Le Maroc et l’Espagne affichent leur complicité en marge de la 77e session de l’ONU

Cette belle amitié affichée par les deux royaumes voisins intervient à la suite de l'annonce, le 18 mars dernier, du soutien de Pedro Sanchez à la solution marocaine d'autonomie au Sahara. (Photo, AFP)
Cette belle amitié affichée par les deux royaumes voisins intervient à la suite de l'annonce, le 18 mars dernier, du soutien de Pedro Sanchez à la solution marocaine d'autonomie au Sahara. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 22 septembre 2022

Le Maroc et l’Espagne affichent leur complicité en marge de la 77e session de l’ONU

  • «Nous avons réalisé des progrès plus que significatifs dont les peuples marocain et espagnol profitent déjà», s’est félicité Albares, évoquant la reprise des liaisons aériennes, maritimes et terrestres
  • Un sommet Espagne-Maroc sera tenu avant la fin de cette année, qui sera présidée par le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez

CASABLANCA: Le Maroc considère l’Espagne comme un «partenaire et allié de confiance», a affirmé, mercredi à New York, le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, dans une déclaration à la presse à l’issue de ses entretiens avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, en marge de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le chef de la diplomatie espagnole s'est de son côté félicité des «relations intenses» qui lient l’Espagne au Maroc qui reflète, a-t-il dit, «une nouvelle étape» fondée sur «la transparence, la communication permanente et le respect mutuel».

«Nous avons un programme conjoint intense couvrant tous les aspects de notre relation bilatérale, fondée sur la transparence, la communication permanente et le respect mutuel. Tels sont les principes d’une coopération sincère entre deux partenaires stratégiques comme l’Espagne et le Maroc», a indiqué José Manuel Albares.

«Nous avons réalisé des progrès plus que significatifs dont les peuples marocain et espagnol profitent déjà», s’est-il félicité, évoquant la reprise des liaisons aériennes, maritimes et terrestres, «ce qui a également permis à des milliers de familles d’être réunies cet été grâce à cette opération après ces années de pandémies».

Pour Nasser Bourita, les Instructions du roi Mohammed VI sont claires: «Le Maroc considère l’Espagne comme un partenaire et allié de confiance. Nous allons travailler dans un esprit positif pour mettre en œuvre, avec ambition, tous les engagements définis par le Roi et le président du gouvernement espagnol pour que ces relations soient vigoureuses.»

Des annonces encourageantes

«Les chiffres ont été réduits de 20% au cours des quatre derniers mois par rapport à l'année précédente», a indiqué Albares en évoquant la lutte contre l’immigration clandestine, un vrai motif de satisfaction pour l’Espagne et l’Union Européenne.

Albares a également indiqué que les exportations espagnoles vers le Maroc ont augmenté de 30% en un an seulement. Avec une valeur totale de 6 milliards d’euros, ces échanges confortent l’Espagne dans sa position de premier partenaire commercial du pays.

Selon le ministre espagnol, il a été convenu, dans le cadre de la réactivation de la coopération bilatérale, d’œuvrer pour assurer le démarrage d’un transit ordonné et progressif des marchandises par les postes douaniers terrestres en janvier prochain.

Il a par ailleurs indiqué qu’un sommet Espagne-Maroc sera tenu avant la fin de cette année, qui sera présidée par le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch, et le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. «L'objectif étant que cela soit possible au cours du mois de novembre (…) Ce sera une nouvelle occasion de faire le point et de continuer à avancer ensemble et à réaffirmer l'amitié hispano-marocaine», a-t-il précisé.

Enfin, le chef de la diplomatie espagnole a annoncé que le gouvernement allait approuver un fonds de 20 millions d’euros pour la promotion du développement au Maroc.

Cette belle amitié affichée par les deux royaumes voisins intervient à la suite de l'annonce, le 18 mars dernier, du soutien de Pedro Sanchez à la solution marocaine d'autonomie au Sahara, après que les relations diplomatiques entre les deux pays sont passées dans de nombreuses zones de turbulence.

L'apothéose de ces troubles diplomatiques étant le passage de 8 000 migrants clandestins du Maroc, à Ceuta en mai 2021.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Short Url
  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Short Url
  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Short Url
  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.