Fragilisée, Liz Truss assume son revirement fiscal

La Première ministre britannique Liz Truss quitte le Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022 (Photo, AFP).
La Première ministre britannique Liz Truss quitte le Downing Street, dans le centre de Londres, le 7 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 04 octobre 2022

Fragilisée, Liz Truss assume son revirement fiscal

  • A deux ans des prochaines élections, où l'opposition travailliste est donnée largement gagnante selon les sondages, la Première ministre n'a de cesse de défendre son approche «responsable»
  • Face au tollé, son gouvernement a annoncé lundi qu'il renonçait, sous la pression de sa propre majorité, à supprimer la tranche d'imposition la plus élevée

BIRMINGHAM: La Première ministre britannique Liz Truss a assumé mardi sa volte-face sur une baisse d'impôts pour les plus riches, un revirement qui l'a fragilisée au moment où d'autres sujets de tensions montent au sein même de son propre camp.

Au pouvoir depuis à peine un mois, la dirigeante conservatrice âgée de 47 ans, qui a succédé à Boris Johnson, connaît des débuts agités lors du congrès de son parti qui se tient jusqu'à mercredi à Birmingham (centre de l'Angleterre).

A deux ans des prochaines élections, où l'opposition travailliste est donnée largement gagnante selon les sondages, la Première ministre n'a de cesse de défendre son approche "responsable", alors que le "mini-budget" présenté le 23 septembre a suscité une foule de critiques pour ses baisses d'impôts financées par la dette.

Face au tollé, son gouvernement a annoncé lundi qu'il renonçait, sous la pression de sa propre majorité, à supprimer la tranche d'imposition la plus élevée, une mesure qui cristallisait l'opposition car bénéficiant aux contribuables les plus riches, en pleine crise du coût de la vie.

"Il n'y a pas de honte pour un dirigeant à écouter", a déclaré Liz Truss sur Sky News.

Après avoir dans un premier temps botté en touche, elle a fini par affirmer son soutien à son ministre des Finances Kwasi Kwarteng. "Je fais confiance au chancelier" de l'Echiquier, "absolument", a-t-elle affirmé sur TalkTV.

La presse britannique avait laissé entendre que M. Kwarteng s'apprêtait dans un nouveau revirement, à présenter d'ici la fin du mois, avant la date prévue du 23 novembre, le financement détaillé de ce plan ainsi que les prévisions qui le soutiennent.

Mais Kwasi Kwarteng a affirmé mardi sur la chaîne GB News que son projet serait détaillé le 23 novembre, pas avant.

C'est l'absence de chiffrage sur le montant du méga-paquet budgétaire, de projections sur l'impact de ce plan de dépenses massif, sans réductions de dépenses envisagées et avec un financement par emprunt à l'heure où l'inflation flambe et les taux grimpent, qui avait mis le feu aux marchés financiers la semaine dernière. La banque centrale était intervenu en urgence en rachetant des bons du Trésor à long terme pour éviter une banqueroute de fonds de pensions.

Promesses de Johnson 

Un autre front s'annonce d'ores et déjà délicat pour le gouvernement Truss, celui des prestations sociales.

La cheffe du gouvernement a indiqué qu'"aucune décision" n'a encore été prise à propos de la base sur laquelle elles seraient réévaluées, alors que l'inflation frôle les 10%.

Le sujet crée déjà des dissensions au sein même du gouvernement. La secrétaire d'Etat chargée de relations avec le Parlement, Penny Mordaunt, a souligné sur Times Radio qu'elle a "toujours soutenu, qu'il s'agisse des retraites ou de notre système de protection sociale, le fait de suivre l'inflation".

De quoi susciter des questions sur la discipline du gouvernement.

"Les gens donnent des interviews tout le temps, au congrès du parti, les gens parlent", a minimisé Liz Truss sur la même radio. "L'important, c'est que nous sommes tous unis derrière le plan de croissance".

Le chef de la commission parlementaire du Trésor, Mel Stride a aussi averti sur la BBC qu'il y réfléchirait à deux fois s'il devait voter pour une augmentation des prestations alignée sur les salaires plutôt que sur l'inflation, laissant à nouveau augurer d'un risque de rébellion dans les rangs de la majorité.

