Ukraine: 19 morts dans des frappes près d'Odessa, Berlin dénonce une attaque «inhumaine»

Un homme passe devant une affiche indiquant «Résistance ukrainienne» dans le centre de Kiev, le 30 juin 2022 au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Un homme passe devant une affiche indiquant «Résistance ukrainienne» dans le centre de Kiev, le 30 juin 2022 au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Ukraine: 19 morts dans des frappes près d'Odessa, Berlin dénonce une attaque «inhumaine»

  • A Berlin, le gouvernement a condamné l'attaque
  • Cette frappe est intervenue après que l'Otan a promis son soutien indéfectible à l'Ukraine, jeudi lors d'un sommet à Madrid

KIEV: Au moins 19 personnes ont été tuées lors de frappes sur des immeubles de la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, selon Kiev, une attaque jugée "inhumaine et cynique" par Berlin.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux missiles ont été tirés par un "avion stratégique" depuis la mer Noire, frappant des immeubles, selon les services d'urgence ukrainiens.

Toujours provisoire, "le bilan est de 19 morts et 38 blessés, dont six enfants", a déclaré Serguiï Krouk, chef du Service national d'urgence d'Ukraine.

La première frappe a "touché un immeuble résidentiel de neuf étages, dans la région de Bilgorod-Dniester", à environ 80 km au sud d'Odessa, selon le porte-parole de l'administration de la région d'Odessa, Serguiï Bratchouk.

Au Kremlin, le porte-parole Dmitri Peskov, interrogé sur le sujet, a assuré que "les forces armées de Russie n’opèrent pas sur des cibles civiles" en Ukraine.

A Berlin, le gouvernement a condamné l'attaque. "La partie russe, qui parle une nouvelle fois de dommages collatéraux, est inhumaine et cynique", a déclaré le porte-parole du gouvernement Steffen Hebestreit.

Soutien indéfectible de l'Otan

Cette frappe est intervenue après que l'Otan a promis son soutien indéfectible à l'Ukraine, jeudi lors d'un sommet à Madrid.

"Toute l'Alliance restera aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra pour assurer qu'elle ne soit pas battue par la Russie", a déclaré le président américain Joe Biden. "Cela ne se finira pas par une défaite de l'Ukraine".

Plusieurs Etats membres de l'Otan ont annoncé de nouvelles aides militaires à l'Ukraine: le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est engagé sur une rallonge d'un milliard de livres (1,16 milliard d'euros), Joe Biden sur 800 millions de dollars supplémentaires.

Moscou a rétorqué par la voix de son ministre des Affaires étrangères: "Le rideau de fer, de fait, il est déjà en train de s'abattre", a dit Sergueï Lavrov, reprenant cette expression née avec la Guerre froide et tombée en désuétude après la chute du mur de Berlin en 1989.

Il réagissait à la feuille de route stratégique que venait d'adopter l'Alliance atlantique, qui désigne désormais la Russie comme "la menace la plus significative et directe pour la sécurité" des membres de l'Otan.

Les Russes quittent l'île aux Serpents

Sur le front, l'Ukraine s'est félicité du départ des forces russes de l'île aux Serpents, qu'elles avaient prise dès les premières heures de leur offensive, une victoire hautement symbolique pour Kiev.

Moscou a affirmé retirer ses troupes "en signe de bonne volonté", ses objectifs ayant été "atteints", et pour faciliter les exportations de céréales ukrainiennes d'Ukraine par la mer Noire.

Cet îlot militarisé est situé au sud-ouest d'Odessa, le plus grand port ukrainien où ont été amassées des millions de tonnes de grains, et face à l'embouchure du Danube.

La version des militaires ukrainiens est radicalement différente: les Russes ont abandonné l'île aux Serpents parce qu'ils se sont retrouvés "dans l'incapacité de résister au feu de notre artillerie, de nos missiles et de nos frappes aériennes".

"L'île aux Serpents est un point stratégique et cela change considérablement la situation en mer Noire", a estimé le président Voldymyr Zelensky.

