L'Ouzbékistan reconnaît 18 morts lors de troubles antigouvernementaux

Le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, avait reconnu dimanche des «victimes», parmi les civils et la police, à la suite de manifestations vendredi et samedi pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle. (AFP).
Le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, avait reconnu dimanche des «victimes», parmi les civils et la police, à la suite de manifestations vendredi et samedi pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle. (AFP).
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Publié le Lundi 04 juillet 2022

L'Ouzbékistan reconnaît 18 morts lors de troubles antigouvernementaux

  • Ce nouvel épisode de violences s'ajoute à la longue liste de heurts, d'émeutes, de répressions et d'affrontements qui secouent régulièrement les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale sur lesquelles la Russie exerce une grande influence
  • Le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, avait reconnu dimanche des «victimes», parmi les civils et la police, à la suite de manifestations vendredi et samedi pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle

TACHKENT : Le parquet ouzbek a fait état lundi de 18 morts lors des troubles ayant opposé en fin de semaine dernière manifestants antigouvernementaux et forces de sécurité dans le nord-ouest de l'Ouzbékistan, pays où aucune opposition n'est tolérée.

Ce nouvel épisode de violences s'ajoute à la longue liste de heurts, d'émeutes, de répressions et d'affrontements qui secouent régulièrement les ex-républiques soviétiques d'Asie centrale sur lesquelles la Russie exerce une grande influence.

"Dix-huit personnes sont mortes de leurs blessures lors des troubles de masse à Noukous", a indiqué, selon l’agence Ria Novosti, Abror Mamatov, représentant du parquet, lors d’un briefing consacré à ces événements. La garde nationale ouzbèke a de son côté fait état de 243 blessés.

Le président de l'Ouzbékistan, Chavkat Mirzioïev, avait reconnu dimanche des "victimes", parmi les civils et la police, à la suite de manifestations vendredi et samedi pour dénoncer un projet de réforme constitutionnelle réduisant l'autonomie du Karakalpakistan, région pauvre du nord-ouest ouzbek dont Noukous est la capitale.

Le représentant du parquet a annoncé l'ouverture d'une enquête pour "attaque contre l'ordre constitutionnel du pays".

Le déroulé des événements reste très flou, les autorités ayant coupé l'essentiel des moyens de communication durant les affrontements. Quelques vidéos ont filtré sur internet, montrant des personnes blessées et inconscientes.

Samedi, un état d’urgence d'un mois a été décrété dans la région. Parallèlement, le président ouzbek a promis de retirer les amendements constitutionnels décriés.

M. Mirzioïev a aussi accusé les organisateurs des manifestations de "se cacher derrière des slogans" politiques pour chercher à "prendre le contrôle des bâtiments officiels du gouvernement local" et pour s'emparer d'armes.

Depuis son indépendance à la chute de l'URSS, l’Ouzbékistan n'a jamais laissé émerger d'opposition.

Crise interne

Arrivé au pouvoir en 2016 à la mort de son prédécesseur Islam Karimov, Chavkat Mirzioïev, jusqu'alors Premier ministre, a mené d'importantes réformes économiques et sociales, promettant aussi de timides mesures de libéralisation politique.

Réélu l'année dernière, il a plus récemment donné un tour de vis. Le chef de l'Etat veut ainsi réformer la Constitution pour qu'elle lui permette de rester au pouvoir plus longtemps.

Les troubles de Noukous sont la crise interne la plus grave à laquelle le président Mirzioïev a été confronté jusqu'ici.

En 2005, Islam Karimov avait fait réprimer dans le sang des manifestations à Andijan (est). Des centaines de personnes y sont mortes.

Le Kremlin, allié traditionnel de Tachkent, a jugé que les évènements de Noukous  étaient "une affaire interne".

L'Union européenne, qui a encouragé des efforts de réformes ces dernières années, a appelé à une "enquête transparent et indépendante" et regretté "les pertes de vies humaines".

Elle a relevé que le président avait renoncé aux amendements controversés, tout en l'appelant à "garantir les droits humains".

Région de troubles

L'Ouzbékistan, frontalier de l'Afghanistan, est de loin le plus peuplé des pays de l'Asie centrale ex-soviétique avec quelque 35 millions d'habitants.