Plusieurs anciens ministres de Boris Johnson, redevenus simples députés, ont rappelé à Liz Truss de rester dans la ligne du programme de M. Johnson lors des élections triomphales de décembre 2019.

Au congrès du parti, l'un des poids lourds de la majorité, l'ex-ministre Michael Gove, a souligné lors d'une rencontre que les conservateurs doivent faire en sorte que les engagements du programme de 2019 soient "honorés", après que Liz Truss fut revenue sur le moratoire sur la fracturation hydraulique.

Interrogé par des journalistes pour savoir si elle pourrait se maintenir à son poste jusqu'à la fin de l'année, il a néanmoins répondu par l'affirmative.


Ameublement: Roche Bobois souffre d'un marché morose

 La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée. (AFP)
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  • Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne
  • La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

PARIS: La morosité du marché de l'ameublement depuis la période faste du Covid-19 continue d'effriter le bénéfice net de Roche Bobois, en baisse de plus de 35% en 2025 à 10,2 millions d'euros, après une année 2024 déjà compliquée.

Le chiffre d'affaires de l'enseigne d'ameublement haut de gamme résiste mieux mais s'affiche en repli de 2,8%, à 402,5 millions d'euros, selon un communiqué publié jeudi.

L'excédent brut d'exploitation (Ebitda) - un indicateur de la rentabilité - diminue de 4,3%, à 71,2 millions d'euros, dans la fourchette annoncée par le groupe.

Roche Bobois explique avoir été fortement pénalisé l'an dernier par la faiblesse du dollar et les taxes douanières mises en place par Donald Trump aux Etats-Unis, premier marché de l'enseigne.

La zone États-Unis/Canada affiche ainsi un Ebitda en repli de 13,3%, à 30 millions d'euros, par rapport à 2024.

La France a également beaucoup souffert avec un Ebitda en baisse de 9,3%, à 16,8 millions d'euros, "en lien avec la baisse des volumes" des ventes.

Ces résultats en baisse sont compensés par la bonne tenue de la marque de canapés Cuir Center, également propriété du groupe, qui affiche une croissance de son Ebitda de 25%, à 7,7 millions d'euros, "grâce à sa bonne performance commerciale et à la fermeture de magasins non rentables en 2024".

Après ce nouvel exercice difficile, Roche Bobois proposera de verser un dividende de 0,80 euro par action lors de sa prochaine assemblée générale, contre 1,25 euros l'an dernier.

Le groupe dit aborder 2026 avec "prudence compte tenu du contexte géopolitique actuel qui pèse sur la vigueur de la consommation et des effets de change toujours peu favorables".

Roche Bobois détient actuellement un réseau de 339 magasins en propre ou franchisé dans 54 pays, ses principaux marchés étant l'Amérique du Nord, la France et le reste de l'Europe.

 


L'UE choisit Lille pour le siège de la future Autorité douanière européenne

Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
Bâtiment destiné à accueillir l’Autorité douanière européenne à Lille, 25 mars 2026. (AFP)
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  • Lille a été choisie pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne (EUCA) en 2028, après avoir battu Rome et huit autres villes, renforçant le rôle stratégique de la France dans le commerce et la logistique européens
  • La ville bénéficiera d’une implantation à Euralille, au cœur des axes logistiques européens, avec environ 250 emplois prévus d’ici 2034, dans le cadre de la réforme du système douanier de l’UE

BRUXELLES: Lille a été choisie mercredi pour accueillir le siège de la future Autorité douanière européenne, face à huit autres villes candidates, prenant ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l'Autorité européenne du médicament en 2017.

La métropole du nord de la France, chef lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga.

"C'est le choix d'une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous", a salué le président français Emmanuel Macron, sur le réseau X.

La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l'UE, l'instance qui représente les 27 États membres, via une procédure spéciale.

Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionnés Lille et Rome, sans se concerter. Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager.

L'Autorité douanière de l'Union européenne (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l'un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 États membres.

- "Au carrefour de l'Europe" -

"Fier de cette victoire collective: élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire", s'est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, dans un message sur X.

