Pour la 105e fois, l'ONU demande au régime syrien de faire toute la lumière sur ses armes chimiques

En octobre 2013, la Syrie a soumis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques une première déclaration officielle concernant son programme d'armes chimiques (Photo, ONU).
En octobre 2013, la Syrie a soumis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques une première déclaration officielle concernant son programme d'armes chimiques (Photo, ONU).
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Publié le Jeudi 21 juillet 2022

Pour la 105e fois, l'ONU demande au régime syrien de faire toute la lumière sur ses armes chimiques

  • Le responsable du désarmement des Nations unies a déclaré que Damas continue de répondre aux questions relatives à l'utilisation présumée d'armes chimiques contre sa propre population
  • L'envoyé de la Russie a accusé l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques de manquer de professionnalisme et d'être coupable d'un «parti pris de longue date» contre le régime syrien

NEW YORK: Le régime syrien ne se conforme toujours pas à la résolution du Conseil de sécurité ordonnant la destruction de ses stocks d'armes chimiques, a déclaré l'ONU mercredi.

Damas continue également de dissimuler des informations relatives à l'utilisation présumée d'armes chimiques contre sa propre population. Le régime syrien n'a pas donné d'explication cohérente concernant la présence de traces d'agents neurotoxiques de guerre chimique sur les sites de plusieurs attaques et refuse d'accorder un visa d'entrée à un membre clé d'une équipe d'évaluation des Nations unies, a déclaré Izumi Nakamitsu, secrétaire générale adjointe et haute représentante des Nations unies pour les affaires de désarmement.

Elle présentait au Conseil de sécurité son 105e exposé sur la mise en œuvre de la résolution 2118, adoptée à l'unanimité en septembre 2013 à la suite d'une enquête de l'ONU qui a confirmé l'utilisation d'armes chimiques contre des civils dans une banlieue de Damas le mois précédent. Les images de personnes, dont des enfants, suffoquant après avoir respiré l'agent neurotoxique ont suscité l'indignation dans le monde entier.

La résolution appelle le régime syrien à détruire ses stocks d'armes chimiques d'ici la mi-2014 et prévoit des mesures punitives en cas de non-respect. Elle interdit également à la Syrie d'utiliser, de mettre au point, de fabriquer, d'acquérir, de stocker ou de conserver des armes chimiques, ou de les transférer à d'autres États ou à des acteurs non étatiques.

En octobre 2013, la Syrie a soumis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) une première déclaration officielle concernant son programme d'armes chimiques, notamment un plan de destruction de ses stocks.

Neuf ans plus tard, a affirmé Nakamitsu, la déclaration et les réponses aux 20 questions en suspens à son sujet restent truffées de lacunes et d'incohérences et ne peuvent toujours pas être considérées comme exactes.

L'une de ces questions concerne une installation qui, selon les autorités syriennes, n'a jamais été utilisée pour produire des armes chimiques. Cependant, les informations et les preuves recueillies par l’OIAC depuis 2014 indiquent que la production ou la militarisation d'agents neurotoxiques de guerre chimique y a bien eu lieu.

Nakamitsu a une nouvelle fois demandé au gouvernement syrien de divulguer les types et les quantités d'agents chimiques produits ou utilisés comme armes sur le site. Le gouvernement n'a cependant pas répondu aux demandes répétées de ces informations.

Un autre problème, selon Nakamitsu, est le «déplacement non autorisé» par le gouvernement syrien de deux cylindres de chlore trouvés sur les lieux d'une attaque à l'arme chimique dans la ville de Douma en avril 2018. Le régime syrien a déclaré que les deux cylindres ont été détruits à la suite de l’attaque présumée, mais Nakamitsu a de nouveau exhorté Damas à divulguer l'emplacement des cylindres «avec l'urgence nécessaire».

Elle a ajouté qu'une coopération totale avec l'OIAC était nécessaire afin de résoudre les questions en suspens et a déploré le refus du régime d'accorder un visa d'entrée à un membre éminent de l'équipe d'évaluation de la déclaration, ce qui a bloqué le 25e cycle de consultations à Damas entre l'équipe et le gouvernement syrien.

«J'exhorte le gouvernement de la République arabe syrienne à faciliter les arrangements pour le déploiement de l'équipe d'évaluation de la déclaration (DAT) en permettant un accès immédiat et sans entrave à tout le personnel désigné par le secrétariat de l'OIAC dès que possible», a-t-elle avisé.

Dimitry Polyanskiy, représentant permanent adjoint de la Russie auprès des Nations unies, a décrit les commentaires de Nakamitsu comme faisant partie d'un «schéma» visant à donner l'impression que les autorités syriennes ne sont pas coopératives.

Il a affirmé que le régime syrien respecte pleinement ses obligations envers l'OIAC. L'envoyé a accusé l'organisation de «partialité de longue date à l'encontre de Damas» et sa mission d'enquête de diffuser des informations erronées et de façonner ses rapports «pour qu'ils correspondent au récit de la culpabilité de Damas». Il a également rejeté «tout rapport» que l'OIAC produit comme «un aboutissement illégitime d’un organisme illégitime».

