Réfugiés ukrainiens, l'incarnation de la crise mondiale des déplacés de force

Le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir leur pays (Photo fournie).
Le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir leur pays (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Réfugiés ukrainiens, l'incarnation de la crise mondiale des déplacés de force

  • D’après le rapport du HCR sur les tendances mondiales pour 2021, le nombre de personnes déplacées dans le monde a atteint 100 millions
  • L’Europe a volontiers accueilli 7 millions de réfugiés en provenance d’Ukraine tout en refusant des millions d’autres en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique

NEW YORK: Le mois dernier, les Nations unies ont célébré la Journée mondiale des réfugiés alors que le nombre de personnes qui ont été forcées de quitter leur foyer en raison de la guerre, de la persécution, de la violence et des violations des droits de l’homme s’élève désormais à plus de 100 millions.

Ce nombre est issu du rapport sur les tendances mondiales de l’agence des Nations unies pour les réfugiés, publié récemment.

Le rapport montre que cinq pays – la Syrie, le Venezuela, l’Afghanistan, le Sud-Soudan et le Myanmar – représentent plus des deux tiers des personnes déplacées dans le monde.

Les personnes contraintes de se déplacer à l’intérieur de leur propre pays – qualifiées de PDI – constituent la majorité des déplacés de force. La Syrie, le Yémen, l’Afghanistan, l’Éthiopie, la République du Congo et la Colombie, continuent d’accueillir les populations de PDI les plus importantes au monde.

Si les conflits actuels ne sont pas résolus et que l’on n'empêche pas l’éclatement de nouveaux conflits, le rapport des Nations unies prévient que le XXIe siècle verra un nombre croissant de personnes contraintes de fuir et leurs options devenir de plus en plus limitées.

La nature des mouvements de population sont devenus si complexes que les organismes d’aide se démènent pour trouver de nouveaux moyens de faire face à cet exode massif. Les gens fuient non seulement la violence, mais aussi les inégalités économiques, alors que l’écart de richesse continue de se creuser dans le monde.

La police anti-émeute détient un migrant lors d’affrontements près du camp de Moria, sur l’île de Lesbos, le 2 mars 2020 (Photo, AFP).

Les changements climatiques, les sécheresses, les inondations et les catastrophes naturelles qui en résultent ont provoqué des déplacements encore plus importants. La crise alimentaire exacerbée par la guerre en Ukraine risque maintenant de provoquer une nouvelle vague de déplacements.

«La nature de ces flux est désormais si compliquée que les réponses d’aide sont également compliquées, difficiles à organiser et à gérer, et exposées à la manipulation de politiciens sans scrupules qui diabolisent à la fois les flux et les réponses, prétendant qu’il est impossible d’accueillir des réfugiés, et que la véritable réponse est, comme nous l’entendons dans de nombreux endroits, de “fermer les frontières et de repousser les gens”», a annoncé Filippo Grandi, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, lors d’une récente conférence à laquelle Arab News a assisté.

Le nombre de personnes déplacées dans le monde a augmenté chaque année au cours de la dernière décennie, approchant les 90 millions à la fin de 2021, soit plus du double du chiffre de 2001. La plupart des réfugiés viennent de Syrie, du Venezuela et d’Afghanistan.

Ce nombre a également été propulse par les nouvelles vagues de violence et de conflits dans des pays comme l’Éthiopie, le Burkina Faso, le Nigeria et le Congo.

Un bateau transportant des migrants, secouru après avoir été bloqué dans le détroit de Gibraltar (Photo, AFP).

La guerre en Ukraine a entraîné le déplacement le plus rapide et l’un des plus importants depuis la Seconde Guerre mondiale. En quatre mois seulement, près de 7 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, dépassant ainsi la crise syrienne qui, en douze ans, a déplacé plus de 6 millions de Syriens.

Grandi a salué la réponse humanitaire «assez extraordinaire» au conflit en Ukraine. Cependant, l’humanitaire italien, qui a commencé son rôle actuel au plus fort de la crise des réfugiés syriens en 2016, a déploré la différence de la réponse internationale entre les deux conflits.

