Malaisie: l'ex-première dame condamnée à 10 ans de prison pour corruption

Rosmah Mansor a fait la une des journaux il y a dix ans pour avoir créé une nouvelle unité au sein du bureau du Premier ministre, appelée FLOM, acronyme de First Lady of Malaysia. (Reuters)
Rosmah Mansor a fait la une des journaux il y a dix ans pour avoir créé une nouvelle unité au sein du bureau du Premier ministre, appelée FLOM, acronyme de First Lady of Malaysia. (Reuters)
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Publié le Jeudi 01 septembre 2022

Malaisie: l'ex-première dame condamnée à 10 ans de prison pour corruption

  • Ces décisions signalent la fin de l'impunité pour le couple longtemps considéré comme intouchable malgré de multiples poursuites judiciaires
  • Rosmah Mansor, 70 ans, très impopulaire dans le pays d'Asie du Sud-Est à cause de ses goûts de luxe présumés, était devenue un symbole de la corruption des élites malaisiennes

KUALA LUMPUR : L'épouse de l'ex-Premier ministre malaisien Najib Razak, Rosmah Mansor, a été jugée coupable de corruption jeudi et condamnée à 10 ans de prison, une semaine après l'incarcération de son mari pour son rôle dans le vaste scandale financier 1MDB.

Ces décisions signalent la fin de l'impunité pour le couple longtemps considéré comme intouchable malgré de multiples poursuites judiciaires et qui a constamment nié les accusations de corruption à son encontre.

Rosmah Mansor, 70 ans, très impopulaire dans le pays d'Asie du Sud-Est à cause de ses goûts de luxe présumés, était devenue un symbole de la corruption des élites malaisiennes.

"L'accusée est reconnue coupable de trois chefs d'accusation", a déclaré le juge de la Haute cour de Kuala Lumpur Mohamed Zaini Mazlan.

Il a condamné l'ex-première dame à 10 ans de prison et à une amende de 970 millions de ringgits (216 millions d'euros).

Rosmah Mansor était accusée d'avoir réclamé un pot-de-vin de 187,5 millions de ringgits (41,7 millions d'euros) et reçu 6,5 millions de ringgits pour aider une compagnie à décrocher un projet d'énergie solaire destiné à des écoles rurales sur la partie malaisienne de l'île de Bornéo pendant le mandat de son mari.

Elle doit répondre encore de 17 autres chefs d'accusation, dont de la fraude fiscale et du blanchiment d'argent.

Rosmah Mansor devrait cependant faire appel et ne pas aller en prison immédiatement.

Fille d'un couple d'enseignants, elle était devenue l'une des femmes les plus puissantes du pays quand son mari, épousé en secondes noces, Najib Razak, est devenu Premier ministre en 2009.

Comparée à Imelda Marcos

Elle a été très critiquée deux ans plus tard quand un département entier a été créé à son service dans l'administration du Premier ministre.

Son goût pour le luxe est apparu au grand jour quand des perquisitions en 2018 ont mis à jour un stock de plus de 500 sacs à main et quelque 12.000 bijoux, estimés à 270 millions de dollars.

Elle a alors été comparée à l'ancienne Première dame philippine Imelda Marcos, connue pour sa vaste collection de chaussures, et a été la cible de la colère des Malaisiens contre la corruption des élites.

La police a décrit les saisies, dans 12 lieux, effectuées pour l'enquête 1MDB, comme les plus importantes jamais réalisées en Malaisie. Mais Najib Razak a constamment affirmé que ces objets de luxe étaient des cadeaux.

Arrivée au tribunal jeudi vêtue d'un habit traditionnel malais couleur pêche et décoré de fleurs, elle a affirmé pendant l'audience être une "victime".

"Ma famille a souffert. Ayez pitié, ayez de la compassion", a-t-elle plaidé.

Mais le parquet avait demandé une peine maximum ou proche du maximum pour chaque chef d'accusation, soulignant que la corruption "était l'une des maladies les plus viles qui affectent la société".

