Les idées de la jeunesse peuvent-elles remédier à un système éducatif mondial défaillant?

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et l'envoyé spécial de l'ONU, Gordon Brown, mondiale (Photo, ONU).
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, et l'envoyé spécial de l'ONU, Gordon Brown, mondiale (Photo, ONU).
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

Les idées de la jeunesse peuvent-elles remédier à un système éducatif mondial défaillant?

  • Une déclaration symbolique vise à stimuler l'engagement politique pour résoudre la crise mondiale de l'éducation
  • Plus de 500 000 jeunes de 170 nations ont été consultés pour le document soumis au chef de l'ONU le 16 septembre

NEW YORK: Aujourd'hui, 222 millions de jeunes vivant dans des régions touchées par des guerres et des catastrophes – en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud – n'ont pas accès à une éducation ininterrompue ou de qualité.

Selon l'analyse d’Éducation sans délai (Education Cannot Wait), le fonds mondial des Nations unies pour l'éducation dans les situations d'urgence et de crise prolongée, 78,2 millions de ces enfants ne sont pas scolarisés et 119,6 millions n'atteignent pas les niveaux de compétence minimums en lecture et en mathématiques, bien qu'ils soient scolarisés.

Face à ce sombre tableau, une «Déclaration de la jeunesse sur la transformation de l'éducation» a été présentée à Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, le 16 septembre, premier jour du Sommet sur la transformation de l'éducation, baptisé «Journée de mobilisation».

Le document expose 25 principes, objectifs et exigences visant à créer et à garantir un système éducatif pleinement accessible et inclusif.

La déclaration est le résultat de vastes processus de consultation impliquant près de 500 000 jeunes de plus de 170 pays et territoires. Ils ont contribué par le biais de plus de 20 enquêtes en personne et en ligne et de campagnes sur les réseaux sociaux.

«Nous affirmons la nécessité d'une approche intersectionnelle, intersectorielle et transversale fondée sur les principes des droits de l'homme, du développement durable, de l'égalité des sexes, de la justice climatique, de l'inclusion, de l'équité, de l'égalité et de la solidarité dans toutes les actions visant à transformer l'éducation et ses systèmes aux niveaux mondial, régional, national, local et communautaire», indique la déclaration.

S'adressant aux signataires du document, Leonardo Garnier, conseiller spécial du Sommet sur la transformation de l'éducation, a déclaré: «Vous nous dites à nous, autorités, experts, adultes, ou plutôt boomers, d'arrêter d'être condescendants, d'arrêter de jouer aux plus malins, d'arrêter de prétendre que nous avons toutes les réponses alors que la vérité est que nous n'avons même pas répondu aux questions.»

Le ministre de l'Éducation participe à la «Journée des solutions»  du Sommet sur la transformation de l'éducation à New York (Photo, Ministère saoudien de l'Éducation).

«Pour tout cela, je vous félicite vraiment et je vous remercie car vous préservez l'espoir.»

Guterres a décrit le défi en des termes encore plus précis. «Le problème est que les systèmes d'éducation que nous avons dans le monde ne sont pas adaptés», a-t-il affirmé.

«Nous avons besoin de l'éducation comme facteur pour nous préparer à l'avenir et non au passé, pour apprendre à apprendre et pour préparer des sociétés fondées sur la coopération et la solidarité, au lieu de sociétés fondées sur une compétitivité aveugle entre les gens.»

 «Ce sommet est une occasion importante d'introduire une vision claire de la nature transformatrice de ce que nous devons faire en matière d'éducation et votre déclaration est un outil très important pour nous faire avancer dans la bonne direction»? A6T6IL AJOUT2;

Le premier jour du sommet, qui a débuté juste avant la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies, a vu s'exprimer les ministres de l'Éducation d'un grand nombre de pays, dont le Canada, l'Équateur, la Sierra Leone, le Portugal et le Chili.

Parmi les autres intervenants figuraient des dirigeants et des délégués de la jeunesse, ainsi que des responsables d'organisations non gouvernementales dédiées à l'éducation. Parmi les jeunes délégués, la Saoudienne Amani Alkhiami a abordé la transformation en cours dans le Royaume dans le cadre du plan de réforme Vision 2030 du prince héritier Mohammed ben Salmane.

