Comment les réfugiés syriens sont devenus le bouc émissaire d’une catastrophe humaine au Liban

Un camp de tentes abritant des réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa au Liban (Photo, AFP).
Un camp de tentes abritant des réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa au Liban (Photo, AFP).
Des soldats libanais à un poste de contrôle dans la vallée de la Bekaa supervisent un convoi transportant des familles de réfugiés syriens (Photo, AFP).
Des soldats libanais à un poste de contrôle dans la vallée de la Bekaa supervisent un convoi transportant des familles de réfugiés syriens (Photo, AFP).
Des enfants de réfugiés syriens jouent dans un camp de réfugiés non officiel dans la vallée de la Bekaa au Liban, le 8 mars 2018 (Photo, AFP).
Des enfants de réfugiés syriens jouent dans un camp de réfugiés non officiel dans la vallée de la Bekaa au Liban, le 8 mars 2018 (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Comment les réfugiés syriens sont devenus le bouc émissaire d’une catastrophe humaine au Liban

  • Le discours politique est devenu de plus en plus toxique, parallèlement à l'aggravation de la crise socio-économique
  • Un discours hostile pourrait être à l'origine d'une recrudescence de la violence à l'encontre des plus de 852 000 réfugiés syriens résidant au Liban

DUBAÏ: Lorsque Dareen et sa famille ont fui vers le Liban en 2014, s’évadant de la violence dans leur ville natale d'Alep, dans le nord de la Syrie, elle pensait que leur déplacement durerait un an tout au plus. Huit ans plus tard, elle et ses trois enfants résident toujours dans un campement informel à Chtaura, près de la frontière syrienne.
Selon les estimations de l'ONU, Dareen fait partie des 852 000 réfugiés syriens résidant au Liban, qui ont vu leurs conditions de vie se détériorer depuis le début de la crise financière de leur pays d'accueil vers la fin de 2019, aggravée par la pandémie de la Covid-19 et l'impact de la guerre en Ukraine.
Au milieu de cette crise économique, le discours politique libanais est devenu de plus en plus hostile aux réfugiés syriens, les experts comme les ministres mettant en avant un récit qui rend les familles déplacées responsables des difficultés du pays et de la pression constante sur les services publics.
Dans l'espoir d'alléger ce «fardeau» perçu comme pesant sur l'économie libanaise en difficulté, le gouvernement intérimaire du pays, qui affirme que le nombre de réfugiés syriens est plus proche de 1,5 million, a lancé un programme de rapatriement.
«Onze ans après le début de la crise syrienne, le Liban n'a plus la capacité de supporter ce fardeau, surtout dans les circonstances actuelles», a déclaré Najib Mikati, Premier ministre intérimaire du Liban, lors d'une cérémonie organisée en juin pour lancer le plan de réponse à la crise libanaise de cette année, parrainé par les Nations unies.
«J'appelle la communauté internationale à travailler avec le Liban dans le but de garantir le retour des réfugiés syriens dans leur pays, sinon le Liban s'emploiera à faire sortir les Syriens par des moyens légaux et l'application ferme de la loi libanaise», a-t-il averti.

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Le Premier ministre libanais par intérim, Najib Mikati (Photo, AFP).


Selon l'ONU, le Liban a lancé un appel de 3,2 milliards de dollars américains (1 dollar américain = 1,03 euro) pour faire face à l'impact continu de la crise en Syrie. Environ 9 milliards de dollars ont déjà été fournis en aide depuis 2015 par le biais du plan de réponse à la crise au Liban.
Les commentaires de Mikati, qui s'apparentent à un ultimatum à peine voilé adressé aux Nations unies pour qu'elles envoient une aide financière supplémentaire, font suite à des remarques similaires formulées en mai par le ministre des Affaires sociales par intérim, Hector Hajjar, qui a déclaré que le Liban ne pouvait plus se permettre d'accueillir une population de réfugiés aussi importante.
Selon les experts, les causes des problèmes économiques du Liban et de ses crises nombreuses et souvent simultanées sont bien plus complexes que le simple coût de l'accueil des réfugiés syriens, pour lequel il reçoit une aide mondiale.
En août, la Banque mondiale a accusé les dirigeants libanais de l'après-guerre civile d'avoir orchestré «une dépression délibérée» en accumulant une dette excessive, en utilisant et en dépensant à mauvais escient les dépôts des banques commerciales et en affaiblissant les services publics sur une période de 30 ans.
Toutefois, selon les experts, les réfugiés syriens sont devenus une sorte de bouc émissaire commode pour détourner la responsabilité de l'élite politique en difficulté du pays.

