Le corridor humanitaire de Bab al-Hawa en Syrie, otage d'un jeu géopolitique

Des années de conflit ont plongé des millions de Syriens dans la pauvreté (Photo, AFP).
Des années de conflit ont plongé des millions de Syriens dans la pauvreté (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 17 juin 2022

Le corridor humanitaire de Bab al-Hawa en Syrie, otage d'un jeu géopolitique

  • L'acheminement de l'aide de l'ONU directement dans les zones contrôlées par l'opposition dépend d'un mécanisme transfrontalier fragile
  • La fermeture de Bab al-Hawa «condamnerait les civils dans le besoin à la mort et à la faim», avertit le président du Conseil de sécurité de l'ONU

NEW YORK: Les quatre millions de personnes du nord-ouest de la Syrie qui dépendent de l'aide internationale pour survivre ne savent pas s'il y aura du pain sur leur table après le 10 juillet. C'est en effet à cette date qu'un mécanisme transfrontalier de l'ONU, de plus en plus fragile, permettant d'acheminer l'aide à la Syrie, doit expirer.
Le renouvellement de ce mécanisme doit faire l'objet d'un vote au Conseil de sécurité des Nations unies le mois prochain, alors que l'on craint que la Russie n'utilise son droit de veto dans le but de fermer le dernier point d'entrée de l'aide en Syrie, facilité par les Nations unies, Bab al-Hawa, à la frontière avec la Turquie.
Ferit Hoxha, représentant permanent de l'Albanie auprès des Nations unies et président du Conseil de sécurité pour le mois de juin, a déclaré à Arab News lors d'une conférence de presse que la fermeture de l'unique poste frontalier équivaudrait à «une condamnation à la mort, à la famine et à la faim pour des millions de personnes».

90% de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté, et de nombreuses familles sont obligées de fouiller dans les décharges pour survivre (Photo, AFP).


Il a ajouté: «J'espère que personne, ni la Russie ni aucun autre pays, ne prendra une telle décision: Condamner des civils dans le besoin à la mort et à la faim.»
Alors que les médias du monde entier ont peut-être cessé de compter le nombre de morts et de blessés dans le conflit syrien, la destruction généralisée des infrastructures civiles et le plus grand nombre de personnes déplacées à l'intérieur du pays dans le monde montrent que la guerre est loin d'être terminée.
La Syrie continue de connaître l'une des pires crises humanitaires au monde, avec 90% de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Selon le Programme alimentaire mondial (Pam), 14,6 millions de personnes ont désormais besoin d'une aide humanitaire afin de survivre, soit une augmentation de 1,2 million par rapport à l'année dernière.
L'effondrement de l'économie, associé à une pénurie alimentaire mondiale imminente due à la guerre en Ukraine, a ajouté un nouveau degré de complexité à la situation. Aujourd’hui, la menace de la famine frappe à la porte de la Syrie, prévient le Pam.

Des années de conflit ont plongé des millions de Syriens dans la pauvreté (Photo, AFP).


Ce mécanisme transfrontalier a été créé en 2014 pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire de l'ONU directement dans les zones syriennes contrôlées par l'opposition. Bien que le droit humanitaire international exige que toutes les livraisons d'aide passent par le gouvernement hôte, le régime du président syrien, Bachar Assad, a fait de l'aide une arme politique et l'a refusée à ses opposants, ce qui a incité le Conseil de sécurité à approuver l'utilisation de quatre points de passage le long de la frontière syrienne: Un depuis la Jordanie, un depuis l'Irak et deux depuis la Turquie.
Jusqu'en décembre 2019, les membres du Conseil de sécurité ont renouvelé le mandat de ces points de passage sans complication. En janvier 2020, cependant, la Russie, membre permanent, a utilisé son droit de veto afin de forcer la fermeture de tous les points de passage, sauf un: Bab al-Hawa.
Si ce dernier point de passage est fermé, car la crainte que cela se produise est réelle, les agences humanitaires affirment qu'elles ne pourront pas nourrir plus de 10% des personnes dans le besoin. En outre, il est pratiquement impossible de trouver une alternative aux opérations d'aide de l'ONU.

Un convoi transportant de l'aide humanitaire entre en Syrie depuis la Turquie par le poste frontalier de Bab al-Hawa, le 18 janvier 2022 (Photo, AFP).


