Depuis 2015, plusieurs flambées de violence entre Palestiniens et Israéliens

 Un Palestinien est assis à l'intérieur de sa maison endommagée dans la ville de Gaza, le 8 août 2022, alors que les gens retournent chez eux dans le territoire ravagé après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et les militants palestiniens. (AFP).
Un Palestinien est assis à l'intérieur de sa maison endommagée dans la ville de Gaza, le 8 août 2022, alors que les gens retournent chez eux dans le territoire ravagé après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu entre Israël et les militants palestiniens. (AFP).
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Publié le Lundi 08 août 2022

Depuis 2015, plusieurs flambées de violence entre Palestiniens et Israéliens

  • A partir du 30 mars 2018, des rassemblements hebdomadaires ont lieu à Gaza le long de la barrière de sécurité gardée par l'armée israélienne
  • De mars 2018 à fin 2019, près de 350 Palestiniens ont été tués par des tirs de l'armée israélienne. Huit Israéliens ont été tués

JÉRUSALEM : Rappel des principales flambées de violences entre Israéliens et Palestiniens depuis 2015.

Attaques à l'arme blanche

En septembre 2015, un an après la troisième guerre menée par Israël dans la bande de Gaza, l'esplanade des Mosquées --troisième lieu saint de l'islam située à Jérusalem-Est, secteur oriental de la Ville Sainte annexé par Israël en 1967-- est le théâtre de trois jours de heurts entre Palestiniens et policiers israéliens.

Le 1er octobre, un couple de colons est tué par des tirs palestiniens contre leur véhicule en Cisjordanie occupée. Le 9, les violences gagnent la bande de Gaza, où sept Palestiniens sont tués par des tirs israéliens. Le lendemain, Israël affirme avoir déjoué un attentat, puis mène un raid en représailles à un tir de roquette, tuant une Palestinienne enceinte et sa fillette.

D'octobre 2015 à fin 2016, les violences coûtent la vie à 240 Palestiniens et 36 Israéliens. Selon l'Etat hébreu, la plupart des Palestiniens tués sont des auteurs ou auteurs présumés d'attaques anti-israéliennes. Celles-ci sont souvent menées à l'arme blanche en Cisjordanie, territoire palestinien qu'Israël occupe depuis 1967, à Jérusalem ou en Israël même.

Esplanade des Mosquées

Le 14 juillet 2017, trois Arabes israéliens tuent deux policiers à Jérusalem, avant d'être abattus sur l'esplanade des Mosquées. Israël assure que les armes utilisées avaient été cachées sur l'esplanade et en ferme l'accès durant deux jours.

Le 16, les autorités israéliennes décident de mettre en place de nouvelles mesures de sécurité sur le lieu saint et installent des détecteurs de métaux et des caméras à ses entrées.

De nombreuses manifestations suivent, et le 21 juillet, des heurts entre forces israéliennes et manifestants palestiniens font trois morts palestiniens à Jérusalem-Est ainsi qu'en Cisjordanie.

Sous la pression internationale, Israël annule quatre jours plus tard toutes les nouvelles mesures de sécurité.

«Droit au retour»

A partir du 30 mars 2018, des rassemblements hebdomadaires ont lieu à Gaza le long de la barrière de sécurité gardée par l'armée israélienne. Les manifestants réclament "le droit au retour" des Palestiniens chassés de leurs terres ou qui ont fui après la création d'Israël en 1948, ainsi que la levée du blocus israélien sur l'enclave, en vigueur depuis 2007.

Le 14 mai, le jour du transfert de l'ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, une soixantaine de Palestiniens sont tués par l'armée israélienne lors de manifestations dans la bande de Gaza.

De mars 2018 à fin 2019, près de 350 Palestiniens ont été tués par des tirs de l'armée israélienne. Huit Israéliens ont été tués.

Heurts à Jérusalem-Est, guerre à Gaza

Le 3 mai 2021, des heurts éclatent dans le quartier de Cheikh Jarrah, proche de la Vieille Ville à Jérusalem-Est, en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs.

