Le différend entre l'Égypte et l'Éthiopie au sujet du barrage de la Renaissance, sera-t-il à l'ordre du jour de la visite de Biden à Riyad?

Selon les experts régionaux, il est urgent que l'Éthiopie parvienne à un accord avec l'Égypte et le Soudan sur l'exploitation du barrage, et le soutien des États-Unis pourrait y contribuer. (Photo, AFP)
Selon les experts régionaux, il est urgent que l'Éthiopie parvienne à un accord avec l'Égypte et le Soudan sur l'exploitation du barrage, et le soutien des États-Unis pourrait y contribuer. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 juillet 2022

Le différend entre l'Égypte et l'Éthiopie au sujet du barrage de la Renaissance, sera-t-il à l'ordre du jour de la visite de Biden à Riyad?

  • Des experts ont déclaré à Arab News qu'il était urgent que l'Éthiopie parvienne à un accord avec l'Égypte et le Soudan sur l'exploitation du barrage, et que le soutien des États-Unis pourrait y contribuer
  • Au cours de sa visite en Arabie saoudite ce mois-ci, le président américain rencontrera les dirigeants des pays du Golfe et de l'Égypte afin de discuter d'une série de questions importantes

LE CAIRE: En novembre 2021, les ministères des Affaires étrangères égyptien et américain ont publié une déclaration commune à l'issue des entretiens stratégiques entre les deux pays à Washington. Cette déclaration comprend un appel à la reprise urgente des négociations sur l'exploitation du barrage de la Renaissance en Éthiopie.

Ces discussions devraient avoir lieu sous les auspices de l'Union africaine, conformément à la déclaration présidentielle publiée par le Conseil de sécurité des Nations unies le 15 septembre 2021 et à l'accord de déclaration de principes signé par l'Égypte, l'Éthiopie et le Soudan en 2015.

La déclaration a également mis l’accent sur le soutien du président américain, Joe Biden, à la sécurité de l'eau de l'Égypte, mais aucun autre commentaire de Washington n'a clarifié la position américaine sur l'intransigeance éthiopienne qui a bloqué les négociations, ou sur les actions unilatérales continues prises par Addis-Abeba.

Selon les experts auxquels Arab New a parlé, au cours de sa visite à Riyad ce mois-ci, Biden devrait rencontrer les dirigeants des pays du Golfe et de l'Égypte afin de discuter d'une série de questions importantes et le barrage de la Renaissance pourrait bien être l'une d'entre elles.

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Le différend régional concernant le grand barrage éthiopien de la Renaissance devrait figurer dans les discussions entre le président américain, Joe Biden, et les dirigeants du Golfe à Riyad. (Photo, AFP)

Ali al-Hafni, ancien ambassadeur d'Égypte en Chine et ancien vice-ministre des Affaires étrangères chargé des affaires africaines, a déclaré que la question du barrage de la Renaissance devait être abordée lors de la visite de Biden, surtout après que l'Éthiopie a nommé le mois dernier son négociateur en chef, Seleshi Bekele.

Selon Al-Hafny, le barrage constitue actuellement une question cruciale pour les autorités éthiopiennes et l'une des tâches de Bekele sera d'expliquer la position de son pays à ce sujet aux décideurs américains.

Il a ajouté que les relations américano-éthiopiennes ont été tendues sous l'administration du président Donald Trump, qui s'est montré souple dans ses relations avec Le Caire et a imposé des sanctions à Addis-Abeba en raison de la guerre civile entre le gouvernement éthiopien et la région du Tigré, qualifiée de génocide par de nombreux membres du Congrès américain.

Mohammed Nasr Allam, ancien ministre égyptien des Ressources en eau, a déclaré à Arab News que toutes les discussions entre les responsables américains et égyptiens au sujet du barrage de la Renaissance se dérouleront par les voies de communication appropriées, et que même si ces discussions ne sont pas rendues publiques, elles auront certainement lieu.

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Un membre de la fanfare républicaine pose pour une photo avant la cérémonie de la production inaugurale d'énergie au grand barrage éthiopien de la Renaissance. (Photo, AFP)

Allam a également souligné que l'Égypte doit proposer aux États-Unis, et à la communauté internationale, en coopération avec le Soudan, un accord sur les règles de remplissage et d'exploitation du barrage qui garantisse aux deux pays leur part équitable des eaux du Nil et n'affecte pas le fonctionnement et la sécurité des barrages existants, conformément au droit international.

Il a ajouté que Le Caire et Khartoum doivent également confirmer à Washington le cadre juridique nécessaire à leur engagement, et à celui d'Addis-Abeba, sur ces règles de remplissage et d'exploitation du barrage, en particulier les mesures juridiques qui peuvent être prises en cas de violation des accords entre les trois pays, sous les auspices internationaux et régionaux.

