Course pour sauver les archives des journaux tunisiens en langues multiples

Une restauratrice à la Bibliothèque nationale de Tunisie, consulte des journaux anciens, dans les archives de l'institution à Tunis, la capitale, le 26 janvier 2022. Fethi Belaid / AFP
Une restauratrice à la Bibliothèque nationale de Tunisie, consulte des journaux anciens, dans les archives de l'institution à Tunis, la capitale, le 26 janvier 2022. Fethi Belaid / AFP
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Publié le Lundi 01 août 2022

Course pour sauver les archives des journaux tunisiens en langues multiples

  • La Bibliothèque abrite des journaux publiés pour certains il y a un siècle et demi, aussi bien en français qu'en italien, maltais ou espagnol
  • Ils font partie d'une collection de 16.000 titres parus à des centaines de milliers d'exemplaires que la Bibliothèque a entrepris de numériser, avec l'objectif de tous les préserver

TUNIS: Dans le sous-sol de la Bibliothèque nationale de Tunis, Hasna Gabsi circule entre des étagères débordant de journaux remontant au XIXe siècle pour en numériser un exemplaire, dans le cadre d'une campagne destinée à sauver un patrimoine unique dans la région.

"Ces archives sont un aperçu d'une culture historique importante", explique à l'AFP la conservatrice en montrant une copie jaunie d'un journal en langue arabe datant des années 1880.

La Bibliothèque abrite des journaux publiés pour certains il y a un siècle et demi, aussi bien en français qu'en italien, maltais ou espagnol.

Ils font partie d'une collection de 16.000 titres parus à des centaines de milliers d'exemplaires que la Bibliothèque a entrepris de numériser, avec l'objectif de tous les préserver.

La plupart étaient publiés en arabe et les plus anciens datent du milieu du XIXe siècle quand la Tunisie était une province de l'empire ottoman.

Après l'instauration du protectorat français en 1881, des publications apparurent en français, en hébreu et en judéo-arabe (arabe tunisien écrit avec les lettres de l'alphabet hébreu par la communauté juive), beaucoup aussi en italien, espagnol et maltais.

En passant dans une autre pièce, Mme Gabsi feuillette un exemplaire de la Voix d'Israël, journal en hébreu, lancé dans les années 1920 par la communauté juive de Tunisie, forte d'environ 100.000 personnes à la veille de l'indépendance en 1956.

«Française, italienne, maltaise, judaïque»

Non loin de là, la conservatrice dégote une copie de L'Unione, datant de 1886, publiée par la communauté italienne, qui a compté jusqu'à 130.000 membres avant l'indépendance.

Dans une autre pièce, des techniciens sélectionnent les journaux et les copient grâce à d'énormes scanners importés spécialement de l'étranger.

Depuis mai, la collection est accessible en ligne pour éviter trop de manipulations.

"Je voulais accélérer le processus de numérisation, surtout des périodiques, parce qu'on était dans une course contre leur détérioration. Certains ne se trouvent nulle part ailleurs", explique à l'AFP Raja Ben Slama, directrice de la Bibliothèque. A son arrivée en 2015, elle a accéléré le programme de numérisation des journaux avec une équipe de 20 personnes.

"Ces périodiques multi-langues représentent une Tunisie plurielle, qui n'existe pratiquement plus, une Tunisie française, italienne, maltaise, judaïque".

Beaucoup ont disparu avec l'érosion démographique des communautés qui les imprimaient. Notamment avec le départ de milliers de Juifs du fait du conflit israélo-arabe et de la majorité des Italiens, après l'expropriation de leurs terres au début des années 60.

Ces archives sont uniques pour la région de par leur diversité, souligne l'historien Abdesattar Amamou, en rappelant qu'"à l'aube de l'indépendance, on était 3 millions (de Tunisiens) mais il y avait une richesse énorme sur le plan presse et édition". La Tunisie était alors "une très belle mosaïque, très variée, carrément différente des autres pays arabo-musulmans".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.

 

 


Liban: le bilan des frappes israéliennes s'élève à 912 morts

Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé. (AFP)
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  • Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé
  • Selon l'armée, deux soldats ont été tués "par une frappe israélienne ennemie alors qu'ils circulaient à moto" sur une route de Nabatiyé dans le sud

BEYROUTH: Les frappes israéliennes sur le Liban ont tué 912 personnes, dont 111 enfants, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, a annoncé mardi le ministère de la Santé.

Le ministère fait en outre état de 67 femmes et 38 personnels médicaux parmi les tués. Le bilan précédent annoncé la veille par les autorités faisait état de 886 morts.

 

 


L’Arabie saoudite appelle l’ONU à agir contre l’islamophobie

L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie. (Capture d’écran/UNTV)
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  • Le harcèlement public, les stéréotypes nuisibles et le vandalisme des mosquées « créent la division, approfondissent la méfiance et compromettent les efforts pour bâtir des sociétés inclusives et stables », déclare l’envoyé
  • L’ambassadeur Abulaziz Alwasil exhorte les gouvernements et les plateformes en ligne à renforcer les protections légales et à garantir la responsabilité pour les crimes haineux visant les musulmans

NEW YORK : L’ambassadeur saoudien auprès de l’ONU, Abulaziz Alwasil, a appelé lundi la communauté internationale à prendre des mesures décisives pour lutter contre l’islamophobie, soulignant en particulier l’importance des protections légales, de l’éducation et de la coopération internationale.

Il a décrit l’islamophobie comme « un défi sérieux et croissant » et a mis en garde contre ses effets sociaux plus larges.

« Lorsque les musulmans sont harcelés dans l’espace public, lorsque des mosquées sont vandalisées et que des stéréotypes nuisibles se diffusent dans le discours public et sur les plateformes numériques, les conséquences vont bien au-delà d’une seule communauté », a-t-il déclaré.

« Elles créent la division, renforcent la méfiance et compromettent les efforts pour construire des sociétés inclusives et stables. »

Abulaziz Alwasil a exhorté les gouvernements, les autorités éducatives et les plateformes numériques à agir.

« Les gouvernements doivent renforcer les protections légales contre la discrimination et garantir la responsabilité en cas de crimes haineux visant les musulmans, les mosquées et les institutions islamiques », a-t-il ajouté.

« Les efforts doivent également s’attaquer à la propagation des discours de haine sur les plateformes numériques, où la désinformation et les narratifs hostiles peuvent rapidement influencer les perceptions et alimenter l’intolérance. »

L’envoyé saoudien a souligné l’importance de la coopération internationale et l’engagement de Riyad sur cette question.

« L’Arabie saoudite réaffirme que lutter contre l’islamophobie est une part indispensable de la promotion du respect de la diversité religieuse », a-t-il déclaré.

« Lorsque les nations travaillent ensemble pour promouvoir la tolérance et le respect mutuel, elles renforcent les bases d’une coexistence mondiale pacifique. »

« Le Royaume d’Arabie saoudite reste fermement engagé à faire progresser les efforts internationaux pour combattre l’islamophobie, contrer les narratifs qui incitent à l’hostilité et à la discrimination contre les musulmans, en renforçant la coopération, en poursuivant l’engagement avec l’ONU et en soutenant les initiatives qui favorisent la compréhension et le dialogue. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com