Un Britannique est mort au Qatar «après avoir été détenu et torturé par la police secrète»

Le Qatar est régulièrement accusé de maltraiter les travailleurs étrangers dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde. (Photo, AFP)
Le Qatar est régulièrement accusé de maltraiter les travailleurs étrangers dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 30 septembre 2022

Un Britannique est mort au Qatar «après avoir été détenu et torturé par la police secrète»

Le Qatar est régulièrement accusé de maltraiter les travailleurs étrangers dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde. (Photo, AFP)
  • Marc Bennett, 52 ans, a été retrouvé pendu dans un hôtel en 2019 après trois semaines de détention sans inculpation
  • Un médecin légiste britannique a conclu qu’il n’y avait «aucune preuve spécifique d’intention suicidaire»

LONDRES: Un expert britannique de l’industrie du voyage retrouvé pendu à Doha en 2019 a confié à ses amis qu’il avait été arrêté et torturé par la police secrète qatarie dix semaines avant sa mort, a rapporté le quotidien The Times jeudi.

Marc Bennett, 52 ans, avait été embauché par Qatar Airways pour contribuer à améliorer le tourisme dans le pays du Golfe en vue de la Coupe du monde de football 2022. Il a été arrêté au siège de la société à Doha, les yeux bandés et les mains menottées, et a raconté à ses amis qu’il avait été déshabillé, arrosé, agressé et privé de sommeil pendant trois semaines de détention.

Après sa libération, on l’a empêché de quitter le pays, sans qu’il sache s’il serait à nouveau arrêté, et on l’a placé dans un «flou juridique», selon sa famille. Il a été arrêté après avoir démissionné de Qatar Airways et reçu une offre d’emploi d’une agence de voyage saoudienne, ce qui, selon un ancien collègue, a été considéré comme une «insulte massive» par des personnalités au sein de le compagnie.

Selon Qatar Airways, il a été découvert que M. Bennett, qui travaillait en étroite collaboration avec le PDG de la compagnie aérienne, Akbar al-Baker, avait envoyé des «documents hautement confidentiels» à une adresse électronique privée. Cela a été signalé à la police.

M. Bennett a été libéré le 2 novembre 2019, la veille du jour où une équipe juridique de l’ONU devait se rendre au Qatar pour inspecter l’état des centres de détention du pays, en raison d’allégations de violations des droits humains. L’équipe du groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire s’est vu refuser l’accès à l’établissement où il était détenu.

M. Bennett a été laissé dans un hôtel de Doha sans aucun document relatif à son arrestation ou à une éventuelle procédure judiciaire.

Un médecin légiste qatari a conclu que M. Bennett s’était suicidé, mais d’après un médecin légiste britannique, il n’y avait «aucune preuve spécifique d’intention suicidaire» et «les circonstances des mois qui ont précédé sa mort restent floues».

M. Bennett n’a pas laissé de lettre de suicide, et bien qu’il ait un large cercle d’amis et de proches, il n’a donné aucun indice de son intention de mettre fin à sa vie. La nuit précédant sa mort, il «riait et plaisantait» lors d’un appel vidéo avec sa famille au Royaume-Uni.

Sa veuve Nancy Bennett, 51 ans, a déclaré au quotidien The Times: «Il y a tellement de questions qui se posent. Il avait toute la vie devant lui. L’équipe juridique de l’ONU chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme au Qatar a expliqué qu’il existait des «allégations crédibles» selon lesquelles l’unité qui a détenu Marc Bennett procédait à des arrestations extrajudiciaires et infligeait des mauvais traitements aux prisonniers.

«Après avoir reçu des allégations crédibles selon lesquelles un centre de détention de la sécurité d’État procédait à des détentions prolongées sans contrôle judiciaire et infligeait des mauvais traitements, le groupe de travail a décidé de visiter ce centre, mais il en a été empêché», a ajouté l’équipe juridique.

«De même, lorsque le groupe de travail a visité d’autres centres de détention, il a trouvé ces derniers presque vides et a reçu des informations crédibles indiquant que les détenus avaient été transférés vers d’autres installations avant son arrivée.»

Une enquête réalisée par le bureau britannique des Affaires étrangères sur le traitement et la mort de M. Bennett a été clôturée par Liz Truss, malgré les conclusions du médecin légiste et les inquiétudes de la famille, une semaine après qu’elle est devenue ministre des Affaires étrangères en septembre 2021.

Mme Truss, aujourd’hui Première ministre du Royaume-Uni, s’est rendue au Qatar en octobre de la même année pour tenir un «dialogue stratégique» et pour favoriser «une coopération plus approfondie en matière de sécurité, de développement, de commerce et d’investissement». 

En mai 2020, l’émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, a annoncé un programme d’investissement de 10 milliards de livres sterling (1 livre = 1,13 euro) pour le Royaume-Uni.

Le Qatar est régulièrement accusé de maltraiter les travailleurs étrangers dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde.