Polyanskiy a accusé les pays occidentaux de politiser l'OIAC et de saper sa capacité à «faire face aux menaces réelles», en particulier «les preuves que des groupes terroristes au Moyen-Orient ont accès à des produits de guerre chimique», indiquant: «Daech a un programme chimique à part entière, mais on n'entend jamais parler d'une mesure dans le but de le contrer.»

Chahd Matar, des Émirats arabes unis, a réaffirmé que son pays «rejette et condamne explicitement l'utilisation d'armes chimiques en toutes circonstances, par qui que ce soit et en tout lieu, lorsque cette utilisation constitue une violation flagrante des dispositions de la Convention sur les armes chimiques et du droit international».

Elle a signalé aux membres du Conseil de sécurité que «l'engagement d'un dialogue constructif est essentiel afin d’évaluer l'état des questions en suspens et faire avancer ce dossier, qui exige que les autorités concernées trouvent une solution consensuelle».

Matar a souligné la nécessité d'éradiquer complètement les armes chimiques et d'empêcher toute partie de les obtenir ou de les utiliser, «que ce soit en Syrie ou à l'extérieur», mettant en garde contre le danger que ces armes tombent entre les mains de groupes terroristes qui cherchent à les acquérir à des «fins dangereuses».

Elle a également appelé le Conseil de sécurité à renforcer ses efforts pour combattre Daech et «l'empêcher de se regrouper et d'acquérir des armes chimiques», au moment où le groupe terroriste essaye de développer sa capacité de combat.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dernier hommage en Irak à Ali Khamenei, sur fond de frappes entre Washington et Téhéran

La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran. (AFP)
  • A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens
  • Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi

NAJAF: La foule a envahi les rues de Najaf mercredi pour accompagner le passage du cortège funéraire du guide suprême iranien, Ali Khamenei, dans ce haut lieu du chiisme en Irak, avant qu'il ne soit inhumé jeudi en Iran.

Cette étape irakienne des cérémonies organisées depuis samedi par l'Iran pour l'adieu à son dirigeant tué le 28 février, au premier jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis, intervient alors que des hostilités ont repris dans la nuit entre Washington et Téhéran.

Après des tirs iraniens sur des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis ont affirmé avoir frappé plus de 80 cibles en Iran, déclenchant mercredi des représailles de Téhéran qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

A Najaf, dans le sud de l'Irak, où la dépouille de l'ayatollah est arrivée mardi soir par avion, les rues ont été ornées de banderoles en hommage à l'ayatollah et de grands portraits, aux côtés de drapeaux irakiens.

Le cercueil avait été accueilli mardi soir à l'aéroport international de la ville par le président iranien Massoud Pezeshkian et par le chef de la diplomatie Abbas Araghchi, ainsi que par le Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi.

Les autorités irakiennes, qui entretiennent d'étroites relations politiques et religieuses avec Téhéran, ont déclaré la journée de mercredi fériée et annoncé le déploiement d'un important dispositif de sécurité.

A Najaf, la foule a afflué au départ de la procession, qui doit parcourir six kilomètres jusqu'à l'imposant sanctuaire de l'imam Ali, gendre du prophète Mahomet, quatrième calife de l'islam et premier imam chiite, où des dizaines de religieux se tenaient prêts à prier sur le cercueil.

Des fidèles se sont approchés pour toucher le cercueil de Ali Khamenei posé à l'arrière d'un camion. Plus tard dans la journée, la dépouille s'envolera vers Kerbala, plus au nord, jusqu'aux sanctuaires de l'imam Hussein et de son frère Abbas.

L'un des fils du défunt dirigeant, Moustafa, participe à cette étape irakienne. Son autre fils, Mojtaba, qui lui a succédé à la fonction de guide suprême, n'a pas été vu depuis le début des cérémonies, ni depuis sa désignation en mars.

 "Occasion à ne pas manquer" 

"Nous te faisons nos adieux", proclame une banderole à Kerbala, tandis qu'une autre montre une photo de Khamenei avec la phrase: "Celui qui a humilié l'Amérique".

"C'est une occasion à ne pas manquer, de participer aux funérailles de celui qui a défié la puissance de l'Amérique et d'Israël", s'enthousiasme Mohammed al-Bayati, 30 ans, à Najaf.

Haidar Jaafar, qui a voyagé pendant des heures depuis la ville de Bassora dit lui s'attendre à l'afflux de millions de personnes "simplement parce que (Khamenei) a été tué par des mains israélo-américaines".

La ville est le principal centre des séminaires chiites, où les plus hauts responsables cléricaux ont étudié et enseigné.

Alliés

Venu accompagner cet hommage, le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens iraniens de la Révolution, a salué "la planification minutieuse de cet événement historique" par Bagdad, révélatrice selon lui "du lien spirituel profond unissant les deux nations".

Les relations bilatérales n'ont pas toujours été bonnes. Dans les années 1980, le président Saddam Hussein, qui réprimait la population chiite, est entré en guerre contre l'Iran après la Révolution islamique de 1979.

