Le grand mufti du Liban prône l'unité à la veille de l'élection d'un nouveau président

Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
Le grand mufti du Liban, cheikh Abdellatif Deriane, a convoqué les députés sunnites à une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats. (Archives/AFP)
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Publié le Lundi 26 septembre 2022

Le grand mufti du Liban prône l'unité à la veille de l'élection d'un nouveau président

  • Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite
  • Il a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes

BEYROUTH: Le grand mufti du Liban, le cheikh Abdellatif Deriane, a averti samedi dernier que le pays du Cèdre était désormais un État en faillite.

«Notre pays se transforme rapidement en un État défaillant; les nations arabes ainsi que le reste des pays du monde ne tarderont pas à ignorer le Liban en tant qu'État en raison de sa mauvaise gestion politique à tous les niveaux», a-t-il prévenu.

«Il est nécessaire d'élire un nouveau président et les députés sont responsables de cela. Sinon, notre pays connaîtra une vacance présidentielle.»

Le mufti Deriane avait convoqué les députés sunnites à l’occasion d’une réunion de Dar el-Fatwa afin d’évoquer les éventuels candidats.

Vingt-sept députés sunnites appartenant à tous les courants politiques ont participé à cette réunion dont un député affilié au Hezbollah, ainsi que des députés réformateurs et indépendants.  

Deux députés réformistes, Ibrahim Mneimneh et Halimé el-Kaakour, et le député indépendant Oussama Saad n'ont pas été présents.

L'objectif de la réunion était d'unir le bloc sunnite au Parlement pour lui conférer un poids significatif dans les élections présidentielles, selon une source de Dar Al-Fatwa.

Un autre objectif du bloc consiste à mettre un terme aux tentatives qui visent à manipuler l'accord de Taëf et à saper ses clauses relatives à la Constitution libanaise, ajoute la même source.

La réunion s'est concentrée sur les moyens pour préserver l'unité nationale et faire respecter les délais prévus par la Constitution dans la perspective de l'élection d'un nouveau président et de la formation d'un gouvernement susceptible de mener des réformes financières, monétaires et législatives, y compris le plan de redressement économique.

Lors de la réunion, le mufti Abdellatif Deriane a déclaré que les nations ne peuvent survivre que si elles sont dotées d'institutions constitutionnelles performantes.

Le président est le défenseur de la Constitution et la présence d'un président chrétien au Liban symbolise la coexistence sur laquelle repose le système national, a-t-il affirmé.

Les pays arabes «sont volontaires et apprécient le système libanais» dans la mesure où le chef de l’État libanais reste le seul président chrétien du monde arabe, ajoute le cheikh Deriane.

Il a exhorté les députés à aider le président à assumer son rôle à l'intérieur et à l'extérieur du pays ainsi qu’à préserver son statut.

Le mufti Deriane a par ailleurs souligné que le nouveau président doit préserver les constantes de Taëf et de la Constitution, le vivre-ensemble et les lois libanaises, arabes et internationales.

Le nouveau président est appelé à mettre un terme aux disputes sectaires et à prôner une séparation des pouvoirs, conformément à la Constitution, a-t-il renchéri.

Le mufti a précisé que le président de la république qui sera élu devra «présenter les caractéristiques d'une personnalité de la sphère publique et politique et assumer la responsabilité de la mission qui lui est confiée».

Il a précisé que ce nouveau président doit disposer de la sagesse, du sens de la responsabilité nationale et de l'intégrité nécessaires. Il lui faudra en outre parvenir à rassembler tous les Libanais, employer ses pouvoirs à faire sortir le pays de la crise dans laquelle il se trouve et prévenir l'effondrement total du pays.

Le mufti Deriane a précisé: «Il est impératif d'élire un président doté de ces qualités; sinon, le régime et l'État s'effondreront sous nos yeux.»

Le mufti a par ailleurs appelé à préserver les prérogatives du Premier ministre et à aider dans sa mission le Premier ministre désigné.

«Tout le monde est appelé à assumer cette responsabilité commune. Nous espérons former un gouvernement dans les plus brefs délais, voire dans les prochains jours», a affirmé le cheikh Deriane. Selon lui, le Liban a besoin d'un gouvernement puissant, non d'un gouvernement intérimaire, pour faire face aux circonstances difficiles qu’il traverse.

Faute d'un consensus, le Liban ne peut survivre, affirme le cheikh Deriane. Le salut de notre pays passe inévitablement par l'unité, loin des tensions, des conflits sectaires et des incitations, ajoute-t-il.

Le président dont le Liban a besoin «ne peut pas faire partie du problème ni en être la cause».

Au terme de la réunion, les participants ont souligné les principes prônés par Dar el-Fatwa, notamment ceux qui sont relatifs au respect de l'accord de Taëf, de l'identité arabe du Liban et de l'unité nationale.

Ils ont par ailleurs dénoncé les abus qui ont porté atteinte – et continuent de le faire – aux principes de la réconciliation nationale et de la coexistence.

Les députés sunnites ont appelé à mettre fin aux souffrances qu’endure le Liban en raison de la mauvaise gestion et de la corruption endémique.

«Pour sauver le Liban, il convient de reconnaître les erreurs commises, de responsabiliser les coupables, quels qu'ils soient, et de coopérer de manière ouverte avec les différents partis libanais et arabes ainsi qu'avec la communauté internationale en vue de restaurer l’identité et la stature de ce pays», ont-ils déclaré.

Ils ont assuré qu'ils allaient collaborer avec les autres députés afin d'élire un nouveau président dans les délais prévus par la Constitution.

Selon eux, le nouveau président «doit se soumettre à la Constitution et faire preuve de loyauté envers le peuple libanais ainsi qu’envers ses intérêts».

Cette déclaration précise que l'ennemi du Liban reste l'armée israélienne, qui continue d’occuper certaines parties du pays.

Elle appelle à respecter les résolutions du Conseil de sécurité des nations unies qui prévoient le retrait israélien des territoires palestiniens occupés et la reconnaissance de Jérusalem comme ville occupée.

Ce texte est un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.