Tous les accords techniques et juridiques doivent être publiés officiellement pour que le monde entier puisse en prendre connaissance, a-t-il insisté, et un délai, n'excédant pas six semaines, doit être fixé pour que l'Éthiopie présente ses observations officielles à leur sujet, faute de quoi ces accords seront considérés comme contraignants. Toute violation ultérieure des accords par Addis-Abeba serait considérée comme un acte officiel d'agression contre les deux autres pays, a signalé Allam.

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Des ouvriers sur le site du grand barrage éthiopien de la Renaissance (GERD) à Guba, en Éthiopie, le 19 février 2022. (Photo, AFP)

Allam a souligné que le temps presse sur la question du barrage, mais que la communauté internationale, avec l'Amérique en tête, ferme les yeux sur ce que fait l'Éthiopie d'une manière qu'il a qualifiée d'«étrange».

L'accord d'Entebbe a été signé en mai 2010 par l'Éthiopie, l'Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie, tous situés en amont du barrage. L'Égypte et le Soudan, qui sont en aval, s'y sont opposés parce qu'il met fin à leurs droits historiques à une part des eaux du Nil.

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sisi a tenu une réunion avec le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, en mai, au cours de laquelle il a souligné la position ferme de l'Égypte sur la nécessité de conclure un accord juridique contraignant pour le remplissage et l'exploitation du barrage de manière à préserver la sécurité de l'eau en Égypte et à servir les intérêts communs de l'Égypte, du Soudan et de l'Éthiopie. Toutefois, les négociations sur le barrage sont suspendues depuis un certain temps.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: huit personnes, dont trois secouristes, tués dans des frappes israéliennes

Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire. (AFP)
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  • Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités
  • La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés

BEYROUTH: Huit personnes, dont trois secouristes de la Défense civile, ont été tuées mardi par des frappes israéliennes sur le sud du Liban, où Israël a par ailleurs annoncé avoir détruit un tunnel du Hezbollah menaçant le nord de son territoire.

Cinq des personnes tuées l'ont été lors de frappes israéliennes sur un immeuble dans la localité de Majdal Zoun, puis pendant l'opération de secours menée conjointement sur le site par des soldats et des secouristes, selon les autorités.

La Défense civile a indiqué que ses trois membres étaient morts à Majdal Zoun "sous les décombres" après la frappe israélienne sur un immeuble. L'armée a, elle, fait état de deux soldats blessés.

"Israël continue de violer les lois et conventions internationales qui protègent les civils" a dénoncé le président libanais, Joseph Aoun.

Les secouristes tués "participaient à une mission de secours et d'intervention d'urgence auprès des blessés d'une frappe aérienne israélienne visant un bâtiment (...) qui a également causé la mort de résidents civils", a-t-il détaillé.

Ailleurs, le ministère de la Santé a fait état d'une personne tuée et de 15 blessées, dont cinq enfants, dans une frappe israélienne sur Jwaya (sud).

Deux autres personnes ont été tuées et 13 blessées dans un bombardement israélien à Jibchit, toujours dans le sud, selon un premier bilan du ministère.

"Pas encore terminé" 

L'armée israélienne a de son côté annoncé avoir découvert et détruit deux tunnels du Hezbollah, d'une longueur totale de deux kilomètres, à la frontière des deux pays, utilisés selon elles par des unités d'élite du mouvement pro-iranien.

Celui-ci a rouvert un front contre Israël le 2 mars pour venger la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Israël a riposté par des frappes meurtrières et déployé des troupes dans le sud du pays voisin.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril mais les deux belligérants ont poursuivi les combats en s'accusant mutuellement de violer la trêve.

Selon une source militaire israélienne, l'installation souterraine détruite près de la frontière avait été "conçue, soutenue et financée par l'Iran" pour "lancer des raids contre les communautés israéliennes".

"Nous détruisons leur infrastructure terroriste, nous tuons plusieurs dizaines de leurs terroristes — et n'avons pas encore terminé", a commenté le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.

L'explosion liée à la destruction du tunnel a creusé un "grand cratère" dans la ville de Qantara, selon les médias d'Etat libanais.

Au-delà de la "ligne jaune" 

L'armée israélienne avait ordonné plus tôt dans la journée l'évacuation "immédiate" de nouveaux villages dans le sud du Liban.

Peu après, l'agence de presse libanaise Ani a fait état de frappes aériennes sur ces zones.

Les villages concernés se trouvent au-delà de la zone de dix kilomètres de profondeur, délimitée par une "ligne jaune", que l'armée israélienne a établie il y a dix jours.

"Israël n'a aucune visée territoriale sur le Liban. Notre présence dans les zones situées le long de notre frontière nord n'a qu'un seul objectif: protéger nos citoyens", a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques".

A trois reprises mardi, l'armée a déclaré avoir tenté d'intercepter "une cible aérienne suspecte" dans la zone où opéraient ses troupes, sans donner de précisions.