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Les réfugiés syriens sont accusés d'aggraver les problèmes économiques du Liban (Photo, AFP).


En juillet, Issam Charafeddine, ministre libanais intérimaire des personnes déplacées, a déclaré que le gouvernement prévoyait de commencer à renvoyer au moins 15 000 réfugiés syriens par mois. Qualifiant cette mesure de «plan humain, honorable, patriotique et économique nécessaire pour le Liban», il insiste que les réfugiés pouvaient désormais retourner en Syrie en toute sécurité.
Lors d'une réunion conjointe avec Charafeddine, Hossein Makhlouf, ministre de l'Administration locale du régime syrien, a affirmé que «les portes sont ouvertes pour le retour des réfugiés syriens» et que le gouvernement du président Bachar Assad est prêt à faciliter leur retour.
Le plan de rapatriement du Liban a été conçu dans le contexte d'un ressentiment public croissant, voire d'une franche hostilité, à l'égard des réfugiés syriens. Les citoyens libanais, qui ont du mal à nourrir leurs familles, exigent que l'État donne la priorité à leurs besoins plutôt qu'à ceux des personnes perçues comme des étrangers.

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Des enfants syriens plongés dans la pauvreté dans des camps de réfugiés (Photo, AFP).


«Je ne supporte plus de les voir», a déclaré Maria, une institutrice de 51 ans, à Arab News. «Nous avons déjà du mal et leur présence ne fait qu'empirer les choses. Il y a tellement de choses à faire sans avoir à les partager avec des étrangers.»
«Quand je les vois mendier dans la rue, quand je les vois faire la queue avec une sorte de carte d'aide sociale pour payer leurs marchandises, je me surprends à lutter contre l'envie de leur crier dessus. Ils ne sont pas les bienvenus ici. C'est notre terre, notre nourriture, notre argent. Ils devraient simplement rentrer chez eux», a-t-elle ajouté.

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Des réfugiés syriens se préparent à quitter Beyrouth le 4 septembre 2018 (Photo, AFP).


Certains experts et personnalités politiques ont même affirmé que, grâce aux distributions d'argent par les organismes d'aide, les réfugiés syriens recevaient plus d'aide que les Libanais les plus pauvres. Ces déclarations ont alimenté un discours selon lequel les réfugiés syriens sont responsables du malheur du pays.
Postant en juillet sur son compte Twitter officiel, Nadim Gemayel, membre du parti Kataeb libanais, a écrit: «Pour le Liban, le retour des réfugiés syriens n'est pas une option, mais plutôt une nécessité nationale. Si la Syrie n'est pas sûre pour le retour des Syriens, alors leur séjour n'est pas sûr pour les Libanais et les récents événements en sont la preuve, alors soit le retour, soit le retour.»
Préoccupée par l'impact possible de ce durcissement du discours à l'encontre des Syriens, Najat Rochdi, coordinatrice humanitaire des Nations unies au Liban, a exhorté les personnalités publiques libanaises à s'abstenir d'attiser l'hostilité.
 

EN BREF

*9/10 des réfugiés syriens au Liban vivent dans la pauvreté.
*Le Liban prévoit d'expulser 15 000 réfugiés syriens par mois.
*Parmi les 3,7 millions de Syriens vivant en Turquie, beaucoup craignent d'être renvoyés dans leur pays après un changement dans les relations entre Ankara et Damas.
*L'étudiant syrien en médecine Faris Mohammed Al Ali a récemment perdu la vie dans une attaque de ses pairs à Hatay.
 

Le discours public toxique semble avoir entraîné une recrudescence de la violence contre les Syriens. En juin, des images ont été diffusées sur les médias sociaux montrant un propriétaire terrien libanais fouettant un groupe de garçons syriens avec un câble.
Les garçons, qui auraient été engagés par le propriétaire terrien pour récolter des cerises, peuvent être vus dans la vidéo avec des pommes de terre fourrées dans la bouche comme des bâillons pendant que le propriétaire terrien les bat en les accusant de vol.
Même les autorités libanaises ont été accusées de maltraiter les Syriens. Un rapport publié par l'organisation de défense des droits de l'homme, Amnesty International, en mars 2021 comprend les témoignages de 26 Syriens qui affirment avoir été torturés par les autorités libanaises, notamment à coups de tiges métalliques et détenus dans des conditions de stress.

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Un garçon syrien déneige l'entrée d'une tente dans un camp de réfugiés près de Baalbek (Photo, AFP).


