Canada: L'ambassade du Sénégal souligne la «gravité» des «violences policières» contre une de ses diplomates

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau discute avec des femmes soldats à Colobane, au Sénégal (Photo, AFP).
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau discute avec des femmes soldats à Colobane, au Sénégal (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 août 2022

Canada: L'ambassade du Sénégal souligne la «gravité» des «violences policières» contre une de ses diplomates

  • Le gouvernement canadien avait condamné l'incident le jugeant inacceptable
  • Son interpellation début août avait provoqué un tollé au Sénégal

MONTRÉAL: L'ambassade du Sénégal à Ottawa a déploré samedi la diffusion d'informations "fausses et choquantes" sur une de ses collaboratrices, visant selon elle à "diluer la gravité" des "violences policières inadmissibles" subies par la diplomate.

Son interpellation début août avait provoqué un tollé au Sénégal et l'embarras du gouvernement canadien.

Mme Niang Oumou Kalsoum Sall, conseiller des Affaires étrangères, a été victime d'une "violence physique et morale humiliante", en étant menottée et frappée, selon Dakar, lors d'une intervention à son domicile de la police de Gatineau, banlieue québécoise d'Ottawa.

L'intervention visait à accompagner un huissier venant notifier à la diplomate une ordonnance d'un tribunal administratif du logement. Celle-ci obtenue par Radio Canada et consultée par l'AFP condamnait la diplomate à payer plus de 45.000 dollars canadiens (34.000 euros) à son propriétaire pour "loyer non payé" et dommages au logement.

Dans une note d'information en fin de semaine, l'ambassade du Sénégal estime que les "allégations" contre Mme Niang "trahissent une volonté manifeste de diluer la gravité de l'incident qui porte sur une violation flagrante et grave des dispositions de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques".

Elle regrette aussi que les informations relayées par la presse "soient fondées sur la seule version du bailleur".

Entendant "rétablir les faits", la note détaille les longues démêlées de Mme Xiang avec son propriétaire, faisant valoir que celle-ci a été de bonne foi tout au long, qu'elle avait subi depuis le début des problèmes de chauffage et d'humidité dus à un non-respect des normes de construction et que son propriétaire s'était montré menaçant à son égard.

Exaspérée, Mme Xiang a finalement décidé de déménager en octobre 2020 et, lors de la remise des clés, a offert au gestionnaire du logement le dernier loyer dû, ce que celui-ci a refusé.

Toujours selon l'ambassade, Mme Xiang a reçu quelques mois plus tard par voie d'huissier une demande de paiement de 57.207 dollars (43.000 euros) devant couvrir notamment les frais de reconstruction de la maison.

Mme Xiang de son côté indiqué par voie d'avocat qu'elle ne devait au propriétaire que le loyer du mois d'octobre que le gestionnaire n'avait pas voulu prendre.

L'ambassade estime qu'à la lumière de ces explications, les accusations portées contre Mme Xiang ne tiennent pas.

"Rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Xiang et ses enfants mineurs", conclut l'ambassade en indiquant "suivre de très près l'enquête qui a été ordonnée sur les agissements inacceptables des agents de la police".

Le gouvernement canadien avait condamné l'incident le jugeant inacceptable.


La Cédéao décide de créer une force régionale face au djihadisme et aux coups d'Etat

Les dirigeants des Etats d'Afrique de l'Ouest se sont réunis dimanche à Abuja (Photo, AFP).
Les dirigeants des Etats d'Afrique de l'Ouest se sont réunis dimanche à Abuja (Photo, AFP).
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  • Plusieurs pays de la région sont en proie à la propagation djihadiste qui, partie du nord du Mali, a gagné le centre de ce pays,
  • Les armées nationales sont impuissantes et coopèrent avec des acteurs extérieurs, l'ONU, la France ou encore la Russie

ABUJA, Nigeria: Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest ont décidé dimanche à Abuja la création d'une force régionale vouée à intervenir non seulement contre le djihadisme, mais aussi en cas de coup d'État, comme la région en a connu plusieurs depuis deux ans, a indiqué un haut responsable.

Propagation djihadiste 

Plusieurs pays de la région sont en proie à la propagation djihadiste qui, partie du nord du Mali, a gagné le centre de ce pays, mais aussi le Burkina Faso et le Niger, et s'étend vers le sud et le golfe de Guinée. Les armées nationales sont largement impuissantes et coopèrent avec des acteurs extérieurs, l'ONU, la France ou encore la Russie.

L'insécurité est un facteur primordial des coups d'État militaires qui ont secoué la région depuis 2020, au Mali, au Burkina et, pour d'autres raisons, en Guinée.

Des responsables militaires de la région se réuniront dans la deuxième moitié de janvier pour discuter des modalités d'établissement de la force régionale, a dit M. Touray.


«Pas de solution diplomatique» à la guerre en Ukraine, selon une responsable de Memorial

 Irina Chtcherbakova, historienne et membre du conseil d'administration du groupe de défense des droits Memoria (Photo, AFP).
Irina Chtcherbakova, historienne et membre du conseil d'administration du groupe de défense des droits Memoria (Photo, AFP).
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  • Selon la militante russe, des appels prématurés à la paix sont «puérils»
  • «La solution qui se présente maintenant est une solution militaire»

HAMBOURG: Il n'y actuellement "pas de solution diplomatique" à la guerre en Ukraine, a estimé dimanche Irina Chtcherbakova, qui a cofondé l'ONG russe de défense des droits de l'homme Memorial, dissoute par les autorités et lauréate du prix Nobel de la Paix 2022.