Elle a aussi affirmé que le Hezbollah avait lancé des drones "qui ont explosé à proximité de soldats", sans faire de blessés.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre a été grièvement blessé lundi par des drones, selon l'armée.

Depuis le début de la guerre le 2 mars, plus de 2.500 personnes ont été tuées et quelque 7.800 blessées au Liban dans la campagne militaire israélienne, selon le ministère libanais de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués sur la période, d'après les autorités.


Reprise de la vie nocturne au Caire avec la fin des économies d'électricité

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans
  • "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

LE CAIRE: La célèbre vie nocturne du Caire a repris des couleurs mardi soir, avec la fin des mesures d'économie d'énergie qui avaient mis en pause l'habituelle frénésie de la mégalopole et forcé magasins, cafés et restaurants à fermer bien plus tôt, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

La guerre, accompagnée d'une flambée des prix de l'énergie, avait contraint la capitale égyptienne à réduire durant un mois sa consommation d'électricité.

Les fermetures fixées à 21h00 locales, puis repoussées à 23h00, avaient vidé les rues et créé un immense sentiment de frustration chez les commerçants et leurs clients.

Mais le gouvernement a levé les restrictions et les établissements peuvent de nouveau fermer leurs portes à 01h00 du matin. Quant aux magasins et centres commerciaux, ils sont désormais autorisés à rester ouverts jusqu'à 23h00 et minuit le week-end.

A Heliopolis, quartier chic de l'est, les familles ont envahi les rues avec leurs enfants, tandis que des groupes d'amis fumaient le narguilé.

"Les gens étaient déprimés", témoigne Ahmed Megahed, un retraité de 82 ans. "Avec la hausse des prix et les pressions au quotidien, rester à la maison chaque soir empirait les choses. Maintenant on peut sortir, respirer et se sentir à nouveau normal".

Pour s'assurer du respect des mesures d'économie d'énergie, des patrouilles de police menaçaient les noctambules récalcitrants d'amendes de 50.000 livres égyptiennes (environ 800 euros), voire de peines d'emprisonnement en cas de récidive.

Pour Wafaa Ahmed, 58 ans, propriétaire d'une boutique qui a vu son chiffre d'affaires chuter de 80%, l'assouplissement arrive à point nommé, "surtout à l'approche de la saison estivale".

"Personne ne fait ses courses le matin en été. Maintenant, les clients ont le temps", explique-t-elle, contente de la fin d'un "véritable désastre" pour les commerçants.

La ville de plus de 20 millions d'habitants est réputée pour son niveau sonore nocturne, alimenté par la circulation automobile, des marchés bondés ou encore des bateaux de fêtards illuminant le Nil.

L'Egypte, fortement dépendante des importations de carburant, a été durement touchée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon le Premier ministre Moustafa Madbouly, la facture mensuelle d'importation d'énergie a plus que doublé entre janvier et mars, pour atteindre 2,5 milliards de dollars (2,1 millions d'euros). La livre égyptienne a perdu autour de 15% de sa valeur et l'inflation a atteint 13,6% en mars.

M. Madbouly a appelé à la mise en place de mesures incitatives pour accélérer la transition vers l'énergie solaire, tandis que le gouvernement a diffusé des campagnes télévisées appelant les consommateurs à réduire leur consommation d'électricité.

 


L'armée israélienne ordonne l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban

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  • Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté
  • Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens

JERUSALEM: L'armée israélienne a ordonné mardi l'évacuation de nouveaux villages dans le sud du Liban, une annonce précédant généralement des frappes dans ce secteur.

Ce nouvel ordre d'évacuation survient alors qu'un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril entre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah et Israël, après un mois et demi de guerre. Les deux belligérants s'accusent de le violer.

"Avertissement urgent aux résidents du Liban se trouvant dans les villages et localités suivants", a indiqué sur X le porte-parole en arabe de l'armée israélienne, Avichay Adraee, énumérant une liste de 17 villages.

Les habitants sont appelés à "évacuer immédiatement" leurs maisons et à se diriger vers le "district de Saïda", a-t-il ajouté.

Les villages désignés se trouvent tous au-delà de la "ligne jaune" de démarcation que l'armée israélienne a établie il y a dix jours dans le sud du Liban pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

Dans la bande de territoire située entre la frontière et cette ligne jaune, Israël affirme s'autoriser à effectuer des frappes contre le Hezbollah.

Depuis une semaine, l'armée israélienne affirme que le Hezbollah effectue régulièrement des tirs de drones explosifs vers ses positions.

Un soldat israélien a été tué dimanche et un autre grièvement blessé mardi par ces engins volants meurtriers, selon des communiqués publiés par l'armée.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lundi que les roquettes et les drones du Hezbollah demeuraient un défi majeur, ajoutant qu'Israël poursuivrait ses frappes.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes en direction d'Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine contre l'Iran.