En Irak, la «sobriété» énergétique redoutée par l'Europe, on vit déjà avec

Outre les réductions d'éclairage public, les particuliers sont invités à plafonner leur consommation, en baissant le chauffage et les températures de cuisson par exemple. (AFP).
Outre les réductions d'éclairage public, les particuliers sont invités à plafonner leur consommation, en baissant le chauffage et les températures de cuisson par exemple. (AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 05 octobre 2022

En Irak, la «sobriété» énergétique redoutée par l'Europe, on vit déjà avec

  • «Sans les générateurs, tout l'Irak serait dans le noir», résume M. Jabr, retraité de 62 ans, dans son appartement du quartier pauvre de Sadr City à Bagdad
  • Il se souvient comment, immédiatement après l'invasion américaine qui renversa Saddam Hussein en 2003, «les maisons étaient plongées dans le noir»

BAGDAD: La précarité énergétique que l'Europe redoute cet hiver, Mohamed Jabr la vit depuis des décennies. Dans son Irak aux infrastructures ravagées par les conflits, pour avoir de l'électricité en continu on a recours au système D.

Depuis plus de 20 ans, générateurs de quartier et groupes électrogènes privés vrombissant dans toutes les rues du pays entre quatre et dix heures par jour durant les pics de consommation estivaux, reconnaît le ministère de l'Electricité.

"Sans les générateurs, tout l'Irak serait dans le noir", résume M. Jabr, retraité de 62 ans, dans son appartement du quartier pauvre de Sadr City à Bagdad.

"Ils nous fournissent l'électricité pour la télévision, le réfrigérateur, un rafraîchisseur d'air", poursuit cet ancien comptable de la fonction publique, qui paie 50 dollars par mois pour cette électricité d'appoint.

Précarité ou sobriété énergétique, délestages et pénuries d'électricité: avec la guerre en Ukraine, l'envolée des prix de l'énergie et les flux de gaz russe qui se sont taris, les Européens se préparent à une situation inédite.

Outre les réductions d'éclairage public, les particuliers sont invités à plafonner leur consommation, en baissant le chauffage et les températures de cuisson par exemple.

Des habitudes qui font déjà partie du quotidien des 42 millions d'Irakiens, dans un pays pourtant très riche en pétrole mais miné par les guerres et la corruption endémique.

Car les abonnements aux générateurs privés ne permettent pas toujours de faire fonctionner toute la maisonnée.

"Selon l'abonnement, un client peut se voir contraint d'éteindre le réfrigérateur pour pouvoir faire fonctionner le climatiseur", explique Khaled al-Chablawi, qui travaille depuis 13 ans pour un service de générateur fournissant de l'électricité à 170 foyers.

«Maisons dans le noir»

M. Jabr ne s'émeut pas de l'extinction de la tour Eiffel à 23H45 au lieu de 1H00. Ou des illuminations de Noël sur les Champs Elysées, qui seront éteintes chaque soir dès 23H45 au lieu de 2H00.

"C'est normal. Dans nos quartiers, en cas de problème technique, le secteur peut rester un jour ou deux sans électricité, le temps que ça soit réparé", ajoute l'homme au crâne dégarni.

Il se souvient comment, immédiatement après l'invasion américaine qui renversa Saddam Hussein en 2003, "les maisons étaient plongées dans le noir". Les bombardements avaient endommagé les infrastructures d'un secteur électrique déjà défaillant depuis la guerre du Golfe de 1991.

"On avait du courant deux ou trois heures (par jour) seulement", raconte-t-il. "Les gens avaient des générateurs individuels. Ils achetaient du carburant et ça fonctionnait un ou deux jours."

Aujourd'hui les délestages sont moins fréquents dès l'arrivée de l'automne. En été, avec des températures dépassant les 50 degrés, la pression augmente sur les générateurs --et les tarifs des abonnements grimpent.

Pour pallier les pénuries, qui ont donné lieu à des manifestations sporadiques à l'été 2021, l'Irak, très dépendant du gaz et de l'électricité de l'Iran voisin, cherche à diversifier l'approvisionnement et à augmenter sa production.

«Revenir en arrière»

Il produit désormais plus de 24 000 mégawatts (MW) par jour, selon le porte-parole du ministère de l'Electricité, Ahmed Moussa.

