Quatre Palestiniens tués dans un raid israélien en Cisjordanie occupée

Des Palestiniennes manifestent après que les forces de sécurité israéliennes ont refoulé les visiteurs à l'entrée de l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le troisième site le plus sacré de l'Islam, le 27 septembre 2022 pendant les vacances de Roch Hachana, le nouvel an juif (Photo, AFP).
Des Palestiniennes manifestent après que les forces de sécurité israéliennes ont refoulé les visiteurs à l'entrée de l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le troisième site le plus sacré de l'Islam, le 27 septembre 2022 pendant les vacances de Roch Hachana, le nouvel an juif (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 29 septembre 2022

Quatre Palestiniens tués dans un raid israélien en Cisjordanie occupée

Des Palestiniennes musulmanes crient des slogans après que les forces de sécurité israéliennes ont refusé les visiteurs à l'entrée de l'enceinte de la mosquée Al-Aqsa, le troisième site le plus sacré de l'Islam, le 27 septembre 2022 pendant les vacances de Roch Hachana, le nouvel an juif. (Photo, AFP)
  • Ces violences témoignent d'un chaos croissant dans le nord de la Cisjordanie occupée, après des mois d'opérations israéliennes quasi-quotidiennes
  • Le ministère palestinien de la Santé a fait état d'au moins quatre Palestiniens tués et d'une quarantaine de blessés dans l'opération et les heurts qui ont suivi

JÉNINE: Des jeunes en colère, des pierres qui jonchent le sol et des murs noircis: le camp palestinien de Jénine a été le théâtre mercredi de violents affrontements et d'un raid israélien qui ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés.

Ces violences témoignent d'un chaos croissant dans le nord de la Cisjordanie occupée, après des mois d'opérations israéliennes quasi-quotidiennes, voire des heurts entre jeunes et les forces de l'Autorité palestinienne accusés de laisser sans broncher l'armée israélienne mener ses actions dans ces territoires.

Le ministère palestinien de la Santé a fait état d'au moins quatre Palestiniens tués et d'une quarantaine de blessés au cours de l'opération et les heurts qui ont suivi.

"Il s'agit des affrontements les plus importants depuis que nous avons ouvert cet hôpital il y a environ deux ans. Ce n'est pas seulement le nombre de morts mais celui des blessés et leur gravité qui me fait dire ça", a déclaré Mohammed al-Haj Qasem, directeur du département de chirurgie à l'hôpital Ibn Sina, situé en contrebas du camp.

Mercredi matin, l'armée a pénétré dans le camp de Jénine, où avait été tuée en mai dernier la reporter d'Al Jazeera Shireen Abu Akleh, pour détruire la résidence où vivait Abed Hazem, frère de Raëd Hazem, auteur d'une fusillade fatale à trois personnes le 7 avril dernier sur la rue Dizengoff, en plein centre de Tel-Aviv.

"Alors que le logement où se trouvaient les deux suspects était encerclé, un engin a explosé et les suspects ont ouvert le feu en direction des forces de sécurité, qui ont riposté (...) tuant les deux suspects", a indiqué l'armée israélienne, confirmant que Abed Hazem était l'un des hommes tués.

À la grande mosquée Cheikh Zaïd Ben Sultan, située au centre du camp, des centaines de personnes se sont massées pour rendre hommage à Abed Hazem, son corps recouvert d'un drapeau palestinien et sa tête d'un keffieh.

Les funérailles des quatre hommes se sont déroulées dans l'après-midi, deux ont été inhumés dans la ville de Jénine et deux autres dans le camp de réfugiés.

Le père d'Abed Hazem, bien que recherché par Israël, était présent aux funérailles de son fils, a constaté l'AFP.

«Peur de rien»

Dans le camp, l'AFP a vu des affiches à la gloire de Raëd Hazem, qualifié de "lion" de la "rue Dizengoff" et des bombonnes de gaz que des jeunes utilisent désormais pour fabriquer des engins explosifs pouvant être actionnés à distance.

"Nous n'avons peur de rien. Si les Israéliens veulent l'escalade, nous sommes prêts à leur faire face", a déclaré un jeune dans la vingtaine, refusant de donner son nom par crainte d'être reconnu et accusant l'Autorité palestinienne de "coordination" avec l'armée israélienne.

Dans un tweet, l'Union européenne s'est déclarée "inquiète du pic de violences faisant suite à l'incursion israélienne à Jénine".

De son côté, Washington a fait part de sa "profonde inquiétude" face aux violences et appelé "toutes les parties à faire tout ce qu'elles peuvent afin de désamorcer la situation et retourner à une période de calme", selon les propos du porte-parole du département d'Etat, Ned Price.

