Comment le cloud computing accélère la transformation numérique en Arabie saoudite

L'adoption du cloud computing est l'un des sujets les plus discutés dans le secteur des TIC du Royaume, comme moyen d'accélérer la transformation numérique (Photo, Getty Images).
L'adoption du cloud computing est l'un des sujets les plus discutés dans le secteur des TIC du Royaume, comme moyen d'accélérer la transformation numérique (Photo, Getty Images).
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Comment le cloud computing accélère la transformation numérique en Arabie saoudite

  • De nombreuses organisations se sont tournées vers le cloud pour améliorer leur efficacité opérationnelle
  • L'adoption rapide des services cloud est un moteur essentiel de la prospérité de l'économie numérique du Royaume

DJEDDAH: Avec la quantité de données qui augmente à un rythme exponentiel, doublant tous les deux ans, les outils de traitement et d'analyse de l'information et les technologies de stockage sont devenus des exigences essentielles pour tout pays ayant une stratégie claire de transformation numérique.

L'Arabie saoudite ne fait pas exception, grâce à une communauté informatique agile dont l'adoption rapide des technologies basées sur le cloud soutient et accélère la transformation numérique du Royaume.

Ces dernières années, de nombreux gouvernements et organisations à travers le monde se sont tournés vers le cloud comme moteur concurrentiel de l'efficacité opérationnelle, principalement pour trouver un équilibre entre sécurité et agilité.

En octobre dernier, une étude du cabinet de recherche Markets and Markets estimait que l'adoption des services cloud augmenterait de 16,3% entre 2021 et 2026. De même, Gartner, le cabinet de recherche et de conseil en technologie, estime que plus de 95% des nouvelles charges de travail numériques seront déployées sur des plate-formes natives du cloud d'ici 2025, contre 30% en 2021.

L'investissement du Royaume dans les technologies de l'information et de la communication de pointe et leur utilisation l'ont bien préparé à la nouvelle ère de l'administration électronique, un cadre qui présente des avantages pour les citoyens, le gouvernement et l'économie.

Selon les experts, le gouvernement saoudien a adopté une approche proactive de la mise en œuvre des technologies numériques, qui favorise la diversification économique, stimule l'innovation et crée une économie numérique florissante.

La technologie du cloud offre flexibilité, évolutivité et accès aux dernières technologies, permettant aux équipes d'innover plus rapidement et d'être plus agiles (Photo, AFP).

La transformation vers l'administration en ligne s'opère alors que le secteur des TIC connaît une évolution rapide. En 2019, le ministère saoudien des Communications et des Technologies de l'information a annoncé la politique «Cloud First» qui guide les entreprises des secteurs public et privé dans le cadre d'une transformation axée sur le cloud.

La Commission des communications et de l'information technologique a adopté un cadre réglementaire sur le cloud, qui vise à améliorer les services cloud dans le Royaume et à assurer la transparence réglementaire.

La commission a tracé la voie à suivre pour devenir un régulateur numérique 5G, la catégorie la plus avancée selon l'Union internationale des télécommunications, afin de connecter le Royaume à une économie numérique florissante, d'accroître l'innovation, l'inclusivité et la durabilité, la croissance et les partenariats.

Il y a deux ans, la Commission a mis à jour son cadre pour le cloud et a défini les responsabilités distinctes des fournisseurs de services et des utilisateurs, à savoir les clients individuels, les agences gouvernementales et les entreprises. Actuellement, les services cloud sont déployés selon quatre modèles: Privé, public, communautaire et hybride.

Le cadre fait une distinction claire entre les «données gouvernementales saoudiennes» et les «données non gouvernementales». Au sein de ces deux catégories, les données des abonnés téléchargées dans le système cloud d'un fournisseur de solutions cloud peuvent ensuite être soumises à des niveaux de classification supplémentaires, en fonction du niveau requis pour préserver la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des données en question.

Les données du gouvernement saoudien peuvent être classées comme «top secret», «secret», «confidentiel» ou «public». Les données non gouvernementales sont classées soit comme «données reçues d'entités gouvernementales saoudiennes», soit comme «autres données».

EN BREF

* La numérisation est la transformation d'informations analogiques ou manuelles en informations numériques, comme la conversion de documents manuscrits en versions informatisées.

* La numérisation est le processus qui consiste à appliquer des technologies et des capacités numériques à des tâches normalement effectuées par des personnes, afin d'obtenir de meilleurs résultats.

