En Irak, l'agriculteur kurde qui met les réseaux sociaux au vert

Dans ses vidéos, Azad Mohammad récolte des oignons, cueille de lourdes grappes de raisins, partage des astuces pour protéger les grenadiers de la chaleur. (AFP).
Dans ses vidéos, Azad Mohammad récolte des oignons, cueille de lourdes grappes de raisins, partage des astuces pour protéger les grenadiers de la chaleur. (AFP).
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Publié le Mercredi 10 août 2022

En Irak, l'agriculteur kurde qui met les réseaux sociaux au vert

  • En Irak, un pays déjà pour moitié désertique, 39% du territoire est touché par la désertification
  • Mais le Kurdistan autonome est sûrement la région la moins violemment touchée du pays avec "des niveaux élevés de précipitations" par rapport "au centre et au sud"

HALABJA: Dans ses vidéos, Azad Mohammad récolte des oignons, cueille de lourdes grappes de raisins, partage des astuces pour protéger les grenadiers de la chaleur. Au Kurdistan d'Irak, l'agriculteur s'est construit une petite célébrité sur les réseaux sociaux.

Adepte de nouvelles cultures et du greffage de légumes, l'homme de 50 ans fournit des conseils pour optimiser les rendements et protéger les champs des maladies et des insectes.

Son objectif: sensibiliser à différentes problématiques, en particulier à la protection de l'environnement en Irak, l'un des cinq pays les plus menacés au monde par les conséquences du changement climatique selon l'ONU.

Et surtout encourager les pouvoirs publics à soutenir l'agriculture dans un pays où les importations bon marché menacent les cultures locales.

"Notre terre est fertile, c'est de l'or", indique-t-il à l'AFP. "Pour une économie durable, le gouvernement devrait s'intéresser à l'agriculture, plutôt qu'au pétrole" dont le sous-sol irakien regorge, prévient-il.

Sur sa ferme de près de deux hectares dans les environs de Halabja, ses tournages se font en amateur. Assis en tailleur, accroupi au milieu des vignes et des plants de tomates, un ami le filme avec son portable, pour ses 500.000 abonnés sur Facebook.

« Mieux préserver l'environnement »

En habit kurde traditionnel, rasé de près à l'exception d'une petite moustache en brosse, il explique les différences entre deux variétés d'oignons qu'il vient d'arracher de terre.

"Comment arroser le grenadier? Comment protéger les arbres de la chaleur et des maladies? Quel est l'effet de la poussière sur nos arbres?", peut-on lire dans une publication en juin. "Live à 21h, écrivez vos questions dans les commentaires et attendez les réponses".

"Certains agriculteurs m'envoient des vidéos de leur récolte et ils me disent +c'est grâce à toi+", se réjouit M. Mohammad.

"Cela me rend très heureux", ajoute-t-il, alors que, selon un rapport de l'ONU, la production agricole irakienne subit de plein fouet une "sévère compétition": celle "des marchandises étrangères largement moins chères" notamment venues d'Iran et de Turquie voisines qui "inondent" le marché.

M. Mohammad précise aussi que la moitié de ses abonnés n'ont pas de fermes "mais ont transformé leur toit en jardins, et c'est une manière de mieux préserver l'environnement".

Dans une autre vidéo, il conseille aux agriculteurs d'espacer leurs arbres de deux mètres seulement et non quatre, pour garantir de l'ombre et de l'humidité à la terre, et protéger les cultures de la chaleur estivale.

Irrigation 

"Avec la désertification et des précipitations en baisse, il faut changer la manière dont on plante des arbres", explique-t-il à l'AFP.

"Regardez ces tomates: parce qu'elles sont à l'ombre elles sont juteuses et parfaites. Celles qui sont directement exposées au soleil sont brûlées".

"Ils devraient vous nommer ministre de l'Agriculture", commente sur une des vidéos un internaute.

En Irak, un pays déjà pour moitié désertique, 39% du territoire est touché par la désertification, les pénuries d'eau sont de plus en plus fréquentes et les sécheresses également.

Mais le Kurdistan autonome est sûrement la région la moins violemment touchée du pays avec "des niveaux élevés de précipitations" par rapport "au centre et au sud" et surtout "la plaine la plus fertile d'Irak", selon une étude publiée en 2019 par des agences onusiennes.

Mais il faut quand même "plus d'investissements" publics pour l'irrigation, plaide ce rapport, "pour mitiger les effets du changement climatique" et "garantir une utilisation efficace de l'eau disponible".

L'agriculteur Hamid Ismaïl Abdulrahmane reconnaît que "le niveau de l'eau dans les puits est beaucoup plus bas qu'il ne l'était avant".

"Cela impacte le développement de l'agriculture", ajoute ce fermier de 47 ans qui accueille deux jours par semaine des familles venues cueillir et acheter "des produits frais et organiques", dit-il --tomates-cerises, poivrons, aubergines ou maïs.

M. Mohammad, lui, reçoit des étudiants car il a récemment ouvert dans sa ferme une petite librairie.

"Certains laissent derrière eux une mosquée. Moi, après ma mort je veux laisser mes connaissances agricoles", dit-il.


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.