Un seuil "jamais atteint auparavant", ajoute-t-il. Mais pour éviter les coupures, il faudrait dépasser les 32.000 MW.

En attendant, en période estivale, la fourniture en électricité publique peut varier de 14 heures, 16 heures à 20 heures par jour, selon les régions, indique M. Moussa.

Sur une avenue de Sadr City, plusieurs groupes électrogènes privés se succèdent, gros moteurs et cuves de carburant dissimulés par un enclos en préfabriqués.

L'un d'eux alimente à lui tout seul 300 foyers et 300 boutiques.

Grimpant le long de poteaux, des câbles électriques courent dans tout le quartier.

Propriétaire d'un collège privé comptant environ 300 inscrits, Ali al-Aaraji, 58 ans, déplore les "sommes astronomiques" déboursées pour le générateur de son établissement. Environ 600 dollars par mois, dit-il.

"L'électricité est un problème éternel pour les Irakiens", regrette-t-il, fustigeant "l'occupation américaine".

Si "les Irakiens sont capables de supporter cette situation depuis trois décennies", il s'interroge sur les répercussions de la crise en Europe.

"La source de la prospérité économique, c'est l'énergie. L'Europe est déstabilisée", résume-t-il. "Ca va affecter leur économie, leur industrie, leur commerce. Ils vont revenir en arrière."


Une frappe vise la banlieue sud de Beyrouth après un avertissement israélien

Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Des personnes déplacées sont assises devant leurs tentes dans un campement informel installé le long du front de mer de Beyrouth, le 6 avril 2026. (AFP)
Short Url
  • Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits
  • Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues

BEYROUTH: Israël a visé lundi la banlieue sud de Beyrouth, au lendemain de raids meurtriers sur la capitale et ses environs, alors que le bilan humain de la guerre avec le Hezbollah approche des 1.500 morts.

Un épais panache de fumée s'est élevé de la banlieue sud, sous contrôle du Hezbollah et vidée de la quasi-totalité de ses habitants depuis le 2 mars.

L'armée israélienne a affirmé avoir visé "des cibles terroristes du Hezbollah à Beyrouth".

Dans la banlieue sud, seuls quelques commerces restent ouverts, selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs immeubles visés par de récentes frappes sont totalement détruits. Des employés municipaux balayent les débris de verre sur les trottoirs et d'autres fragments jonchent certaines rues.

Une station-service de la compagnie al-Amana, accusée par Israël d'être contrôlée par le Hezbollah, est calcinée.

Des portraits de l'ayatollah Ali Khamenei, tué au début de la guerre dans une frappe américano-israélienne en Iran et présenté comme le "martyr de la nation", ornent les principales artères.

Le long de la route menant à la banlieue sud, des habitants ont installé des tentes où ils dorment, allant inspecter leurs maisons entre deux avertissements israéliens.

Dimanche, Israël avait intensifié ses bombardements sur la banlieue sud et la capitale elle-même. Une frappe en face du principal hôpital public du Liban avait fait cinq morts, selon le ministère de la Santé.

"Force al-Qods" 

Une autre frappe sur un appartement dans une zone à l'est de la capitale, jusque-là épargnée par les violences, a tué trois personnes, dont un responsable local des Forces libanaises (FL), un parti chrétien opposé au Hezbollah, et sa femme.

Le chef des FL Samir Geagea a affirmé que "les Israéliens visaient un membre de la force al-Qods", chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution iraniens, qui semble avoir échappé à la frappe.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam avait déclaré que les Gardiens de la Révolution dirigeaient les opérations du Hezbollah dans sa guerre contre Israël.

L'armée israélienne a affirmé lundi qu'elle avait frappé une "cible terroriste" à l'est de Beyrouth et ajouté qu'elle examinait l'incident "après des informations sur des victimes parmi des civils libanais non impliqués dans les combats".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël en représailles à la mort d'Ali Khamenei.

Depuis, Israël mène des frappes massives sur le pays ayant fait 1.497 morts et plus de 4.600 blessées, selon les autorités, et déplacé plus d'un million de personnes.

"Maisons inhabitables" 

Des frappes israéliennes ont également visé le sud et l'est du Liban. Dans le sud, quatre personnes ont été tuées dans un raid sur une voiture à Kfar Roummane, près de Nabatiyeh, a indiqué le ministère de la Santé.