En octobre 2020, le ministère a publié la politique «Cloud First» du Royaume afin d'accélérer le rythme auquel les autorités gouvernementales migraient de l'infrastructure informatique traditionnelle vers les plate-formes cloud, et d'encourager l'adoption de services cloud dans le pays.

Le ministère a déclaré que cette politique couvrait toutes les autorités gouvernementales avec quelques exclusions. Ces autorités envisageraient les options cloud lorsqu'elles prennent de nouvelles décisions en matière d'investissement informatique, conformément à une stratégie clairement définie qui tient compte des diverses exigences techniques, sécuritaires et commerciales.

Selon le site web de la Commission, le Royaume compte à ce jour 21 fournisseurs de services de classe A à classe C. Neuf autres fournisseurs de services cloud sont en cours de qualification.

Les entreprises qui veulent sécuriser leur espace dans l'avenir numérique sont invitées à adopter le cloud computing (Photo, AFP).

CNTXT, une entreprise créée pour être le fer de lance de l'adoption du cloud computing dans le Royaume, propose des solutions et des services Google Cloud, des logiciels de transformation numérique et des services de conseil pour les clients des secteurs public et privé qui cherchent à assurer leur place dans l'avenir numérique.

La société est une entreprise commune de Saudi Aramco et de la société norvégienne de logiciels Cognite.

«Beaucoup de clients réalisent que l'adoption du cloud est plus que l'adoption d'une nouvelle technologie», a déclaré son PDG, Abdallah Jarwan, à Arab News. «Il s'agit d'un changement organisationnel global. Il s'agit d'établir une nouvelle stratégie technologique pour l'entreprise, d'identifier de nouvelles méthodes de travail et de se soumettre à des processus de gestion du changement qui vous permettent de tirer le meilleur parti de la technologie du cloud.»

La pandémie mondiale a non seulement mis en évidence la vulnérabilité des systèmes nationaux, mais a également montré que si l'infrastructure organisationnelle de base est essentielle, il faut travailler à renforcer la résilience numérique des secteurs économiques du Royaume.

«L'adoption de la technologie du cloud, comme toute autre technologie, nécessite également un changement culturel», a souligné Jarwan.

En chiffres

* 16,3%: Le taux de croissance mondial de l'adoption du cloud entre 2021 et 2026.

 

* 448 milliards d’euros: La valeur projetée du marché mondial des services du cloud d'ici 2026.

 

* 10 milliards d’euros: Les prévisions de la demande de services en cloud en Arabie saoudite d'ici 2030.

 

* 92% des cadres de l'Arabie saoudite prévoient une transition de plus de 50% vers le cloud au cours des trois prochaines années.

«Cela exige de l'entreprise qu'elle investisse dans la formation et le perfectionnement de sa main-d'œuvre afin de s'assurer que les employés savent comment exploiter des nouveaux outils basés sur le cloud. Il peut aussi parfois être difficile de convaincre les gens de commencer à utiliser de nouveaux outils. Ce changement doit donc être adopté et communiqué par le haut, où le cloud se positionne comme un catalyseur fondamental de l'innovation d'une entreprise», a -t-il ajouté.

Aujourd'hui, l'adoption du cloud computing est l'un des sujets les plus discutés dans le secteur des TIC du Royaume, car les entités des secteurs public et privé cherchent à accélérer la transformation numérique.

Le cloud computing est une technologie relativement mature et robuste qui offre à ses utilisateurs plusieurs avantages avérés, tels que la réduction des coûts, l'évolutivité immédiate et le partage des ressources.

La sécurité est la caractéristique principale, sinon la plus importante, de la migration vers le cloud. Les menaces de cybersécurité dans le paysage numérique ont augmenté de façon presque exponentielle pendant la pandémie mondiale. De nombreuses organisations ont opté pour la migration vers l'informatique dématérialisée en raison des restrictions imposées par les systèmes informatiques sur site.

Bien que les menaces de cybersécurité restent une préoccupation majeure aujourd'hui, les problèmes de sécurité liés au cloud computing sont également en train de prendre de l'importance. Ces menaces comprennent le manque de sensibilisation des utilisateurs aux pratiques de configuration sûres pour la sécurité personnelle des maisons intelligentes, le manque de configuration et de vérifications sécurisées pour les systèmes d'entreprise à accès distant, et l'éducation des utilisateurs finaux contre l'ingénierie sociale, car les informations des utilisateurs sont de plus en plus volées par des courriels et des liens web frauduleux envoyés via des plate-formes de médias sociaux, des messages instantanés et autres.

