Mise en place de programmes de formation en hôtellerie pour soutenir la jeunesse saoudienne

Le programme «Concierge Navigation to Success» met à la disposition des Saoudiens travaillant dans l’industrie hôtelière les outils et les ressources dont ils ont besoin pour évoluer dans leur carrière. (Reuters)
Le programme «Concierge Navigation to Success» met à la disposition des Saoudiens travaillant dans l’industrie hôtelière les outils et les ressources dont ils ont besoin pour évoluer dans leur carrière. (Reuters)
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Publié le Dimanche 25 septembre 2022

Mise en place de programmes de formation en hôtellerie pour soutenir la jeunesse saoudienne

  • À travers le Royaume, les entreprises développent des carrières dans l’hôtellerie grâce à des programmes de formation professionnelle qui mettent l’accent sur l’efficacité des ressources et fournissent des qualifications mondialement reconnues
  • En outre, les participants pourront suivre des études en fonction des professions auxquelles ils seront formés, notamment la cuisine, la restauration, le service de clientèle et l’entretien ménager

RIYAD: Mettre en place une industrie hôtelière solide est devenue une priorité, au moment où le secteur du tourisme en Arabie saoudite continue de se développer. En effet, le Royaume prévoit d’attirer cent millions de visiteurs annuels et de créer un million d’emplois d’ici à 2030.

Le secteur de l’hôtellerie a réussi à relever le défi. Il y a suffisamment de main-d’œuvre qualifiée pour répondre à la demande sans cesse croissante en proposant des programmes de formation permettant aux citoyens de développer leurs compétences à toutes les étapes de leur carrière. L’objectif est de doter les jeunes Saoudiens de compétences essentielles dans les secteurs de l’hôtellerie, du tourisme et du voyage grâce à des programmes soutenus par les meilleures écoles de formation en tourisme au monde.

À travers le Royaume, les entreprises développent des carrières dans l’hôtellerie grâce à des programmes de formation professionnelle qui mettent l’accent sur l’efficacité des ressources et fournissent des qualifications mondialement reconnues.

En août, le Radisson Hotel Group a lancé un programme de formation, «A Brilliant Journey of Advanced Development Program», pour développer les compétences saoudiennes. Le programme cible les superviseurs et leur donne l’expertise nécessaire pour occuper des postes de direction à travers son portefeuille de vingt-six hôtels opérationnels.

«Tous les programmes que nous avons lancés ciblent les employés saoudiens. Et cela fonctionne bien avec l’initiative Vision 2030 qui propose de nouveaux emplois aux Saoudiens», déclare le directeur général du Radisson Hotel Group en Arabie saoudite, Basel Talal, à Arab News.

M. Talal ajoute que quatorze Saoudiens, dont plus de la moitié sont des femmes, participent au programme aux niveaux de supervision et de gestion adjointe.

Basel Talal
Basel Talal

Selon lui, le groupe reste déterminé à perfectionner les compétences des citoyens saoudiens travaillant dans le secteur de l’hôtellerie dans le cadre de sa stratégie d’expansion à travers le Royaume.

M. Talal affirme que l’initiative est conforme à l’initiative Vision 2030, qui a pour but d’augmenter la contribution du tourisme au produit intérieur à 10%.

Parmi les initiatives du groupe figure le programme «Concierge Navigation to Success», qui met à la disposition des Saoudiens travaillant dans l’industrie hôtelière les outils et les ressources dont ils ont besoin pour évoluer dans leur carrière et, à terme, enrichir l’expérience client.

M. Talal précise que cinq hommes et deux femmes sont actuellement inscrits au programme de conciergerie.

Le programme a été lancé en réponse à la pandémie de Covid-19, insiste M. Talal: «En raison de l’absence de visiteurs et d’activités pendant la Covid-19, le ministère du Tourisme a conseillé à tous les hôtels de se concentrer sur les services de conciergerie.»

Les programmes seront proposés deux fois par an. «L’idée est que nous répétions le programme tous les six mois, donc deux fois par an», explique-t-il.

Pour couvrir certains éléments ou piliers de base, le Radisson Hotel Group s’associe à des programmes de formation comme Atton ou Maximus: «Nous avons vu qu’il y a des parties ou des lacunes dans le programme de formation qui nous obligent à contacter des tiers», soutient M. Talal.

Grâce à ces programmes, le Radisson Hotel Group améliore le maintien en poste des employés et crée une plus grande fidélité à la marque et à l’unité dans son ensemble. «Une rétention plus élevée ou améliorée favorisera une meilleure qualité de service et réduira les coûts puisque vous n’avez pas d’employés à former. Vous travaillez simplement avec les employés existants», déclare-t-il.