En revanche, il a admis que la situation demeurait "extrêmement difficile" à Lyssytchansk, ville du bassin industriel du Donbass, région de l'Est ukrainien où se concentrent la majeure partie des combats.

"Les forces (russes) sont arrivées aux portes de Lyssytchansk. L'armée ukrainienne subit de lourdes pertes", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué vendredi.

"L'évacuation de Lyssytchansk n'est pas possible pour le moment", car les Russes "tentent d'encercler notre armée par le sud et l'ouest" près de la ville, a indiqué sur Telegram Serguiï Gaïdaï, gouverneur de la région de Lougansk.

Lyssytchansk est la dernière grande cité à ne pas être encore aux mains des Russes dans la région de Lougansk, l'une des deux provinces du Donbass, que Moscou entend entièrement contrôler.

Dans la région de Kharkiv (nord-est), le gouverneur Oleg Sinegoubov a signalé vendredi quatre morts et trois blessés ces dernières 24 heures (trois morts et deux blessés à Izioum, un mort et un blessé à Tchouhouiv).

A Kherson, dans le sud, des hélicoptères ukrainiens ont frappé "une concentration de troupes et équipement militaires de l'ennemi" près de Bilozerka, a indiqué vendredi l'armée ukrainienne, faisant état de "35 morts" parmi les soldats russes et de blindés ennemis détruits.

Kiev exporte de l'électricité

Sur le front diplomatique, la présidente de la Commission européenne Ursula van der Leyen, s'adressant vendredi par vidéo au parlement ukrainien, l'a appelé à accélérer ses réformes contre la corruption, dans le cadre de sa candidature à l'UE acceptée la semaine dernière par les dirigeants des 27 Etats membres de l'Union.

Louant les réformes déjà menées, elle a jugé que "désormais ces institutions ont besoin de moyens d'action et des bonnes personnes aux postes de responsabilités", réclamant "que le nouveau chef du parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption et le nouveau directeur du Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption soient nommés dès que possible".

Elle a aussi salué l'adoption d'une loi visant à défaire "l'influence excessive des oligarques sur l'économie", dont l'Ukraine doit désormais assurer la "mise en oeuvre d'une manière juridiquement solide".

Enfin, Mme von der Leyen a demandé l'adoption d'une "loi sur les médias, qui rende la législation ukrainienne conforme aux normes de l'Union européenne et dote l'autorité indépendante de régulation des médias des moyens nécessaires".

"Maintenant nous sommes ensemble" et c'est "un grand honneur et une grande responsabilité", avait déclaré avant elle le président Zelensky devant le parlement, soulignant que "l'Ukraine se bat pour choisir ses valeurs, pour être dans la famille européenne".

La veille, il avait annoncé que l'Ukraine avait "commencé à exporter de manière significative de l'électricité vers le territoire de l'UE, vers la Roumanie", pointant "une étape importante de notre rapprochement avec l'Union européenne".

"Nous nous préparons à augmenter les livraisons", a-t-il ajouté, en soulignant que "l'électricité ukrainienne peut remplacer une part considérable" du gaz russe consommé par les Européens.

Le réseau électrique ukrainien avait été connecté au réseau européen mi-mars, ce qui devait aider le pays à préserver son fonctionnement malgré la guerre.

"Cela apportera une source supplémentaire d'électricité pour l'UE. Et des revenus indispensables à l'Ukraine. Nous sommes donc tous deux gagnants", avait tweeté de son côté jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Vendredi, l'Unesco a placé la culture du borchtch ukrainien, une soupe aux betteraves, sur sa liste du patrimoine mondial immatériel en péril.

"L'existence de cette soupe en elle-même certes n'est pas en péril en soi, mais c'est le patrimoine humain et vivant qui est associé au borchtch qui est lui en péril immédiat" à cause de la guerre, selon l'Unesco.

"A nous la victoire dans la guerre du borchtch", a réagi sur Telegram le ministre ukrainien de la Culture Oleksandr Tkatchenko.

