Comment la Syrie reflète l’influence économique néfaste de l’Iran au Moyen-Orient

L’Iran exacerbe l’effondrement de la base manufacturière nationale de la Syrie en monopolisant des marchés entiers. (AFP)
L’Iran exacerbe l’effondrement de la base manufacturière nationale de la Syrie en monopolisant des marchés entiers. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
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Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
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Publié le Lundi 13 juin 2022

Comment la Syrie reflète l’influence économique néfaste de l’Iran au Moyen-Orient

  • L’Iran, capitalisant sur son soutien militaire et politique au régime du président syrien Bachar al-Assad, a élargi ses exportations vers la Syrie
  • La qualité de ces produits est largement considérée comme inférieure à celle des solutions de rechange, mais les prix plus bas signifient qu’ils constituent une option attrayante pour les consommateurs syriens pauvres

DUBAÏ: Après plus d’une décennie de guerre civile, la Syrie contrôlée par le régime est confrontée à une débâcle économique. Les conflits, la corruption endémique, la sécheresse et la migration massive de travailleurs qualifiés ont fait des ravages. Le pays est désormais une cible facile à exploiter.

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut de la Syrie a diminué d’au moins 50% entre 2010 et 2019. Plus de 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté et plus de 50% dans l’extrême pauvreté. Dans cet État vulnérable, les marchés intérieurs syriens ont été inondés par des importations bon marché.

L’Iran, capitalisant sur son soutien militaire et politique au régime du président syrien Bachar al-Assad, a élargi ses exportations vers la Syrie, exploitant et exacerbant l’effondrement de la base manufacturière nationale du pays en monopolisant des marchés entiers.

L’effondrement de l’industrie nationale depuis le début de la guerre en 2011 a doté les hommes d’affaires proches du régime d’Al-Assad d’avantages lucratifs, leur permettant d’importer des produits fabriqués à des prix bas depuis l’Iran, au détriment des producteurs syriens.

Bien que peu d’accords de reconstruction grandioses entre Téhéran et Damas aient déjà vu le jour, l’Iran a réussi à percer dans les industries pharmaceutique et alimentaire syriennes, écrasant ainsi la concurrence locale.

Avant le soulèvement qui a déclenché la guerre civile, l’industrie pharmaceutique de la Syrie était en plein essor; environ soixante-dix usines dans tout le pays ont satisfait 93% de la demande intérieure et exporté vers soixante pays environ.

Cependant, une décennie de guerre a ruiné ces usines et le réseau électrique nécessaire pour soutenir ces industries. La violence et la persécution ont conduit un très grand nombre de travailleurs qualifiés à l’exil, tandis que les sanctions ont bloqué l’accès aux matières premières et aux pièces de machines.

Les ampoules fabriquées en Iran ont inondé le marché syrien. (Photo fournie)
Les ampoules fabriquées en Iran ont inondé le marché syrien. (Photo fournie)

En conséquence, la capacité globale de production pharmaceutique de la Syrie avait chuté d’environ 75% en 2020.

«Les ingrédients actifs des médicaments sont très difficiles à importer et coûtent très cher», déclare Hamed, un étudiant en pharmacie sur le point d’être diplômé d’une grande université syrienne, à Arab News.

«De nombreuses usines ont arrêté les chaînes de production en raison de pénuries d’ingrédients actifs et d’énergie.»

Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)
Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)

La crise à laquelle fait face le secteur pharmaceutique syrien, ainsi que des défis similaires dans le secteur agricole national, ont été aggravés par une forte dévaluation de la monnaie qui a commencé fin 2019. Cette dévaluation, en lien avec la crise bancaire du Liban voisin, a conduit à une flambée des prix au niveau de l’importation de composants cruciaux – y compris les semences, les pesticides, les engrais, le diesel et les matières premières nécessaires à la fabrication de médicaments.

Les entreprises et industriels syriens avaient depuis longtemps déposé leurs capitaux dans des banques libanaises pour éviter les sanctions occidentales. Lorsqu’on a assisté à l’effondrement de la monnaie libanaise, les dépôts syriens ont également chuté.