Des heurts entre l'armée et des Palestiniens dans plusieurs villages de Cisjordanie se sont déroulés dans la journée et deux Palestiniens ont été grièvement blessés par balles dans la soirée, prés de Ramallah, selon le ministère palestinien de la Santé.

Les commerces étaient fermés à Naplouse et à Jénine, après le raid israélien et l'annonce d'une grève générale, a constaté l'AFP.

Au cours des derniers mois, des combattants de Jénine ont ouvert le feu sur les bureaux du gouverneur palestinien de cette région. Et les forces palestiniennes ne s'aventurent plus dans le camp par crainte notamment d'affrontements.

"Nous combattons les Israéliens mais n'allons pas ouvrir le feu sur les forces palestiniennes à moins qu'elles entrent ici dans le camp pour arrêter l'un des nôtres", affirme un Palestinien âgé, en évoquant les heurts la semaine dernière à Naplouse, autre grande ville du nord de la Cisjordanie.

La semaine dernière de violents affrontements entre Palestiniens et forces locales avaient paralysé le centre de Naplouse après l'arrestation sur place d'un jeune commandant influent du mouvement islamiste Hamas, Moussab Shtayyeh, le tout sur fond d'une intensification des raids israéliens en Cisjordanie.

Depuis le début en mars d'une vague d'attaque anti-israéliennes fatale à 20 personnes, dont certaines ont été menées par des Palestiniens de Jénine, l'armée a multiplié les raids armés dans le nord de la Cisjordanie, territoire occupé depuis 1967 par l'Etat hébreu.

Ces raids, émaillés de heurts avec la population locale, ont aussi fait des dizaines de morts côté palestinien.


Le président libanais à Rome jeudi pour évoquer l'avenir de la force de l'ONU

Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
Le président libanais Joseph Aoun a déclaré que le Liban privilégiait une prolongation du mandat de la Finul, une option à laquelle Israël s’oppose. (Archives/Agence de presse libanaise)
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  • Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome pour discuter de l’avenir de la Finul, dont le mandat expire fin 2026
  • Beyrouth privilégie une prolongation de la mission de l’ONU, mais envisage une force internationale alternative avec la France et l’Italie pour éviter un vide sécuritaire

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun se rendra à Rome jeudi pour des discussions sur le futur de la force de maintien de la paix dans son pays, dont le mandat expire fin 2026, a affirmé à l'AFP un responsable libanais.

La visite intervient après que la France et l'Italie, qui fournissent d'importants contingents de militaires à cette Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), ont dit en juin vouloir établir une coalition internationale pour lui succéder.

M. Aoun doit rencontrer son homologue Sergio Mattarella et la Première ministre Giorgia Meloni pour discuter de "l'avenir des forces internationales, notamment à la lumière de l'initiative franco-italienne visant à mettre en place une force pour remplacer la Finul", a indiqué le responsable sous couvert d'anonymat.

Selon lui, le président libanais rencontrera également le pape Léon XIV au Vatican et l'informera "des contacts que le Liban a établis depuis le début des négociations" avec Israël.

Le Liban et Israël ont mené au printemps des pourparlers directs, accueillis à Rome à deux reprises, et ont abouti en juin à la conclusion d’un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban et le déploiement de l'armée libanaise dans la région, en commençant par des "zones pilotes".

Le Liban avait été entraîné début mars dans le conflit entre l'Iran d'une part, Israël et les Etats-Unis d'autre part, lorsque le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à Téhéran, avant de subir une riposte aérienne et terrestre.

M. Aoun a déclaré que le choix privilégié du Liban est une prolongation du mandat de la Finul, à laquelle Israël s'oppose. Le Liban et plusieurs autres pays redoutent un vide sécuritaire si la Finul se retire sans alternative.

Lundi, le président libanais a indiqué que "le second choix consiste à adopter une formule qui garantisse la présence continue des forces internationales dans le sud" du pays, aux côtés de l'armée libanaise "et en coordination avec elle".

Début juin, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avait estimé "nécessaire" le maintien d'une présence militaire de l'ONU, proposant trois options allant de près de 2.000 à plus de 5.500 personnels en uniforme.

Le mois dernier, 86 députés libanais ont signé une lettre exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU à maintenir les Casques bleus.

La Finul compte actuellement 7.500 Casques bleus, provenant d'une cinquantaine de pays. Présente au Liban depuis 1978, elle n'a pas empêché la résurgence des conflits.

Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis juin, Israël mène encore des frappes ponctuelles au Liban. Les forces israéliennes ont établi dans le sud du Liban ce qu'elles désignent comme une "zone de sécurité", sur une bande d'environ 10 kilomètres de large, le long de la frontière.


