Somalie: le député Hamza Abdi Barre nommé Premier ministre

Lors d'une conférence de presse commune, le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a déclaré avoir «pris cette décision après avoir reconnu les connaissances, l'expérience et les capacités de Hamza». (Photo, AFP)
Lors d'une conférence de presse commune, le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a déclaré avoir «pris cette décision après avoir reconnu les connaissances, l'expérience et les capacités de Hamza». (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 15 juin 2022

Somalie: le député Hamza Abdi Barre nommé Premier ministre

Lors d'une conférence de presse commune, le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a déclaré avoir «pris cette décision après avoir reconnu les connaissances, l'expérience et les capacités de Hamza». (Photo, AFP)
  • Député de l'Etat du Jubaland (sud) âgé de 48 ans et membre du parti du président, Hamza Abdi Barre devient le 21e Premier ministre de la Somalie, succédant à Mohamed Hussein Roble qui occupait le poste depuis septembre 2020
  • Hamza Abdi Barre s'est dit mercredi «très heureux d'avoir (la) confiance» du président

MOGADISCIO: Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud a nommé mercredi le député Hamza Abdi Barre au poste de Premier ministre pour tenter de redresser ce pays instable de la Corne de l'Afrique, confronté notamment à une insurrection islamiste et une famine imminente. 

Député de l'Etat du Jubaland (sud) âgé de 48 ans et membre du parti du président, Hamza Abdi Barre devient le 21e Premier ministre de la Somalie, succédant à Mohamed Hussein Roble qui occupait le poste depuis septembre 2020. 

Lors d'une conférence de presse commune, le président a déclaré avoir « pris cette décision après avoir reconnu les connaissances, l'expérience et les capacités de Hamza ». 

Il a demandé au parlement « d'approuver d'urgence le nouveau Premier ministre pour qu'il forme un gouvernement ». 

Cette nomination lance l'installation d'une nouvelle administration, un mois jour pour jour après l'élection d'Hassan Cheikh Mohamoud pour un deuxième mandat de président - après avoir dirigé le pays de 2012 à 2017. 

Cette élection était attendue pour mettre un terme à une profonde crise politique qui a miné le pays, retardant de plus d'un an les élections et détournant les autorités de priorités sécuritaires, humanitaires et économiques. 

Rupture 

Dans son discours d'investiture le 9 juin, Hassan Cheikh Mohamoud a promis d'oeuvrer à « la stabilité politique par la consultation, l'approbation mutuelle et l'unité entre (...) le gouvernement fédéral et les Etats membres fédéraux », affichant une rupture avec son prédécesseur. 

L'ancien président Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, nourrissait des relations conflictuelles avec son Premier ministre Mohamed Hussein Roble ainsi qu'avec plusieurs Etats fédérés, dont le Jubaland. 

Le choix du Premier ministre marque un peu plus cette rupture. 

Originaire du Jubaland, Hamza Abdi Barre a dirigé en 2019-2020 la commission électorale de cet Etat du sud du pays, où il a également été élu député en décembre, dans la grande ville portuaire de Kismayo, sous la bannière du parti créé par Hassan Cheikh Mohamoud. 

Il a occupé le poste de secrétaire général du Parti pour la paix et du développement - aujourd'hui Union pour la Paix et le Développement - de sa fondation en 2011 jusqu'en 2017. 

Il est également le premier Premier ministre issu du clan Ogaden, dont est également issu le président du Jubaland, Cheik Adan Mohamed Nour dit Cheikh Adan Madobe, qui était en conflit ouvert avec Farmajo. 

« Enorme tâche »  

Hamza Abdi Barre s'est dit mercredi « très heureux d'avoir (la) confiance » du président, évoquant l'« énorme tâche » qui l'attend et promettant « de travailler jour et nuit » pour mener à bien un ambitieux programme. 

A ses côtés, le président a énuméré les nombreuses « tâches prioritaires » qui l'attendent: « la sécurité, la sécheresse, la réconciliation, le développement social, la prévention des catastrophes causées par le changement climatique, la prise en charge générale du public somalien et travailler à l'amélioration des relations du pays avec le reste du monde ». 

Pays en proie à une instabilité chronique, la Somalie est notamment confrontée depuis 15 ans à l'insurrection des islamistes radicaux shebab, qui restent solidement implantés dans de vastes zones rurales. 

Ils ont profité des crises à répétition au sommet de l'exécutif ces derniers mois pour intensifier leurs attaques contre le gouvernement fédéral et les forces de sécurité. 

Mais le pays fait également face à la menace d'une famine imminente, causée par l'une des pires sécheresse depuis 40 ans. 

Les quatre dernières saisons des pluies depuis fin 2020 ont été insuffisantes et 7,1 millions de Somaliens, soit près de la moitié de la population, vivent dans la faim, dont 213 000 sont au bord de la famine, selon l'ONU. 

Dans son discours d'investiture, le 9 juin, Hassan Cheikh Mohamoud a exhorté « le peuple somalien de la diaspora et le monde à jouer un rôle pour sauver notre peuple affecté par les sécheresses ». 


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"