En janvier, c'est un autre Etat autoritaire de la région, le Kazakhstan, qui a écrasé un vaste mouvement de contestation, faisant plus de 230 morts. Ces événements avaient constitué un choc, ce pays ayant été jusqu'alors considéré comme le plus stable et le plus prospère de la région.

Les pays voisins ont aussi connu des périodes mouvementées dans le passé récent, le Tadjikistan et le Kirghizstan s'affrontant par exemple régulièrement à leur frontière commune, du fait notamment de conflits sur l'accès aux terres et à l'eau.

Les autorités tadjikes viennent aussi de mener une opération présentée comme "antiterroriste" pour neutraliser d'influentes figures locales dans la région autonome de Gorno-Badakhchan (BGAO), une vaste zone montagneuse du massif du Pamir.

Le Kirghizstan a lui connu depuis 2005 trois révolutions (2005, 2010, 2020), ainsi que de graves violences ethniques visant la minorité ouzbèke en 2010 dans le sud du pays.

La Russie soutient les pouvoirs en place dans ces pays qu'elle considère comme appartenant à son pré carré.

L'Asie centrale, au carrefour entre l'Asie du Sud, la Chine, l'Europe et la Russie, dispose de vastes ressources naturelles (hydrocarbures, minerais) qui suscitent les convoitises russes, chinoises et occidentales.


Se loger à New York après la pandémie: mission quasi impossible pour les locataires

ouer un logement à New York a toujours été un sport de combat. Mais depuis la sortie de la pandémie, c'est mission quasi impossible pour de nombreux locataires face à une flambée des prix sans précédent (AFP)
ouer un logement à New York a toujours été un sport de combat. Mais depuis la sortie de la pandémie, c'est mission quasi impossible pour de nombreux locataires face à une flambée des prix sans précédent (AFP)
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  • Sur un marché de l'achat quasiment inaccessible aux classes moyennes, trouver la perle rare à louer a toujours été une gageure dans cette ville mythique
  • A Manhattan, une famille consacre 55% de ses revenus pour se loger. Le taux atteint 60% à Brooklyn et 43% dans le populaire Queens

NEW YORK: Louer un logement à New York a toujours été un sport de combat. Mais depuis la sortie de la pandémie, c'est mission quasi impossible pour de nombreux locataires face à une flambée des prix sans précédent.

Au printemps, où se renégocient les baux, Paula Sevilla, une jeune femme espagnole, et ses colocataires se sont vu imposer une augmentation de 800 dollars par mois pour rester dans leur appartement partagé de Brooklyn, le plus grand et le plus à la mode des cinq arrondissements de New York.

Elles se mettent alors en quête effrénée d'un nouveau chez-soi: après deux mois de visites -- souvent des logements sans fenêtre, à la limite de l'insalubrité -- de longues files d'attente et des dossiers de candidature toujours plus exigeants, elle sont sélectionnées pour un trois-pièces pour 3.000 dollars par mois.

"Il nous est arrivé de +perdre+ un appartement pour avoir candidaté ... quatre minutes trop tard", raconte à l'AFP l'Espagnole de 26 ans, New-Yorkaise d'adoption.

Sur un marché de l'achat quasiment inaccessible aux classes moyennes, trouver la perle rare à louer a toujours été une gageure dans cette ville mythique, aimant économique et culturel mondial mais aux criantes inégalités socio-économiques.

40 fois le salaire 

Après une petite accalmie en 2021, à la sortie de la pandémie de Covid-19 qui avait mis la mégapole à genoux et fait fuir des dizaines de milliers de familles, les prix à la location ont bondi sur un an de 20,4% au deuxième trimestre cette année, selon le site immobilier StreetEasy.

Les propriétaires -- parfois des fonds d'investissements dissimulés derrière des agents immobiliers et autres "brokers"--  exigent un salaire annuel représentant 40 fois le loyer mensuel, aucune dette, des relevés bancaires et feuilles d'impôts presque parfaits.

Paula Sevilla gagne 75.000 dollars par an, légèrement au-dessus du salaire médian à New York. Mais pas assez pour louer seule. Les locataires doivent aussi parfois s'acquitter de commissions aux agents, représentant un mois de loyer, voire 15% du coût annuel.