«Si vous êtes bien financé en Ukraine, en Pologne ou dans l’UE, ce n’est pas le cas pour beaucoup d’autres situations. Nous avons l’Éthiopie depuis la fin de 2020 et tout au long de 2021. Nous avons eu la situation de l’Afghanistan durant l’été de l’année dernière», a indiqué Grandi, ajoutant que les crises en Syrie, au Soudan du sud et en Palestine ont ajouté au nombre grandissant de réfugiés.

«Du Bangladesh à la Colombie, nous avons une douzaine d’opérations pour lesquelles je suis très inquiet à cause du sous-financement», a-t-il dit. «Il est important de marteler et de faire passer le message que l’Ukraine ne peut pas être la seule réponse humanitaire.»

Lorsqu’en 2015, des foules de réfugiés syriens désespérés fuyant les combats à Alep se sont présentées aux portes de l’Europe, Grandi a déclaré que les dirigeants lui ont annoncé: «On est plein. Nous ne pouvons plus prendre personne.»

Des ressortissants ukrainiens fuyant le conflit dans leur pays se rassemblent au centre d’accueil mis en place pour eux après leur arrivée à l’aéroport Paris-Beauvais (Photo, AFP).

«Un bateau d’une quarantaine de personnes arrive en Sicile et les dirigeants se disputent au téléphone pour décider qui en prend combien et pour combien de temps», a-t-il déclaré. «Et maintenant, comment est-il soudainement possible qu’en six semaines, 7 millions de personnes arrivent et sont accueillies? Il y a eu des problèmes mais en général, ils ont été accueillis généreusement, efficacement et avec protection.»

«Je ne suis pas naïf», a avoué Grandi, «je comprends très bien le contexte. Je comprends que ce ne sera peut-être pas toujours comme ça. Mais cela prouve certainement un point important: Que répondre à l’afflux de réfugiés, à l’arrivée de personnes désespérées sur les côtes ou aux frontières des pays riches, n’est pas ingérable. Elle est en fait gérable de manière efficace, mais il faut une volonté politique.»

Cette volonté envers les 1,3 millions de demandeurs d’asile syriens qui sont arrivés en Europe en 2015 était largement inexistante et ces réfugiés ont souvent été accueillis au vitriol et à la haine, même de la part de hauts responsables gouvernementaux.

Viktor Orban, Premier ministre hongrois, a qualifié les demandeurs d’asile de «poison» et d’«envahisseurs musulmans».

«Il n’y a aucune chance, nous allons vous renvoyer. Ce continent ne sera pas votre patrie, vous avez votre propre patrie. C’est notre patrie, nous l’avons construite», a annoncé Orban en 2015.

Toujours en 2015, Marine Le Pen a comparé l’afflux de réfugiés à l’invasion barbare de Rome. Le Premier ministre britannique, David Cameron, a qualifié les réfugiés en fuite de «fourmilière», et le Premier ministre polonais de l’époque, Jarosław Kacziński, a accusé les migrants d’être porteurs de maladies.

Cette attitude envers les réfugiés et les migrants n’as pas été abandonnée en 2015. En 2020, Matteo Salvini, ancien vice-Premier ministre italien, a affirmé que les migrants africains apportaient des maladies comme la tuberculose et la gale en Italie. Cependant, lors d’un direct sur Facebook en mars de cette année, Salvini s’est engagé à transporter les réfugiés ukrainiens en Italie.

«Bien sûr, si vous martelez dans l’opinion publique que les personnes qui arrivent vont voler vos emplois, menacer votre sécurité et détruire vos valeurs, l’opinion publique ne se tournera pas positivement vers les migrants entrants», a noté Grandi.

Le fait que les dirigeants européens n’aient pas utilisé une telle rhétorique contre les Ukrainiens a positivement prédisposé l’opinion publique à l’égard ceux qui sont venu chercher refuge, a déclaré Grandi.

«C’est l’attitude à adopter: Soyez constructifs. Transmettez le message que les politiciens ont transmis au sujet des Ukrainiens: Ces personnes sont dans le besoin.

«Les gens fuient parce qu’ils ont peur. Il n’y a pas que les Ukrainiens. Les Syriens ont fui les bombes. Les gens du Tigré ont fui les bombes, les gens du Sahel fuient soit les bombes, soit les attaques. Fuir l’insécurité est la même chose, que vous soyez Ukrainien ou Nicaraguayen. Et je pense qu’il est important de continuer à faire passer ce message.»