Des participants, dont des Saoudiennes, assistent à un hackathon à Djeddah en 2018 (Photo, AFP).

Malgré les menaces, une étude de Mordor Intelligence sur la migration vers les services cloud entre 2018 et 2026 chiffre la valeur du marché en 2026 à 448,324 milliards d’euros, contre 119,13 milliards d’euros en 2021.

Selon Jarwan, plusieurs points sont généralement pris en compte avant que les entreprises ne migrent vers le cloud, tels que «l'évaluation de la pile technologique, le matériel et les logiciels sur site, l'évaluation de la sécurité, l'identification des lacunes et le coût».

Une fois les évaluations effectuées, les entreprises classent leurs services par ordre de priorité pour la transition.

«Les entreprises qui veulent sécuriser leur espace dans l'avenir numérique doivent adopter le cloud», a précisé Jarwan à Arab News. «Cela offre la flexibilité, l'évolutivité et l'accès aux dernières technologies, ce qui permet aux équipes d'innover plus rapidement et d'être plus agiles.

«Les entreprises peuvent passer de la maintenance des infrastructures, qui n'est pas leur activité principale, à la libération de ressources pour le développement réel et l'innovation.»

En ce qui concerne l'avenir, Jarwan a soutenu: «La question n'est pas de savoir si, mais quand et comment les entreprises doivent adopter le cloud.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’accord avec les FDS kurdes est une « victoire pour tous les Syriens », selon l’ambassadeur syrien à l’ONU

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  • Ibrahim Olabi affirme que l’accord de cessez-le-feu et d’intégration progressive montre que le « meilleur scénario de réussite » des FDS se situe au sein de l’État syrien
  • Il salue le « rôle diplomatique constant » de l’Arabie saoudite dans l’encouragement à la désescalade et le soutien à la réintégration de la Syrie dans les systèmes régional et international

NEW YORK : Un accord historique de cessez-le-feu et d’intégration progressive entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, a été annoncé vendredi. Des responsables syriens de haut rang ont qualifié cet accord d’étape majeure vers l’unité nationale et la stabilité, après des années de conflit et de négociations au point mort.

S’exprimant auprès d’Arab News à New York, Ibrahim Olabi, représentant permanent de la République arabe syrienne auprès des Nations unies, a décrit l’accord non seulement comme une réussite militaire et administrative, mais aussi comme une victoire symbolique pour tous les Syriens, reflétant les aspirations collectives du pays à la paix, à la reconstruction et à la coopération internationale.

Il a souligné que la stabilité, une répartition équitable des ressources et la sécurité intérieure constituent le socle de l’importance de cet accord. Il a également mis en avant le large soutien international, ainsi que l’implication spécifique de pays tels que l’Arabie saoudite et les États-Unis.

Selon lui, l’Arabie saoudite a joué un rôle diplomatique constant pour encourager la désescalade et soutenir la réintégration de la Syrie dans le système régional et international, notamment par des appels à la levée des sanctions et au soutien des institutions étatiques.

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Le drapeau national de la République arabe syrienne. (AFP)

Concernant Washington, Olabi a déclaré que les États-Unis considéraient désormais qu’un État syrien unifié servait leurs intérêts ainsi que ceux de la région, et voyaient l’intégration au sein du gouvernement syrien comme la protection à long terme la plus viable pour les FDS.

« Nous considérons l’étape franchie aujourd’hui comme un succès pour tous les Syriens et pour la Syrie. Tous les Syriens bénéficient de la stabilité, de la présence d’appareils de sécurité dans leurs villes. Tous bénéficient du contrôle des ressources par l’État, car elles peuvent être distribuées équitablement. Il en va de même pour les frontières. Tous les Syriens bénéficient du calme intérieur, qui a aussi des répercussions régionales et sur la reconstruction », a-t-il déclaré.

« Nous le voyons donc comme un succès, comme une victoire pour tous les Syriens. »

Il a ajouté que l’accord s’inscrivait dans une dynamique déjà amorcée par des ententes précédentes et des soutiens internationaux, ainsi que par l’évolution des réalités politiques et militaires, créant des conditions favorables à sa pérennité.

