Réfugiés ukrainiens, l'incarnation de la crise mondiale des déplacés de force

Le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir leur pays (Photo fournie).
Le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir leur pays (Photo fournie).
Short Url
Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Réfugiés ukrainiens, l'incarnation de la crise mondiale des déplacés de force

  • D’après le rapport du HCR sur les tendances mondiales pour 2021, le nombre de personnes déplacées dans le monde a atteint 100 millions
  • L’Europe a volontiers accueilli 7 millions de réfugiés en provenance d’Ukraine tout en refusant des millions d’autres en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique

NEW YORK: Le mois dernier, les Nations unies ont célébré la Journée mondiale des réfugiés alors que le nombre de personnes qui ont été forcées de quitter leur foyer en raison de la guerre, de la persécution, de la violence et des violations des droits de l’homme s’élève désormais à plus de 100 millions.

Ce nombre est issu du rapport sur les tendances mondiales de l’agence des Nations unies pour les réfugiés, publié récemment.

Le rapport montre que cinq pays – la Syrie, le Venezuela, l’Afghanistan, le Sud-Soudan et le Myanmar – représentent plus des deux tiers des personnes déplacées dans le monde.

Les personnes contraintes de se déplacer à l’intérieur de leur propre pays – qualifiées de PDI – constituent la majorité des déplacés de force. La Syrie, le Yémen, l’Afghanistan, l’Éthiopie, la République du Congo et la Colombie, continuent d’accueillir les populations de PDI les plus importantes au monde.

Si les conflits actuels ne sont pas résolus et que l’on n'empêche pas l’éclatement de nouveaux conflits, le rapport des Nations unies prévient que le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir et leurs options devenir de plus en plus limitées.

La nature des mouvements de population sont devenus si complexes que les organismes d’aide se démènent pour trouver de nouveaux moyens de faire face à cet exode massif. Les gens fuient non seulement la violence, mais aussi les inégalités économiques, alors que l’écart de richesse continue de se creuser dans le monde.

La police anti-émeute détient un migrant lors d’affrontements près du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, le 2 mars 2020 (Photo, AFP).

Les changements climatiques, les sécheresses, les inondations et les catastrophes naturelles qui en résultent ont provoqué des déplacements encore plus importants. La crise alimentaire exacerbée par la guerre en Ukraine risque maintenant de provoquer une nouvelle vague de déplacements.

«La nature de ces flux est désormais si compliquée que les réponses d’aide sont également compliquées, difficiles à organiser et à gérer, et exposées à la manipulation de politiciens sans scrupules qui diabolisent à la fois les flux et les réponses, prétendant qu’il est impossible d’accueillir des réfugiés, et que la véritable réponse est, comme nous l’entendons dans de nombreux endroits, de “fermer les frontières et de repousser les gens”», a annoncé Filippo Grandi, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, lors d’une récente conférence à laquelle Arab News a assisté.

Le nombre de personnes déplacées dans le monde a augmenté chaque année au cours de la dernière décennie, approchant les 90 millions à la fin de 2021, soit plus du double du chiffre de 2001. La plupart des réfugiés viennent de Syrie, du Venezuela et d’Afghanistan.

Ce nombre a également été propulse par les nouvelles vagues de violence et de conflits dans des pays comme l’Éthiopie, le Burkina Faso, le Nigeria et le Congo.

Un bateau transportant des migrants, secouru après avoir été bloqué dans le détroit de Gibraltar (Photo, AFP).

La guerre en Ukraine a entraîné le déplacement le plus rapide et l’un des plus importants depuis la Seconde Guerre mondiale. En quatre mois seulement, près de 7 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, dépassant ainsi la crise syrienne qui, en douze ans, a déplacé plus de 6 millions de Syriens.

Grandi a salué la réponse humanitaire «assez extraordinaire» au conflit en Ukraine. Cependant, l’humanitaire italien, qui a commencé son rôle actuel au plus fort de la crise des réfugiés syriens en 2016, a déploré la différence de la réponse internationale entre les deux conflits.

«Si vous êtes bien financé en Ukraine, en Pologne ou dans l’UE, ce n’est pas le cas pour beaucoup d’autres situations. Nous avons l’Éthiopie depuis la fin de 2020 et tout au long de 2021. Nous avons eu la situation de l’Afghanistan durant l’été de l’année dernière», a indiqué Grandi, ajoutant que les crises en Syrie, au Soudan du sud et en Palestine ont ajouté au nombre grandissant de réfugiés.

