, les Palestiniens fulminent

  • Après des semaines de tractations en coulisses, qui se sont accélérées mercredi avec la visite secrète d'une délégation israélienne à Khartoum, le président américain Donald Trump a annoncé un accord de normalisation entre Israël et le Souda
  • "Des délégations du Soudan et d'Israël se réuniront bientôt pour discuter de la coopération dans de nombreux domaines, notamment l'agriculture, le commerce et d'autres domaines importants"

JÉRUSALEM: La normalisation des relations entre Israël et le Soudan est un "formidable revirement" s'est félicité vendredi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, tandis que les Palestiniens dénonçaient un nouveau "péché politique".

Après des semaines de tractations en coulisses, qui se sont accélérées mercredi avec la visite secrète d'une délégation israélienne à Khartoum, le président américain Donald Trump a annoncé vendredi soir un accord de normalisation entre Israël et le Soudan.

"Quel formidable revirement! Aujourd'hui Khartoum dit oui à la paix avec Israël, oui à la reconnaissance d'Israël et à la normalisation avec Israël", a réagi M. Netanyahu dans une déclaration en hébreu transmise par ses services à l'AFP.

"Des délégations du Soudan et d'Israël se réuniront bientôt pour discuter de la coopération dans de nombreux domaines, notamment l'agriculture, le commerce et d'autres domaines importants", a ajouté M. Netanyahu qui a remercié les dirigeants soudanais et le président Trump pour ce nouvel accord de normalisation.

Le Soudan devient le troisième pays arabe à annoncer depuis août la normalisation de ses relations avec Israël, après les Emirats arabes unis et Bahreïn, s'est félicité M. Netanyahu qui avait rencontré en début d'année en Ouganda le général Abdel Fattah al-Burhane, chef du Conseil souverain soudanais.

Mais cette rencontre avait été mal reçue par une partie de l'opinion publique au Soudan, pays dirigé par une autorité de transition, où civils et militaires se sont partagés le pouvoir après la chute du régime islamiste d'Omar el-Béchir, au pouvoir de 1989 à 2019.

Ce gouvernement de transition est confronté à de graves difficultés économiques avec une forte dépréciation de la livre soudanaise, d'où les appels de Khartoum au retrait du pays de la liste américaine des Etats soutenant le terrorisme, considérée comme une entrave aux investissements en sol soudanais.

Or, en début de semaine, et c'est ce qui avait accéléré les évènements, les Etats-Unis avaient annoncé un accord dans lequel le Soudan serait retiré de cette liste en échange du paiement de 335 millions de dollars en indemnités à des victimes américains du terrorisme.

Le Soudan, naguère paria de la communauté internationale pour avoir accueilli l'ex-chef d'Al-Qaïda Oussama Ben Laden dans les années 1990, avait été condamné par le passé à verser de telles indemnisations par la justice américaine.

Cette normalisation des relations entre Israël et le Soudan est particulièrement symbolique au Moyen-Orient.

Après la guerre des Six-Jours, qui a vu en 1967 Israël s'emparer notamment de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza, la majeure partie des dirigeants arabes s'était réunie au Soudan pour adopter la résolution de Khartoum connue pour ses "trois non": non à la paix avec Israël, non à la reconnaissance d'Israël, non aux négociations avec l'Etat hébreu.

"Douloureux" 

Et sous le régime Béchir, le Soudan avait été l'un des soutiens du mouvement islamiste palestinien Hamas, dont les leaders se rendaient à l'occasion à Khartoum. Le Soudan était d'ailleurs accusé par Israël de laisser transiter sur son sol des armes venues par bateau d'Iran et acheminées par la suite jusque dans la bande de Gaza, enclave palestinienne contrôlée par le Hamas.

La normalisation des relations Soudan-Israël est "un péché politique qui nuit au peuple palestinien et à leur juste cause, nuit aussi à l'intérêt national du Soudan (...) et ne bénéficie qu'à Netanyahu", a réagi vendredi soir Hazem Qassem, le porte-parole officiel du Hamas, mouvement au pouvoir dans la bande de Gaza.

"C'est une annonce douloureuse qui va à l'encontre de l'histoire du Soudan, pays qui soutient la cause palestinienne", a dit à l'AFP Sami Abou Zuhri, un cadre du Hamas, alors que dans une déclaration officielle le mouvement islamiste a aussi appelé les Soudanais à "rejeter" un "accord honteux". 

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui siège en Cisjordanie occupée, a elle "condamné" l'accord, estimant que les pays arabes, incluant le Soudan, ne pouvaient "parler au nom du peuple palestinien", estimant qu'une solution au conflit israélo-palestinien devait être un préalable à la normalisation entre Israël et le monde arabe, et non l'inverse.


