Libye: migrantes violées en échange de nourriture, selon l'ONU

Cette photo prise lundi et distribuée mardi par Médecins Sans Frontières (Médecins Sand Frontières, MSF) montre une opération de sauvetage de 71 personnes d'un canot pneumatique en détresse, par l'équipage du navire de sauvetage de migrants Geo Barents de l'association. (Photo, AFP)
Cette photo prise lundi et distribuée mardi par Médecins Sans Frontières (Médecins Sand Frontières, MSF) montre une opération de sauvetage de 71 personnes d'un canot pneumatique en détresse, par l'équipage du navire de sauvetage de migrants Geo Barents de l'association. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 29 juin 2022

Libye: migrantes violées en échange de nourriture, selon l'ONU

Cette photo prise lundi et distribuée mardi par Médecins Sans Frontières (Médecins Sand Frontières, MSF) montre une opération de sauvetage de 71 personnes d'un canot pneumatique en détresse, par l'équipage du navire de sauvetage de migrants Geo Barents de l'association. (Photo, AFP)
  • Détenus de façon «arbitraire et systématique», ils sont victimes de «meurtre, de disparition forcée, de torture, réduits à l'esclavage, subissent des violences sexuelles, des viols et d'autres actes inhumains»
  • Des responsables libyens se retrouvent cette semaine à Genève pour discuter du projet de cadre constitutionnel pour les élections en Libye où deux gouvernements se disputent le pouvoir

GENÈVE: Meurtres, torture, esclavage... les migrants qui sont détenus de façon systématique en Libye sont victimes d'atroces exactions, en particulier les femmes qui sont violées en échange de nourriture et d'eau, ont dénoncé des enquêteurs de l'ONU mercredi. 

La Libye est plongée dans le chaos depuis la chute du régime du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011. Des responsables libyens se retrouvent cette semaine à Genève pour discuter du projet de cadre constitutionnel pour les élections en Libye où deux gouvernements se disputent le pouvoir. 

En parallèle, la mission d'enquête de l'ONU sur la Libye, qui s'est rendue plusieurs fois sur place, a publié mercredi un nouveau rapport. Les migrants, qui tentent de trouver un passage vers l'Europe, disent avoir « subi des violences sexuelles de la part de trafiquants et de passeurs, souvent dans le but d'extorquer leurs familles », selon ce rapport. 

« La Mission a des motifs raisonnables de croire que des crimes contre l'humanité sont commis contre des migrants en Libye », souligne-t-elle, réaffirmant ce qu'elle avait déjà indiqué précédemment. 

Ces milliers de migrants sont détenus dans des centres gérés par la Direction de la lutte contre la migration illégale (DCIM), dans des installations contrôlées par des groupes armés non étatiques ou retenus prisonniers par des trafiquants. 

Détenus de façon « arbitraire et systématique », ils sont victimes de « meurtre, de disparition forcée, de torture, réduits à l'esclavage, subissent des violences sexuelles, des viols et d'autres actes inhumains ». 

Les migrantes, y compris mineures, sont particulièrement vulnérables à ces violences sexuelles même si des hommes en sont également victimes, et disent avoir été « contraintes d'avoir des rapports sexuels (...) en échange de nourriture ou d'autres produits essentiels ». 

« Le risque connu de violences sexuelles en Libye est tel que certaines femmes et filles migrantes se font poser un implant contraceptif avant de s'y rendre pour éviter une grossesse non désirée due à ces violences », indiquent les auteurs du rapport. 

Une migrante, qui avait été retenue en captivité à Ajdabiya, leur a décrit comment ses ravisseurs exigeaient des rapports sexuels en échange d'eau, une eau dont elle avait besoin pour son enfant malade de six mois. 

La mission d'enquête, créée en juin 2020 par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, est chargée de documenter les exactions commises en Libye depuis 2016. Son mandat s'achève mais le groupe des pays africains a déposé un projet de résolution pour le prolonger de neuf mois. Il sera discuté en fin de semaine prochaine. 

En octobre dernier, les enquêteurs avaient assuré que des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Libye depuis 2016, y compris dans les prisons et contre les migrants. La liste des auteurs présumés de ces atrocités reste toutefois confidentielle. 

 


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.

 


Israël: deux anciens chefs de gouvernement s'unissent pour battre Netanyahu

L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.
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  • Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu
  • Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre

HERZLIYA: L'ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui avait été brièvement chef du gouvernement en 2022, se présenteront aux prochaines élections sur une liste commune, ont annoncé les deux hommes dimanche.

"Je suis heureux d'annoncer que ce soir, avec mon ami Yaïr Lapid, je réalise l'acte le plus sioniste et patriotique que nous ayons jamais accompli pour notre pays. Ce soir, nous nous unissons et fondons le parti "Beyahad" ("Ensemble", NDLR) sous ma direction, un parti qui mènera à une grande victoire et à l'ouverture d’une nouvelle ère pour notre beau pays", a déclaré M. Bennett lors d'une conférence de presse.

Naftali Bennett (droite) et Yaïr Lapid (centre) avaient formé ensemble un gouvernement en juin 2021 auquel a succédé fin 2022 le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu.

Selon les sondages, M. Bennett apparaît comme le candidat le mieux placé pour battre M. Netanyahu aux législatives prévues en octobre.

"Cette initiative conduit à l'unification du bloc du "camp du changement" et permet de concentrer tous les efforts pour conduire Israël vers la réparation nécessaire", a affirmé M. Lapid.

"Bennett est un homme de droite, mais de droite honnête, et il y a de la confiance entre nous", a encore dit M. Lapid.

M. Bennett a promis que si il était élu, il nommerait une commission nationale d'enquête sur les défaillances ayant conduit au massacre du 7 octobre 2023, ce que refuse le gouvernement actuel.

Il a aussi appelé l'ancien ministre Gadi Eizenkot (chef du parti centriste Yashar "Droit") à les rejoindre sur cette liste commune.

Fils d'immigrants américains, Naftali Bennett, 54 ans, ancien entrepreneur high-tech, qui a revendu sa start-up en 2005 pour 145 millions de dollars (110 millions d'euros), joue beaucoup sur son image d'ex-officier commando de l'armée israélienne, un profil lui assurant le soutien d'une partie de la jeunesse, surtout après plus de deux ans de guerre.

Ancien conseiller de Benjamin Netanyahu, M. Bennett s'est transformé au fil des années en farouche adversaire de la politique de son ancien mentor.

Il a dirigé plusieurs formations de droite avant de former un gouvernement d'union large en 2021 avec notamment le soutien d'une formation arabe.

Son nouveau colistier, Yaïr Lapid, 62 ans, est le fils du défunt journaliste et ministre Tommy Lapid, un rescapé de la Shoah, et de l'auteure reconnue Shulamit Lapid.

Journaliste vedette de la télévision, il est entré en politique en 2012 en créant le parti Yesh Atid ("Il y a un avenir"), s'imposant comme la seconde formation politique du pays et devenant depuis le chef de l'opposition, en dehors de la parenthèse de pouvoir et d'une brève participation à un gouvernement Netanyahu en 2014.