Son mari Najib Razak, Premier ministre de Malaisie de 2009 à 2018, a été incarcéré neuf jours plus tôt après épuisé tous les recours contre sa condamnation.

Il avait en 2020 été condamné à une peine de 12 ans de prison et à une amende de 210 millions de ringgits (47 millions d'euros) dans un volet de l'affaire 1MDB, une fraude aux ramifications planétaires portant sur plusieurs milliards de dollars.

L'ex-dirigeant encore en procès pour quatre autres chefs d'accusation risque jusqu'à 20 de prison pour abus de pouvoir et 15 pour blanchiment d'argent.

Selon des analystes, l'incarcération de Najib Razak devrait faire échouer tout projet de retour en politique de l'ex-Premier ministre qui reste très influent et compte de nombreux partisans.

Le vaste scandale 1MDB impliquant plusieurs banques dont Goldman Sachs, et des enquêtes sur plusieurs continents, avait largement contribué à la défaite électorale de la coalition emmenée par cet homme politique en mai 2018.

Najib Razak et des complices étaient accusés d'avoir utilisé pour des achats fastueux, allant de l'immobilier à des oeuvres d'art en passant par un yacht, l'argent qu'on leur reproche d'avoir détourné du fonds 1MDB, initialement créé pour permettre le développement de l'économie malaisienne.


Rubio met en garde contre le «chaos total» en cas de péage à Ormuz

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn). (AFP)
  • L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés
  • C'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient

MANAMA: Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, en tournée dans le Golfe, a mis en garde jeudi contre le "chaos total" que pourrait engendrer la mise en place par l'Iran de frais dont devraient s'acquitter les navires dans le détroit d'Ormuz.

Plus tôt jeudi, Téhéran avait menacé de "mesures appropriées" contre tout bateau s'aventurant à franchir le détroit sans leur autorisation, semblant répondre à l'aonnonce par Oman de l'ouverture d'un "corridor maritime temporaire" présenté comme une intiative concertée avec l'ONU.

Ormuz est une étroite voie navigable d'une trentaine de kilomètres de large qui sépare l'Iran et Oman, mais le seul passage autorisé par l'Iran se fait dans un couloir qui longe ses côtes.

L'Iran réfléchit à l'imposition de "droits de redevance", qui n'existaient pas avant la guerre, auxquels les Etats-Unis sont radicalement opposés - c'est l'un des principaux points d'achoppement entre les deux pays qui ont récemment signé un protocole d'accord pour mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

"Si nous acceptons que l'on puisse faire payer l'utilisation d'une voie navigable internationale parce qu'elle se trouve à proximité de son espace territorial, cela se propagerait alors à travers le monde comme une épidémie", a averti Marco Rubio, lors d'une réunion avec ses homologues du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à Manama (Bahreïn).

Le chef de la diplomatie américaine, venu rassurer ses alliés du Golfe largement ciblés par Téhéran pendant la guerre en représailles des frappes israélo-américaines sur l'Iran, a ajouté que les Etats-Unis souhaitaient un accord de paix, mais pas "à n'importe quel prix".

"Nous voulons un accord qui soit bon, nous voulons un accord qui soit réel, nous voulons un accord qui soit vérifiable, et nous voulons un accord qui soit respecté", a poursuivi M. Rubio.

Le responsable, qui s'est rendu aux Emirats arabes unis, au Koweït et à Bahreïn, a également donné l'assurance que les intérêts des pays du Golfe seraient pris en compte.

"Nous voulons nous assurer qu'aucune partie de cet accord ne porte atteinte, de quelque manière que ce soit, à la sécurité, à la stabilité ou à la prospérité de l'un de nos partenaires de la région du Golfe", a-t-il souligné.

Son homologue de Bahreïn, Abdoullatif ben Rachid Al Zayani, a lui mis en avant les "incertitudes" affectant ces pays.

Les monarchies du Golfe ont payé un lourd tribut à l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février contre l'Iran. Elles accueillent des bases militaires américaines et ont été visées par des missiles et drones iraniens en représailles.