Au début du mois de septembre, Bachar Abdel Saoud, un réfugié syrien, aurait été torturé à mort par des membres de l'agence de sécurité nationale du Liban. Lorsque des photos de son corps gravement meurtri ont été diffusées sur les médias sociaux, les autorités ont affirmé qu'il avait avoué être un membre de Daech. Abdel Saoud avait été arrêté en possession d'un faux billet de 50 dollars.
Malgré ces incidents préoccupants, de nombreux réfugiés syriens disent qu'ils préfèrent rester au Liban plutôt que de rentrer chez eux. «La raison pour laquelle je suis parti est toujours là. Assad est toujours président», a déclaré à Arab News, Abou Faisal, 68 ans, qui vit dans un camp de la vallée de la Bekaa au Liban.
Il a ajouté: «Je préfère mourir hors de chez moi par l'humiliation d'un étranger que de mourir dans ce que je considère comme ma maison par sa torture et son humiliation. Je vivrais sur un petit bout de terre isolé du monde et ne reviendrais pas en arrière.»

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Des réfugiés syriens attendent d'être évacués du village de Shebaa, dans le sud du Liban (Photo, AFP).


Certains observateurs soupçonnent le Hezbollah, qui a longtemps été un soutien de premier plan du régime Assad, d'encourager activement des attitudes sociales néfastes afin de faire pression sur les réfugiés syriens pour qu'ils rentrent chez eux — et de redorer ainsi l'image mondiale du régime et de sa main-d'œuvre.
Cependant, bien que l'intensité des combats ait diminué dans une grande partie de la Syrie ces derniers mois, les observateurs des droits de l'homme affirment que le pays est encore loin d'être sûr, avec des cas bien documentés de rapatriés détenus, torturés et même tués par le régime méfiant et vengeur.

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Avec la disparition des maris, de nombreuses femmes réfugiées syriennes doivent accomplir des travaux pénibles pour survivre (Photo, AFP).

«Mon mari est toujours porté disparu», a révélé à Arab News, Dareen, la femme syrienne d'Alep qui vit désormais comme réfugiée avec sa famille à Chtaura. «En 2018, il est retourné en Syrie parce qu'il avait travaillé sur le lancement d'un projet avec un de ses amis pour gagner de l'argent. Je n'ai pas eu de nouvelles de lui depuis le deuxième jour de son arrivée.»
«Mes amis et ma famille m'ont conseillé de continuer ma vie comme s'il était mort. Je suis certaine qu'il a été arrêté par des sbires syriens. Je préfère penser qu'il est mort plutôt que de croupir dans les abattoirs des prisons d'Assad», a-t-elle avisé.
Les témoignages recueillis par les observateurs des droits de l'homme indiquent que les rapatriés ne sont pas chaleureusement accueillis par le régime, mais sont au contraire traités comme des traîtres pour être partis.
«Ma belle-sœur est retournée en Syrie pour prendre des nouvelles de son frère malade l'année dernière», a indiqué Dareen. «Elle a été harcelée à la frontière syrienne. Les soldats l'ont traitée de traître pour avoir quitté la Syrie, l'ont traitée de prostituée et ont menacé de la violer. Elle ne voulait même pas revenir ici. Elle ne voulait pas repasser la frontière, mais elle devait le faire.»

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Des membres de l'Organisation syrienne pour les victimes de la guerre exposent des images de la torture de détenus dans les prisons et les centres de détention du régime d'Assad (Photo, AFP).


Le Réseau syrien pour les droits de l'homme, basé au Royaume-Uni, a recensé au moins 3 057 cas d'arrestation de rapatriés par le régime entre 2014 et 2021 — dont 203 femmes et 244 enfants. La majorité de ces rapatriés viennent du Liban. 
Compte tenu de ces menaces pour la vie et le bien-être des rapatriés, les organisations humanitaires ont demandé à plusieurs reprises au gouvernement libanais de ne pas expulser les réfugiés et de continuer à leur offrir l'asile.
«Le Liban est obligé de ne pas renvoyer ou extrader toute personne risquant d'être torturée car il est lié par le principe de non-refoulement du droit international coutumier, en tant que partie à la Convention contre la torture et les peines cruelles, inhumaines ou dégradantes», a expliqué Human Rights Watch, un organisme de surveillance basé à New York, dans un rapport publié en juillet.
L’UNHCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés, a également rappelé au gouvernement libanais son devoir de «respecter le droit fondamental de tous les réfugiés à un retour volontaire, sûr et digne».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com
 


Gaza: un collaborateur de l'AFP et deux autres journalistes tués dans une frappe israélienne

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  • Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat)
  • Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza

GAZA: Une frappe israélienne a tué mercredi un collaborateur régulier de l'AFP et deux autres journalistes palestiniens dans le centre de la bande de Gaza, l'armée israélienne indiquant avoir ciblé les opérateurs d'un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d'al-Zahra et trois journalistes ont été tués, indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas.