Les deux pays sont devenus de proches alliés après sa chute en 2003 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement dominé par les chiites à Bagdad, qui doit veiller à un équilibre délicat avec ses deux partenaires, américains et iraniens, eux-mêmes ennemis.

Aujourd'hui, l'Iran ne se contente pas de soutenir des responsables politiques influents mais appuie aussi des groupes armés. Ceux-ci ont participé à la guerre au Moyen-Orient, en soutien à l'Iran, en attaquant des installations américaines en Irak.

Concluant ces obsèques nationales, l'inhumation aura lieu jeudi à Mashhad, ville natale d'Ali Khamenei, dans le nord-est de l'Iran.


Après la défaite face à l'Argentine, les Egyptiens entre déception et fierté

  • Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs
  • "Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène"

LE CAIRE: Même si leur équipe a perdu mardi face à l'Argentine 3-2, les Egyptiens ont applaudi avec "fierté" ces joueurs qui ont porté le pays en huitièmes de finale, un niveau jamais atteint par ce pays en Coupe du monde de football.

"Nous avons le cœur brisé parce que nous croyions pouvoir aller encore plus loin", confie Ismaïl Fawzy, 39 ans, qui a regardé le match avec des centaines de supporters dans un café du quartier huppé d'Héliopolis, dans l'est du Caire.

"Mais quand on pense à tout ce que cette équipe a accompli, on ne peut qu'être fier. Elle nous a offert des souvenirs que nous n'oublierons jamais", ajoute-t-il. "Certes nous avons perdu, mais nous avons déjà écrit l'histoire".

Pour la première fois de son histoire, l'Egypte a remporté un match du Mondial, dépassé la phase de poules et atteint les matchs à élimination directe, ajoutant une page à l'histoire de son football national.

Dans le café d'Héliopolis, les émotions ont oscillé entre déception et fierté.

Les larmes ont coulé au coup de sifflet final, mais quelques minutes plus tard, les applaudissements ont éclaté lorsque les supporters se sont levés pour saluer la performance des joueurs.

"Ce n'est pas la fin que nous voulions", témoigne Farida Hamdy, 27 ans. "Mais personne ne peut effacer ce que ces joueurs ont accompli. Ils ont fait croire à chaque Egyptien que nous avions notre place sur la plus grande scène".

"Rêver plus grand" 

Pendant des décennies, l'histoire de l'Egypte en Coupe du monde avait été faite de rendez-vous manqués.

"Avant cette Coupe du monde, les gens considéraient la qualification comme le rêve", relate Mme Hamdy.

"Maintenant, nous avons atteint les huitièmes de finale. La prochaine génération rêvera encore plus grand grâce à cette équipe", se réjouit-elle auprès de l'AFP.

Le sentiment de fierté s'étend bien au-delà des frontières égyptiennes.

A plus de 1.000 kilomètres de là, dans la bande de Gaza près de la frontière égyptienne, des milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans des cafés improvisés, installés sous des tentes ou construits à partir de tôles ondulées récupérées sur des bâtiments endommagés par la guerre avec Israël.

Des éclairages alimentés par des générateurs illuminent des espaces de visionnage bondés, tandis que des câbles électriques et internet entremêlés courent entre des rangées d'abris.

Des drapeaux égyptiens flottent aux côtés de drapeaux palestiniens, des portraits de l'entraîneur Hossam Hassan et de stars comme Mohamed Salah et Omar Marmoush décorent les lieux.

Tout le monde est là: hommes, femmes, enfants, et blessés avec béquilles et fauteuils roulants abîmés.

Le bourdonnement persistant des drones israéliens se fait entendre au-dessus des têtes, ponctué parfois par des coups de feu, mais les spectateurs restent malgré tout absorbés par le match.

En Cisjordanie occupée, des milliers de personnes se sont également rassemblées à Ramallah, où une zone industrielle avait été transformée en fan-zone.

"Pour les Palestiniens, l'Egypte est bien plus qu'un pays frère ou un voisin", raconte Mohammed Saad, 60 ans, vantant notamment une "histoire partagée".

Le sélectionneur Hossam Hassan a été salué par les Palestiniens après avoir brandi leur drapeau sur le terrain après la victoire contre l'Australie au tour précédent et après l'avoir dédiée au peuple palestinien.

"Cela nous a donné un sentiment de joie et de liberté", dit Moussa Abou Ismaïl, 28 ans, originaire de la ville de Gaza. "Nous avons le sentiment que l'équipe nationale d'Egypte a redonné vie à Gaza".


Iran: une agence de presse fait état d'explosions à Bouchehr, dans le sud-ouest du pays

L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr. (AFP)
  • "Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs"
  • Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier

TEHERAN: L'agence de presse iranienne Mehr a fait état mercredi d'une série d'explosions d'origine indéterminée à ce stade dans la ville portuaire de Bouchehr, qui compte la seule centrale nucléaire civile d'Iran, après une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis.

"Des explosions ont été entendues à Bouchehr et dans les environs" a écrit Mehr sans plus de précisions. Dans le sud-ouest de l'Iran, Bouchehr est située au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite en temps normal 90% du brut iranien.