«Du Bangladesh à la Colombie, nous avons une douzaine d’opérations pour lesquelles je suis très inquiet à cause du sous-financement», a-t-il dit. «Il est important de marteler et de faire passer le message que l’Ukraine ne peut pas être la seule réponse humanitaire.»

Lorsqu’en 2015, des foules de réfugiés syriens désespérés fuyant les combats à Alep se sont présentées aux portes de l’Europe, Grandi a déclaré que les dirigeants lui ont annoncé: «On est plein. Nous ne pouvons plus prendre personne.»

Des ressortissants ukrainiens fuyant le conflit dans leur pays se rassemblent au centre d’accueil mis en place pour eux après leur arrivée à l’aéroport Paris-Beauvais (Photo, AFP).

«Un bateau d’une quarantaine de personnes arrive en Sicile et les dirigeants se disputent au téléphone pour décider qui en prend combien et pour combien de temps», a-t-il déclaré. «Et maintenant, comment est-il soudainement possible qu’en six semaines, 7 millions de personnes arrivent et sont accueillies? Il y a eu des problèmes mais en général, ils ont été accueillis généreusement, efficacement et avec protection.»

«Je ne suis pas naïf», a avoué Grandi, «je comprends très bien le contexte. Je comprends que ce ne sera peut-être pas toujours comme ça. Mais cela prouve certainement un point important: Que répondre à l’afflux de réfugiés, à l’arrivée de personnes désespérées sur les côtes ou aux frontières des pays riches, n’est pas ingérable. Elle est en fait gérable de manière efficace, mais il faut une volonté politique.»

Cette volonté envers les 1,3 millions de demandeurs d’asile syriens qui sont arrivés en Europe en 2015 était largement inexistante et ces réfugiés ont souvent été accueillis au vitriol et à la haine, même de la part de hauts responsables gouvernementaux.

Viktor Orban, Premier ministre hongrois, a qualifié les demandeurs d’asile de «poison» et d’«envahisseurs musulmans».

«Il n’y a aucune chance, nous allons vous renvoyer. Ce continent ne sera pas votre patrie, vous avez votre propre patrie. C’est notre patrie, nous l’avons construite», a annoncé Orban en 2015.

Toujours en 2015, Marine Le Pen a comparé l’afflux de réfugiés à l’invasion barbare de Rome. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a qualifié les réfugiés en fuite de «fourmilière», et le Premier ministre polonais de l’époque, Jarosław Kacziński, a accusé les migrants d’être porteurs de maladies.

Cette attitude envers les réfugiés et les migrants n’as pas été abandonnée en 2015. En 2020, Matteo Salvini, ancien vice-Premier ministre italien, a affirmé que les migrants africains apportaient des maladies comme la tuberculose et la gale en Italie. Cependant, lors d’un direct sur Facebook en mars de cette année, Salvini s’est engagé à transporter les réfugiés ukrainiens en Italie.

«Bien sûr, si vous martelez dans l’opinion publique que les personnes qui arrivent vont voler vos emplois, menacer votre sécurité et détruire vos valeurs, l’opinion publique ne se tournera pas positivement vers les migrants entrants», a noté Grandi.

Le fait que les dirigeants européens n’aient pas utilisé une telle rhétorique contre les Ukrainiens a positivement prédisposé l’opinion publique à l’égard ceux qui sont venu chercher refuge, a déclaré Grandi.

«C’est l’attitude à adopter: Soyez constructifs. Transmettez le message que les politiciens ont transmis au sujet des Ukrainiens: Ces personnes sont dans le besoin.

«Les gens fuient parce qu’ils ont peur. Il n’y a pas que les Ukrainiens. Les Syriens ont fui les bombes. Les gens du Tigré ont fui les bombes, les gens du Sahel fuient soit les bombes, soit les attaques. Fuir l’insécurité est la même chose, que vous soyez Ukrainien ou Nicaraguayen. Et je pense qu’il est important de continuer à faire passer ce message.»

Les supporters de Borisov brandissent une bannière indiquant «Refugees Go Home» («Que les réfugies rentrent chez eux» durant le match aller du groupe E de l’UEFA Champions League entre le Bayer Leverkusen et le FC Bate Borisov (Photo, AFP).

Le rapport du HCR a dissipé les idées reçues selon lesquelles les crises de réfugiés ne touchent que les nations riches, ou ce que l’on appelle communément le Nord. En réalité, plus de 80% des réfugiés dans le monde ont fui vers des pays pauvres et à revenu intermédiaire.

«Personne n’a entendu parler des 150 000 Nicaraguayens accueillis par le Costa Rica», a ajouté Grandi. «Pourtant, c’est un gros problème pour le Costa Rica.»