Pendant ce temps, l’effroyable déclin du réseau électrique syrien en raison des nombreuses années de combats et de négligence a rendu la production encore plus chère, puisque les usines et les entrepôts frigorifiques ont été forcés de compter sur des générateurs privés coûteux.

Les coupures de courant en Syrie ont obligé les usines et les entrepôts frigorifiques à compter sur des générateurs privés coûteux. (AFP)
Les coupures de courant en Syrie ont obligé les usines et les entrepôts frigorifiques à compter sur des générateurs privés coûteux. (AFP)

Tout cela vient s’ajouter à la corruption endémique, qui a longtemps nécessité le versement de pots-de-vin aux responsables locaux, ainsi que la perte de personnel essentiel à cause de la conscription militaire et du déplacement.

Alors que les prix des produits fabriqués en Syrie montent en flèche, la demande étrangère et intérieure s’est évaporée et le marché des importations étrangères bon marché a explosé.

Les politiques protectionnistes du régime sont tout aussi perturbatrices. Selon Hamed, les «limites imposées par le ministère de la Santé» aux prix et à l’exportation des médicaments fabriqués en Syrie ont rendu la fabrication locale non rentable et ont alimenté encore plus la croissance du marché noir.

L’effondrement de la livre syrienne a permis aux importateurs iraniens de saisir toutes les exportations syriennes qu’ils pouvaient trouver. (AFP)
L’effondrement de la livre syrienne a permis aux importateurs iraniens de saisir toutes les exportations syriennes qu’ils pouvaient trouver. (AFP)

La destruction de la capacité de production de la Syrie, doublée d’une dépréciation de la monnaie iranienne après plusieurs années de sanctions occidentales, est une aubaine pour les exportateurs iraniens qui ont pu inonder le marché syrien de produits bon marché.

L’Iran a particulièrement réussi à exporter des produits pharmaceutiques vers la Syrie, le Liban et l’Irak. Il a organisé des foires commerciales et signé des accords de distribution en sa faveur, même si de nombreux consommateurs considèrent les médicaments fabriqués en Iran comme inférieurs aux normes.

Environ 75% des médicaments vendus sur le marché irakien sont introduits dans le pays via des passages frontaliers illégaux avec l’Iran. La date d’expiration de ces médicaments est souvent proche ou les ingrédients actifs nécessaires pour aider les patients en sont absents.

Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)
Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)

Selon Khedr, un pharmacien syrien vivant dans l’ouest du pays, la qualité des médicaments iraniens n’est «pas excellente» et on les trouve principalement dans les hôpitaux publics plutôt que dans les pharmacies privées, où les clients ont tendance à privilégier des solutions de rechange de meilleure qualité.

Abdallah, médecin dans un hôpital de Damas, est également sceptique quant à l’efficacité des médicaments iraniens.

«Les médicaments iraniens se trouvent dans tous les hôpitaux syriens et je les utilise également dans ma pratique, mais ils ne sont pas de bonne qualité», déclare-t-il à Arab News.

Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, cependant, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. Avec les pénuries qui sévissent, en partie à cause d’un marché noir de produits fabriqués localement, peu d’entre eux ont le choix de se procurer autre chose que les marques iraniennes.

Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. (AFP)
Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. (AFP)

« Les gens essaient d’éviter les médicaments iraniens et préfèrent se tourner vers ceux fabriqués localement», dit Hamed. «Mais, ces derniers mois, certains médicaments fabriqués en Syrie ont complètement disparu du marché puisqu’ils sont introduits en contrebande au Liban. Les gens comptent donc davantage sur la médecine iranienne.»

Les opioïdes fabriqués en Iran se retrouvent également sur le marché noir. Ces analgésiques peuvent créer une forte dépendance ou être mortels s’ils sont pris à fortes doses.

Selon Abdallah, ces médicaments «nécessitent des genres particuliers de prescriptions ou ne peuvent être trouvés que dans des institutions appartenant au ministère de la Santé parce qu’ils contiennent de la morphine et d’autres opiacés pour les analgésiques».

Il ajoute: «Si quelqu’un est en possession de ce type de médicaments (sans ordonnance appropriée), il peut être arrêté pour trafic de drogue. Mais ces médicaments inondent le marché et tout est fabriqué en Iran.»