«Le problème est que vous avez des organisations et des institutions qui sont en mode d'urgence depuis 12 ans», a indiqué Jomana Qaddour, cofondatrice de Syria Relief & Development, une organisation humanitaire active dans le nord-ouest de la Syrie.
«La crise syrienne a été si éprouvante  et si écrasante que planifier une réponse humanitaire massive maintenant, sous un parapluie totalement différent avec toutes les adhésions des différents acteurs, du niveau local aux donateurs internationaux, serait vraiment un exploit.»
Selon le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, les conséquences de la guerre en Ukraine sur la sécurité alimentaire sont «systématiques, graves et s'accélèrent». Il a averti que la guerre, combinée à d'autres crises, menace de déclencher une vague sans précédent de faim et de misère, laissant dans son sillage un chaos social et économique.
Déplorant la montée en flèche des prix des denrées alimentaires, le quasi-doublement du coût des engrais et les pénuries de maïs, de blé, de riz et d'autres aliments de base qui en résultent, Guterres a prévenu que si la crise alimentaire de cette année est due à un manque d'accès, «celle de l'année prochaine pourrait être le résultat d’un manque de nourriture».

Un camion transportant des colis d'aide du Programme alimentaire mondial traverse le village de Hazano, dans la campagne nord de la province syrienne d'Idlib sous le contrôle des rebelles, le 16 mai 2022 (Photo, Omar Haj Kadour/AFP).


 

Quelques Chiffres

*90% de la population syrienne vit sous le seuil de pauvreté. 

*14,6 millions de Syriens dépendent de l'aide humanitaire.

Alors que les Nations unies préviennent qu'aucun pays ne sera épargné par les pénuries alimentaires imminentes, en particulier ceux qui sont déjà vulnérables, on ne peut qu'imaginer la gravité dévastatrice de leurs effets sur un pays comme la Syrie, qui subit des conditions similaires depuis douze ans de conflit.
À l'approche du vote du Conseil de sécurité en juillet, des négociations intensives en vue d'une nouvelle résolution visant à étendre le mécanisme transfrontalier se poursuivent à huis clos, sous la houlette de l'Irlande et de la Norvège, selon des sources de la mission irlandaise auprès des Nations unies.

Des activistes de la société civile, des services d'aide et des services médicaux et de secours forment une chaîne humaine le 2 juillet 2021 pour demander la poursuite du passage de l'aide humanitaire dans la région d'Idlib, contrôlée par les rebelles en Syrie (Photo, AFP).


Les deux pays sont les principaux défenseurs des questions humanitaires en Syrie auprès de l’ONU. L'année dernière, à la même époque, leurs ambassadrices auprès des Nations unies, Geraldine Byrne Nason et Mona Juul, ont été vues en train de se précipiter d'une salle des Nations unies à l'autre, pour tenter de rallier les membres du Conseil à une résolution qu'elles avaient rédigée pour autoriser à nouveau l’ouverture de Bab al-Hawa.
Lorsque la Russie et les États-Unis sont parvenus à un compromis sur cette question l'année dernière, le président américain, Joe Biden, a salué une victoire diplomatique. Le vote a eu lieu quelques jours seulement après qu'il ait tenu un sommet avec son homologue russe Vladimir Poutine, au cours duquel la question transfrontalière a été abordée.

Des camps de Syriens déplacés dans le village de Killi, près de Bab al-Hawa à la frontière avec la Turquie, dans la province d'Idlib, le 9 janvier 2021 (Photo, AFP).


Après l'adoption réussie de la résolution 2585 par le Conseil l'année dernière, les deux présidents ont admiré «le travail conjoint de leurs équipes respectives à la suite du sommet États-Unis-Russie qui a conduit au renouvellement unanime de l'aide humanitaire transfrontalière à la Syrie aujourd'hui au Conseil de sécurité».
Les États-Unis ont longtemps affirmé que des progrès dans le processus d'aide ouvriraient la porte à un engagement plus significatif avec la Russie sur certaines questions diplomatiques les plus épineuses concernant la Syrie, telles que la question des détenus et les victimes de disparitions forcées, le retour des réfugiés et les travaux du comité constitutionnel.
Cependant, cette fois-ci, les discussions diplomatiques entre les deux grandes puissances sont pratiquement au point mort depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février.
Linda Thomas-Greenfield, l'ambassadrice américaine auprès de l’ONU, a investi sa réputation personnelle dans la recherche d'une prolongation du mandat de Bab al-Hawa. Elle a abordé la question lors de plusieurs réunions qu'elle a organisées lorsque son pays a assuré la présidence du Conseil de sécurité en mai.

