Washington devrait interdire de tribune le président iranien à l'ONU selon Nikki Haley

Haley a déclaré que l'Iran «ne cherche pas à conclure un accord» et a souligné le bilan du régime en matière de violence et de violations des droits de l'homme (Photo, Reuters).
Haley a déclaré que l'Iran «ne cherche pas à conclure un accord» et a souligné le bilan du régime en matière de violence et de violations des droits de l'homme (Photo, Reuters).
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Publié le Jeudi 22 septembre 2022

Washington devrait interdire de tribune le président iranien à l'ONU selon Nikki Haley

  • Pour l'ancienne ambassadrice américaine auprès des Nations unies, le président iranien n'aurait pas dû être autorisé à se rendre à New York
  • Washington devrait tirer une leçon de la réponse britannique à la Russie après l'affaire des empoisonnements de Salisbury en 2018, a-t-elle indiqué

NEW YORK: Nikki Haley, ancienne ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, a déclaré à un public de New York que les États-Unis se comportaient comme un «hôte stupide» en autorisant le président iranien, Ebrahim Raïssi, à assister à l'Assemblée générale des Nations Unies tenue à New York et à y prononcer un discours.

S'exprimant lors du sommet 2022 de l'organisation United Against Nuclear Iran, en marge de la 77e session de l'Assemblée générale de l’ONU, l'ancienne gouverneure du Caroline du Sud a déclaré que l'Iran est le «premier État parrain du terrorisme» et que, l'administration américaine actuelle «se met en quatre» pour relancer l'accord nucléaire de 2015 avec Téhéran.

L'ancien président Donald Trump a retiré les États-Unis de l'accord, plus officiellement connu sous le nom de Plan global d'action conjoint, en 2018.

Lors d'une conversation avec Joseph Lieberman, un ancien sénateur américain qui a représenté le Connecticut pendant plus de vingt ans, Haley a indiqué que l'Iran «ne cherche pas à conclure un accord» et a souligné le bilan du régime en matière de violence et de violations des droits de l'homme.

Elle a signalé que Téhéran n'a «jamais tenu une promesse», tout en expliquant à l'audience comble d'un hôtel du centre de Manhattan que les représentants du régime scandent «“mort à l'Amérique, mort à Israël” tous les jours», ce qui devrait sérieusement limiter la mesure dans laquelle les États-Unis traitent avec l'Iran sur la scène diplomatique.

Haley a affirmé que les Iraniens «prétendent être excellents en matière de droits de l'homme» mais que le monde «doit les voir pour les voyous qu'ils sont». Elle a souligné la mort vendredi de Mahsa Amini, une femme de 22 ans, qui a été battue par la police en Iran après avoir été arrêtée en raison du port «incorrect» du hijab.

Décrivant les «tentatives d'assassinat d'Américains, ici dans notre pays» organisées par Téhéran, elle a demandé: «Pourquoi le président Biden a-t-il approuvé que Raïssi prononce un discours mondial à New York? Il est impensable que nous lui ayons offert cela.»

«Le régime de Téhéran a continué d'être le premier État à soutenir le terrorisme dans le monde, apportant la mort et la destruction au Moyen-Orient», avait martelé Lieberman au début du sommet de l'UANI.

Nikki Haley a rappelé le changement de posture diplomatique qu’avait adopté le Royaume-Uni envers la Russie à la suite du double meurtre commis à Salisbury en 2018. Un ancien officier militaire russe, agent double pour les services de sécurité britanniques, et sa fille avaient été empoisonnés à l'aide d'un agent neurotoxique Novichok.

Les services de renseignement britanniques avaient conclu que l'attaque avait été autorisée et organisée par Moscou. Haley a affirmé que la réponse britannique devrait servir d'inspiration aux États-Unis, qui continuent de faire face aux menaces de Téhéran.

«Tout l'argent qu’on donne à Téhéran n’est pas dépensé pour nourrir son peuple, il alimente son programme nucléaire... il faut donc sanctionner l’Iran et l'isoler de manière à ce que le peuple gagne... mais aussi de manière à ce que le régime ne puisse faire aucune des mauvaises choses qu'il compte faire», a-t-elle ajouté.

«Ils veulent de l'argent, il serait stupide de notre part de leur en donner. Ils ont une seule intention: Continuer à battre l'Occident et les démocraties à l'extérieur, et faire passer leur idéologie», a-t-elle poursuivi.

Haley a demandé que les relations internationales avec l’Iran et les efforts déployés dans le but de traiter avec le régime de Téhéran se tournent davantage vers les voisins régionaux tels que l'Arabie saoudite et Israël, et se détournent des États-Unis et de l'Europe, soutenant que cela entraînerait une réponse plus ferme face aux dirigeants iraniens.

«Laissons les voisins de l'Iran mener la charge sur ce qu'il faut faire avec l'Iran... une fois qu'ils commenceront à faire le nécessaire, la responsabilité viendra des voisins de l'Iran et c'est alors que nous aboutirons à des progrès», a-t-elle soutenu.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.