De nombreuses nations occidentales considèrent les crises de réfugiés comme un problème qu’elles ne sont pas obligées de résoudre, alors même que le nombre de solutions dépendent désormais d’un accord entre l’Occident et la Russie, dont l’engagement diplomatique, en raison de la guerre en Ukraine, est pratiquement à l’arrêt.

«Les cicatrices de ces fractures entre l’Occident et la Russie, entre les grandes puissances du Conseil de sécurité, sur la coopération internationale sont telles qu’elles mettront longtemps à se refermer. Et pourtant, si elles ne guérissent pas, je ne sais pas comment nous feront face à ces crises mondiales», a affirmé Grandi.

Le préambule de la Convention des Nations unies sur les réfugiés de 1951 définit un réfugié comme une personne qui «ne bénéficie plus de la protection et de l’assistance» de son propre pays, et qui relève donc de la responsabilité de la communauté internationale dans son ensemble.

«Ce qui est intéressant», a déclaré Grandi, «c’est que les donateurs comprennent très bien qu’il ne peut y avoir d’inégalité dans la réponse».

Aucun autre exemple récent n’illustre peut-être autant cette abdication de responsabilité de la part de l’Occident que le «plan Rwanda» de la Grande-Bretagne, un projet qui vise à envoyer par avion au Rwanda, pour contrôle et traitement, toutes les personnes qui traversent la Manche sans autorisation.

Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (Photo, HCR).

Selon ce plan, le Royaume-Uni versera des fonds à un «fonds de transformation et d’intégration économique» du gouvernement rwandais et financera chaque migrant pour sa relocalisation et son hébergement temporaire.

«Nous ne soutenons pas cet accord», a déclaré Grandi. «Tout cela est faux et contraste tellement avec la générosité affichée envers les Ukrainiens.

«Le droit d’asile repose sur le fait que les personnes qui se trouvent sur le territoire d’un pays reçoivent une protection, surtout si ce pays est signataire de la convention et dispose des institutions nécessaires pour s’occuper des demandeurs d’asile. Exporter cette responsabilité vers un autre pays va à l’encontre de toute notion de partage international des responsabilités.»

«Le Royaume-Uni prétend faire cela pour sauver les gens de voyages dangereux. Permettez-moi d’en douter un peu. Sauver les gens d’un voyage dangereux, c’est bien. Mais est-ce là la véritable motivation de cet accord? J’en doute. Mais je pense que si le Royaume-Uni et d’autres pays voulaient vraiment que ces voyages dangereux cessent, alors il existe d’autres moyens de le faire.»

Grandi a indiqué que ce dispositif est un «nouveau jeu de balle qui se superpose au Rwanda», un pays qui, bien qu’ayant accueilli des dizaines de milliers de réfugiés congolais et burundais, ne dispose pas des structures nécessaires pour procéder à la détermination du statut de réfugié – structures qui sont bien en place en Angleterre.

«Je l’ai dit clairement à Priti Patel: Cet accord rend notre travail très difficile», a déclaré Grandi, faisant référence à la ministre britannique de l’Intérieur. «Le précédent que cela crée est catastrophique.»

Interrogé sur le fait de savoir si la crise mondiale de la sécurité alimentaire en cours était susceptible de pousser davantage de personnes à quitter leur foyer, Grandi a répondu qu’il «ne pouvait pas imaginer comment» il pourrait en être autrement.

Il a conclu en disant que, bien qu’il appelle le monde à aider à faire face aux conséquences du conflit, «le problème doit être résolu à la racine et la guerre doit être arrêtée. Les négociations doivent reprendre».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis vont retirer la Syrie de leur liste des Etats soutenant le terrorisme

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie. (AFP)
  • Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024
  • "C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont annoncé mercredi qu'ils allaient retirer la Syrie de leur liste noire des pays accusés de soutenir le terrorisme, une classification vieille de plusieurs dizaines d'années qui limitait les investissements dans ce pays.

Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a officiellement informé le Congrès de cette décision attendue de longue date, qui sera effective dans 45 jours, à moins que les parlementaires ne choisissent, de manière inattendue, de la bloquer.

Cette annonce survient après la rencontre en marge du sommet de l'Otan en Turquie entre Donald Trump et Ahmed al-Chareh, un ancien djihadiste devenu président de la Syrie après le coup d'Etat contre le régime de Bachar al-Assad en décembre 2024.

"C'est un autre pas historique de la part du président Trump pour donner au peuple syrien une chance de grandeur", a déclaré Marco Rubio dans un communiqué.

"Lever les sanctions contre la Syrie va débloquer le commerce international et les investissements, donner à la Syrie une chance de se reconstruire, et ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien", a-t-il poursuivi.