Il faut ajouter un contexte économique inflationniste, la piètre qualité de construction des immeubles en termes d'isolations thermique et phonique, notamment à Brooklyn et dans le Queens, et une pénurie chronique de nouveaux logements dans une mégapole de 8,5 millions d'âmes. Il en manquait 340.000 en 2019 pour toute l'agglomération new-yorkaise, selon le centre de recherche de Washington Up For Growth.

Loyers "stabilisés" 

Il y a "trop de clients et pas assez d'appartements", résume tout simplement Miguel Urbina, un agent immobilier.

La municipalité de New York -- ville qui penche à gauche -- a imposé des loyers "stabilisés" pour un million de logements et deux millions de locataires.

Mais les prix, qui dépendent d'un vote du conseil municipal à majorité démocrate, ne sont pas pour autant bloqués.

Sous le très à gauche maire Bill de Blasio (2014-2021), les loyers "stabilisés" n'ont augmenté que de 1,5% sur un an. Sous son successeur de l'aile droite du parti démocrate, l'ancien policier afro-américain Eric Adams, les prix sont en train de flamber comme jamais depuis au moins dix ans (de +3,5% à +5% en juin sur un an).

"Charge faramineuse" 

A Manhattan, une famille consacre 55% de ses revenus pour se loger. Le taux atteint 60% à Brooklyn et 43% dans le populaire Queens, selon des données de StreetEasy qui dénonce "une charge financière faramineuse".

L'île de Manhattan, poumon financier des Etats-Unis, offre des petits appartements pour 5.000 dollars par mois en moyenne, explique à l'AFP Gea Elika, agent immobilier. On y trouve aussi des duplex géants avec terrasses autour de Central Park sur la célébrissime 5e avenue proposés à... 140.000 dollars par mois.

De quoi pousser les classes moyennes et les jeunes générations vers des quartiers plus défavorisés où vivent les communautés afro-américaines, hispaniques et asiatiques, alimentant la gentrification.

Et les perspectives sont sombres: la "skyline" de Manhattan, qui change presque à vue d'oeil, concentre la construction de gratte-ciel de bureaux et d'appartements de luxe. Et malgré des chantiers à Brooklyn, dans le Queens et le New Jersey de l'autre côté du fleuve Hudson, personne n'envisage un ralentissement des prix.


Alerte à la chaleur en Angleterre, les restrictions sur la consommation d'eau s'étendent

La carapace d'une écrevisse américaine repose sur le lit séché de la rivière Infant Thames à Ashton Keynes, le 8 août 2022. L'ensemble de l'Angleterre a enregistré une moyenne de 23,1 mm de pluie, soit le chiffre le plus bas pour le mois depuis 1935 et le septième plus faible total de juillet jamais enregistré, selon le rapport. (AFP).
La carapace d'une écrevisse américaine repose sur le lit séché de la rivière Infant Thames à Ashton Keynes, le 8 août 2022. L'ensemble de l'Angleterre a enregistré une moyenne de 23,1 mm de pluie, soit le chiffre le plus bas pour le mois depuis 1935 et le septième plus faible total de juillet jamais enregistré, selon le rapport. (AFP).
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  • La chaleur devrait rester moins extrême qu'en juillet, quand un pic de température avait été enregistré à plus de 40 degrés, du jamais vu au Royaume-Uni
  • Au sud, le temps «va rester sec toute la semaine, n'apportant aucun répit pour les terres desséchées, surtout dans le sud-est», a averti le Met Office

LONDRES : Les services météorologiques britanniques ont émis mardi une alerte à la "chaleur extrême" pour cette semaine, poussant la compagnie alimentant Londres en eau à annoncer de prochaines restrictions sur la consommation.

L'Angleterre a connu un hiver et un printemps exceptionnellement secs, aggravés par le mois de juillet le plus sec depuis 1935, voire jamais enregistré dans le sud.

Laissant entrevoir une aggravation, le Met Office a émis mardi une alerte orange à la chaleur pour le sud de l'Angleterre et l'est du Pays de Galles entre jeudi et dimanche, avec des températures atteignant 35 à 36 degrés Celsius.