Le cœur de l’accord du 30 janvier repose sur l’intégration progressive des unités militaires et des structures administratives des FDS dans les institutions de l’État syrien, en commençant par les dispositifs de sécurité et en évoluant vers une intégration institutionnelle complète.

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Des soldats montent la garde alors que les forces gouvernementales syriennes se dirigent vers la ville de Hassaké, dans le nord-est de la Syrie, le 20 janvier 2026. (AFP)

Selon Olabi, ce modèle vise à éviter des changements brusques susceptibles de déstabiliser des équilibres locaux fragiles.

« L’approche d’intégration progressive s’inscrit dans la logique plus large d’un gouvernement syrien qui a toujours été ouvert aux propositions, aux idées et au débat, pourvu que cela serve une Syrie unie, forte et stable », a-t-il expliqué.

« On commence par la sécurité, puis l’administration, puis les institutions de l’État. Nous avons estimé qu’un mois constituait un délai raisonnable. L’objectif n’est pas de précipiter les choses, mais pas non plus de les faire durer indéfiniment. Tous les Syriens souhaitent avancer vers l’avenir et tourner la page de quatorze années de conflit et de divisions. »

Conformément à l’accord, les combattants des FDS commenceront à rejoindre des unités et brigades de sécurité nationales, tandis que les forces du ministère de l’Intérieur seront déployées dans des villes clés sous contrôle kurde, notamment Hassaké et Qamichli, où la présence de l’État syrien était limitée depuis des années.

Une nouvelle formation militaire, comprenant trois brigades issues des FDS, sera intégrée à la structure globale de l’armée syrienne, tandis que les institutions civiles kurdes seront intégrées au cadre administratif de l’État.

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Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes font la queue pour régulariser leur statut auprès du gouvernement syrien à Raqqa, en Syrie, le 27 janvier 2026. (REUTERS)

Olabi a insisté sur le fait que l’accord prévoit un délai pour une intégration ordonnée, et non une absorption immédiate, délai convenu avec les FDS afin de renforcer la confiance et de réduire les tensions.

Répondant aux inquiétudes concernant la sincérité des garanties accordées aux membres des FDS contre les représailles ou la perte de leur statut, Olabi a souligné les ouvertures de longue date du gouvernement et ses interactions précédentes avec les dirigeants kurdes, ainsi que la conduite du gouvernement tout au long des négociations comme preuves de son approche.

« Mazloum Abdi a été accueilli à Damas comme un héros, et non comme un ennemi. Les FDS ont toujours été les bienvenues à Damas. Nous n’avons aucun intérêt aux représailles ni à la détérioration de la situation. Nous voulons avancer », a-t-il déclaré, ajoutant que les partenaires internationaux avaient également constaté l’absence de volonté d’escalade de la part du gouvernement syrien.


L’IA ne remplacera jamais la créativité humaine, affirme la PDG de SRMG

Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group, a souligné que l'IA ne pouvait remplacer la créativité humaine lors d'une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office vendredi dernier sur l'île de Shura. (Photo AN)
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  • S’exprimant auprès de Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, Jomana R. Alrashid a dit être fière des plateformes de SRMG qui ont su intégrer et adopter l’IA

RIYAD : Jomana R. Alrashid, PDG du Saudi Research and Media Group (SRMG), a souligné que l’intelligence artificielle ne pouvait pas remplacer la créativité humaine lors d’une session du sommet « Investing Is a Sea » organisé par The Family Office sur l’île de Shura, vendredi.

« On ne peut jamais remplacer la créativité humaine. Le journalisme, au final, et la création de contenu, reposent sur le storytelling, et c’est un rôle créatif que l’IA n’a pas encore la capacité d’assumer », a déclaré Alrashid lors du sommet d’investissement.

« Nous n’éliminerons jamais ce rôle humain qui consiste à raconter l’histoire, à mener un véritable travail d’enquête, à distinguer ce qui relève de l’actualité ou des faits de ce qui est faux… à différencier la désinformation du biais. C’est là le rôle fondamental que joue la rédaction au sein d’une newsroom. »

Abordant le thème de l’IA lors de cette discussion modérée par Maya Hojeij, présentatrice économique senior à Asharq avec Bloomberg, la PDG a exprimé sa fierté quant à la manière « transformatrice » dont les plateformes de SRMG ont intégré l’IA.