Le journal The Mail on Sunday rapporte que sur les quelque 30 000 personnes recrutées pour construire les infrastructures du tournoi, 2 823 travailleurs étrangers sont morts au Qatar depuis 2011 dans des circonstances inexpliquées, et 551 autres se sont suicidés.

«Que vous soyez un ouvrier pakistanais ou un Britannique aisé, vous serez traité comme une ordure si votre employeur se retourne contre vous», a déclaré un homme d’affaires britannique à The Times. «On a l’impression d’être un esclave. On ne peut même pas quitter le pays pour un week-end sans l’autorisation de son employeur.»

«Nous avons fourni une assistance à la famille d’un homme britannique à la suite de son décès à Doha», a précisé un porte-parole du bureau des Affaires étrangères.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'armée israélienne signale quatre attaques iraniennes en six heures

Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Des camions transportant des chars de l'armée circulent sur une route près de la frontière avec le Liban, en Haute-Galilée, dans le nord d'Israël, le 20 mars 2026. Les États-Unis et Israël ont déclenché la guerre le 28 février 2026 en attaquant l'Iran et en tuant son guide suprême. (AFP)
Short Url
  • Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites
  • Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes

JERUSALEM: L'armée israélienne a indiqué jeudi contrer quatre salves de tirs de missiles venus d'Iran, dont deux survenues après un discours du président américain Donald Trump qui a promis de frapper durement l'Iran pendant encore "deux à trois" semaines.

Après la première attaque, dans la nuit, la police a déclaré avoir été appelée sur "plusieurs" sites touchés dans le centre d'Israël, les médias avançant le chiffre de neuf sites.

Quatre personnes ont été légèrement blessées, selon les médias, qui citent des secouristes.

Selon les médias israéliens, les dégâts observés sur une zone particulièrement étendue résultent de l'utilisation de munitions à fragmentation, qui explosent en vol, dispersant des sous-munitions.

Iran et Israël s'accusent mutuellement d'utiliser des bombes à fragmentation.

Près de six heures seulement après avoir signalé la première attaque, l'armée israélienne a de nouveau - et pour la quatrième fois - indiqué avoir "identifié des missiles lancés depuis l'Iran en direction du territoire de l'Etat d'Israël". "Les systèmes de défense sont en action pour intercepter la menace", a-t-elle écrit sur Telegram.

Dans un court message publié peu après, les autorités israéliennes ont autorisé les habitants à "quitter les abris dans l'ensemble du pays", a indiqué l'armée sur Telegram.

Aucun bilan immédiat n'a été publié concernant d'éventuelles victimes ou dégâts suite aux dernières attaques.

Dans le nord d'Israël, des sirènes d'alerte ont également retenti tôt jeudi matin pour avertir d'attaques en provenance du Liban.

Dans différents communiqués, le mouvement pro-iranien Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient début mars, a affirmé avoir visé avec des roquettes des positions israéliennes dans les zones frontalières et avoir attaqué avec des drones un village israélien.

Aucune victime ni dégât n'a été rapporté par les autorités israéliennes.

 


Liban: sept morts dans de nouvelles frappes d'Israël, qui veut occuper le sud après la guerre

Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Des civils et des secouristes se rassemblent sur le site d’une série de frappes israéliennes ayant visé la zone d’al Jnah, à la périphérie de la banlieue sud de Beyrouth, le 1er avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Les frappes israéliennes sur Beyrouth et ses environs ont fait au moins 7 morts supplémentaires, portant le bilan total à plus de 1 200 morts au Liban depuis le début du conflit avec le Hezbollah
  • Israël affirme vouloir occuper une partie du sud du Liban après la guerre, suscitant de fortes inquiétudes côté libanais et à l’ONU quant à une nouvelle occupation

BEYROUTH: Les autorités libanaises ont annoncé tôt mercredi que de nouvelles attaques israéliennes avaient fait sept morts dans Beyrouth et sa région, au moment où Israël dit vouloir occuper une partie du Sud-Liban une fois la guerre terminée.

Les frappes israéliennes ne cessent pas dans ce pays embarqué dans la guerre depuis le 2 mars par une attaque du mouvement pro-iranien Hezbollah contre Israël. Elles ont causé au total plus de 1.200 morts, selon le ministère de la Santé libanais.

"Le raid mené par l'ennemi israélien sur le quartier de Jnah à Beyrouth a, selon un premier bilan, fait cinq morts et 21 blessés" dans ce quartier situé près de la banlieue sud de la capitale, a écrit le ministère de la Santé dans un communiqué.

D'après une source sécuritaire à l'AFP, les frappes israéliennes sur Jnah ont visé quatre voitures garées dans une rue.

Tôt mercredi, des journalistes de l'AFP ont entendu trois explosions dans la capitale. Elles résultent de bombardements effectués par des navires de guerre israéliens sur le quartier de Jnah, selon l'Agence nationale d'information (Ani) officielle du Liban.

Le ministère de la Santé a également indiqué qu'une frappe israélienne "visant un véhicule dans la région de Khaldeh, au sud de Beyrouth, a fait deux morts et trois blessés parmi la population civile".