Les supporters de Borisov brandissent une bannière indiquant «Refugees Go Home» («Que les réfugies rentrent chez eux» durant le match aller du groupe E de l’UEFA Champions League entre le Bayer Leverkusen et le FC Bate Borisov (Photo, AFP).

Le rapport du HCR a dissipé les idées reçues selon lesquelles les crises de réfugiés ne touchent que les nations riches, ou ce que l’on appelle communément le Nord. En réalité, plus de 80% des réfugiés dans le monde ont fui vers des pays pauvres et à revenu intermédiaire.

«Personne n’a entendu parler des 150 000 Nicaraguayens accueillis par le Costa Rica», a ajouté Grandi. «Pourtant, c’est un gros problème pour le Costa Rica.»

De nombreuses nations occidentales considèrent les crises de réfugiés comme un problème qu’elles ne sont pas obligées de résoudre, alors même que le nombre de solutions dépendent désormais d’un accord entre l’Occident et la Russie, dont l’engagement diplomatique, en raison de la guerre en Ukraine, est pratiquement à l’arrêt.

«Les cicatrices de ces fractures entre l’Occident et la Russie, entre les grandes puissances du Conseil de sécurité, sur la coopération internationale sont telles qu’elles mettront longtemps à se refermer. Et pourtant, si elles ne guérissent pas, je ne sais pas comment nous feront face à ces crises mondiales», a affirmé Grandi.

Le préambule de la Convention des Nations unies sur les réfugiés de 1951 définit un réfugié comme une personne qui «ne bénéficie plus de la protection et de l’assistance» de son propre pays, et qui relève donc de la responsabilité de la communauté internationale dans son ensemble.

«Ce qui est intéressant», a déclaré Grandi, «c’est que les donateurs comprennent très bien qu’il ne peut y avoir d’inégalité dans la réponse».

Aucun autre exemple récent n’illustre peut-être autant cette abdication de responsabilité de la part de l’Occident que le «plan Rwanda» de la Grande-Bretagne, un projet qui vise à envoyer par avion au Rwanda, pour contrôle et traitement, toutes les personnes qui traversent la Manche sans autorisation.

Filippo Grandi, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (Photo, HCR).

Selon ce plan, le Royaume-Uni versera des fonds à un «fonds de transformation et d’intégration économique» du gouvernement rwandais et financera chaque migrant pour sa relocalisation et son hébergement temporaire.

«Nous ne soutenons pas cet accord», a déclaré Grandi. «Tout cela est faux et contraste tellement avec la générosité affichée envers les Ukrainiens.

«Le droit d’asile repose sur le fait que les personnes qui se trouvent sur le territoire d’un pays reçoivent une protection, surtout si ce pays est signataire de la convention et dispose des institutions nécessaires pour s’occuper des demandeurs d’asile. Exporter cette responsabilité vers un autre pays va à l’encontre de toute notion de partage international des responsabilités.»

«Le Royaume-Uni prétend faire cela pour sauver les gens de voyages dangereux. Permettez-moi d’en douter un peu. Sauver les gens d’un voyage dangereux, c’est bien. Mais est-ce là la véritable motivation de cet accord? J’en doute. Mais je pense que si le Royaume-Uni et d’autres pays voulaient vraiment que ces voyages dangereux cessent, alors il existe d’autres moyens de le faire.»

Grandi a indiqué que ce dispositif est un «nouveau jeu de balle qui se superpose au Rwanda», un pays qui, bien qu’ayant accueilli des dizaines de milliers de réfugiés congolais et burundais, ne dispose pas des structures nécessaires pour procéder à la détermination du statut de réfugié – structures qui sont bien en place en Angleterre.

«Je l’ai dit clairement à Priti Patel: Cet accord rend notre travail très difficile», a déclaré Grandi, faisant référence à la ministre britannique de l’Intérieur. «Le précédent que cela crée est catastrophique.»

Interrogé sur le fait de savoir si la crise mondiale de la sécurité alimentaire en cours était susceptible de pousser davantage de personnes à quitter leur foyer, Grandi a répondu qu’il «ne pouvait pas imaginer comment» il pourrait en être autrement.