La chaleur devrait rester moins extrême qu'en juillet, quand un pic de température avait été enregistré à plus de 40 degrés, du jamais vu au Royaume-Uni.

Au sud, le temps "va rester sec toute la semaine, n'apportant aucun répit pour les terres desséchées, surtout dans le sud-est", a averti le Met Office.

Face aux conditions extrêmes, l'état de sécheresse n'a pas été déclaré pour l'instant mais des restrictions locales (interdiction d'arroser les jardins, de laver les voitures ou de remplir les piscines) ont déjà été annoncées dans de vastes pans du sud de l'Angleterre.

Mais Thames Water, qui alimente en eau 15 millions de clients dont la capitale Londres, a averti qu'elle se joindrait à ce mouvement, sans fixer de date précise.

"Vu les prévisions à long terme de temps sec et les températures très chaudes attendues cette semaine, nous prévoyons d'annoncer des interdictions provisoires dans les semaines à venir", a indiqué un porte-parole de la compagnie.

Exemple de la situation exceptionnelle actuelle: la source de la Tamise est à sec et le fleuve qui traverse Londres ne commence à couler qu'environ huit kilomètres plus en aval, du jamais vu.

L'agence hydrologique a averti mardi que le niveau des rivières allait "probablement rester "exceptionnellement bas dans le centre, le sud et l'est de l'Angleterre" d'ici à octobre.


Covid: l'UE réserve 15 millions de doses du vaccin Moderna modifié

Flacon d'une dose du vaccin de Moderna contre la Covid-19. (Photo, AFP)
Flacon d'une dose du vaccin de Moderna contre la Covid-19. (Photo, AFP)
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  • L'Agence européenne des médicaments (EMA), régulateur du secteur, avait annoncé mi-juin avoir commencé à examiner cette nouvelle version, destinée à cibler aussi bien la souche originelle du SARS CoV-2 que celle du variant Omicron
  • Ces 15 millions font partie de la commande globale de 460 millions de doses passée avec Moderna, au nom des Vingt-Sept, par la Commission depuis le début de la pandémie

BRUXELLES : La Commission européenne a réservé auprès de la biotech américaine Moderna 15 millions de doses supplémentaires de la nouvelle version de son vaccin anti-Covid, modifié notamment en fonction du variant Omicron, a-t-elle annoncé mardi.

L'Agence européenne des médicaments (EMA), régulateur du secteur, avait annoncé mi-juin avoir commencé à examiner cette nouvelle version, destinée à cibler aussi bien la souche originelle du SARS CoV-2 que celle du variant Omicron, dont des sous-variants ont récemment entraîné une remontée des contaminations.

L'accord passé par la Commission reste cependant suspendu au feu vert des régulateurs européens, "sous réserve d'une autorisation de mise sur le marché (dans l'UE) dans des délais qui permettraient l'utilisation de ces doses pour les campagnes de vaccination" cet automne et cet hiver, selon un communiqué de presse.

Ces 15 millions font partie de la commande globale de 460 millions de doses passée avec Moderna, au nom des Vingt-Sept, par la Commission depuis le début de la pandémie. Le laboratoire utilise la technologie de l'ARN messager.

Début juin, l'exécutif européen avait annoncé avoir passé un accord avec la biotech new-yorkaise pour qu'"une partie" des doses dont la livraison était attendue au deuxième trimestre puisse être livrée seulement à partir de septembre, sous forme de vaccins de rappel adaptés aux variants du SARS CoV-2, dont Omicron.

Bruxelles a annoncé mardi s'être entendu avec Moderna pour ajuster encore une fois le calendrier, cette fois en repoussant en septembre et durant l'automne puis l'hiver la fourniture de doses dont la livraison était initialement programmée cet été.

Il s'agit "de mieux répondre aux besoins des États membres" cet automne et cet hiver, "lorsqu'ils auront plus probablement besoin de stocks supplémentaires pour leurs campagnes nationales (de vaccination) et le respect de leurs engagements de solidarité internationale", a expliqué la Commission.

"L'accord garantit également que, si un ou plusieurs vaccins adaptés (aux variants) reçoivent une autorisation de mise sur le marché, les États membres peuvent choisir de recevoir ces vaccins adaptés dans le cadre du contrat en cours", précise l'exécutif européen.