Linda Thomas-Greenfield, l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU (Photo, fournie).


Elle est également rentrée récemment d'un voyage officiel en Turquie, son deuxième cette année, au cours duquel elle s'est rendue à la frontière syrienne pour évaluer les conséquences potentielles si l'ONU était contrainte de mettre fin à ses livraisons humanitaires à Idlib en juillet. Elle a averti que sans aide, «des bébés mourront».
«Nous n'avons pas oublié la Syrie», a assuré Thomas-Greenfield, qui s'est engagée à faire «tout son possible» pour que le mandat des Nations unies pour la livraison de l’aide transfrontalière se poursuive et soit étendu afin de répondre aux besoins croissants sur le terrain. Elle a indiqué qu'elle tenterait d’entamer des discussions avec les diplomates russes à l'ONU pour maintenir l'acheminement de l’aide.
La mission russe à l'ONU n'a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires, mais Dmitry Polyanskiy, représentant permanent adjoint de Moscou à l'ONU, a récemment offert une vision pessimiste des perspectives de relance de la diplomatie avec Washington, mentionnant les «circonstances géopolitiques actuelles».

Convoi transportant de l'aide humanitaire stationné à la douane en Syrie après avoir traversé la Turquie depuis le poste frontalier de Bab al-Hawa, le 18 janvier 2022 (Photo, AFP).


La Russie affirme que ce mécanisme transfrontalier viole la souveraineté de la Syrie. Avec le soutien de la Chine, Moscou a fait pression pour que toute l'aide soit acheminée par le gouvernement d'Assad et attribue la crise humanitaire dans le pays déchiré par la guerre aux sanctions américaines et européennes contre le régime syrien.
Les détracteurs de la position de la Russie affirment que la priorité de Moscou n'est pas l'assistance transfrontalière et qu'elle cherche à utiliser son droit de veto comme influence pour obtenir un soutien à sa position sur la Syrie. Selon les critiques, les diplomates russes aux Nations unies ont lié le vote sur le mécanisme transfrontalier à des questions sans rapport avec celui-ci, telles que l'allègement des sanctions, les efforts de reconstruction et la lutte contre le terrorisme.
Alors que Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a affirmé à plusieurs reprises que les opérations transfrontalières comptaient parmi les mécanismes les plus transparents et les plus contrôlés au monde, la Russie affirme que l'aide qui y transite a bénéficié à des groupes terroristes désignés à Idlib et dans ses environs, tels que Hayat Tahrir al-Cham (Organisation de Libération du Levant).
Washington a déclaré une victoire lorsque le mécanisme transfrontalier a été renouvelé l'année dernière, mais Qaddour, qui en plus de son travail avec Syria Relief & Development est également chercheuse principal au Centre Rafik Hariri et aux programmes du Moyen-Orient au Conseil de l'Atlantique, pense que c'est la Russie qui a le plus profité de cette situation.

Jomana Qaddour (Photo fournie).


Selon elle, il est peu probable que l'extension du poste frontalier de Bab al-Hawa fasse l'objet d'un veto, car il s'agit d'une carte politique utile qui a été jouée à plusieurs reprises et qui le sera à nouveau à l'avenir.
Selon Qaddour, lors de chaque cycle de renouvellement, Moscou a été en mesure d’obtenir diverses concessions de la part de Washington et de ses alliés, telles qu'une résolution de l’ONU approuvant certains projets de redressement rapide qui étaient auparavant subordonnés à un règlement politique plus large, ainsi qu'un assouplissement des sanctions à l'encontre du régime d'Assad.
«Cette confusion sur ce que l'Occident gagne réellement de ces négociations le place, au minimum, en position de faiblesse», a déclaré Qaddour à Arab News. «Et, au maximum, ces négociations entravent la capacité des partenaires, tels que les organisations humanitaires, à continuer à compter sur l'aide de l'ONU.»
La guerre civile syrienne a offert à Poutine l'occasion de réintégrer la Russie en tant qu'acteur puissant dans la région en protégeant son allié et en faisant échouer ce qu'il considère comme une campagne de changement de régime menée par les États-Unis.
«La Syrie a été le théâtre de la résurgence russe», a souligné Qaddour. «Je ne peux pas être optimiste en pensant que ce sera un endroit que la Russie abandonne avec facilité. C'est quelque chose pour lequel la Russie va absolument continuer à se battre et à façonner.»

Des Syriens déplacés protestent contre le régime et son allié la Russie dans un camp de déplacés à Kafr Lusin, près du poste frontalier de Bab al-Hawa avec la Turquie, le 7 septembre 2018 (Photo, AFP).