Il a conclu en disant que, bien qu’il appelle le monde à aider à faire face aux conséquences du conflit, «le problème doit être résolu à la racine et la guerre doit être arrêtée. Les négociations doivent reprendre».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le cessez-le-feu ne tient qu'à un fil pour Trump, l'Iran se dit prêt à riposter

Le président Donald Trump s’exprime lors d’un événement lundi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington. (AP)
Le président Donald Trump s’exprime lors d’un événement lundi dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, à Washington. (AP)
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  • Donald Trump estime que le cessez-le-feu entre Washington et Téhéran est au bord de l’échec, rejetant la réponse iranienne aux propositions américaines et évoquant une possible reprise des opérations dans le détroit d’Ormuz
  • L’Iran affirme être prêt à riposter en cas d’attaque, tout en exigeant la levée du blocus américain et la reconnaissance de ses “droits légitimes”, alors que les tensions régionales et les prix du pétrole continuent de grimper

WASHINGTON: Donald Trump a estimé lundi que le cessez-le-feu était "sous assistance respiratoire" après avoir fustigé la réponse de l'Iran au plan américain visant à mettre fin durablement à la guerre, Téhéran se disant prêt à riposter en cas d'agression.

Après plus d'un mois de trêve, la voie diplomatique piétine entre Washington et Téhéran, qui s'envoient via le médiateur pakistanais des propositions pour consolider le cessez-le-feu, sans résultat concluant.

La réponse iranienne à la dernière offre américaine est "à mettre à la poubelle", a jugé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Le cessez-le-feu est sous assistance respiratoire massive, comme quand le docteur entre et dit: +Monsieur, votre être cher a exactement 1% de chances de vivre", a-t-il déclaré.

De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf a rétorqué sur X que l'Iran était prêt "à riposter et à donner une leçon" en cas d'agression.

Au cours d'un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a aussi dit lundi qu'il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran depuis l'offensive israélo-américaine du 28 février.

Il l'avait mise sur pause dès le 5 mai, au lendemain de son lancement, compte tenu des "grands progrès accomplis" par l'Iran vers un accord, qui n'a toutefois pas vu le jour.

Le Wall Street Journal a par ailleurs rapporté lundi que les Emirats arabes unis avaient mené eux-mêmes des opérations militaires contre l'Iran en avril, visant des installations pétrolières de l'île de Lavan, territoire iranien dans le Golfe.

Cette implication directe, non confirmée par Abu Dhabi, pourrait marquer un tournant dans l'escalade régionale: jusqu'à présent, aucun pays arabe du Golfe ne s'était ouvertement érigé en belligérant. Seuls les Etats-Unis et Israël revendiquent officiellement leur participation aux attaques contre Téhéran.

- "Droits légitimes de l'Iran" -

"La seule chose que nous avons exigée, ce sont les droits légitimes de l'Iran", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.

Avant d'énumérer les revendications de la République islamique: "la fin de la guerre dans la région" y compris au Liban, la levée du blocus américain des ports iraniens et "la libération des avoirs appartenant au peuple iranien, injustement bloqués depuis des années".

D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz et une levée simultanée du blocus américain.

Selon le quotidien américain, l'Iran mentionne des négociations sur le dossier nucléaire dans un délai de 30 jours. Il offrirait de "diluer" une partie de son uranium hautement enrichi et de transférer le reste dans un "pays tiers", mais refuserait un démantèlement de ses équipements et un moratoire sur 20 ans de son processus d'enrichissement d'uranium.

Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil.

Le blocage persistant du détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, fait à nouveau grimper les cours de l'or noir mardi.

Vers 04H15 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, évoluait en hausse de 0,90% à 105,15 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI), référence du marché américain, grimpait pour sa part de 1,03% à 99,08 dollars le baril.

- Risque de "crise humanitaire" -

Pour le patron du géant pétrolier saoudien Aramco, la guerre, qui a fait des milliers de morts principalement en Iran et au Liban, a déclenché le "plus grand choc énergétique" jamais connu dans le monde.

"Même si le détroit d'Ormuz rouvrait aujourd'hui, il faudrait encore des mois pour que le marché se rééquilibre", a affirmé Amin Nasser, estimant que les marchés pourraient ne retrouver un fonctionnement normal qu'en 2027.