«En Arabie saoudite, les jeunes représentent environ les deux tiers de la population du pays. Ces jeunes sont nés avec le numérique, ils évoluent rapidement et ont plus de possibilités et de moyens que jamais», a-t-elle déclaré.

«En Arabie saoudite, dans le cadre de l'ambitieuse Vision 2030, nous nous développons, nous nous transformons et nous repoussons les limites du possible, rapidement, tout en collaborant avec des pays du monde entier sur des questions telles que le développement et la durabilité, la sécurité et l'éducation pour une formation continue.»

«Cette transformation n'est pas momentanée, mais continue, ce qui signifie que nous avons besoin de solutions agiles et innovantes, conçues pour répondre aux besoins de chaque génération.»

Le Dr Hamad ben Mohammed al-Sheikh, ministre saoudien de l'Éducation, a assisté à la deuxième journée du sommet, baptisée «Journée des solutions», et est intervenu lors d'une session de haut niveau intitulée «Écosystèmes éducatifs efficaces: solutions pour le contenu numérique ouvert».

Il a souligné l'importance des ressources numériques ouvertes pour soutenir les étudiants, les enseignants et les parents.

EN CHIFFRES

- 260 millions d'enfants ne sont pas scolarisés.

- 400 millions d'enfants de onze ans qui savent lire et écrire ne sont plus scolarisés.

- 840 millions de jeunes n'ont aucune qualification.

«Les technologies avancées offrent un accès efficace, équitable et complet à des ressources et à des plates-formes électroniques ouvertes pour les apprenants aux origines, intérêts et besoins différents, à tout moment et partout dans le monde», a-t-il déclaré. Les supports peuvent être «des chaînes satellitaires, des plateformes numériques et des messages textuels», a-t-il ajouté.

Dans le dernier Indice de développement humain, rapport publié par le Programme des Nations unies pour le développement, l'Arabie saoudite s'est classée 35e sur 191 pays pour 2022. Le Royaume s'est également classé 10e parmi les pays du G20 et a fait le plus de progrès entre 2019 et 2021.

Les sessions ministérielles visaient à offrir un forum aux partenaires mondiaux afin de mobiliser un soutien pour le lancement ou l'élargissement d'initiatives liées aux thèmes du sommet, en se concentrant notamment sur la crise monétaire qui touche l'éducation.

«Mais (pour le dire) haut et fort, nous avons besoin d'un financement plus important et de meilleure qualité», a déclaré Amina Mohammed, secrétaire générale adjointe de l'ONU et présidente du Groupe du développement durable, dans son discours du deuxième jour.

«Nous ne pouvons pas faire cela avec du vent, il faut l'alimenter, et l'alimentation doit provenir de nos ressources nationales, du soutien dont nous avons besoin en solidarité avec la communauté internationale.»

Appuyant le point de vue de Mme Mohammed, M. Guterres a déclaré que la question cruciale de la recherche de financements innovants pour l'éducation devait être résolue.

La campagne de l'ONU vise à étendre le droit à l'éducation gratuite pour tous les enfants (Photo, ONU).

«L'éducation est la pierre angulaire des sociétés pacifiques, prospères et stables», a-t-il déclaré. «Réduire les investissements garantit pratiquement des crises plus graves plus tard.»

L'envoyé spécial des Nations unies pour l'éducation mondiale, Gordon Brown, qui s'est exprimé aux côtés de M. Guterres et de Mme Mohammed lors de la conférence de presse conjointe du sommet, a annoncé le plus gros investissement jamais réalisé dans l'éducation mondiale.

Le fonds, qui est géré par la Facilité internationale de financement pour l'éducation, devrait passer d'un montant initial de 2 milliards de dollars à 5 milliards de dollars, puis à 10 milliards de dollars au fil du temps.

«Nous pensons qu'il peut transformer le devenir de millions d'enfants», a déclaré M. Brown, ancien premier ministre britannique, ajoutant que les réfugiés et les enfants grandissant dans des pays en crise seraient les principaux bénéficiaires du fonds.