Du 7 au 10 mai, environ 900 Palestiniens sont blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées.

Le 10 mai, le Hamas tire par "solidarité" avec ce soulèvement des centaines de roquettes sur Israël, y compris vers Tel-Aviv et Jérusalem.

En représailles, l'armée israélienne enclenche une vaste opération de frappes aériennes et terrestres sur la bande de Gaza.

Du 10 au 21 mai, 260 Palestiniens sont tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 13 morts, d'après l'armée.

En 11 jours, 25 Palestiniens ont également été tués par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée.

«Vaincre la terreur»

Le 22 mars 2022, quatre personnes sont tuées dans une attaque au couteau et à la voiture bélier à Beersheva, principale ville du désert du Néguev (sud d'Israël). L'assaillant est mortellement blessé par des civils armés.

Plusieurs attaques palestiniennes sanglantes sont ensuite menées en Israël et en Cisjordanie dans lesquelles 19 personnes, en majorité des civils, ont perdu la vie.

Au cours de la même période, au moins 55 Palestiniens ont été tués, principalement en Cisjordanie occupée.

Djihad islamique

Le 1er août, les autorités israéliennes arrêtent l'un des chefs du groupe Jihad Islamique, Bassem al-Saadi, en Cisjordanie.

Le 5, l'armée israélienne lance une opération présentée comme "préventive" contre le Jihad islamique au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, sont tués, de même que plusieurs combattants du groupe.

En trois jours, 44 Palestiniens, dont 15 enfants, sont tués dans des frappes israéliennes sur l'enclave, 360 sont blessés.

Une trêve négociée par l'Egypte entre en vigueur le 7.


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.

 


Syrie: l'armée accorde un nouveau délai aux civils pour fuir une zone sous contrôle kurde

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  • Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée
  • Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT

ALEP: L'armée syrienne a accordé un nouveau délai expirant vendredi soir aux civils pour fuir une zone du nord du pays qu'elle a l'intention de reprendre aux combattants kurdes, après les avoir délogés de la ville d'Alep.

Les forces syriennes ont massé d'importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, et sommé les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'évacuer un secteur entre cette région et l'Euphrate, plus à l'est.

Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée, selon les correspondants de l'AFP sur place.

Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT.

L'armée avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, avant de bombarder les quartiers tenus par les Kurdes.

Après des combats pour en déloger les derniers combattants, le pouvoir islamiste syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a pris dimanche le contrôle de l'ensemble d'Alep, principale ville du nord de la Syrie.

"Nouvelle guerre" 

Nadima Loueis, une femme de 54 ans, a emprunté avec son frère et sa nièce un pont branlant. "C'était difficile", témoigne-t-elle. "Nous étions encerclés à Deir Hafer, je vais chez mon frère à Alep".

"Beaucoup de gens veulent fuir", déclare à l'AFP Mahmoud al-Moussa, 30 ans, affirmant que les forces kurdes "ne laissent pas les gens partir et veulent les utiliser comme boucliers humains".

Les autorités syriennes ont aussi accusé les FDS d'empêcher les civils de partir, des affirmations rejetées comme "sans fondement" par leur porte-parole Farhad Shami.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie - incluant champs pétroliers et gaziers - après avoir défait le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.

Dans une interview télévisée, le président Ahmad al-Chareh a souligné que les Kurdes "contrôlent près du quart du territoire syrien", mais que les habitants de ces régions sont en majorité "des tribus arabes" alors que les Kurdes "ne constituent que 12 à 15% de leur population".

Cette poussée de tension intervient alors que l'application d'un accord conclu en mars 2025 pour intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien est bloquée en raison des exigences contradictoires des deux parties.

Jeudi, l'autorité autonome kurde a affirmé qu'elle restait prête au "dialogue" tout en appelant la communauté internationale à empêcher "une nouvelle guerre".