Liban: une frappe israélienne endommage un site protégé par l'Unesco à Tyr

 Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes. (AFP)
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  • Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban
  • Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés

TYR: Le ministre libanais de la Culture a appelé lundi à épargner les ruines de Tyr, classées au patrimoine de l'humanité de l'Unesco, où les correspondants de l'AFP ont constaté des dégâts au lendemain de frappes israéliennes.

"Je lance un appel pour éviter de cibler les sites archéologiques du pays (..) en particulier les ruines de Tyr qui sont dans le patrimoine commun de l'humanité", a déclaré Ghassan Salamé à l'AFP.

Les frappes de dimanche ont causé "le plus grand dommage au site depuis le début de la guerre", a indiqué à l'AFP de son côté Ali Badaoui, directeur des sites archéologiques dans le sud du Liban.

Située à une vingtaine de km de la frontière avec Israël, Tyr, l'une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco avec deux sites protégés.

Cette ville est la cible d'une campagne de frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars.

L'armée israélienne avait émis un nouvel ordre d'évacuation dimanche pour une zone qui inclut l'un des deux sites, comprenant des vestiges romains, avant de mener des frappes.

Des correspondants de l’AFP ont pu voir une partie de la zone proche des colonnes antiques recouverte de débris, fragments de métal tordu, branches d’arbres brisées.

Des gravats de béton et de métal parsèment un escalier de pierre menant à l’intérieur du site.

"L'ampleur des débris et des dégâts dans le site est importante", selon Ali Badaoui.

Les frappes se sont abattues sur des bâtiments avoisinants et l'une a touché un bureau administratif du site, rapporte le responsable.

"Certains artéfacts archéologiques ont été endommagés lorsque des gravats les ont atteints, car une pluie de débris est tombée sur un vaste périmètre", visant "colonnes, chapiteaux, bases de colonnes, mosaïques", énumère-t-il.

Ghassan Salamé a souligné que que les autorités évalueraient les dégâts "dès qu'un cessez-le-feu aura lieu ou que nous pourront avoir accès aux ruines sans mettre en danger la vie de nos archéologues".

Il a souligné qu'Israël "ne respecte pas" la Convention de la Haye qui oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé, ni les "Boucliers bleus", un emblème symbolique mis en place par un comité lié à l'Unesco pour protéger le site de Tyr.

Depuis une précédente guerre entre Israël et le Hezbollah en 2023-2024, l’Unesco a placé plus de 70 sites patrimoniaux au Liban, dont Tyr, sous " protection renforcée provisoire".

Le site de Tyr "est un site civil, un site inscrit au patrimoine mondial, ce n’est absolument pas un site militaire, et il n’y a aucune activité militaire sur place", a assuré M. Badaoui.

L’autre site protégé de Tyr, El‑Bass, a aussi été endommagé depuis le début de la guerre le 2 mars, a-t-il ajouté.


L'armée israélienne dit qu'elle poursuivra ses opérations «dans tout le Liban»

L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth. (AFP)
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  • "Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin
  • "Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah"

JERUSALEM: L'armée israélienne va poursuivre ses opérations "dans tout le Liban" et "intensifier la pression" sur le mouvement islamiste libanais Hezbollah, a déclaré dimanche soir son porte-parole après des tirs de missiles iraniens sur Israël en riposte à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth.

"Nous avons frappé (la banlieue sud de Beyrouth) en réaction aux tirs incessants du Hezbollah sur les localités du nord" d'Israël, a déclaré le général de brigade Effie Defrin.

"Tsahal poursuivra ses opérations dans tout le Liban et intensifiera ses coups portés sur l'organisation terroriste Hezbollah", a-t-il ajouté, "nous ne permettrons pas la poursuite de tirs visant les citoyens de l'Etat d'Israël".


L'armée israélienne annonce un nouveau barrage de missiles iraniens

Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
Des colons israéliens posent pour une photo à côté d'une roquette tombée et à demi enfouie dans le sol, dans la banlieue de Jéricho, le 8 juin 2026, à la suite d'attaques menées par l'Iran et les rebelles houthis soutenus par l'Iran. (AFP)
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  • L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien
  • "Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace"

JERUSALEM: L'armée israélienne a de nouveau fait état lundi matin d'un barrage de missiles tirés par l'Iran en direction du territoire israélien.

"Il y a peu, l'armée israélienne a identifié des missiles tirés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël. Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a écrit l'armée sur Telegram.