Selon M. Guterres, il ne s'agit pas d'un nouveau fonds, mais d'un mécanisme visant à accroître les ressources dont disposent les banques multilatérales pour financer l'éducation à faible coût.

«Il complétera les outils existants, comme le Partenariat mondial pour l'éducation, qui fournit des subventions et d'autres formes d'assistance, et travaillera en parallèle avec eux», a-t-il précisé.

Lundi, le troisième jour du sommet, baptisé «Journée de réunion des dirigeants», les chefs d'État et de gouvernement du monde entier devaient présenter une déclaration nationale d'engagement à transformer l'éducation.

Ils devaient également participer à des tables rondes et à des discussions sur la crise de l'apprentissage, le financement de l'éducation, la transformation numérique de l'éducation et le mode de vie durable.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Climat : face à la grogne de l'industrie, l'Europe révise son marché du carbone

Un piéton passe devant le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 9 juin 2026. (AFP)
Un piéton passe devant le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne, à Bruxelles, le 9 juin 2026. (AFP)
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  • L'UE veut assouplir son marché carbone en prolongeant les quotas gratuits pour les industriels jusqu'en 2038
  • La réforme oppose les partisans de la compétitivité industrielle aux défenseurs d'objectifs climatiques plus stricts

BRUXELLES: Une trajectoire climatique moins exigeante pour les entreprises : la Commission européenne a proposé vendredi d'assouplir sa tarification du carbone, pilier de la politique environnementale de l'UE, au cœur d'une bataille féroce entre Etats, industriels et ONG.

Face à la grogne de l'industrie chimique allemande, de pays d'Europe centrale et de l'Italie, Bruxelles a mis sur la table une série de concessions, soumises aux Vingt-Sept et aux eurodéputés pour une négociation qui devrait durer plusieurs mois.

Dans l'ensemble, l'industrie européenne devrait être autorisée à émettre plus longtemps du CO2 et à un coût moindre que ce qui était prévu jusqu'à présent.

S'ils s'engagent à se décarboner, les industriels pourront notamment bénéficier plus longtemps de quotas carbone gratuits. Leur suppression totale interviendrait en 2038, contre 2034 dans le système actuel.

Et les entreprises auront la possibilité d'acquérir à partir de 2036 des crédits carbone internationaux en finançant des projets de décarbonation en dehors de l'UE qui seraient pris en compte dans la baisse de leurs émissions.

Il y a plus de vingt ans, l'Union européenne a mis en place ce marché des quotas d'émissions carbone (ETS), outil pionnier dans la lutte contre le dérèglement climatique.

Pour couvrir leurs émissions de CO2, les industries les plus énergivores (sidérurgie, ciment, chimie...) et les producteurs d'électricité doivent acheter des "permis de polluer", selon le principe du pollueur-payeur.

Le prix de la tonne de CO2 varie et s'établit autour de 80 euros actuellement dans l'UE.

Le total des quotas carbone disponibles sur le marché baisse au fil du temps pour inciter les industriels à émettre moins. Et pour les accompagner dans leur transformation, des quotas gratuits sont alloués.

Ils devaient disparaître en 2034, mais la Commission propose de les prolonger tout comme elle veut réduire moins vite que prévu l'ensemble des quotas disponibles sur le marché.

Pour montrer que ses ambitions climatiques demeurent, l'UE a néanmoins présenté vendredi un objectif "indicatif" d'électrification de son énergie. Elle souhaite que l'électricité représente 46% de sa consommation finale d'énergie en 2040, soit deux fois plus qu'actuellement.

- Scandinavie vs Europe centrale -

Depuis plusieurs années, cette part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de l'Union stagne autour de 23%, car elle coûte nettement plus cher que le gaz et parce que l'Europe peine à se priver des fossiles dans le chauffage des bâtiments et les transports.

Entre la crise énergétique liée à la guerre au Moyen-Orient et la canicule historique qui s'est abattue sur l'Europe, les défenseurs de l'environnement poussent pour que l'UE maintienne des ambitions climatiques élevées.