"Pression soutenue" 

Les FDS ont pour leur part prévenu que "'l'escalade militaire pourrait mener à une instabilité générale, menaçant la sécurité des prisons où sont détenus des membres de l'EI".

Plus de six ans après la défaite de l'EI, les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde abritent encore des dizaines de milliers de personnes ayant des liens présumés avec l'organisation jihadiste, dont un grand nombre d'étrangers que leurs pays, notamment européens, rechignent la plupart du temps à reprendre.

De son côté, le président syrien a affirmé dans l'interview accordée dimanche à la chaîne kurde irakienne Al-Chams, qu'elle a choisi de ne pas diffuser mais dont la télévision officielle syrienne a publié des extraits, que "la balle est dans le camp de Mazloum Abdi", le chef des puissantes FDS soutenues par les Etats-Unis.

Il a appelé les Kurdes à "oeuvrer main dans la main avec nous pour reconstruire la Syrie", tout en soulignant que l'accord de mars ne prévoyait "ni fédéralisme ni administration autonome".

Contrairement aux quartiers kurdes d'Alep, "une enclave isolée", les territoires contrôlés par les FDS sont "continus, riches en ressources et accueillent des forces américaines", explique l'analyste Nanar Hawach, de l'International Crisis Group.

"Damas ne peut pas y reproduire une offensive d'envergure" comme à Alep, selon lui, mais "peut exercer une pression soutenue" afin "d'affaiblir la position de négociation des FDS sans déclencher une confrontation totale".

 


Gaza: pour le Hamas, le comité d'experts palestinien va consolider la trêve

Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire. (AFP)
Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire. (AFP)
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  • L'Egypte, médiateur clé dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avait annoncé la veille la formation d'un comité technocratique palestinien de 15 membres
  • "La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction", a déclaré Bassem Naim

GAZA: Un haut responsable du Hamas a salué jeudi la formation d'un comité d'experts chargé d'administrer la bande de Gaza après la guerre, affirmant qu'il contribuerait à consolider le cessez-le-feu et empêcher un retour aux combats.

L'Egypte, médiateur clé dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avait annoncé la veille la formation d'un comité technocratique palestinien de 15 membres, qui opérerait sous la supervision générale du Conseil de la paix, un organe conçu par le plan de paix du président américain Donald Trump.

"La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction", a déclaré Bassem Naim, une des figures du mouvement islamiste palestinien, dans un communiqué.

"C'est essentiel pour consolider le cessez-le-feu, empêcher un retour à la guerre, traiter la crise humanitaire catastrophique et préparer une reconstruction globale", a-t-il ajouté.

Depuis le début de la guerre avec Israël le 7 octobre 2023, le Hamas a déjà déclaré qu'il ne cherchait pas à jouer un rôle dans une quelconque autorité de gouvernance future à Gaza.

Le Hamas "a salué la formation du comité et a annoncé sa disposition à remettre la gestion du secteur au comité national transitoire", a souligné M. Naïm.

Le Hamas n'est pas maître de l'intégralité de la bande de Gaza. Aux termes de l'accord de trêve, l'armée israélienne s'est repliée derrière une "ligne jaune" et contrôle encore plus de la moitié du petit territoire, dont la ville de Rafah dans le sud.

Conformément à la position officielle du mouvement islamiste, M. Naïm a également dit espérer que ce comité préfigure un gouvernement d'union palestinienne, alors que les deux principaux mouvements politiques palestiniens, le Hamas et le Fatah, restent divisés.

"La balle est désormais dans le camp des médiateurs, du garant américain et de la communauté internationale pour donner les moyens d'agir au comité", a-t-il dit, les exhortant à contrer ce qu'il a qualifié de tentatives du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'entraver les prochaines étapes du cessez-le-feu.

Le principal émissaire de Washington, Steve Witkoff, a déclaré mercredi que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre, était passé à sa deuxième phase.

Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire.

La trêve entre Israël et le Hamas demeure très précaire. Les incidents sont quotidiens, les deux camps s'accusant mutuellement de violer les termes du cessez-le-feu.