En mai, la Chambre de commerce mixte syro-iranienne a organisé un forum à Téhéran, au cours duquel des représentants des secteurs privés des deux pays ont échangé des idées sur la manière de développer les relations commerciales.

«Notre plan est d’augmenter le niveau des échanges mutuels à un milliard de dollars (1 dollar = 0,95 euro) lors de la première phase. Mener à bien cet objectif nécessite la forte présence du secteur privé iranien sur les marchés syriens», explique Gholam-Hossein Shafeie, le chef de la chambre, aux délégués, selon le Tehran Times.

Le régime syrien a été en partie poussé dans les bras de Téhéran, pour reconstruire les infrastructures et relancer l’économie, en vertu de leur statut commun de paria. Les deux gouvernements ont subi les sanctions occidentales et l’isolement à l’échelle mondiale.

«Nous sommes prêts à coopérer avec le secteur privé iranien pour trouver des solutions en vue de supprimer les barrières et de neutraliser l’incidence des sanctions américaines», soutient Shafiq Dayoub, ambassadeur de Syrie en Iran, devant la chambre mixte

Le Premier ministre syrien Imad Khamis à droite et le vice-président iranien Eshaq Jahangiri se serrent la main après la signature d’un accord à Damas le 28 janvier 2019. (AFP)
Le Premier ministre syrien Imad Khamis à droite et le vice-président iranien Eshaq Jahangiri se serrent la main après la signature d’un accord à Damas le 28 janvier 2019. (AFP)

Cependant, un problème primordial auquel ce partenariat en développement fait face est le déséquilibre commercial massif entre les deux économies, ce qui signifie que la Syrie est le partenaire junior et permet à l’Iran de mettre en place ses conditions.

«Il n’y a pas suffisamment de devises étrangères en Syrie pour payer les exportations iraniennes et la Syrie n’a pas grand-chose à exporter vers l’Iran en retour», déclare Abbas Akbari, secrétaire du siège du développement des relations économiques syro-iraniennes.

Les confiseries iraniennes ont remplacé celles fabriquées localement dans de nombreuses régions en Syrie. (Photo fournie)
Les confiseries iraniennes ont remplacé celles fabriquées localement dans de nombreuses régions en Syrie. (Photo fournie)

Ce sont les agriculteurs et les industriels syriens qui paient le prix de ce déséquilibre commercial. Tout comme dans l’industrie pharmaceutique, un flux d’importations iraniennes bon marché, combiné aux contrôles stricts du régime syrien sur les exportations, a anéanti les moyens de subsistance des producteurs alimentaires locaux.

Autrefois, la Syrie était un grenier régional, regorgeant de terres fertiles et d’installations de production alimentaire, complétées par des importations en provenance de la Turquie voisine. Aujourd’hui, elle dépend presque entièrement des importations de produits frais et non périssables en provenance d’Iran.

Un vendeur ambulant attend des clients sur le marché principal de la ville d’Al-Bab, tenue par les rebelles, dans la province d’Alep, au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. (AFP)
Un vendeur ambulant attend des clients sur le marché principal de la ville d’Al-Bab, tenue par les rebelles, dans la province d’Alep, au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. (AFP)

Une fois de plus, la qualité de ces produits est largement considérée comme inférieure à celle des solutions de rechange, mais les prix plus bas signifient qu’ils constituent une option attrayante pour les consommateurs syriens pauvres.

«Aujourd’hui, j’ai cuisiné des macaroni fabriqués dans une usine qui porte le nom de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny», déclare Bassam, un agriculteur vivant à Hama, à Arab News.

Abou Omar, un agriculteur de l’ouest de Daraa, dit à Arab News qu’il est interdit aux agriculteurs du sud de la Syrie d’exporter leurs produits avant que les besoins du marché local soient satisfaits. Pourtant, au même moment, les produits iraniens sont autorisés à inonder le marché syrien pendant la saison des récoltes, ce qui nuit à la capacité des agriculteurs locaux à réaliser des bénéfices.