L'Iran offre 30.000 dollars pour tuer ou capturer des soldats américains

L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme. (AFP)
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  • "Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans"
  • En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire

TEHERAN: L'armée iranienne a annoncé dimanche une prime de 30.000 dollars pour toute personne qui tuerait ou capturerait un soldat américain, avec une récompense doublée si l'action est menée par une femme.

Le chef d'état-major de l'armée, Amir Hatami, a affirmé que ce dispositif avait été mis en place à la suite d'un "grand nombre de demandes" de personnes souhaitant contribuer financièrement, selon l'agence officielle Irna.

"Quiconque tue ou capture et remet à l'armée de la République islamique d'Iran un militaire américain envahisseur recevra une récompense équivalente à 30.000 dollars, soit cinq milliards de tomans", a-t-il déclaré, en utilisant cette unité monétaire informelle équivalant à 10.000 rials iraniens.

En employant le terme "envahisseur", Amir Hatami suggère qu'il s'agirait du cas où l'Iran ferait l'objet d'une violation de son territoire.

Aucun déploiement connu de troupes américaines au sol n'a eu lieu en Iran pendant la guerre au Moyen-Orient, à l'exception d'une mission de sauvetage menée en avril pour porter secours à un pilote américain dont l'appareil s'était écrasé.

"Les courageuses femmes iraniennes qui accompliront une telle action recevront le double de cette récompense", a-t-il ajouté.

La guerre entre Téhéran et Washington a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre la République islamique qui a répliqué en lançant des frappes sur les pays du Golfe alliés de Washington.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un accord-cadre en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats.

L'Iran et les Etats-Unis ont depuis échangé sporadiquement des frappes qui se concentrées principalement autour du stratégique détroit d'Ormuz.


L'émissaire de Trump se rendra en Israël pour tenter d'aplanir les divergences sur Gaza

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien. (AFP)
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  • M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer
  • Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route"

JERUSALEM: Jared Kushner, l'émissaire et gendre de Donald Trump, se rendra en Israël la semaine prochaine pour tenter d'aplanir les divergences entre les deux alliés sur le plan américain pour la bande de Gaza, a déclaré une source au sein du "Conseil de paix".

Il se rendra avec Nikolaï Mladenov, le haut représentant pour ce territoire palestinien du "Conseil de paix" créé par le président américain, en Israël et en Egypte, un pays médiateur-clé.

Cette visite interviendra après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté publiquement le 9 août la feuille de route américaine en 15 points annoncée fin juillet par M. Mladenov, qui prévoit le désarmement du Hamas et le retrait israélien de la bande de Gaza.

Si ce mouvement islamiste palestinien l'a acceptée, Israël a dit lier tout départ de ses soldats à un "véritable" désarmement du Hamas.

Selon une source au sein du "Conseil de Paix", MM. Kushner et Mladenov espèrent "des discussions constructives" sur le plan de paix global de Donald Trump pour la bande de Gaza, dont le premier jalon a été le cessez-le-feu décrété en octobre 2025. Depuis, les frappes israéliennes ont diminué en intensité, sans s'arrêter pour autant.

"Les Etats-Unis et Israël s'accordent sur l'issue souhaitée à Gaza, c'est-à-dire un Hamas démilitarisé", a précisé la même source, qui a requis l'anonymat.

"Nous allons écouter les préoccupations soulevées et discuter des prochaines étapes", a-t-elle poursuivi.

Une première version du plan pour la bande de Gaza rendue publique par le "Conseil de Paix", à laquelle le Hamas avait donné son accord, prévoyait un retrait israélien progressif d'une grande partie de ce territoire palestinien.

Mais M. Mladenov est ensuite revenu sur ses propos et a déclaré qu'Israël n'aurait pas à retirer ses forces tant que le Hamas ne se serait pas entièrement désarmé.

M. Netanyahu, sur la sellette avant les élections législatives d'octobre dont le résultat paraît incertain, a promis qu'il n'y aurait pas de retrait et a mis en doute la volonté du Hamas de se désarmer, exigeant que celui-ci détruise ses armes de manière vérifiable.

Le Hamas de son côté a insisté sur le fait qu'il soutenait l'accord. "Nous continuons à attendre que les médiateurs et la partie américaine fassent pression sur Netanyahu et son gouvernement pour les contraindre à respecter la feuille de route", a dit à l'AFP Bassem Naim, membre du bureau politique de ce mouvement islamiste.

Il a appelé les Etats-Unis à "empêcher la perturbation du processus (de mise en oeuvre) de l'accord de cessez-le-feu pour des raisons politiques et électorales".