Les trois hommes ont été identifiés comme Anas Ghneim, Mohammed Salah et Abdoul Raouf Shaath (aussi orthographié Shaat). Ce dernier, reporter d'images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l'AFP depuis l'évacuation, début 2024, des journalistes employés par l'agence à Gaza.

"C'est avec une immense tristesse que nous avons appris la mort d'Abdoul", écrit l'Agence France-Presse dans un communiqué, notant que "ses collègues se souviennent d'un homme généreux, doté d'un engagement journalistique profond".

L'AFP "exige une enquête complète et transparente sur les circonstances de sa mort", notant que "trop de journalistes locaux ont été tués à Gaza au cours des deux dernières années, tandis que l'accès libre pour les journalistes étrangers demeure impossible."

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s'accusent mutuellement de violer.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, huit autres Palestiniens y ont été tués mercredi dans des frappes israéliennes.

"Crime de guerre" 

Sur la frappe ayant tué le collaborateur de l'AFP, l'armée israélienne a indiqué avoir identifié "plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza", sans plus de détails sur cette affiliation prétendue.

Les forces israéliennes "ont frappé avec précision les suspects qui l'avaient activé", a ajouté l'armée, précisant que les circonstances faisaient l'objet d'un "examen".

Sur place, un témoin a déclaré à l'AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d'aide humanitaire gérée par le Comité égyptien de secours, lorsqu'un véhicule qui les accompagnait a été visé.

"Cette zone est considérée comme sûre et humanitaire", a noté un autre témoin, Mahmoud Azzam, interrogé par l'AFP près du lieu de la frappe, où des hommes en chasuble siglée du logo du Comité égyptien de secours fouillaient la carcasse d'une voiture calcinée.

"Un véhicule appartenant au Comité égyptien a été pris pour cible lors d'une mission humanitaire", a dit Mohammed Mansour, porte-parole de cette organisation à Gaza-ville. Précisant que "tous les véhicules" du Comité portent son logo, il a dénoncé une frappe israélienne "criminelle".

Abdoul Raouf Shaath n'était pas en mission pour l'AFP au moment de la frappe. Son dernier reportage pour l'agence avait été publié lundi.

Dans l'enceinte de l'hôpital Nasser de Khan Younès (sud) où les dépouilles des journalistes ont été amenées, des dizaines de personnes sont venues saluer leur mémoire.

Le Syndicat des journalistes palestiniens a condamné "avec la plus grande fermeté" cette attaque, dénonçant une "politique systématique et délibérée" d'Israël pour "cibler intentionnellement les journalistes palestiniens".

"Cette frappe isolée sur des journalistes identifiables par leurs équipements de reportage pourrait indiquer un ciblage et constituer un crime de guerre", a déclaré dans un communiqué Martin Roux, responsable du desk Crises de l'organisation de défense des journalistes Reporters sans frontières (RSF).

 "Dangers immenses" 

"Cette attaque rappelle avec force les dangers immenses auxquels les journalistes, comme les autres civils, continuent d'être exposés, même pendant le cessez-le-feu en cours", a relevé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le Hamas, qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, a dénoncé un "crime de guerre".

Le fragile cessez-le-feu à Gaza, première étape du plan de Donald Trump visant à mettre fin à la guerre, est émaillé de tirs quotidiens, tandis que la situation humanitaire reste critique.

Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza. L'armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Selon RSF, "près de 220 journalistes ont été tués à Gaza par l'armée israélienne depuis le début de son offensive il y a plus de deux ans, dont au moins 71 ciblés ou tués dans l'exercice de leur travail."

L'armée israélienne affirme elle que nombre de professionnels de la presse qu'elle reconnaît avoir éliminé étaient des "terroristes" membres de la branche armée du Hamas ou d'autres groupes armés palestiniens.


L’Arabie saoudite, la Turquie et six autres pays rejoignent le « Conseil de la paix » de Trump

Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
Des véhicules militaires israéliens passent devant les destructions à Gaza, vues depuis le côté israélien de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d'Israël, le 21 janvier 2026. (Reuters)
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  • Les huit pays ont réaffirmé dans leur déclaration commune leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à appuyer la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire

DAVOS : Un groupe de pays arabes et islamiques a annoncé mercredi qu’il rejoignait le nouveau « Conseil de la paix » proposé par le président américain Donald Trump, une initiative destinée à stabiliser et reconstruire la bande de Gaza.