Mais depuis deux ans à Bruxelles, la tendance est plutôt de répondre aux préoccupations des industriels, en souffrance face à la concurrence de la Chine et aux droits de douane des Etats-Unis.

La réforme du carbone était prévue dans les textes, mais elle est devenue un enjeu politique, voire idéologique, entre les partisans d'ETS, comme l'Espagne, la Suède, la Finlande et le Danemark, et ses détracteurs, comme la Pologne, la République tchèque ou l'Italie aux économies plus carbonées.

Entre ces deux camps, la France va être "un Etat pivot dans les négociations", estime Phuc-Vinh Nguyen, expert de l'énergie de l'Institut Jacques-Delors, qui considère que Paris a intérêt à "sauvegarder un ETS fort" pour mettre en avant son électricité nucléaire décarbonée auprès des investisseurs.

Vendredi, la Commission a également poussé  pour que les revenus que perçoivent les Etats membres grâce au marché du carbone soient davantage fléchés vers la décarbonation de l'industrie, ce qui est loin d'être le cas actuellement.

Bruxelles avance par ailleurs prudemment sur l'extension de son marché du carbone à de nouveaux secteurs.

L'exécutif propose d'intégrer "graduellement" le secteur des incinérateurs de déchets à ETS. Avec une possibilité de dérogation jusqu'en 2035 pour les Etats, s'ils remplissent des objectifs de recyclage ou disposent déjà d'une taxe nationale équivalente.

Concernant l'aviation, face à la forte pression des compagnies aériennes et aux réticences de certains Etats, dont la France, la Commission a renoncé à directement intégrer les vols internationaux à son marché du carbone.

A la place, elle plaide pour une solution intermédiaire régionale à partir de 2029, avec l'intégration à ETS de vols internationaux dont le point d'atterrissage se situe à 5.000 kilomètres maximum du décollage en Europe. Un vol depuis Francfort vers Dubaï ou Istanbul serait couvert par ETS, mais Francfort-Tokyo ne le serait pas.

Au milieu de ces négociations, une victime collatérale de ce bras de fer pourrait être "l'ETS 2", c'est-à-dire l'extension prévue du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments.

Très sensible politiquement, la mesure a déjà été repoussée de 2027 à 2028 et risque encore d'être reportée. Voire enterrée.


Andy Burnham, de "roi du Nord" à Premier ministre du Royaume-Uni

Le nouveau député travailliste de Makerfield, Andy Burnham, s'adresse à ses partisans et aux médias au lendemain de sa victoire lors de l'élection partielle, au stade d'Ashton Town FC, à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 19 juin 2026. (AFP)
Le nouveau député travailliste de Makerfield, Andy Burnham, s'adresse à ses partisans et aux médias au lendemain de sa victoire lors de l'élection partielle, au stade d'Ashton Town FC, à Ashton-in-Makerfield, dans le nord-ouest de l'Angleterre, le 19 juin 2026. (AFP)
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  • Andy Burnham devient chef du Labour et futur Premier ministre britannique, succédant à Keir Starmer avec la promesse de réduire les inégalités régionales et le coût de la vie
  • Ancien maire populaire du Grand Manchester, il mise sur un style accessible et une politique de décentralisation, tout en restant prudent sur son programme économique.

LONDRES: Le futur Premier ministre britannique Andy Burnham, devenu populaire en tant que maire de l'agglomération de Manchester, est un habile politicien travailliste dont le style décontracté et accessible contraste avec celui de son prédécesseur Keir Starmer.

Cet homme de 56 ans qui se décrit comme partisan d'un "socialisme pro-entreprises", amateur de football et de rock, prend officiellement vendredi la tête du Labour, parti de centre-gauche majoritaire au Parlement. Il succède au démissionnaire Keir Starmer, et fera son entrée lundi à Downing Street.

Celui qui a fait toute sa carrière dans la politique contrairement à l'ex-avocat Keir Starmer, plus à l'aise que ce dernier dans la communication, accède ainsi au sommet. Il avait tenté deux fois sans succès de briguer la direction du Parti travailliste - en 2010, face à Ed Miliband, puis en 2015, face au très à gauche Jeremy Corbyn.