Sur cette photo, des Syriens travaillent dans un petit champ au sein d’un camp de réfugiés internes. (Photo publiée avec l’aimable autorisation de la FAO)
Sur cette photo, des Syriens travaillent dans un petit champ au sein d’un camp de réfugiés internes. (Photo publiée avec l’aimable autorisation de la FAO)

«L’agriculteur perd de l’argent à la fin de la récolte, puisqu’il achète des pesticides et du diesel en dollars, règle l’ingénieur agronome (fournissant les semences) en dollars et paye ses ouvriers», poursuit Abou Omar.

Les agriculteurs du sud de la Syrie ont fait appel au gouvernement pour obtenir une aide supplémentaire, mais peu d’entre eux osent suggérer que l’arrêt des importations iraniennes est nécessaire pour rétablir l’équilibre.

«C’est une politique de l’État. Une personne n’est pas en mesure de la changer», renchérit Abou Omar. «Et si vous donnez votre opinion, vous pouvez vous retrouver directement en prison.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: les négociations visent à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud affirme Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban. (AFP)
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  • "Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales"
  • Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a déclaré lundi que les négociations directes avec Israël visaient à mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans le sud du Liban.

"Le choix des négociations a pour objectif de mettre fin aux hostilités et à l'occupation israélienne dans des régions du sud du Liban, et de déployer l'armée jusqu'aux frontières internationales", a-t-il indiqué.

Selon un communiqué de la présidence, il a également précisé que l'ancien ambassadeur du Liban à Washington, Simon Karam, présidera la délégation libanaise "dans les négociations bilatérales", qui seront "séparées" d'autres discussions en cours, en référence aux pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis.

 

 


L'armée israélienne confirme que le soldat photographié frappant une statue de Jésus est israélien

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban. (AFP)
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  • "Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité"
  • Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant"

JERUSALEM: Le soldat pris en photo soulevant une masse pour frapper une statue de Jésus dans le sud du Liban fait partie de l'armée israélienne, a confirmé celle-ci dans la nuit après l'ouverture d'une enquête dimanche.

"À l'issue d'un premier examen (...) il a été établi que cette photographie montre un soldat des forces israéliennes en mission dans le sud du Liban", a écrit l'armée lundi peu après minuit sur son compte X, alors que le cliché circule largement sur les réseaux sociaux.

Israël a pris le contrôle de plusieurs secteurs dans le sud du Liban, fief du Hezbollah, après que le mouvement pro-iranien a attaqué Israël le 2 mars en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran. Un cessez-le-feu est entré en vigueur vendredi au Liban.

"Des mesures appropriées seront prises à l'encontre des personnes impliquées, conformément aux conclusions de l'enquête", a ajouté l'armée, assurant traiter l'affaire avec "la plus grande sévérité".

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a condamné un acte "honteux et dégradant".

"Je suis convaincu que des mesures sévères nécessaires seront prises contre les auteurs de cet acte ignoble", a-t-il écrit sur X.

"Nous présentons nos excuses pour cet incident et à tous les chrétiens dont les sentiments ont été blessés".

Plus tôt dimanche, le porte-parole militaire israélien Nadav Shoshani avait annoncé que l'armée examinait l'authenticité du cliché.

L'image montre un soldat israélien utilisant une masse pour frapper la tête d'une statue de Jésus crucifié tombée de sa croix.

Des médias arabes ont affirmé que la statue se trouvait dans le village chrétien de Debl, dans le sud du Liban, près de la frontière avec Israël.

La municipalité de Debl a indiqué à l'AFP que la statue se trouvait bien dans le village, mais n'a pas pu confirmer qu'elle avait été endommagée.

L'armée israélienne a encore assuré "aider la communauté à remettre la statue en place" et indiqué n'avoir "aucune intention de porter atteinte aux infrastructures civiles, y compris aux édifices religieux ou aux symboles religieux".

Les troupes israéliennes sont restées dans la zone et ont démoli dimanche de nouvelles maisons, selon l'agence de presse officielle libanaise, ANI.