L'UE appelle l'Ukraine à accélérer les réformes contre la corruption

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a appelé vendredi l'Ukraine à accélérer ses réformes contre la corruption, assurant le pays du soutien des Vingt-Sept sur "la longue route" vers l'adhésion à l'UE.

Mme von der Leyen a loué les réformes déjà menées et les institutions mises en place pour créer "une machine anti-corruption impressionnante", dans un discours en visioconférence devant les députés ukrainiens.

"Mais désormais ces institutions ont besoin de moyens d'action et des bonnes personnes aux postes de responsabilités", a-t-elle estimé.

"Il convient que le nouveau chef du parquet spécialisé dans la lutte contre la corruption et le nouveau directeur du Bureau national ukrainien de lutte contre la corruption soient nommés dès que possible", a notamment déclaré la cheffe de l'exécutif européen.

Concernant le projet de réforme de la Cour constitutionnelle, elle a jugé "nécessaire de prévoir, par la voie législative, une procédure de sélection des juges".

Elle a salué l'adoption par l'Ukraine d'une loi visant à défaire "l'influence excessive des oligarques sur l'économie", mais a demandé à ce que le pays assure désormais sa "mise en oeuvre d'une manière juridiquement solide".

Mme von der Leyen a aussi réclamé l'adoption d'une "loi sur les médias, qui rende la législation ukrainienne conforme aux normes de l'Union européenne et dote l'autorité indépendante de régulation des médias des moyens nécessaires".

Les dirigeants des Vingt-Sept ont accordé le 23 juin à l'Ukraine le statut de candidat à l'UE.

"Le chemin à parcourir sera long, mais l'Europe sera à vos côtés à chaque étape, quel que soit le temps que cela prendra, depuis ces jours sombres de la guerre jusqu'au moment où vous franchirez le seuil de notre Union européenne", a promis Ursula von der Leyen.

Soutien indéfectible de l'Otan 

Cette frappe est intervenue alors que l'Otan a promis son soutien indéfectible à l'Ukraine en clôturant jeudi son sommet à Madrid.

"Nous allons rester aux côtés de l'Ukraine et toute l'Alliance restera aux côtés de l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra pour assurer qu'elle ne soit pas battue par la Russie", a déclaré Joe Biden.

"Je ne sais pas comment ou quand cela va finir", a ajouté le président américain, affirmant toutefois: "Cela ne se finira pas par une défaite de l'Ukraine".

Plusieurs Etats membres de l'Otan ont annoncé de nouvelles aides militaires à l'Ukraine: le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est engagé sur une rallonge d'un milliard de livres (1,16 milliard d'euros), Joe Biden sur 800 millions de dollars supplémentaires.

Pour sa part, le président français, Emmanuel Macron, a prévu la révision de la programmation militaire de son pays, soulignant que "nous devons maintenant, entrant dans une période de guerre, savoir produire plus vite, plus fort certains types d'équipements".

Moscou a rétorqué par la voix de son ministre des Affaires étrangères: "Le rideau de fer, de fait, il est déjà en train de s'abattre", a-t-il dit reprenant cette image née avec la Guerre froide et qui était rapidement tombée en désuétude après la chute du mur de Berlin en 1989.

Il réagissait à la feuille de route stratégique que venait d'adopter l'Alliance atlantique et qui désigne désormais la Russie comme étant "la menace la plus significative et directe pour la sécurité des alliés". Et ce, tout en dénonçant les tentatives de Moscou et de Pékin d'unir leurs efforts pour "déstabiliser l'ordre international".

Les Russes quittent l'île aux Serpents 

Sur le front, l'Ukraine s'est félicité du départ des forces russes de l'île aux Serpents, qu'elles avaient prise dès les premières heures de leur offensive, une victoire hautement symbolique pour Kiev.

Moscou a affirmé retirer ses troupes "en signe de bonne volonté", ses objectifs ayant été "atteints" et pour faciliter les exportations de céréales ukrainiennes d'Ukraine par la mer Noire.

Cet îlot militarisé est situé au sud-ouest d'Odessa, le plus grand port ukrainien où ont été amassées des millions de tonnes de grains, et face à l'embouchure du Danube.