« Nous traduisons désormais l’ensemble de nos contenus en nous appuyant sur l’IA. Nous produisons également des documentaires grâce à l’IA. Nous disposons aujourd’hui de la vérification des faits assistée par l’IA, de l’indexation, du clipping et de la transcription automatisés. C’est cela, selon nous, l’avenir. »

Interrogée sur le profil du journaliste de demain, Alrashid a répondu : « C’est à la fois un journaliste et un ingénieur. Quelqu’un qui doit comprendre les données. Et c’est un autre sujet extrêmement important : comprendre les données avec lesquelles on travaille. »

« L’IA a également facilité cet aspect. Je dois dire qu’au cours des vingt dernières années dans la région, en particulier dans les entreprises de médias, nous n’avons pas suffisamment compris l’importance des données. »

La PDG a rappelé qu’auparavant, les médias s’appuyaient principalement sur des sondages, des enquêtes ou des chiffres d’audience, alors qu’aujourd’hui, des informations beaucoup plus détaillées sur les attentes des publics sont disponibles.

Lors de cette discussion informelle, Alrashid a également été interrogée sur la perception des médias du Moyen-Orient par la communauté internationale. Elle a expliqué qu’au fil des décennies, ces médias avaient joué un rôle essentiel pour informer un public plus large sur des enjeux extrêmement complexes — politiques, culturels et économiques — et continuaient de le faire.

« Aujourd’hui, ce rôle est encore plus important, notamment en raison de l’essor des réseaux sociaux, des journalistes citoyens et des créateurs de contenu. Mais je pense aussi que cela a été facilité par la puissance de l’IA. Désormais, un contenu produit par des journalistes crédibles, de premier plan, de classe mondiale, peut immédiatement dépasser les frontières, atteindre différentes zones géographiques, différents publics, différents pays, dans plusieurs langues et sous divers formats. »

Elle a souligné qu’il existait une opportunité majeure pour les médias arabes de ne plus se limiter à un public exclusivement arabe, mais de franchir les frontières, d’être disponibles en plusieurs langues et de mieux servir leurs audiences.

La PDG s’est montrée optimiste quant à l’avenir, insistant sur l’importance d’une vision claire, d’une stratégie solide et d’un alignement total des équipes.

Les modèles publicitaires traditionnels, autrefois centrés sur la télévision et la presse écrite, évoluent rapidement, les plateformes de réseaux sociaux dominant désormais les revenus publicitaires.

« Le changement est radical. Autrefois, nous étions en concurrence les uns avec les autres pour l’audience. Aujourd’hui, nous sommes aussi en concurrence avec les plateformes de réseaux sociaux : 80 % des revenus publicitaires au Moyen-Orient vont aux réseaux sociaux, mais cela signifie aussi qu’il existe 80 % d’opportunités d’intérêt. »

Selon elle, le défi consiste à créer le bon contenu sur ces plateformes afin d’engager les audiences cibles et de permettre des partenariats commerciaux. « Ce n’est un secret pour personne : les marques n’aiment pas faire de la publicité sur les chaînes d’information. Cela est souvent associé aux conflits ou à la guerre, ce qui dissuade les annonceurs. »

« C’est pourquoi nous nous sommes développés dans de nouveaux secteurs comme le sport. Et c’est aussi pour cela que nous avons renforcé notre position dans le lifestyle. Nous détenons la plus grande part de marché dans ce domaine… Et nous avons lancé de nouvelles plateformes comme Billboard Arabia, qui nous permet d’entrer dans l’univers de la musique. »

Alrashid a expliqué que cette diversification plaçait le groupe dans une position solide pour faire face au déclin des revenus publicitaires sur différentes plateformes, grâce au lancement de nouveaux produits.

« Un autre actif de propriété intellectuelle très important que nous avons créé, ce sont les événements associés à des marques présentes dans la région depuis plus de 30 ans. Aujourd’hui, toute marque ou tout titre qui n’est pas accompagné d’un événement passe à côté d’une opportunité commerciale majeure, qui nous permet de nous retrouver dans une même salle, d’échanger des idées et de nous connaître au-delà des écrans. »

La PDG a déclaré que les perturbations étaient désormais constantes et souvent autonomes, ajoutant que l'avenir du secteur reposait souvent sur la narration et la capacité à innover en créant des contenus convaincants qui touchent directement le public. 

« Mais la prochaine perturbationsviendra encore de l’IA. De la vitesse à laquelle cet outil et cette technologie extrêmement puissante évoluent. Et de notre capacité à y faire face, à nous y adapter et à l’intégrer pleinement — ou non. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com