En pleine trêve, Israël poursuit les démolitions dans le sud du Liban

 L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat. (AFP)
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  • L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes"
  • L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate"

BEYROUTH: L'armée israélienne, qui a reçu pour ordre d'user de "toute sa force" en cas de menace malgré la trêve avec le Hezbollah pro-iranien, a démoli dimanche de nouvelles maisons dans le sud du Liban, selon un média d'Etat.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi avons donné pour instruction aux forces de défense israéliennes d'agir avec toute leur force, tant au sol que dans les airs, y compris pendant le cessez-le-feu, afin de protéger nos soldats au Liban contre toute menace", a déclaré le ministre de la Défense, Israël Katz.

Il a ajouté que l'armée avait également reçu l'ordre de démolir toute structure ou route qui était "piégée" et menaçait les soldats.

L'objectif est "de détruire les maisons dans les villages proches de la frontière qui servaient, à tous égards, de postes avancés terroristes du Hezbollah et menaçaient les communautés israéliennes", a-t-il dit.

L'armée israélienne a par ailleurs déclaré avoir tué un "terroriste armé" qui "avait violé les modalités du cessez-le-feu" en s'approchant de soldats et qui avait représenté "une menace immédiate".

"Fait accompli" 

Israël "continue de détruire ce qu'il reste des maisons dans la ville de Bint Jbeil", a indiqué l'Agence de presse officielle libanaise (ANI).

Située à près de cinq kilomètres de la frontière, elle a été le théâtre de violents combats entre l'armée israélienne et le Hezbollah avant le cessez-le-feu, entré en vigueur vendredi.

Des opérations israéliennes similaires de ratissage et de destruction de maisons à l'explosif ont eu lieu dans plusieurs autres localités frontalières, selon l'agence, qui a aussi fait état "de tirs d'artillerie" israéliens dans un cas.

Elles sont toutes situées derrière la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne dit avoir établie, comme dans la bande de Gaza.

Elle a publié dimanche une carte montrant sa "ligne de défense avancée" et une zone en rouge le long de la frontière, où ses forces opèrent pour démanteler les sites du Hezbollah et "prévenir les menaces directes" contre les populations du nord d'Israël.

La Turquie a accusé Israël de chercher à créer un "fait accompli" au Liban et dénoncé, par la voix de son chef de la diplomatie Hakan Fidan, "l'expansionnisme" israélien.

Le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars, lorsque le Hezbollah a attaqué Israël en représailles à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a répondu par des frappes massives, qui ont fait plus de 2.300 morts et un million de déplacés, et par une invasion dans le sud du pays.

Routes et ponts réparés 

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam doit être reçu mardi à Paris, une visite qui intervient après la mort samedi d'un Casque bleu français dans une embuscade attribuée au Hezbollah, qui a démenti être responsable.

Dénonçant une "attaque inacceptable", le président français Emmanuel Macron "appellera les autorités libanaises à faire toute la lumière sur celle-ci, à identifier et poursuivre sans délai les responsables", selon l'Elysée.

Une cérémonie a été organisée à l'aéroport de Beyrouth avant le rapatriement de la dépouille du sergent-chef Florian Montorio.

Il a été "décoré à titre posthume de médailles de l'ONU et de l'armée libanaise en signe de reconnaissance de son dévouement en faveur de la paix dans le sud du Liban", a indiqué un communiqué de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban).

Si la situation reste très instable dans le pays, l'armée libanaise profite de l'arrêt des hostilités pour réparer des infrastructures endommagées. Elle a annoncé avoir rouvert une route et réparé des ponts auparavant rendus impraticables par des frappes israéliennes sur le sud.

Des frappes de l'armée israélienne sur des ponts franchissant le fleuve Litani, à environ 30 km au nord de la frontière, avaient quasiment isolé le sud du Liban du reste du pays.

Si des déplacés se sont empressés de rentrer chez eux, nombreux sont ceux qui hésitent à revenir au vu de la fragilité du cessez-le-feu ayant suspendu les hostilités en cours depuis le 2 mars.

Dans le village de Debbine, un homme inspectait les dégâts causés à sa maison et des personnes déambulaient près des décombres de bâtiments détruits, a constaté un correspondant de l'AFP.

Plus au sud, des habitants de Srifa ont déchargé leurs affaires, matelas et machine à laver, mais ailleurs d'autres sont venus récupérer leurs effets personnels avant de repartir.