Cela ne veut pas dire que la Syrie soit sur le point de figurer en tête de l'ordre du jour à Washington, a expliqué Qaddour.
«Est-ce que je me fais des illusions sur le fait que les États-Unis ou l'Occident sont en train de recalculer et de revenir en arrière pour placer la Syrie en tête de leur liste de priorités? Non. Je ne pense pas que quoi que ce soit indique une telle redéfinition des priorités dans le cercle de la politique étrangère américaine. L'Ukraine domine désormais tout», a soutenu Qaddour.
En attendant, même si le corridor d'aide n'est pas fermé, le nord-ouest de la Syrie reste l'une des zones les plus vulnérables du pays. Beaucoup d’analystes s'accordent à dire que le sort ultime du corridor se trouve à des milliers de kilomètres de là, à New York, où les appels à la réforme du Conseil de sécurité se font plus pressants depuis le début de la guerre en Ukraine. Ces réformes qui permettraient d'acheminer l'aide humanitaire aux personnes les plus vulnérables sans craindre qu'elle soit bloquée par le veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Rafah: douze personnes entrées en Egypte de Gaza au premier jour de la réouverture du passage

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens. (AFP)
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  • "Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun
  • Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés"

RAFAH: Douze personnes, des blessés et leurs accompagnants, sont entrées en Egypte de la bande de Gaza, au premier jour lundi de la réouverture très limitée du passage de Rafah, a déclaré mardi à l'AFP une source à la frontière.

"Cinq blessés et sept accompagnateurs" ont traversé le poste-frontière, a déclaré mardi la source, alors que le nombre maximum de patients de Gaza autorisés à entrer en Egypte avait été limité lundi à 50 avec deux accompagnants chacun, selon trois sources officielles à la frontière égyptienne.

Lundi, un responsable égyptien du ministère de la Santé a confirmé à l'AFP que trois ambulances ont transportés des patients palestiniens, qui "ont "été immédiatement examinés pour déterminer vers quel hôpital ils seraient transférés."

Les autorités égyptiennes ont mobilisé 150 hôpitaux et 300 ambulances, de même que 12.000 médecins et 30 équipes d'urgence pour accueillir les patients de Gaza, selon AlQahera News, un média d'Etat proche des renseignements égyptiens.

Quelque "20.000 patients, dont 4.500 enfants" ont "un besoin urgent de soins", selon Mohammed Abou Salmiya, directeur du principal hôpital du territoire palestinien, Al-Chifa.

Le nombre de personnes ayant pu rentrer dans la bande de Gaza n'a pas été communiqué officiellement.

Lundi, des bus blancs, qui avaient acheminé plus tôt dans la journée des Palestiniens d'Egypte vers le territoire palestinien ont retraversé le poste-frontière à vide, selon des images de l'AFP.

Fermé depuis mai 2024 par l'armée israélienne, le passage de Rafah a rouvert lundi au compte-gouttes dans les deux sens, avec d'importantes restrictions imposées par Israël, mais sans ouverture à l'entrée d'aide humanitaire internationale.

Ce seul passage entre la bande de Gaza et le monde extérieur sans passer par Israël a été rouvert au surlendemain de frappes israéliennes sur le territoire palestinien qui ont fait des dizaines de morts, selon la Défense civile dans la bande de Gaza, l'armée affirmant avoir riposté à la sortie de combattants palestiniens d'un tunnel dans la zone qu'elle contrôle à Rafah.

La réouverture de Rafah constitue une "fenêtre d'espoir" pour les habitants de Gaza, a estimé lundi Ali Shaath, chef du Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG) chargé de gérer le territoire pendant une période transitoire sous l'autorité du "Conseil de paix" présidé par Donald Trump.

La réouverture de la frontière devrait aussi permettre l'entrée à Gaza, à une date encore inconnue, des 15 membres qui constituent le NCAG.

 

 


Le président turc Erdogan arrive en Arabie saoudite

Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
Erdogan a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad. (SPA)
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  • Erdogan doit rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane
  • Il a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed ben Abdulrahmane bin Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad

RIYAD: Le président turc Recep Tayyip Erdogan est arrivé mardi à Riyad pour une visite officielle en Arabie saoudite.

Erdogan doit rencontrer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.