Peu de temps avant ce communiqué, l'Ani avait rapporté que plusieurs missiles tirés par un drone israélien avaient visé une voiture sur une grande route au sud de Beyrouth mardi, soulignant que des ambulances et des pompiers s'étaient rendus sur place, mais sans donner alors de bilan.

Du côté israélien, l'armée a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi avoir frappé un "haut commandant" du Hezbollah ainsi qu'un "terroriste de haut rang" dans deux assauts distincts conduits "dans la région de Beyrouth" - sans préciser si cette seconde cible faisait également partie du mouvement islamiste libanais, ni communiquer sur le lieu précis des attaques.

- Craintes d'occupation -

Mardi, déjà, le ministère de la Santé avait dénombré huit morts lors de plusieurs frappes israéliennes dans le sud du Liban, dans les régions de Tyr, de Sidon et de Bint Jbeil. Parmi les personnes décédées se trouvait un secouriste, de même source.

Le Hezbollah a indiqué être engagé dans de "violents affrontements" avec Israël dans la nuit de mardi à mercredi dans deux localités du sud du pays.

L'ONU s'est inquiétée mardi, par la voix de son chef des opérations humanitaires Tom Fletcher, de la perspective que soit créé un nouveau "territoire occupé" au Moyen-Orient.

Plus tôt, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, avait répété l'intention de son pays "d'occuper" une partie du sud du Liban une fois la guerre terminée. Avec pour l'objectif d'y établir, selon lui, une "zone de sécurité".

Le ministre libanais de la Défense, Michel Menassa, a affirmé que les propos de son homologue israélien n'étaient "plus de simples menaces" mais traduisaient "une intention claire d'imposer une nouvelle occupation du territoire libanais, de déplacer de force des centaines de milliers de citoyens et de détruire systématiquement des villages et des villes dans le sud".

C'est dans cette zone qu'ont été tués trois Casques bleus indonésiens ces derniers jours.

La Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait affirmé lundi que l'origine des projectiles ayant visé tué dimanche un soldat indonésien puis deux lundi étaient "inconnue".

Mais mardi, une source sécuritaire de l'ONU ayant souhaité rester anonyme a indiqué à l'AFP que des "investigations ultérieures" ont révélé que le tir de dimanche provenait d'un "char" israélien.

Et que l'explosion qui a tué lundi deux autres Casques bleus indonésiens pourrait être due à une mine, selon cette source.

L'armée israélienne a lancé une enquête concernant la mort de ces deux Casques bleus. Selon elle, "aucun engin explosif n'a été placé dans la zone par des soldats israéliens" et aucune de ses troupes "n'était présente sur place".

Mardi encore, Israël a notamment visé un immeuble sur la route de l'aéroport de Beyrouth et frappé sans avertissement un appartement de la banlieue nord de la capitale, selon l'Ani.

L'aviation israélienne a également visé mardi matin, après avertissement, la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, désertée par une grande partie de ses habitants.


Le Qatar affirme que les pays du Golfe sont «unis» dans leur appel à la désescalade

Short Url
  • "Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari
  • Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février

DOHA: Les pays du Golfe sont "unis" dans leur appel à une désescalade dans la guerre au Moyen-Orient, a affirmé mardi le Qatar, alors que l'Iran poursuit ses attaques de représailles contre ses voisins de la région.

"Il nous semble qu'il y a une position très unanime dans le Golfe appelant à une désescalade et une fin de la guerre", a déclaré le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.

Les riches états pétroliers de la région ont été visés par des centaines de missiles et de drones iraniens depuis le lancement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février, tandis que leurs exportations d'hydrocarbures sont affectées par la fermeture de facto du détroit d'Ormuz.

Lundi, une commission parlementaire iranienne a approuvé un projet visant à imposer des droits de passage aux navires transitant par ce détroit stratégique par lequel passait environ un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux.

Le détroit a été "fermé en raison d'une opération militaire", et son avenir est "une question que l'ensemble de la région et les partenaires internationaux doivent décider collectivement", a déclaré le responsable qatari.

"Je pense que nous avons pris une décision collective, dans le Golfe, pour traiter cela comme une menace collective", a-t-il insisté.

Pays le plus visé par les attaques iraniennes, les Emirats arabes unis se sont démarqués ces derniers jours de leurs voisins en adoptant un ton plus offensif à l'égard de Téhéran.

"Un simple cessez-le-feu n'est pas suffisant. Nous avons besoin d'un résultat concluant qui réponde à l'ensemble des menaces iraniennes: capacités nucléaires, missiles, drones, mandataires terroristes et blocages des voies maritimes internationales", a écrit leur ambassadeur à Washington, Yousef Al Otaiba, la semaine dernière dans une tribune du Wall Street Journal.

Le diplomate émirati a affirmé que son pays était prêt "à rejoindre une initiative internationale pour rouvrir le détroit et le maintenir ouvert".