Dans la localité de Bourj Rahal, près de Tyr, un correspondant de l'AFP a vu des immeubles détruits et des débris jonchant les rues.

"Le premier bilan est de 15 maisons endommagées, qui ne sont plus habitables", a dit à l'AFP le maire de la ville Daoud Ezzedine.

"Les habitants veulent revenir chez eux, mais ils ne pourront pas malheureusement", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Santé a aussi annoncé que deux secouristes du Comité islamique de la santé, affilié au Hezbollah, avaient été tués par une frappe israélienne dimanche, portant à 57 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre.

Le chef de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X que l'OMS avait enregistré "92 attaques contre des établissements de santé, des véhicules médicaux, du personnel soignant et des entrepôts" depuis le début de la guerre.

Par ailleurs, le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie, point de passage vital entre les deux pays, était toujours fermé lundi, après des menaces israéliennes de le viser samedi soir.

Ce passage "restera fermé, jusqu'à ce qu'on reçoive des garanties qu'il ne sera pas visé", a dit à l'AFP un responsable du ministère libanais des Transports, Ahmad Tamer.

 


Frappes israéliennes sur le plus grand complexe pétrochimique iranien

Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer. (AFP)
Short Url
  • Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar
  • Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan

JERUSALEM: Israël a dit avoir mené lundi des frappes sur le plus grand complexe pétrochimique dans le sud de l'Iran et s'est félicité de porter "un coup sévère au régime", Téhéran affirmant de son côté que la situation était "sous contrôle" mais que l'étendue des dégâts restait à évaluer.

L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud) avait été visé par des frappes, évoquant des "dégâts mineurs".

Israël n'a pas évoqué cette opération à ce stade. Mais le ministre de la Défense Israël Katz a déclaré que l'armée avait lundi "frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

Juste avant, Téhéran avait rapporté une série d'explosions sur le site, déjà frappé le 18 mars par Israël.

Le complexe gazier d'Assalouyeh, dans le sud de l'Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'Iran avec le Qatar.

Les frappes lundi sur Assalouyeh font suite à des bombardements israélo-américains samedi sur un site pétrochimique dans le sud-ouest de l'Iran, dans la province de Khouzestan.

"Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service", a déclaré Israël Katz. "Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien", a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tard, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est également félicité des frappes.

"Aujourd'hui nous avons détruit la plus grande usine pétrochimique en Iran. Ce qui veut dire que nous éliminons systématiquement la machine à financer des Gardiens de la Révolution", l'armée idéologique de la République islamique, a-t-il déclaré dans une vidéo.

"Sous contrôle" 

Les médias officiels iraniens ont affirmé que la situation à Assalouyeh était "sous contrôle".

"L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête", a indiqué l'agence Irna, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.

Le champ offshore de South Pars, essentiel pour le secteur énergétique iranien, sert pour l'exploitation commune avec le Qatar du plus grand gisement de gaz naturel au monde.

Ehsan Jahanian, gouverneur adjoint de la province iranienne de Bouchehr (sud-ouest), a indiqué que "deux infrastructures dans le secteur de Pars avaient été touchées par un raid aérien ennemi".

L'agence Tasnim a elle indiqué que "les entreprises Mobin et Damavand, qui fournissent de l'électricité, de l'eau et de l'oxygène" à Assalouyeh "ont été visées".

Il n'y a pas eu de dégâts du côté de l'entreprise pétrochimiques de Pars, selon cette source.

En mars, le président Donald Trump avait demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes après les premières frappes contre le champ de South Pars.

Mais le président américain avait aussi menacé de détruire "massivement l'intégralité du gisement" si Téhéran continuait ses attaques dans la région.

 


Iran: le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution tué dans une frappe 

Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Le commandant général Majid Khademi. (AFP)
Short Url
  • "Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste à l'aube"
  • Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran

TEHERAN: Des frappes américano-israéliennes ont tué lundi le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution, a annoncé l'armée idéologique de l'Iran.

"Le commandant général Majid Khademi, le puissant et instruit chef de l'Organisation du renseignement du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est devenu un martyr dans l'attaque terroriste criminelle de l'ennemi américano-sioniste (...) à l'aube aujourd'hui", ont déclaré les Gardiens dans une publication sur leur chaîne Telegram.