La version des militaires ukrainiens est radicalement différente: les Russes ont abandonné l'île aux Serpents parce qu'ils se sont retrouvés "dans l'incapacité de résister au feu de notre artillerie, de nos missiles et de nos frappes aériennes".

"L'ennemi s'est enfui dans deux vedettes", laissant "en feu" cet îlot où "des explosions se font toujours entendre", ont-ils encore dit, précisant qu'ils allaient maintenant y rétablir un "contrôle physique direct".

"Les Russes eux-mêmes, durant leur retraite, ont fait exploser" leurs propres équipements militaires "et perdu un hélicoptère en mer", a indiqué l'armée ukrainienne.

"L'île aux Serpents est un point stratégique et cela change considérablement la situation en mer Noire (...). Cela ne garantit pas encore que l'ennemi ne reviendra pas. Mais cela limite déjà considérablement les actions des occupants", a martelé dans la soirée le président Voldymyr Zelensky.

En revanche, le président a admis que la situation demeurait "extrêmement difficile" à Lyssytchansk, ville du bassin industriel du Donbass, une région de l'est de l'Ukraine où se concentrent la majeure partie des combats.

Lyssytchansk est la dernière grande cité à ne pas être encore aux mains des Russes dans la région de Lougansk, l'une des deux provinces du Donbass, que Moscou entend entièrement contrôler.

A Kherson, dans le sud, des hélicoptères ukrainiens ont frappé "une concentration de troupes et équipement militaires de l'ennemi", près de la commune de Bilozerka, a indiqué vendredi l'armée ukrainienne.

Cette attaque a fait "35 morts" parmi les soldats russe et détruit deux chars et plusieurs autres véhicules blindés, selon la même source.

Kiev exporte de l'électricité vers l'UE 

Sur le front de l'énergie, l'Ukraine a annoncé avoir commencé à exporter de l'électricité de manière "significative" vers l'Union européenne, via la Roumanie.

"Une étape importante de notre rapprochement avec l'Union européenne a été franchie" jeudi, a déclaré le président de l'Ukraine, dont la candidature à l'UE a été entérinée la semaine dernière par les Vingt-Sept.

Kiev "a commencé à exporter de manière significative de l'électricité vers le territoire de l'UE, vers la Roumanie", a-t-il affirmé dans une allocution vidéo, et "ce n'est qu'une première étape".

"Nous nous préparons à augmenter les livraisons", a-t-il ajouté, en soulignant que "l'électricité ukrainienne peut remplacer une part considérable du gaz russe consommé par les Européens.

"Ce n'est pas seulement une question de revenus d'exportation pour nous, c'est une question de sécurité pour l'Europe entière", a-t-il insisté.

Le réseau électrique ukrainien avait été connecté au réseau européen mi-mars, ce qui devait aider le pays à préserver son fonctionnement malgré la guerre.

L'Ukraine était synchronisée avec le réseau électrique russe jusqu'à son invasion le 24 février et avait ensuite fonctionné de manière autonome.

"A partir d'aujourd'hui, l'Ukraine peut exporter de l'électricité vers le marché de l'UE", a tweeté de son côté jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

"Cela apportera une source supplémentaire d'électricité pour l'UE. Et des revenus indispensables à l'Ukraine. Nous sommes donc tous deux gagnants", a-t-elle fait valoir.


Brésil: fin de campagne à pied et à moto pour Lula et Bolsonaro

Des partisans de l'ancien président brésilien et candidat à la présidence du Parti des travailleurs (PT) de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, assistent à un rassemblement de campagne à la veille de l'élection présidentielle, à Sao Paulo, au Brésil, le 1er octobre 2022. (AFP).
Des partisans de l'ancien président brésilien et candidat à la présidence du Parti des travailleurs (PT) de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva, assistent à un rassemblement de campagne à la veille de l'élection présidentielle, à Sao Paulo, au Brésil, le 1er octobre 2022. (AFP).
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  • Quelque milliers de personnes étaient rassemblées sur l'avenue Paulista, artère emblématique de la mégalopole, pour manifester leur soutien au rythme des tambours envers Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui devance Bolsonaro dans les sondages
  • A environ 5 km de là, pratiquement au même moment, M. Bolsonaro a pris la tête d'un cortège à moto le menant au Parc Ibirapuera, poumon vert de Sao Paulo, en veste en cuir noire et sans casque