L'adoubement d'Ahmed al-Chareh par Donald Trump intervient malgré les réticences d'Israël, qui a mené à plusieurs reprises des frappes aériennes en Syrie.

Le président américain avait auparavant publiquement poussé en faveur d'un accord de paix entre Israël et la Syrie, mais a finalement choisi de lever cette classification malgré l'absence de progrès dans les négociations.

Dans son communiqué, Marco Rubio a expliqué que cette décision avait été prise après avoir reçu des "assurances formelles" de la part d'Ahmed al-Chareh selon lesquelles "la Syrie ne soutiendra pas d'actes de terrorisme international à l'avenir".

Il a soutenu qu'une "Syrie stable, unifiée et en paix avec elle-même et avec ses voisins ne sera pas seulement bénéfique pour la région, mais pour le monde entier".

Donald Trump avait commencé à lever la plupart des sanctions contre la Syrie il y a un an, après que la Turquie et l'Arabie saoudite l'ont encouragé à rencontrer Ahmed al-Chareh.

"Il fait un travail incroyable pour unifier la Syrie", a affirmé le président américain à son sujet lors de la rencontre à Ankara.

La Syrie était sur la liste américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme depuis sa création en 1979.

Après cette décision, seuls l'Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste.

 


Trump affirme que le cessez-le-feu avec l'Iran est « terminé»

Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan, en marge du sommet de l'Alliance à Ankara, le 8 juillet 2026. (AFP)
  • Donald Trump affirme que le dossier iranien est « terminé » pour lui, tout en laissant la porte ouverte à une reprise des négociations par ses émissaires
  • Les tensions restent vives entre Washington et Téhéran, sur fond de frappes, de représailles militaires et d'accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu

ANKARA: Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", ouvrant toutefois la porte à une reprise éventuelle des discussions.

"En ce qui me concerne, c'est terminé", a-t-il lancé au deuxième jour d'un sommet de l'Otan.

"C'est juste une perte de temps de discuter avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il ajouté.

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions, après l'avoir consulté.

Jared Kushner et Steve Witkoff sont "de bons négociateurs, ils veulent négocier", a-t-il ainsi affirmé, mais "ils doivent revenir vers moi".

Le président américain n'a pas eu de mots assez durs contre les dirigeants iraniens qu'il a qualifiés d'"ordures" avec qui il refusait désormais de discuter.

"Je ne veux plus avoir affaire à eux, ce sont des ordures. (...) ce sont des malades", a-t-il encore affirmé .

"Ils sont vicieux, ce sont des gens violents, et s'ils avaient l'arme nucléaire, ils l'utiliseraient", a-t-il ajouté, aux côtés du secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, affirmant avoir pourtant obtenu un accord avec l'Iran.

"Tout le monde est d'accord : pas d'arme nucléaire. On passe un marché. Ils sortent, plaisantent devant la presse, ils disent qu'on n'en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont fous", a-t-il encore déclaré.

Les Etats-Unis ont frappé plus de 80 cibles en Iran en riposte à des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien après les attaques de navires. Les deux camps s'accusent de violer leur protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique.


Les Etats-Unis réinstaurent leurs sanctions sur le pétrole iranien, dénoncent les actes de Téhéran dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit. (AFP)
  • Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même
  • Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont réinstauré mardi leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien en raison des actes "totalement inacceptables" de Téhéran à Ormuz, selon Washington, après plusieurs attaques de navires dans le détroit.

"Les agissements de l'Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis", a commenté un responsable gouvernemental américain auprès de l'AFP, sous le couvert de l'anonymat.

Le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions, venait de publier un document interdisant les "nouvelles transactions" d'hydrocarbures iraniens à compter du jour même.

Il s'agit d'un brusque revirement: fin juin, Washington avait suspendu jusqu'au 21 août son embargo sur le pétrole iranien dans le cadre du protocole d'accord avec Téhéran visant à mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La guerre a été déclenchée fin février par des bombardements israélo-américains sur l'Iran. La République islamique avait riposté en frappant Israël et des intérêts américains dans les pays du Golfe, mais aussi en bloquant la navigation dans le très stratégique détroit d'Ormuz, ce qui a fait flamber les prix du pétrole, depuis retombés.

Le protocole d'accord prévoyait la reprise du trafic maritime dans le détroit, où plusieurs navires ont récemment subi des attaques.

Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé à Téhéran la responsabilité de deux d'entre elles.

Le document publié mardi par les autorités américaines permet aux transactions conclues après le 21 juin d'être finalisées. La date limite est le 17 juillet.