L'Iran exige pour rouvrir Ormuz que les Etats-Unis acceptent "toutes" ses conditions

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi. (Photo d’archives/AFP)
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  • L’Iran maintient le détroit d’Ormuz fermé et exige la fin de la guerre, la levée du blocus et des sanctions, ainsi que des compensations avant toute réouverture
  • Malgré des échanges indirects avec Washington, les négociations restent bloquées, tandis que les tensions régionales s’intensifient avec la reprise des attaques des Houthis au Yémen

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, enjeu majeur de la guerre au Moyen-Orient, restera verrouillé tant que Washington n'acceptera pas "toutes" les conditions posées par Téhéran, ont insisté dimanche les Gardiens de la Révolution, éloignant l'espoir d'un règlement rapide du conflit.

Minimisant ces exigences, le président Donald Trump a déclaré dans une interview au média Axios que les Etats-Unis restaient "discrets" et se contentaient "d'observer l'Iran avec son inflation galopante", une économie en "très mauvais état" et le risque selon lui de ne plus pouvoir payer ses troupes.

Les Etats-Unis imposent depuis juillet un blocus des ports iraniens qui, selon lui, aggrave la crise économique en Iran.

"Ça va s'arranger. Ça finit toujours par s'arranger", a estimé le président, qui a multiplié les déclarations contradictoires sur le conflit. "C'est comme une partie d'échecs", a-t-il estimé.

Au coeur des hostilités: le détroit d'Ormuz, verrouillé par Téhéran, que le puissant corps des Gardiens de la Révolution ont affirmé considéré comme "un théâtre de guerre et plus seulement (comme) une voie maritime".

"Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu'à ce que l'ennemi accepte toutes nos conditions", ont-ils dit.

Loin devant le nucléaire et les missiles iraniens avancés fin février pour justifier l'offensive américano-israélienne, la réouverture de ce passage vital pour le commerce mondial d'hydrocarbures est désormais la priorité n°1 de Donald Trump. Ces derniers jours encore, il n'a cessé de promettre que les discussions allaient bon train et que son déblocage était imminent.

Mais les conditions listées samedi par Téhéran pourraient mener au bras de fer: les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Nombre de ces dispositions figuraient déjà dans le protocole d'accord irano-américain signé en juin, qui devait ouvrir la voie à des négociations plus larges et avait permis une brève réouverture d'Ormuz couplée d'un reflux des prix du pétrole - avant que le processus ne déraille.

Alors que des divergences avec les Etats-Unis ont émergé au fil du conflit, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui insisté dimanche sur le volet nucléaire, redisant qu'"avec ou sans accord", l'ennemi iranien "n'aurait pas d'armes nucléaires".

- "Semi-négociations" -

Tout en réfutant la tenue de négociations avec Washington - dont le président américain s'est plusieurs fois prévalu - le chef de la diplomatie iranienne a fait état dimanche d'"un échange de messages à travers des intermédiaires".

"Ca ne s'appelle pas une négociation. Ca s'appelle échanger des messages", a argué Abbas Araghchi. Il a exclu de renouer le dialogue "tant que les violations américaines" du protocole d'accord ne cessaient pas.

L'Iran affirme ne dialoguer qu'avec Oman, l'autre pays riverain du détroit d'Omuz, pour tracer un futur itinéraire de passage. Ces discussions en sont toujours à leur "phase finale", a redit M. Araghchi.

"Nous ne faisons que des semi-négociations avec eux", a lancé Donald Trump, auprès d'Axios.

Téhéran refuse de revenir à la situation d'avant-guerre et entend imposer des frais de service à Ormuz, contre l'avis de Washington.

- Pause dans les bombardements -

Les bombardements américains ont cessé depuis plus d'une semaine, mais Donald Trump avait conditionné cette suspension à la conclusion d'un accord rapide.

Sur le front de guerre le plus récent, les Houthis du Yémen ont revendiqué dimanche une frappe de drone sur la raffinerie du géant pétrolier saoudien Aramco, sur la mer Rouge.

Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite face aux rebelles, a annoncé qu'un incendie, dont il n'a pas précisé la cause, avait été maîtrisé sur le site.

Les Houthis ont aussi tiré des missiles balistiques et des drones sur des "troupes de l'ennemi saoudien et des dépôts d'armes dans la zone de Mokha", ville portuaire yéménite plus au sud, faisant selon une source médicale au moins 11 morts, civils et militaires.

Après quatre ans d'accalmie, les hostilités ont repris en juillet, marquant une nouvelle étape de l'embrasement régional consécutif à la guerre irano-américaine.

Les Houthis avaient alors annoncé un blocus des navires saoudiens en mer Rouge, devenue un passage essentiel pour le transport d'hydrocarbures depuis qu'Ormuz est paralysé. Ils ont aussi frappé à plusieurs reprises le royaume, pour la première fois depuis une trêve négociée en 2022.

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis et déjà ciblée par l'Iran pendant la guerre, a signé vendredi avec le Pakistan et la Turquie un pacte de défense mutuelle.