SAO PAOLO : L'ex-président de gauche Lula et le chef de l'Etat sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro, favoris de la présidentielle de dimanche au Brésil, misent samedi sur des démonstrations de force à Sao Paulo, la plus grande ville du pays, pour le dernier jour d'une campagne ultra-polarisée.

Quelque milliers de personnes étaient rassemblées sur l'avenue Paulista, artère emblématique de la mégalopole, pour manifester leur soutien au rythme des tambours envers Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui devance Bolsonaro dans les sondages et vise même une victoire dès le premier tour.

"Lula doit revenir pour en finir avec ce qui se passe dans le pays. Nous nous battons depuis longtemps pour une société beaucoup plus juste, plus fraternelle, et Bolsonaro a tout gâché", dit à l'AFP Anderson Momesso, 52 ans, venu soutenir le candidat du Parti des travailleurs (PT) vêtu d'un maillot de foot rouge, comme la couleur de la famille politique de Lula.

A environ 5 km de là, pratiquement au même moment, M. Bolsonaro a pris la tête d'un cortège à moto le menant au Parc Ibirapuera, poumon vert de Sao Paulo, en veste en cuir noire et sans casque.

Le long de la route, clôturée par des barrières métalliques, le président d'extrême droite a été acclamé par des partisans vêtus de t-shirts jaunes et verts et portant des drapeaux du Brésil, tandis que des voitures klaxonnaient.

"Lula, voleur, ta place est en prison!", criaient les bolsonaristes.

L'ancien parachutiste a sillonné de nombreuses villes du pays en deux-roues avec ses partisans, y compris à Guaranhuns, dans le Pernambouc (nord-est), où Lula a grandi avant de partir à Sao Paulo avec sa famille pour fuir la faim.

La campagne électorale à la radio et télévision a pris fin ce jeudi à minuit, mais les meetings et la distribution de tracts sont autorisés jusqu'à samedi soir, veille du scrutin.

Fin de campagne tendue

Cette campagne s'est déroulée dans des conditions très particulières, pour des raisons de sécurité: les candidats portent un gilet pare-balle et des barrières de sécurité sont placées lors des meetings pour empêcher la foule de s'approcher trop près de la scène.

Ces dernières heures de campagne "seront très tendues, tout le monde observera les moindres détails qui pourraient faire pencher la balance dans un sens ou dans l'autre", déclare à l'AFP Jairo Nicolau, politologue à la Fondation Getulio Vargas.

Le tout dernier sondage de l'institut de référence Datafolha est attendu en fin de journée samedi.

Jeudi soir, cet institut donnait Lula encore largement en tête des intentions de vote, maintenant 14 points d'avance sur Bolsonaro (48% contre 34%).

Pour obtenir un troisième mandat dès dimanche, l'ex-président doit obtenir au moins 50% des votes exprimés (sans les nuls ni les blancs).

Dans le sondage de jeudi, il était justement crédité de 50% de ces votes dits "valides", la marge d'erreur du sondage (+ ou - 2 points de pourcentage) laissant planer l'incertitude sur la tenue d'un second tour le 30 octobre.

Orban soutient Bolsonaro

Mais la passation de pouvoir pourrait s'avérer "plus difficile" en cas de victoire du candidat de gauche, avec de longues semaines jusqu'à l'investiture, le 1er janvier.

Lula a admis vendredi en conférence de presse craindre des "troubles" durant cette transition.

Jair Bolsonaro a donné de nombreux signes qu'il pourrait ne pas reconnaître les résultats en cas de défaite, invoquant notamment des risques de "fraude" sans apporter de preuve.