"Je suis absolument convaincue qu'il n'y a pas de solution diplomatique avec le régime de Poutine, tant qu'il est encore là", a déclaré à Hambourg Irina Chtcherbakova, qui a quitté la Russie après l'invasion de l'Ukraine par les forces russes et réside actuellement en Allemagne.

"La solution qui se présente maintenant est une solution militaire", même si ultérieurement, la diplomatie peut jouer un rôle pour la résolution du conflit, a estimé Mme Chtcherbakova, qui a reçu à Hambourg le prix Marion Doenhoff pour ses années de militantisme en Russie au service de la cause des droits de l'homme.

"Mais ces décisions, cette diplomatie ne pourront intervenir que lorsque l'Ukraine estimera avoir gagné la guerre et pouvoir y mettre fin", a-t-elle estimé.

Selon la militante russe, des appels prématurés à la paix sont "puérils". "Rien ne sera jamais plus comme avant", a-t-elle relevé.

Le prix Marion Doenhoff a été remis à Mme Chtcherbakova par le chancelier allemand Olaf Scholz.

Les efforts de Mme Chtcherbakova montrent la voie vers un "meilleur avenir pour la Russie", même si cette perspective "parait encore invraisemblable", a déclaré le chancelier.

La guerre ne devrait pas se terminer par "une victoire de l'expansionnisme" russe", mais il ne faut pas oublier que la Russie sera "toujours là" après la fin des hostilités, a poursuivi M. Scholz.

Memorial, lauréat du prix Nobel 2022 avec le militant des droits de l'homme bélarusse Ales Bialiatski et le Centre pour les libertés civiles (Ukraine), recevra la récompense à Oslo samedi 10 décembre.

Fondée en 1989, Memorial a œuvré pendant des décennies pour faire la lumière sur les crimes commis sous le régime totalitaire de Staline et pour préserver la mémoire de ses victimes tout en collectant des informations sur la violation des libertés et des droits en Russie.

L'organisation a été dissoute par la justice russe fin 2021.


Critiques aux Etats-Unis après un appel de Trump à abandonner la Constitution

L'ancien président américain Donald Trump (Photo, AFP).
L'ancien président américain Donald Trump (Photo, AFP).
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  • Trump a affirmé qu'une «fraude de ce genre et de cette envergure permet l'abrogation de toutes les règles, y compris celles de la Constitution»
  • Des propos qui ont été immédiatement condamnés par la Maison Blanche

WASHINGTON: La classe politique américaine a vivement condamné dimanche un appel la veille de l'ancien président Donald Trump à abandonner la Constitution américaine pour revenir sur le résultat de l'élection présidentielle de 2020 remportée par Joe Biden.

Réitérant ses allégations infondées de fraude massive lors du scrutin, Donald Trump a affirmé samedi sur son réseau Truth Social qu'une "fraude de ce genre et de cette envergure permet l'abrogation de toutes les règles, réglementations et articles, y compris ceux de la Constitution".

Des propos qui ont été immédiatement condamnés par la Maison Blanche.

"La Constitution américaine est un document sacro-saint qui garantit depuis 200 ans que la liberté et l'État de droit prévalent dans notre beau pays", a commenté samedi un porte-parole de l'exécutif, Andrew Bates, dans un communiqué.

"Attaquer la Constitution et tout ce qu'elle représente est un anathème pour l'âme de notre pays et il faut le condamner", a-t-il ajouté. "On ne peut pas n'aimer l'Amérique que lorsqu'on gagne."

Dimanche, des élus des deux partis se sont offusqués des propos de l'ancien président, qui a par ailleurs récemment annoncé qu'il comptait se présenter à l'élection présidentielle de 2024.

"La semaine dernière, il dînait avec des antisémites. Maintenant, il appelle à mettre fin à la démocratie constitutionnelle en Amérique", a tweeté le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, à propos d'un dîner dans la résidence de Floride de Donald Trump auquel a participé Nick Fuentes, un suprémaciste blanc et négationniste notoire.

Donald Trump "est hors de contrôle et un danger pour notre démocratie. Tout le monde doit condamner cette attaque contre notre démocratie", a ajouté M. Schumer.

Questionné sur les propos de M. Trump sur Fox News, l'ancien vice-président Mike Pence, qui a pourtant pris ses distances avec le milliardaire américain depuis l'attaque contre le Capitole le 6 janvier 2021, s'est abstenu de les condamner.

"Les candidats qui se sont concentrés sur le passé, particulièrement ceux qui se sont concentrés sur la remise en cause de la dernière élection, n'ont pas eu de bons résultats aux élections de mi-mandat" le mois dernier, a-t-il simplement rappelé.

L'ancien conseiller à la sécurité nationale de M. Trump, le très conservateur John Bolton, s'est quant à lui offusqué de la suggestion de son ancien patron. "Tous les vrais conservateurs doivent s'opposer à sa campagne pour l'élection présidentielle de 2024", a-t-il tweeté.