Il a été reçu à l'aéroport international King Khalid par le prince Mohammed bin Abdulrahman ben Abdulaziz, gouverneur adjoint de la région de Riyad, ainsi que par de hauts responsables saoudiens, dont le maire de Riyad, le prince Faisal ben Abdulaziz bin Ayyaf, et le ministre du Commerce, Majid Al-Qasabi.


La FINUL  condamne l'utilisation «inacceptable» de produits chimiques alors que les frappes israéliennes s'intensifient

Joseph Aoun et Felipe VI. (Fourni)
Joseph Aoun et Felipe VI. (Fourni)
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  • Le ministère de l'Environnement et la mission de l'ONU s'inquiètent des effets potentiels d'une substance non identifiée répandue par Israël sur les terres agricoles dans les zones frontalières
  • Lors de sa visite en Espagne, le président Joseph Aoun demande à la communauté internationale d'exercer des pressions sur Israël pour qu'il cesse ses attaques contre le Liban et de conclure des accords sur le déploiement des forces de maintien de la paix

BEYROUTH: Une personne a été tuée et huit autres blessées par des frappes israéliennes au nord et au sud du fleuve Litani lundi, alors que les hostilités contre le Liban s'intensifient. Les autorités israéliennes ont déclaré que les frappes visaient "l'infrastructure militaire du Hezbollah", mais des zones résidentielles ont également été touchées, causant des dommages aux bâtiments et aux quartiers.

L'escalade s'est déroulée alors que des rapports indiquaient que les forces israéliennes avaient répandu des substances chimiques dans des zones situées le long de la ligne bleue qui sépare le Liban d'Israël, y compris sur des terres agricoles libanaises, ce qui a suscité la condamnation de la force intérimaire des Nations unies au Liban et du ministère libanais de l'environnement.

Le ministère a qualifié l'incident d'"anéantissement environnemental visant à saper la résilience des habitants du Sud-Liban".

Lundi, un drone israélien a frappé une voiture à Ansariyeh, dans la zone de Zahrani du district de Sidon, et a tué le commandant de terrain du Hezbollah, Abbas Ghadboun, selon les messages du groupe annonçant et déplorant sa mort.

Le ministère libanais de la santé a déclaré que quatre civils avaient été blessés au cours de l'incident. Israël a déclaré que son opération dans la région avait visé "un terroriste du Hezbollah".

Par ailleurs, quatre personnes ont été blessées lorsqu'une frappe aérienne a touché un véhicule à Al-Qlailah. L'armée israélienne a ensuite émis des avertissements d'évacuation à l'intention des habitants de Kfar Tebnit et d'Ain Qana, leur ordonnant de quitter deux bâtiments et la zone environnante parce que des frappes contre "l'infrastructure militaire du Hezbollah" étaient prévues. Les habitants ont déclaré qu'une dizaine de bâtiments résidentiels dans chaque ville avaient été endommagés par les frappes aériennes qui ont suivi.

Dans un autre incident, un drone a touché une voiture près de l'université de Phénicie, sur l'autoroute Zahrani-Tyre.

Ces dernières frappes font suite à une série d'attaques menées au cours des dernières 24 heures. Dimanche soir, un homme appelé Ali Al-Hadi Al-Haqani a été tué par une frappe de drone à Harouf, dans le district de Nabatieh. Un autre drone a touché la voiture d'Ali Daoud Amis, originaire d'Ebba, sur la route d'Al-Dweir. L'armée israélienne aurait déclaré qu'il était membre du Hezbollah et qu'il avait été tué.

L'armée israélienne a également mené des activités terrestres le long de la frontière tôt ce lundi, y compris une infiltration signalée dans la périphérie d'Ayta ash-Shaab, au cours de laquelle des explosifs ont été placés dans une maison qui a été détruite par la suite. Les forces ont également tiré des rafales de mitrailleuses en direction de la périphérie de Yaroun.

Les autorités israéliennes ont déclaré que les frappes visaient des membres et des installations du Hezbollah. Elles ont accusé le groupe de violer l'accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024 et de tenter de reconstituer ses capacités militaires. Les violations israéliennes de l'espace aérien libanais se sont étendues lundi jusqu'à la périphérie de Baalbek, dans l'est du pays.

En ce qui concerne les produits chimiques non identifiés largués par des avions israéliens dans des zones situées le long de la Ligne bleue, la Force intérimaire des Nations unies a déclaré avoir été informée par l'armée israélienne qu'elle prévoyait de mener une opération aérienne pour larguer ce qu'Israël a décrit comme une substance non toxique. La FINUL a indiqué que ses soldats de la paix avaient reçu l'ordre de garder leurs distances et de rester à couvert, ce qui a entraîné l'annulation de plus de dix opérations.

