Il y a de quoi décréter ou exiger un état d’urgence socioéconomique. Les indicateurs macro sont très alarmants, mais pas encore critiques, pour notre pays. Les déclarations de Hichem Mechichi ne sont pas flatteuses ou diplomatiques : le Chef du gouvernement parle de crise aiguë et de situation très difficile. Que faire pour rééquilibrer les comptes de l’Etat, en premier lieu le budget (projet du gouvernement retiré) et la balance des paiements ? Et surtout quel échéancier rationnel et dosé pour donner des fruits de relance à la machine économique grippée, pour ne pas dire bloquée ?
Pour simplifier les choses sans rentrer dans des détails techniques, l’Etat tunisien, en tant qu’agent économique, doit éviter de s’endetter davantage, et en même temps élever autant que possible en quantité et en qualité (production et productivité) ses indices clés. On n’a plus de période de grâce, ça clignote rouge et cela veut dire qu’on risque, si les choses continuent ainsi, une cessation de paiement. L’état d’urgence économique implique, entre autres, des procédures moins compliquées et plus souples pour contrôler les circuits économiques et pour mieux collaborer avec les banques par exemple, en tant que premier bailleur de fonds interne. Cela demande également une mobilisation sérieuse et irrévocable de l’autorité coercitive de l’Etat pour appliquer la loi, notamment contre ceux qui bloquent au vu et au su de tout le monde les sites de production de pétrole et de phosphate.
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