La semaine dernière, le chef de l'Etat avait affirmé qu'il serait "anormal" qu'il n'obtienne pas au moins 60% des voix au premier tour.

Viktor Orban, premier ministre de la Hongrie, a apporté son soutien à M. Bolsonaro. "J'ai rencontré beaucoup de dirigeants mais pas beaucoup d'aussi exceptionnels comme votre président Bolsonaro", dit Orban dans une vidéo diffusée samedi matin sur le compte Twitter du président brésilien.

"Votons tous en paix, sécurité et harmonie, avec respect, liberté, conscience et responsabilité. Ensemble, tous les Brésiliens dans la grande célébration de la Démocratie", a enjoint pour sa part le président du Tribunal supérieur électoral, Alexandre de Moraes sur son compte Twitter.


L’Union européenne dénonce le nouveau coup de force au Burkina

Les Djihadistes ont multiplié les attaques meurtrières dans le nord et l'est, où des villes sont désormais soumises à un blocus. Deux convois de ravitaillement ont été attaqués en septembre, avec à chaque fois un bilan lourd. (Photo, AFP)
Les Djihadistes ont multiplié les attaques meurtrières dans le nord et l'est, où des villes sont désormais soumises à un blocus. Deux convois de ravitaillement ont été attaqués en septembre, avec à chaque fois un bilan lourd. (Photo, AFP)
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  • Le coup de force « met en danger les efforts engagés depuis plusieurs mois, notamment de la part de la Cédéao, afin d’encadrer la Transition», a déploré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell
  • Le Burkina Faso, un des pays pauvres du Sahel, a connu vendredi son second coup d'Etat en huit mois, mené pour renverser le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier

BRUXELLES : L'Union européenne a dénoncé samedi le nouveau coup de force au Burkina Faso et la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays.

Le coup de force "met en danger les efforts engagés depuis plusieurs mois, notamment de la part de la Cédéao, afin d’encadrer la Transition", a déploré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.

"L’Union européenne en appelle au respect des engagements pris, qui ont été à la base de l’accord trouvé avec la Cédéao le 3 juillet dernier, afin d’accompagner le Burkina Faso vers un retour à l’ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024", a-t-il insisté.

"L’Union européenne déplore aussi la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans le pays, et reste aux côtés du peuple burkinabè dans ces moments difficiles", a-t-il ajouté.

Le Burkina Faso, un des pays pauvres du Sahel, a connu vendredi son second coup d'Etat en huit mois, mené pour renverser le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier. Le nouvel homme fort est un jeune capitaine de 34 ans, Ibrahim Traoré, chef de l'unité des forces spéciales antijihadistes "Cobra" dans la région de Kaya (nord).

Les Djihadistes ont multiplié les attaques meurtrières dans le nord et l'est, où des villes sont désormais soumises à un blocus. Deux convois de ravitaillement ont été attaqués en septembre, avec à chaque fois un bilan lourd.


Un essai nucléaire de Pyongyang recevrait une «réponse», prévient l'armée américaine

La vice-présidente américaine Kamala Harris (R) utilise une paire de jumelles alors qu'elle est informée par un membre de l'armée à un poste d'opération militaire lors de sa visite de la zone démilitarisée (DMZ) séparant la Corée du Nord et la Corée du Sud, à Panmunjom, le 29 septembre 2022. (AFP).
La vice-présidente américaine Kamala Harris (R) utilise une paire de jumelles alors qu'elle est informée par un membre de l'armée à un poste d'opération militaire lors de sa visite de la zone démilitarisée (DMZ) séparant la Corée du Nord et la Corée du Sud, à Panmunjom, le 29 septembre 2022. (AFP).
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  • La Corée du Nord a procédé à quatre tests de missiles balistiques en une semaine, et se prépare vraisemblablement à conduire un essai nucléaire après le prochain congrès du Parti communiste chinois qui débute le 16 octobre
  • «Je pense que la possibilité d'un test est plus probable une ou deux semaines après le congrès», a précisé ce responsable ayant requis l'anonymat

HONOLULU : Un essai nucléaire de la Corée du Nord, qui apparait probable dans les prochaines semaines, "changerait la donne" dans la région et recevrait une "réponse" des Etats-Unis, ont indiqué vendredi à Honolulu plusieurs hauts responsables du commandement américain pour l'Asie-Pacifique.