La FINUL a indiqué que ses patrouilles n'ont pas pu mener leurs activités normales le long d'environ un tiers de la Ligne bleue, et que ses opérations n'ont pas pu reprendre avant plus de neuf heures. Les soldats de la paix ont aidé l'armée libanaise à prélever des échantillons dans les zones touchées afin de déterminer les niveaux de toxicité.

La FINUL a déclaré que l'opération israélienne était "inacceptable" et contraire aux dispositions de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée par le Conseil en 2006 dans le but de résoudre le conflit qui opposait cette année-là Israël et le Hezbollah.

Elle a ajouté que de telles "actions délibérées et planifiées" limitaient non seulement la capacité des soldats de la paix à remplir leur mandat, mais mettaient aussi potentiellement en danger leur santé et celle des civils.

La mission de l'ONU s'est également inquiétée des effets possibles de la substance sur les terres agricoles et de la manière dont elle pourrait, à long terme, affecter le retour des civils dans leurs foyers et leurs moyens de subsistance dans les zones touchées.

Elle a indiqué que ce n'était pas la première fois qu'Israël larguait des substances non identifiées à partir d'un avion sur le territoire libanais et a réaffirmé que les survols israéliens constituaient des violations de la résolution 1701.

"Toute activité qui met en danger les civils et les soldats de la paix est un sujet de grave préoccupation", a déclaré la FINUL. "Nous appelons à nouveau l'armée israélienne à mettre fin à de telles actions et à coopérer avec les forces de maintien de la paix pour soutenir la stabilité que nous nous efforçons tous d'atteindre.

Le ministère libanais de l'environnement a déclaré avoir reçu des rapports de la municipalité d'Aita Al-Shaab et des villages voisins selon lesquels des avions israéliens avaient pulvérisé des substances soupçonnées d'être des pesticides.

La ministre de l'environnement, Tamara El-Zein, a déclaré avoir contacté le commandant de l'armée libanaise, le général Rodolphe Heikal, pour demander que des échantillons soient prélevés sur les sites pulvérisés afin de déterminer la nature des substances et de prendre les mesures qui s'imposent.

Si les substances s'avèrent toxiques, a ajouté Mme El-Zein, l'incident s'inscrira dans un contexte plus large. Elle a indiqué qu'environ 9 000 hectares de terres libanaises avaient été brûlés par Israël, à l'aide de phosphore blanc et de munitions incendiaires, au cours du dernier conflit avec le Hezbollah. Elle a qualifié ces actions de "destruction environnementale visant à saper la résilience des habitants du sud sur leur propre terre et à saper les fondements de leurs moyens de subsistance".

Au cours de cette visite, il a déclaré au Premier ministre espagnol Pedro Sanchez que le Liban "attache une grande importance" à la participation de l'Espagne à la conférence internationale prévue le 5 mars à Paris, qui vise à renforcer le soutien à l'armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure.

Le Liban cherche à encourager les pays qui fournissent des troupes à la FINUL à maintenir la présence de leurs forces de maintien de la paix dans le sud du Liban dans le cadre d'accords bilatéraux après la fin du mandat de la FINUL en décembre. Le palais présidentiel a déclaré que M. Aoun a reconnu l'importante contribution de l'Espagne aux opérations de maintien de la paix et a discuté avec M. Sanchez de la volonté du pays de maintenir la présence de ses troupes au Sud-Liban au-delà de cette date.

M. Sanchez a déclaré que toute décision sur la prolongation du déploiement espagnol après le départ des soldats de la paix de l'ONU serait prise après des discussions avec les partenaires de l'UE, et a ajouté que l'Espagne soutenait les mesures prises par les autorités libanaises pour renforcer la sécurité et la stabilité du pays.

M. Aoun a exprimé l'espoir que l'Espagne travaille avec l'UE pour faire pression sur les autorités israéliennes afin qu'elles mettent fin aux attaques contre le Liban et qu'elles appliquent les termes de l'accord de cessez-le-feu, dans le plein respect des dispositions de la résolution 1701.

Le président libanais a également souligné la nécessité de "nettoyer les zones où l'armée libanaise est déployée de la présence armée" d'autres groupes, et d'étendre l'autorité de l'État sur ces territoires. L'armée a besoin "d'équipements, de véhicules et de fournitures militaires pour pouvoir accomplir ses tâches", a-t-il ajouté.