Double séisme au Venezuela: au moins 32 morts et plus de 700 blessés

Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués. (AFP)
  • Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres
  • Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela

CARACAS: Deux puissants séismes ont fait au moins 32 morts et plus de 700 blessés au Venezuela mercredi, selon un premier bilan provisoire des autorités qui redoutent davantage de victimes notamment dans la région proche de Caracas où des journalistes de l'AFP ont vu des immeubles effondrés et des habitants paniqués.

Dans la capitale de ce pays d'Amérique latine de près de 30 millions d'habitants régulièrement frappé par des séismes, des photographes de l'AFP ont vu des secouristes et des habitants fouiller des immeubles réduits à des gravats. Des personnes étaient extirpées des décombres puis emmenées sur des brancards.

Au pied d'un bâtiment de 22 étages entièrement détruit dans le quartier d'Altamira, une journaliste de l'AFP a vu des gens crier les noms de leurs proches enfouis sous les décombres. "Nous avons besoin de lampes torches !", lance l'un d'eux dans la nuit noire.

"A l'heure actuelle, nous avons reçu des informations faisant état de 32 morts" et "de plus de 700 blessés", a déclaré la présidente par intérim Delcy Rodriguez dans un message à la nation, après avoir déclaré l'état d'urgence.

Elle a précisé ne pas encore disposer de données concernant l'Etat de La Guaira, situé à proximité de la capitale et qui est selon elle la région la plus touchée. L'aéroport de Caracas, gravement endommagé selon elle, a été fermé.

Signe de la gravité de la situation, les Etats-Unis ont annoncé l'envoi immédiat de secouristes et d'aide humanitaire au Venezuela. "Nous serons aux côtés de nos nouveaux et formidables amis", a assuré le président américain Donald Trump, tandis que Mme Rodriguez a indiqué s'être entretenue au téléphone avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

Cette initiative américaine, un acte diplomatique fort après des années de tensions, s'inscrit dans le cadre du rétablissement des relations entre les deux pays depuis que les forces américaines ont capturé le président déchu Nicolas Maduro, aujourd'hui incarcéré aux Etats-Unis.

La Chine et l'Inde ont elles aussi proposé leur aide, et plusieurs pays d'Amérique latine ont fait de même et exprimé leur solidarité, parfois au-delà de leurs divergences politiques. 


L'Iran accuse l'Otan de «complicité» dans la guerre menée contre lui

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël. (AFP)
  • M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury"
  • "Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X

TEHERAN: Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a accusé jeudi l'Otan de "complicité" dans la "guerre d'agression illégale" lancée contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël.

M. Baghaï a réagi à des propos sur Fox News du secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte, selon qui "500 avions américains ont décollé de bases américaines en Italie" pour soutenir l'opération militaire israélo-américaine "Epic Fury" lancée contre l'Iran le 28 février.

M. Rutte a également affirmé que l'aéroport de Bucarest avait réduit ses vols commerciaux pour laisser la place aux avions de ravitaillement utilisés dans le cadre de cette opération, et qu'entre 4.000 et 5.000 sorties d'avions américains avaient été effectuées depuis des bases européennes pendant le conflit.

"Il s'agit là d'un aveu clair et accablant de la complicité active de l'Otan dans une guerre d'agression illégale menée contre un Etat membre souverain de l'ONU", a écrit M. Baghaï sur X.

"Le secrétaire général de l'Otan a explicitement désigné l'Italie et la Roumanie comme ayant participé à l'agression contre l'Iran", a souligné le porte-parole du ministère iranien.

"Ces pays, ainsi que tous les autres pays européens ayant apporté leur soutien à l'agression américano-israélienne contre l'Iran, doivent expliquer à leur propre population et au monde entier pourquoi ils ont choisi de se rendre complices de cet acte d'agression flagrant et de la perpétration d'atrocités de masse contre les populations iraniennes", a-t-il ajouté.

En Italie, le ministère de la Défense a condamné mercredi les propos de M. Rutte, estimant qu'ils avaient envoyé "un message complètement trompeur", Rome n'ayant permis aux Etats-Unis d'utiliser ses bases que pour des vols techniques et logistiques, et non des missions de combat.