Dans une déclaration commune, les ministères des Affaires étrangères de l’Arabie saoudite, de la Turquie, de l’Égypte, de la Jordanie, de l’Indonésie, du Pakistan, du Qatar et des Émirats arabes unis ont indiqué avoir accueilli favorablement l’invitation de Trump à participer à ce conseil pour la paix à Gaza.

Les huit pays ont réaffirmé leur soutien aux efforts de paix menés par Trump et se sont engagés à soutenir la mission du Conseil en tant qu’organe de gouvernance transitoire, dans le cadre d’un plan plus large visant à mettre fin au conflit à Gaza.

La mission du Conseil vise à « consolider un cessez-le-feu permanent, soutenir la reconstruction de Gaza et promouvoir une paix juste et durable fondée sur le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à la création d’un État, conformément au droit international, ouvrant ainsi la voie à la sécurité et à la stabilité pour tous les pays et peuples de la région », précise le communiqué.

S’exprimant mercredi en marge du Forum économique mondial à Davos, l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré que la région évoluait dans la bonne direction.

« Je pense que ce qui se passe est remarquable », a-t-il confié à Arab News. « Tout le monde, je crois, travaille ensemble en faveur de la paix. Tous ont adhéré aux idées du président Trump concernant le “Conseil de la paix”, et je suis très optimiste. »

M. Witkoff a également déclaré que Téhéran devait venir s’asseoir à la table des négociations. « Cela doit arriver. C’est essentiel. Si l’Iran avance, alors la région avance aussi, et nous devons clarifier cela », a-t-il affirmé.

Depuis le déclenchement des manifestations antigouvernementales, Trump a exhorté à plusieurs reprises les dirigeants iraniens à mettre fin à la répression violente des manifestants, promettant des « mesures très fortes » si des exécutions avaient lieu. Il a également appelé les Iraniens à poursuivre les manifestations et à « prendre le contrôle des institutions ».

Mardi, les organisateurs du Forum de Davos ont annoncé que l’invitation adressée au ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, avait été retirée, invoquant « la perte tragique de vies civiles en Iran au cours des dernières semaines ».

M. Araghchi a condamné cette décision, accusant le Forum de faire preuve de « doubles standards flagrants ».

Pendant ce temps, les dirigeants européens présents à Davos semblaient plus sceptiques quant à une éventuelle participation au Conseil de la paix pour Gaza, plusieurs d’entre eux réfléchissant à décliner l’invitation.

D’autres annonces concernant la participation sont attendues jeudi, à l’issue d’une nouvelle phase de tractations diplomatiques à Davos, alors que les capitales évaluent l’impact potentiel du Conseil sur les efforts existants menés sous l’égide de l’ONU.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: des frappes israéliennes tuent deux personnes dans le sud du Liban

Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024. (AFP)
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  • Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël
  • Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie

SAIDA: Des frappes israéliennes ont tué mercredi deux personnes selon les autorités dans le sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024.

La première frappe a visé une voiture près de Saïda, principale ville de la zone, tuant un homme, a indiqué le ministère de la Santé.

Selon l'agence de presse libanaise Ani, le véhicule a été pris pour cible à Zahrani, une localité au sud de Saïda, éloignée de la frontière avec Israël.

Un photographe de l'AFP a vu sur une route principale la voiture détruite et carbonisée, et ses pièces éparpillées autour. Des pompiers tentaient de maîtriser l'incendie.

Une deuxième frappe a également visé une voiture à Bazourieh près de la ville de Tyr, faisant un mort, selon le ministère.

Dans deux communiqués séparés, l'armée israélienne a affirmé avoir "visé des terroristes du Hezbollah".

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre avec le Hezbollah, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, affirmant viser la formation pro-iranienne qu'Israël accuse de se réarmer.

L'aviation israélienne avait visé lundi "des structures militaires du Hezbollah", dont des tunnels, dans une série de raids sur le sud du pays.

Ces frappes interviennent alors que l'armée libanaise a indiqué début janvier avoir achevé le désarmement du Hezbollah dans la partie du sud située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.

Zahrani se situe au nord du Litani et Bazourieh au sud du fleuve.

Israël a jugé que les efforts de l'armée libanaise pour désarmer le Hezbollah constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".