La course mondiale à l'hydrogène en mer passera par Nantes

Un exemple de Lhyfebox en Allemagne (source : lhyfe.com)
Un exemple de Lhyfebox en Allemagne (source : lhyfe.com)
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

La course mondiale à l'hydrogène en mer passera par Nantes

  • L'hydrogène est à ce jour le principal moyen de verdir chimie, industries et transports lourds, à condition qu'il soit produit à base d'énergie bas carbone
  • Dans son usine de Vendée équipée de trois éoliennes terrestres, Lhyfe a déjà pu vérifier que produire de l'hydrogène avec de l'eau dessalée et une énergie intermittente, ça marche

SAINT-NAZAIRE, France : Les éoliennes en mer produisent de l'électricité. Elles pourraient aussi produire de l'hydrogène, comme veut le montrer au plus vite et avant tout le monde l'usine pilote flottante de Lhyfe, jeune pousse française aux ambitions mondiales.

L'enjeu est énorme, l'hydrogène étant à ce jour le principal moyen de verdir chimie, industries et transports lourds, à condition qu'il soit produit à base d'énergie bas carbone.

Lhyfe, créée en 2017 et dédiée à cet objectif, a donc présenté jeudi cette plateforme pilote, destinée à six mois de tests dans le port de Saint-Nazaire, avant de partir à 20 km au large des côtes françaises pour se connecter pendant douze mois à une éolienne.

«Cette plateforme de production en mer est une première mondiale, l'objectif étant de massifier à terme avec l'offshore la production d'hydrogène renouvelable», explique le PDG de cette entreprise de Nantes, Matthieu Guesné. «Aujourd'hui, l’hydrogène renouvelable beaucoup de gens en parlent, mais très peu en font. Nous voulons ouvrir la voie».

Sur la barge jaune citron de 300 m2, un conteneur abrite un électrolyseur, qui grâce à de l'électricité casse la molécule d'eau (H2O) pour produire l'hydrogène (H2). Le courant vient de l'éolienne et l'eau est de l'eau de mer dessalée sur place par un système de dessalement «classique» par membranes, embarqué dans un second conteneur.

- «Aller vite» -

Mais pourquoi des éoliennes offshore plutôt que sur terre ?

L'hydrogène produit peut être acheminé à terre par un gazoduc classique, moins onéreux que la connexion électrique lorsque l'on s'éloigne des côtes, argumentent les développeurs. Et contrairement au courant électrique, il se stocke facilement.

Les éoliennes marines sont bien plus puissantes que les terrestres aussi. «Et plus on en est loin des côtes, plus cela produit de l'énergie», ajoute M. Guesné.

L'électrolyseur flottant peut se connecter à des parcs existants. La demande d'hydrogène pourra aussi justifier des parcs dédiés, dit-on chez Lhyfe, où l'on attend d'Allemagne un prochain appel d'offres.

Dans l'intervalle, l'équipe devra s'assurer que l'électrolyseur, produit par l'américain Plug Power, résiste au gîte, aux vagues, à la corrosion et pourra encore optimiser la taille des équipements ou la maintenance.

Dans son usine de Vendée équipée de trois éoliennes terrestres, Lhyfe a déjà pu vérifier que produire de l'hydrogène avec de l'eau dessalée et une énergie intermittente, ça marche. Depuis un an, il alimente les bus de la Roche-sur-Yon, les chariots élévateurs de Lidl...

- «Changer un peu le monde» –

En mer, Lhyfe vise avec son démonstrateur une capacité de production de 400 kg/jour, soit 1 mégawatt (MW), l'équivalent d'un plein pour cent voitures. A l'horizon de 2030, il envisage de produire 3 gigawatts (GW).

«C'est le genre de projets pionniers qui peut changer un peu le monde et la vitesse avec laquelle les autres s’engagent,» estime Ole Hoefelmann, directeur général de Plug Power.

Il évoque un autre grand projet d'1GW au Danemark. L'énergéticien suédois Vattenfall a annoncé de son côté développer en Ecosse un projet d'éolienne dédiée à l'hydrogène, mais la production n'est pas attendue avant 2025.

Chez Lhyfe, on «veut aller vite», explique le directeur technique.

Il aura fallu à peine 18 mois pour construire ce pilote baptisé Sealhyfe. Ce projet de plusieurs millions d'euros, qui a reçu l'aide de la Région et de l'Ademe, a aussi le soutien de tout un écosystème qui ces dernières années s'est créé autour de l'éolien offshore entre Nantes et Saint-Nazaire: le port, les Chantiers de l'Atlantique, ou encore l'école Centrale de Nantes qui accueillera le démonstrateur sur sa base expérimentale en mer.

Face au réchauffement du climat, «on est en retard», note Bertrand Alessandrini, chercheur et directeur du développement à Centrale. «Mais on a là une première mondiale, et on va le plus vite qu’on peut».


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.