La Corée du Nord a procédé à quatre tests de missiles balistiques en une semaine, et se prépare vraisemblablement à conduire un essai nucléaire après le prochain congrès du Parti communiste chinois qui débute le 16 octobre, a indiqué à quelques journalistes un responsable du commandement Indo-Pacifique (IndoPacom).

"Je pense que la possibilité d'un test est plus probable une ou deux semaines après le congrès", a précisé ce responsable ayant requis l'anonymat.

Son estimation rejoint celle des services de renseignement sud-coréens, pour lesquels cet essai nucléaire, qui serait le premier depuis 2017, pourrait avoir lieu entre le 16 octobre et les élections de mi-mandat aux Etats-Unis le 7 novembre.

Tout en soulignant qu'aucun lien n'a été établi entre les récents tests balistiques de Pyongyang et la possibilité d'un test nucléaire, le chef de la flotte américaine dans la région, l'amiral Sam Paparo, a reconnu que ce serait "un sujet d'inquiétude très profonde".

"Ce serait très inquiétant, il y aurait une réponse", a-t-il ajouté.

"Cette réponse se ferait en consultation étroite avec notre allié sud-coréen et serait conforme à notre doctrine de dissuasion intégrée: elle incorporerait tous les instruments de pouvoir des Etats-Unis", diplomatique, militaire et économique, a-t-il ajouté.

Vision «inhabituelle»

Pour le chef des forces aériennes dans la région, le général Ken Wilsbach, l'idée que la Corée du Nord dispose d'une arme nucléaire est d'autant plus inquiétante que, contrairement à d'autres puissances nucléaires, le régime de Pyongyang ne considère pas ce genre d'armement comme un outil de dissuasion destiné à ne jamais être utilisé.

"Ils ont menacé d'utiliser ces armes contre leurs voisins et même les Etats-Unis. Et c'est inhabituel", a-t-il remarqué. "Les autres pays qui ont ces armes ne parlent pas comme ça et cela devrait inquiéter tout le monde".

Un essai nucléaire nord-coréen "changerait indubitablement la donne" dans la région, a ajouté le général Wilsbach. "Ce serait une source d'inquiétude pour de nombreux pays. Je pense que ça inquièterait même la Chine et la Russie".

Sous le coup de sanctions internationales pour ses programmes d'armement, la Corée du Nord a adopté début septembre une nouvelle doctrine proclamant qu'elle ne renoncerait jamais à l'arme nucléaire.

Le régime nord-coréen a testé des bombes atomiques à six reprises depuis 2006. Le dernier essai nucléaire en date, et le plus puissant, est survenu en 2017, d'une puissance estimée à 250 kilotonnes. Pyongyang a évoqué une bombe à hydrogène.

Des images satellites ont montré ces derniers mois des signes d'activité dans un tunnel du site d'essais nucléaires de Punggye-ri.

Pyongyang avait assuré avoir démoli ce site en 2018 avant un sommet historique entre Kim Jong Un et le président américain de l'époque Donald Trump, début d'une brève phase de dialogue.

Face à la rhétorique guerrière de Pyongyang, les Etats-Unis et la Corée du Sud ont repris leurs exercices conjoints, suspendus depuis 2018 en raison du Covid-19 et d'un réchauffement diplomatique, désormais terminé, entre Séoul et Pyongyang.

La vice-présidente américaine Kamala Harris s'est rendue cette semaine à Séoul et a visité la zone démilitarisée (DMZ) entre les deux Corée, lors d'un voyage visant à souligner l'engagement "inébranlable" de Washington à défendre la Corée du Sud contre le Nord.

Washington est le principal allié de Séoul en matière de sécurité, avec environ 28 500 de ses soldats stationnés en Corée du Sud.