Le Radisson Hotel Group emploie plus de 450 salariés saoudiens et 200 autres sont des superviseurs et des managers, ajoute-t-il.

Le Radisson Hotel Group met également en place un processus de suivi des progrès, des compétences et de la façon de s’améliorer des diplômés, ce qui se reflète dans leurs évaluations annuelles du rendement, conclut M. Talal.

Ouvrir la voie

La Red Sea Development Co. ouvre également la voie à la mise en place de programmes d’hôtellerie de premier et de troisième cycles.

La Red Sea Development Co., en partenariat avec l’Université du prince Mugrin et l’École hôtelière de Lausanne, offre des bourses aux diplômés du secondaire qui souhaitent étudier la gestion hôtelière internationale, déclare Fadi Alaseri, directeur pédagogique adjoint de la Red Sea Development Co., à Arab News.

«Les programmes d’éducation transformatrice de la Red Sea Development Co. sont conçus pour développer les esprits les plus brillants dans les domaines du tourisme et de l’hôtellerie, en dotant les jeunes Saoudiens des aptitudes et compétences nécessaires, leur permettant de réaliser leur plein potentiel», souligne M. Alaseri.

Deux filières sont disponibles au sein du programme : Fast Track, qui est un programme de quatre ans sans année préparatoire, et Full Track, qui est un programme de cinq ans avec une année préparatoire, qui permet aux étudiants de commencer leur diplôme.

La Red Sea Development Co. et ses partenaires offriront des possibilités d’emploi appropriées aux diplômés une fois le programme terminé avec succès, poursuit-il.

«Le programme vise à préparer des leaders et des spécialistes de la gestion hôtelière internationale en proposant un programme qui combine des connaissances théoriques et des expériences pratiques basées sur les normes hôtelières suisses et internationales», note M. Alaseri.

Il y avait 2 653 candidats à la bourse, dont 1 883 hommes et 770 femmes. Cependant, seuls 26 ont été sélectionnés – 14 hommes et 12 femmes.

«Nos talents dirigeront la destination de tourisme de luxe révolutionnaire et régénératrice conformément aux besoins du marché du travail saoudien au sein de notre destination», indique M. Alaseri.

«La Red Sea Development Co. remodèle les possibilités éducatives en ouvrant de nouvelles portes et en donnant aux jeunes professionnels saoudiens les compétences et les connaissances requises pour exceller dans les secteurs de l’hôtellerie et du tourisme», rapporte-t-il.

Améliorer les compétences de la jeunesse saoudienne

Pour proposer aux étudiants des possibilités d’emploi dans les hôtels Hilton en Arabie saoudite après l’obtention de leur diplôme, le groupe a conclu un partenariat avec la Bunyan Training Academy en juillet 2022.

Le programme de formation, accrédité par la Saudi Technical and Vocational Training Corporation et certifié par l’EHL, est disponible pour sélectionner de jeunes talents saoudiens, déclare Fawaz Moumina, directeur principal des ressources humaines du groupe Hilton pour l’Arabie saoudite, l’Égypte et le Levant à Arab News.

Fawaz Moumina
Fawaz Moumina

« C’est la première fois en Arabie qu’un hôtel international comme le Hilton collabore avec l’EHL pour proposer ce programme», dit-il.

Les étudiants suivront une formation théorique et pratique recherchée dans diverses fonctions de l’industrie, déclare M. Moumina.

En outre, les participants pourront suivre des études en fonction des professions auxquelles ils seront formés, notamment la cuisine, la restauration, le service de clientèle et l’entretien ménager, s’ils le souhaitent, poursuit-il.

Ce programme vise à identifier plus de trente talents saoudiens qui souhaitent poursuivre une carrière dans l’hôtellerie. «Après un processus de sélection méticuleux, la Bunyan Training Academy a soigneusement choisi les candidats avec la contribution du Hilton», précise M. Fawaz.

En 2024, les étudiants qui terminent le programme recevront un diplôme accrédité à la fois par la TVTC saoudienne et l’EHL, dit-il.

Dans le cadre de ses efforts pour mobiliser la main-d’œuvre nationale, M. Moumina affirme que le groupe avait également établi des liens étroits avec la Fondation du roi Khaled, la Fédération internationale de la jeunesse, l’Université du roi Saoud, ainsi que des ministères et des organisations gouvernementales comme l’Autorité saoudienne pour le tourisme.

M. Fawaz soutient que l’équipe du Hilton en Arabie saoudite compte 2 400 membres dans seize hôtels et devrait atteindre 10 000 d’ici à 2030, dont une moitié de citoyens saoudiens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.