Il est revenu au Parlement de Westminster après avoir remporté haut la main, devant le parti anti-immigration Reform UK, une législative partielle le 18 juin à Makerfield, près de Manchester.

"C'est la dernière chance pour changer" le Labour, avait-il proclamé à l'annonce de sa victoire. Devant ses soutiens rassemblés sur un terrain de foot, ce supporter d'Everton, club de Liverpool, s'est engagé à "tracer une nouvelle voie" pour le pays, promettant "l'équité pour les régions" que le pouvoir central à Londres a "négligées".

Andy Burnham, qui revendique fièrement ses racines nordistes et populaires, a conquis en 2017 la mairie du Grand Manchester, agglomération de près de 3 millions d'habitants où il s'est fait réélire deux fois.

- Tee-shirt noir -

Lui-même est un enfant de cette région au passé industriel: il a grandi dans une petite ville à mi-chemin entre Liverpool, où il est né, et Manchester.

Dans cette cité qui connaît un renouveau économique, sa principale réussite est d'avoir amélioré les transports, en reprenant sous contrôle public le système de bus pour l'intégrer dans un réseau avec trams et trains, à des tarifs abordables.

C'est pendant la pandémie de Covid-19 qu'il gagne son surnom de "roi du Nord", pour son combat face au Premier ministre conservateur Boris Johnson à propos du soutien financier à apporter aux entreprises et employés de cette région.

Cet homme brun à lunettes et au style vestimentaire volontiers informel, qui s'est fait tatouer sur le bras une abeille ouvrière -symbole de la ville de Manchester-, a déjà fait l'objet de railleries de la cheffe des Tories Kemi Badenoch, qui ne voit en lui qu'"une paire de cils et un tee-shirt noir".

"C'est bleu foncé, en fait", a répondu l'intéressé dans un battement de paupières, dans une vidéo publiée fin juin sur les réseaux sociaux, dont il est un grand utilisateur.

Pour le journaliste Joshi Herrmann, fondateur du média en ligne Mill Media, basé à Manchester, Andy Burnham "parvient à se présenter comme un type normal à une époque où beaucoup d'hommes politiques donnent l'impression d'être très bizarres ou très ennuyeux".

- "Madchester" -

Né le 7 janvier 1970, Andy Burnham est le fils d'un technicien des télécommunications et d'une réceptionniste médicale.

Il entre au Labour adolescent et étudie la littérature anglaise à Cambridge, où il dit avoir souffert du "syndrôme de l'imposteur" en raison de ses origines sociales.

Pendant sa jeunesse, il apprécie la bouillonnante scène musicale et culturelle de Manchester des années 1980-90, "Madchester", et classe aujourd'hui encore Oasis parmi ses groupes préférés.

Elu député en 2001, il devient secrétaire en chef au Trésor dans le gouvernement de Gordon Brown, puis ministre de la Culture et des Sports (2008-2009), et ministre de la Santé (2009-2010).

Il est marié depuis 2000 avec Marie-France van Heel, femme d'affaires d'origine néerlandaise rencontrée à l'université et avec qui il a eu trois enfants.

S'il a annoncé vouloir mener une politique de décentralisation et promis d'oeuvrer pour réduire le coût de la vie, il est pour l'instant resté vague sur son programme. Ses détracteurs l'accusent d'être un caméléon politique s'adaptant à l'air du temps.

En janvier, il énonçait "les quatre cavaliers de l'apocalypse britannique: dérégulation, privatisation, austérité et Brexit". Face à des marchés inquiets, il s'est toutefois engagé à tenir les objectifs d'équilibre budgétaire fixés par l'actuel gouvernement.


Nouvelle nuit de bombardements en Iran, les alliés des Etats-Unis encore visés

Les dernières frappes marquent la sixième nuit consécutive d'attaques américaines. (PHOTO D'ARCHIVES/AFP)
Les dernières frappes marquent la sixième nuit consécutive d'attaques américaines. (PHOTO D'ARCHIVES/AFP)
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  • Les États-Unis poursuivent leurs frappes en Iran ; Téhéran dénonce des pertes civiles et menace de riposter contre les intérêts américains dans la région
  • Les tensions s'étendent au Moyen-Orient malgré les appels internationaux à reprendre les négociations

TEHERAN: Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, Téhéran les accusant d'avoir visé des cibles civiles, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont fait état d'attaques les ciblant.