Outre les hydrocarbures, Ormuz est essentiel au transport d'engrais mondiaux: un tiers y transite habituellement.

Son blocage risque de provoquer d'ici "quelques semaines" une "crise humanitaire majeure", a averti auprès de l'AFP Jorge Moreira da Silva, le chef d'un groupe de travail de l'ONU chargé de libérer le passage de ces matières cruciales.

"Téhéran ne montre aucun signe de capitulation" et "calcule que la hausse des prix mondiaux du pétrole et les pénuries de produits obligeront Trump à mettre fin au conflit sans obtenir les concessions majeures, notamment nucléaires, qu'il recherche", analyse le Centre de réflexion américain Soufan Center.

Au Liban, autre front de la guerre où une trêve est théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, le Hezbollah pro-iranien et Israël poursuivent leurs frappes.

De nouvelles discussions censées ouvrir la voie à des négociations de paix doivent se tenir jeudi et vendredi à Washington entre le Liban et Israël.


UE: accord politique pour sanctionner les colons extrémistes israéliens attendu lundi

L'Union européenne devrait parvenir à se mettre d'accord lundi pour sanctionner les colons extrémistes israéliens coupables de violences contre les Palestiniens en Cisjordanie, a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. (AFP)
L'Union européenne devrait parvenir à se mettre d'accord lundi pour sanctionner les colons extrémistes israéliens coupables de violences contre les Palestiniens en Cisjordanie, a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. (AFP)
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  • Des sanctions contre des responsables du mouvement palestinien Hamas, également bloquées en raison du veto hongrois sur les colons extrémistes, devraient également être adoptées
  • Sept colons extrémistes, ou leur organisation, sont concernés par ces sanctions ainsi que 12 responsables du Hamas et l'organisation elle-même

BRUXELLES: L'Union européenne devrait parvenir à se mettre d'accord lundi pour sanctionner les colons extrémistes israéliens coupables de violences contre les Palestiniens en Cisjordanie, a affirmé la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.

"Je m'attends à un accord politique sur les sanctions visant les colons violents, j'espère que nous y parviendrons", a-t-elle déclaré avant le début d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles.

Ces sanctions étaient bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie de Viktor Orban. Mais, depuis la victoire de Peter Magyar aux élections législatives du 12 avril, l'UE espère désormais que la voie est dégagée en vue d'un accord sur ces sanctions, qui prévoient un gel des avoirs dans l'Union européenne et une interdiction d'entrer dans l'UE.

Des sanctions contre des responsables du mouvement palestinien Hamas, également bloquées en raison du veto hongrois sur les colons extrémistes, devraient également être adoptées.

Sept colons extrémistes, ou leur organisation, sont concernés par ces sanctions ainsi que 12 responsables du Hamas et l'organisation elle-même.

Territoire palestinien miné par des violences quotidiennes, la Cisjordanie est occupée par Israël depuis 1967.

Début mai, au moins 1.069 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, y ont été tués par des soldats ou des colons israéliens depuis le début de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas le 7 octobre 2023, selon un décompte de l'AFP établi à partir de données de l'Autorité palestinienne.

 


Trump rejette la réponse de l'Iran, le pétrole repart à la hausse

Les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi, Donald Trump ayant sèchement rejeté la réponse de l'Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi, Donald Trump ayant sèchement rejeté la réponse de l'Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Avant même l'ouverture des marchés asiatiques, les prix du pétrole ont pris l'ascenseur, le baril de Brent gagnant 3,29% à 104,62 dollars lundi vers 02h20 GMT, alors que s'éloignait la perspective d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz
  • D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz, et une levée simultanée du blocus des ports iraniens par la marine américaine

WASHINGTON: Les prix du pétrole sont repartis à la hausse lundi, Donald Trump ayant sèchement rejeté la réponse de l'Iran aux propositions américaines pour mettre fin à la guerre.

"Je viens de lire la réponse des soi-disant +représentants+ de l'Iran. Je ne l'aime pas — C'EST TOTALEMENT INACCEPTABLE!", a écrit en lettres capitales le président américain dimanche soir dans un bref message sur son réseau Truth Social.