"Ça montre aussi que la France n'est pas isolée en Europe, contrairement à ce que beaucoup disent ou souhaiteraient", a assuré à l'AFP Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France.

Ce dernier y voit la preuve de "l'attractivité" de la région et des "atouts techniques clairs" de la candidature lilloise, laquelle avait tiré les leçons de 2017, lorsque la ville avait vu lui échapper l'Agence européenne du médicament, autrefois installée à Londres et transférée à Amsterdam après le Brexit.

Il salue aussi "un réel travail collectif" qui montre "l'influence et le rayonnement des Hauts-de-France".

"C'est un choix judicieux", a estimé aussi l'eurodéputé néerlandais Dirk Gotlink (PPE, droite), l'un des représentants du Parlement dans cette procédure.

"La France est l'un des principaux pays douaniers d'Europe, un colis sur trois entrant dans l'UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l'Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair: la France jouera un rôle central dans l'avenir de notre union douanière", a-t-il souligné dans un communiqué.

Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d'ici 2034.

Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l'UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l'afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.

Des auditions s'étaient déroulées fin janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures.

Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l'ex-ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et Xavier Bertrand.

L'Autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d'affaires d'Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe.

La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située "au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen", et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l'Organisation mondiale des douanes.


Le dollar remonte avec la perspective de troupes américaines au Moyen-Orient

Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026.  (AFP)
Des conteneurs sont visibles au terminal à conteneurs de Lianyungang, dans la province du Jiangsu, dans l'est de la Chine, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz
  • Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies

LONDRES: Le dollar profite mardi de la remontée des cours de l'énergie, après des informations de presse selon lesquelles l'armée américaine va déployer des troupes supplémentaires au Moyen-Orient, douchant les espoirs de négociations évoquées la veille par Donald Trump.

Vers 10H30 GMT (11H30 à Paris), la devise américaine prenait 0,22% à l'euro, à 1,1587 dollar.

"L'optimisme prudent des marchés financiers, suscité par le report des frappes contre les infrastructures énergétiques iraniennes par le président Trump, s'est dissipé durant la séance asiatique après la publication d'informations pessimistes", et "le dollar s'est apprécié", résume Carol Kong, analyste chez CBA.

Selon Axios, le président et son administration envisagent de s'emparer de l'île de Kharg, d'où partent environ 90% des exportations de brut de l'Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d'Ormuz.

Or le Wall Street Journal rapporte que Washington va envoyer dans la région entre 2.200 et 2.500 Marines capables de mener des opérations amphibies.

Par ailleurs, deux infrastructures énergétiques iraniennes ont finalement été visées par des frappes israélo-américaines, a affirmé tôt mardi l'agence de presse Fars, tandis que le ministère iranien des Affaires étrangères a nié lundi être en pourparlers avec les Etats-Unis.

Lundi, la livre sterling avait gagné jusqu'à 1% face au dollar, et le rendement obligataire britannique à 10 ans a connu un nouveau sommet depuis 2008, à 5,12%, avant de retomber de concert.

Depuis, la devise britannique relâchait mardi 0,26% au billet vert, à 1,3396 dollar, et les taux d'emprunt se sont apaisés.

Les marchés, qui anticipaient la veille quatre hausses de taux de la Banque d'Angleterre cette année, tablent désormais sur entre deux et trois, d'après Bloomberg.

"Les conditions sont exceptionnellement difficiles à remplir pour que la Banque d'Angleterre relève son taux directeur, déjà en territoire restrictif", et au vu de données économiques faibles, estime en effet Chris Turner, analyste chez ING.

L'indice d'activité PMI au Royaume-Uni a faiblit en mars, à 51, contre 53,7 en février, et moins que les 52,8 projetés par le consensus des analystes sondés par Bloomberg, selon les chiffres publiés mardi par S&P Global.

Mercredi, sera dévoilée l'inflation en février dans le pays, qui ne capturera cependant pas les effets de la guerre.

Le prix d'une once d'or progressait aussi de 0,27%, à 4.419,40 dollars.

La veille, les cours des métaux précieux s'étaient brièvement effondrés, les investisseurs préférant engranger leurs bénéfices sur l'or et l'argent pour récupérer des liquidités, plus facilement mobilisables et accessibles.