L'armée américaine a affirmé, sur X, avoir attaqué dans la nuit de jeudi à vendredi "des dizaines de cibles militaires iraniennes comme des sites de surveillance côtière et de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations maritimes". L'Iran, de son côté, a rapporté des bombardements sur des ponts, un port, un aéroport et une gare.

Téhéran a affirmé vendredi matin que les frappes américaines sur son territoire depuis le 22 juin avaient fait 38 morts et plus de 400 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé.

"Si les Américains frappent les infrastructures de la République islamique, alors toutes les infrastructures de la région deviendront des cibles légitimes pour l'Iran", a menacé un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat.

Les forces armées de Jordanie, du Koweït et du Qatar ont annoncé avoir fait face vendredi à l'aube à des attaques aériennes, et les sirènes d'alerte ont été déclenchées à deux reprises à Bahreïn.

Un porte-parole de l'armée iranienne, cité par la télévision d'Etat, a affirmé que la République islamique avait visé des sites militaires américains au Koweït à l'aide de drones explosifs.

De leur côté, les Gardiens de la Révolution iraniens ont assuré avoir attaqué en Syrie un "centre de commandement des opérations spéciales de l'ennemi" dans la région d'Al-Tanf, frontalière de l'Irak, ainsi que des radars américains à Oman. Ces deux pays n'ont pas confirmé de telles frappes dans l'immédiat.

Les médias d'Etat iraniens ont fait état dans la nuit de nombreuses explosions dans différents secteurs du sud du pays.

"Les attaques se poursuivent et elles sont si violentes que j'en ai les mains qui tremblent", a raconté à l'AFP Hani, un professeur iranien de 34 ans habitant la ville d'Ahvaz (sud-ouest).

Selon la télévision d'Etat iranienne, les forces américaines ont bombardé deux ponts dans la région de Bandar Khamir, faisant sept morts, ainsi qu'une gare à Bandar Abbas et l'aéroport d'Iranshahr. La tour de contrôle du port de Chabahar a été "complètement détruite" selon l'agence Irna.

- Bouchehr frappée -

Bouchehr, ville portuaire située sur la côte sud-ouest où se trouve la seule centrale nucléaire du pays, a été frappée pour la deuxième fois en quelques heures, selon le gouverneur de la ville, cité par Irna.

Le président Donald Trump avait menacé dans la semaine de frapper les ponts et les centrales électriques du pays si les Iraniens ne revenaient pas à la table des négociations.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques contre des navires dans le Golfe, imputées à l'Iran. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, minant les efforts diplomatiques pour mettre un terme durable au conflit.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains, il a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.

Les ministres des Affaires étrangères de la Chine et du Pakistan, ce dernier pays étant médiateur des discussions, ont appelé vendredi les belligérants à reprendre les négociations dans le cadre du protocole d'accord signé mi-juin, qui a volé en éclats.

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait auparavant prévenu qu'un accord "n'a de sens que lorsque ses clauses sont valides et appliquées".

Islamabad a aussi appelé à un "retour à la normale dans le détroit d'Ormuz", de nouveau verrouillé par l'Iran le week-end dernier. En réponse, les Etats-Unis ont rétabli leur blocus des ports iraniens.

Donald Trump "reste toujours ouvert à la diplomatie dans le même temps", a déclaré jeudi la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Selon elle, les Iraniens "ont fait savoir au président qu'ils veulent toujours conclure un accord. Nous leur parlons, mais, encore une fois, le président ne va pas les laisser tirer sur des navires dans le détroit sans conséquences".

Dans le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant la guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié (GNL) mondiaux, le trafic s'est raréfié.

Les cours du pétrole restent relativement stables malgré la situation, avec un baril de Brent autour de 85 dollars vendredi.