Avant même l'ouverture des marchés asiatiques, les prix du pétrole ont pris l'ascenseur, le baril de Brent gagnant 3,29% à 104,62 dollars lundi vers 02h20 GMT, alors que s'éloignait la perspective d'une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième de l'or noir consommé dans le monde et que l'Iran bloque depuis le début des hostilités le 28 février.

Après plus d'un mois de trêve entre les deux belligérants, les espoirs de règlement du conflit sont nébuleux, aucune des parties n'ayant dévoilé publiquement ses propositions.

Après des jours d'attente, l'Iran a annoncé dimanche avoir répondu au plan américain, mais sans donner de détails. La télévision publique iranienne s'est bornée à rapporter que la réponse de Téhéran, transmise via le médiateur pakistanais, était "axée sur la fin de la guerre (...) sur tous les fronts, en particulier au Liban, et sur la garantie de la sécurité de la navigation maritime".

Réouverture du détroit 

D'après le Wall Street Journal, qui cite des sources proches du dossier, la proposition de Téhéran prévoit une réouverture graduelle du détroit d'Ormuz, et une levée simultanée du blocus des ports iraniens par la marine américaine.

Selon le quotidien américain, Téhéran serait également prêt à "diluer" une partie de son uranium enrichi et à envoyer le reste dans un "pays tiers".

Washington et de nombreux pays soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique via l'enrichissement de l'uranium, ce qu'il dément, défendant son droit au nucléaire civil.

"Il reste encore des matières nucléaires – de l'uranium enrichi – qui doivent être retirées d'Iran" et "des sites d'enrichissement à démanteler", a affirmé plus tôt dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la chaîne américaine CBS.

Il a aussi dit espérer la fin du pouvoir iranien, qui signifierait la chute, "comme un échafaudage" selon lui, des supplétifs de l'Iran au Yémen (Houthis), à Gaza (Hamas) et au Liban (Hezbollah).

"Est-ce possible? Oui. Est-ce certain? Non", a-t-il dit. "L'Iran continue à soutenir ces supplétifs, qui cherchent à produire des missiles balistiques. Nous les avons beaucoup réduits mais ils sont toujours là et il reste du travail à faire", a observé le chef du gouvernement israélien.

La guerre, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, "a permis d'accomplir beaucoup de choses, mais elle n'est pas finie", a-t-il averti.

Drones dans le Golfe 

Dans le Golfe, de nouvelles attaques ont été signalées dimanche.

Au Qatar, un vraquier en provenance d'Abou Dhabi a été visé par un drone dans les eaux territoriales, avant de poursuivre son trajet, selon le ministère de la Défense.

L'agence de presse iranienne Fars a affirmé qu'il "battait pavillon américain et appartenait aux Etats-Unis", sans dire explicitement que l'Iran l'avait visé.

D'autres pays ont été ciblés par des drones: le Koweït n'en a pas précisé la provenance, mais Abou Dhabi a directement accusé Téhéran.

Dès le déclenchement de la guerre par Israël et les Etats-Unis, les monarchies du Golfe, alliées de Washington, avaient fait l'objet de frappes iraniennes.

Ces attaques interviennent deux jours après que l'armée américaine a visé deux pétroliers iraniens dans le golfe d'Oman, voie d'accès au détroit d'Ormuz.

"Notre retenue est terminée", a averti Ebrahim Rezaei, porte-parole de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien. "Toute attaque contre nos navires déclenchera une riposte iranienne forte et décisive contre les navires et les bases" des Etats-Unis.

"Nous ne courberons jamais la tête devant l'ennemi, et s'il est question de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation, ni recul", a de son côté écrit sur X le président Massoud Pezeshkian.

Le Royaume-Uni et la France s'activent de leur côté pour mettre sur pied une coalition internationale visant à sécuriser le détroit, après un règlement du conflit.

Les ministres de la Défense des deux pays coprésideront mardi une réunion en visioconférence avec une quarantaine de leurs homologues de pays prêts à contribuer à une telle mission, a annoncé Londres.

Téhéran a averti que tout déploiement déclencherait une "réponse décisive et immédiate" de l'armée iranienne, après l'annonce par Paris et Londres de l'envoi de bâtiments militaires pour se prépositionner dans la région.