La justice sociale, au coeur de la sobriété face à l'urgence climatique

La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène, dans le sud de la France (Photo, AFP).
La centrale nucléaire du Tricastin à Bollène, dans le sud de la France (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Vendredi 10 juin 2022

La justice sociale, au coeur de la sobriété face à l'urgence climatique

  • La question de la justice sociale se pose avec acuité dans les pays en développement
  • Pour modifier ces comportements, «nous avons besoin d'un nouveau récit»

PARIS: La sobriété, mise en avant depuis peu dans la lutte contre le changement climatique, fait figure de chance pour certains, de repoussoir pour d'autres. Pour qu'elle puisse être mise en oeuvre, elle doit reposer sur la justice sociale, selon des experts.

"La notion de sobriété remonte à la civilisation grecque mais elle a disparu du langage courant", raconte à l'AFP Yamina Saheb, économiste et une des autrices principales du dernier rapport du Giec, les experts climat de l'ONU.

Ils y ont pour la première fois défini la sobriété, ou "sufficiency" en anglais, leur langue de travail, et souligné son rôle clé dans la lutte contre le réchauffement.

"Les politiques de sobriété sont des mesures et pratiques quotidiennes qui évitent la demande en énergie, matériaux, terre et eau tout en offrant le bien-être à tous les humains dans les limites planétaires", indique le résumé pour décideurs.

Il s'agit d'offrir "une meilleure qualité de vie pour tous, tout en protégeant notre environnement", résume David Ness, professeur associé à l'université d'Australie du Sud, qui n'a pas contribué au rapport.

Revenu dans le monde occidental notamment sous la plume d'un chercheur allemand, Wolfgang Sachs, le terme "sobriété" a rencontré un écho en France avec l'association Negawatt, jusqu'à être utilisé récemment par le président Emmanuel Macron. Elle sous-tend aussi de nombreux scénarios pour atteindre la neutralité carbone.

Sans excès

Pour autant, le concept est loin d'être universel: "il n'y a absolument aucune discussion portant sur la réduction de la consommation ou la sobriété" en Australie, constate David Ness.

"C'est un concept plutôt embryonnaire au Brésil", remarque de son côté Carolina Grottera, professeure à l'Université fédérale Fluminense.

Trouver une définition acceptée par tous les Etats membres du Giec n'a pas été simple, reconnaît d'ailleurs Yamina Saheb. "La sobriété n’est pas l'âge de pierre. C’est le confort moderne, mais sans excès. Ceux qui pourraient souffrir de la sobriété sont ceux qui surconsomment. Pour ces gens-là ce serait une contrainte, mais pour le citoyen ordinaire, c’est un mode de vie plus paisible".

"Nous ne sommes pas tous sur un pied d’égalité face à la sobriété", analyse Eloi Laurent, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

"Les 10% des habitants les plus riches de la planète émettent près de la moitié des gaz à effet de serre", relève l'économiste. Par conséquent, "il faut commencer par s'attaquer aux comportements les plus luxueux", poursuit-il.

Exemplarité

La question de la justice sociale se pose avec acuité dans les pays en développement, constate la Brésilienne Carolina Grottera. "Il y a l'idée que les pays riches sont historiquement responsables pour l'essentiel des émissions de gaz à effet de serre et la demande, quand les populations dans les pays pauvres n'ont pas, en moyenne, atteint un niveau de vie décent. Ce serait donc aux pays du Nord de changer leur mode de vie".

"En l'absence de distinction entre luxe et besoin, la consommation croissante exacerbe les inégalités, ce qui crée un cercle vicieux d'une consommation encore plus importante", analyse-t-elle, en prenant comme exemple des personnes dépourvues de couverture santé ou d'épargne, mais qui aspirent à avoir des téléphones portables ou des grosses voitures.

Pour modifier ces comportements, "nous avons besoin d'un nouveau récit", juge David Ness. "J'ai remarqué que les écologistes ne faisaient pas rêver, ils sont souvent vus comme des personnes pessimistes, rabat-joie", constate Cyril Cassagnaud, étudiant.

"Il faut montrer que ça fonctionne, qu’on peut avoir une belle carrière en étant écolo et en appliquant la sobriété", estime le jeune homme de 26 ans, qui se destine à travailler dans le service public local après avoir fait des études d'ingénieur et de sciences politiques. Il veut "mettre ce qu'(il a) appris au service de l'intérêt public" plutôt que dans une carrière synonyme de gros salaire.

Un autre biais passe par les politiques publiques. Pour Eloi Laurent, "la taxation des comportements les plus luxueux doit permettre le financement d'équipements plus sobres pour les classes défavorisées".

La question de l'exemplarité est aussi essentielle, selon lui. "Quand on proclame +make the planet great again+ et que rien ou si peu ne suit dans les actes, on est dans le registre de l'hypocrisie et c’est un poison pour la transition écologique", avertit-il, en paraphrasant Emmanuel Macron.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.


Guerre au Moyen-Orient : le porte-avions français Charles de Gaulle est arrivé en Méditerranée

Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive"
  • Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases"

TARIFA: Le porte-avions Charles de Gaulle, envoyé par la France au Moyen-Orient pour protéger ses ressortissants et ses alliés frappés par l'Iran, est entré vendredi en tout début d'après-midi en mer Méditerranée en franchissant le détroit de Gibraltar, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le bâtiment, qui a encore plusieurs jours de trajet devant lui avant d'être sur zone, était déployé dans le nord de l'Europe dans le cadre d'une mission de l'Otan quand le président français Emmanuel Macron a annoncé son envoi au Moyen-Orient.

Emmanuel Macron, qui estime que l'offensive américano-israélienne est menée "en dehors du droit international", avait assuré mardi que la France était dans une posture "strictement défensive".

Il a annoncé le déploiement d'importants moyens militaires, dont le porte-avions Charles de Gaulle, en Méditerranée orientale car la France doit "prendre des dispositions pour sa sécurité, celle de ses ressortissants et de ses bases ainsi que celle de ses alliés dans la région".

La France est notamment liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats.